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Abadie (rue Francine)

Dans le quartier du Plateau de la Mayenne. Commence avenue Mendès France et se termine boulevard Adrienne Bolland.
Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 20 septembre 2010.
Spécialiste du vol à voile, Francine Abadie bat de nombreux records.
Le 30 mai 1954, c’est le record du monde féminin avec 250,410 km.
Le 16 avril 1957, c’est le record du monde féminin en ligne droite sur un objectif déclaré avec 379,710 km.
Le 6 mai 1957, sur planeur Bréguet 901 à la Ferté-Alais, c’est le record de France de distance en ligne droite, classe libre, catégorie féminine, en réalisant 566 km.
En 1958, elle établit lors des Huit jours d’Angers de Vol à Voile le record de vitesse féminin sur circuit de 200 km.

Acacias (place des)

En centre-ville, en bordure de l’avenue Mendès France.
Cette place est aujourd’hui occupée par des commerces, surtout d’alimentation, mais également par des activités reliées à la santé, à l’habillement, à la bijouterie…
Lieu sans doute planté d’acacias à l’origine, ou plutôt de robiniers, originaires du Canada, introduits en France au 17ème siècle par les frères Robin, jardiniers du roi, et appelés communément acacias.
Au 20ème siècle et peut-être avant, cet emplacement renfermait un lavoir et un dépotoir. Heureusement ce dernier a disparu. Le lavoir, comment était-il ? Nous l’ignorons, mais nous pouvons l’imaginer. Joli bâtiment en pierres, en briques ou plus modestement en bois avec sa couverture en ardoises d’Avrillé, témoin des grands et des petits moments du village, lieu éminemment social, évoquant le souvenir d’une époque révolue, rappelant le labeur des lavandières.

Adenauer (rue Konrad)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence chemin de la Salette et se termine rue Robert Schuman.
Konrad Adenauer naît le 5 janvier 1876 à Cologne au sein d’une famille catholique et modeste. Son père est greffier au tribunal de Cologne, sa mère est fonctionnaire. Il suit des études secondaires et obtient l’Abitur (baccalauréat) en 1894. Après des études de droit, il obtient un doctorat de droit et d’économie politique. Il est nommé conseiller de chancellerie à la cour d’appel de Cologne.
En 1905, il épouse une jeune fille de la bourgeoisie, Emma Weyer, qui lui donnera trois enfants. Veuf en 1917, il épousera en 1919 Augusta Zinsser.
En 1906, il commence une carrière politique et devient conseiller municipal de Cologne. Trois ans plus tard, il est premier adjoint et, en 1917, maire de cette grande ville de 760.000 habitants. Peu après, il est élu à la Chambre haute de la Prusse et au Landtag de la Province rhénane. Depuis sa jeunesse, il est favorable à une union européenne, ce qui l’oppose aux nazis arrivés au pouvoir. Il est démis de ses fonctions en 1933, et doit se réfugier à Rhondorf dans une maison qu’il vient d’acquérir. Inquiété par la Gestapo, emprisonné une première fois, il se trouve à 60 ans sans emploi. Arrêté de nouveau en 1944, il est sauvé de l’exécution par l’avance des Alliés. Au lendemain de la guerre il reprend lentement ses activités politiques et s’attèle à la fondation du parti chrétien démocrate (CDU).
Les Américains lui demandent de reprendre en mains la ville de Cologne qui ne compte plus que 32.000 habitants, et où peu de maisons restent debout. Les Anglais, le jugeant insuffisamment souple, le congédient. Lors de la réorganisation politique de l’Allemagne par les Alliés, le conseil parlementaire ainsi créé élit Konrad Adenauer comme président. La Loi fondamentale est proclamée le 23 mai 1949, onze « landers » sont créés, c’est la République Fédérale d’Allemagne. Le choix de Bonn comme capitale réjouit Adenauer. Le 15 septembre 1949, malgré une opposition très forte des sociaux-démocrates, il est élu chancelier fédéral et, quelques semaines plus tard, président de la CDU. Il va gouverner pendant 14 ans avec autorité et sera le principal artisan de l’intégration de son pays au sein de l’Europe occidentale.
Le 9 mai 1950, Robert Schuman lance l’idée de la Communauté du Charbon et de l’Acier à partir d’un plan mis au point par Jean Monnet. Soutenu par Alcide de Gasperi et Konrad Adenauer, et malgré le refus des Anglais, le plan est mis en place en 1951.
Le 14 septembre 1958, Konrad Adenauer et Charles de Gaulle se rencontrent à Colombey-les-deux-Eglises. C’est le début d’une amitié franco-allemande qui dépasse les clivages politiques. Le 22 janvier 1963, est signé le traité d’amitié franco-allemand de l’Elysée. Des sommets seront organisés régulièrement et l’Office franco-allemand de la jeunesse est créé. Ce rapprochement met fin à une rivalité séculaire entre les deux états. En 1988, François Mitterrand et Helmut Kohl compléteront le dispositif en instituant les Conseils de défense et de sécurité, puis économique et financier.
Le vieux chancelier démissionne le 15 octobre 1963. Il est remplacé par Ludwig Erhard qui lui succédera un an après à la tête de la CDU. Ses dernières années sont consacrées à la rédaction de ses mémoires et aux voyages. Il décède le 19 avril 1967 à Rhondorf. Il est l’un des Pères de l’Europe.

Adézière (route de l’)

Dans le quartier de l’Adézière – commence ancienne route départementale n°106 (Beaucouzé – Montreuil-Juigné) et se termine rond-point François Mauriac. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 21 septembre 1981. Il s’agit d’un lieudit attesté dès le XI° siècle.
Célestin Port, dans son dictionnaire, le cite en ces termes : « C’est un des plus anciens fonds d’ardoise exploités de l’Anjou. Dès le commencement du XIè siècle, son nom indique l’antiquité de la perrière. Le comte, qui y percevait un revenu, donna la terre en propriété à l’abbaye Saint Nicolas, qui, en 1433, acquit du nouvel évêque de Séez1, Thibault, la métairie voisine des Hautes Adésières et y constitua un fief important ».
Ce nom est orthographié parfois La Dézière ou vulgairement La Désirée. Ce dernier nom a été donné au 19ème siècle à la fois à une société ardoisière comptant 127 ouvriers, et à une société de boule de fort dans le centre-ville (La Désirez).
Un petit ruisseau, l’Adézière, prend sa source à Avrillé et se jette dans le Brionneau, à proximité de la Plesse. La maison de quartier de l’Adézière située sur le lotissement de l’Etang porte également ce nom.

Adézière (mail de l’)

Dans le quartier de l’Adézière – commence avenue Salvador Allende et se termine rue du Moulin Cassé. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 27 octobre 1981.

Aérodrome (square de l’)

Dans le quartier du Plateau de la Mayenne. Il se situe entre la rue Elise Deroche et l’avenue Mendès France. Il a reçu ce nom par délibération municipale du 25 juin 2012.
Durant pratiquement un siècle, l’aérodrome a marqué l’image d’Avrillé, tant sur le plan de la vie quotidienne que par la qualité des hommes qui, de près ou de loin, ont fréquenté cet endroit, vrais pionniers qui se sont succédés : aviateurs, constructeurs, mécènes, passionnés d’aviation.
Depuis le 1er mai 1907, date de la création de l’Aéro-club-angevin, et jusqu’au 31 octobre 1998, lors de l’arrêt des activités et le transfert à Marcé, s’est déroulée sur ce site une merveilleuse histoire.
Souvenir des hommes, René Gasnier, Maurice de Farcy, René Hersen, Alexandre Bellanger et bien d’autres qui ont permis que cet aérodrome soit le premier de province au début du 20ème siècle.
Souvenir des aviateurs, Martinet, Legagneux, Brindejoie, Garros, Détroyat, Nessler… et des aviatrices, Maryse Bastié, Hélène Boucher, Francine Abadie… qui ont participé aux nombreux meetings que ce soit en 1910, la 1ère course en ligne entre Angers et Saumur, en 1912, le grand prix de l’Aéro-club de France, en 1914, le concours d’acrobaties aériennes, en 1933, les 12 heures d’Angers, en 1939, le Rallye Plantagenêt, en 1947, le Rallye des vins et châteaux d’Anjou, en 1965, la 1ère coupe de voltige aérienne, etc. sans oublier les aérostiers dont l’un des ballons est pris en écharpe en 1908 par un train express à Bouchemaine.
Souvenir des ingénieurs et mécaniciens, Henri Coanda et son bombardier biplan bimoteur, Marcel Dassault qui construit son premier avion à Angers en 1918, M. Renard et son Pou du ciel baptisé Renard bleu en 1935, etc.
Souvenir des lignes, en 1935, une liaison postale Paris-Le Mans-Angers, en 1975, des lignes régulières vers Paris et Lyon, en 1987, vers Marseille et Toulouse, etc.
A l’origine de l’aérodrome ont été édifiés une quinzaine de hangars Bessonneau avec, face à la route nationale, tribunes, tour de contrôle, sémaphore. Il faut ajouter de nombreuses créations, en 1921, une école d’aviation, en 1931, le centre régional de vol à voile, en 1936, la station météo et le centre d’entrainement des pilotes. Et surtout, en 1938, l’école de la Compagnie française d’aviation (CFA) d’où sortiront de nombreux pilotes, héros de la guerre 39-45, tels que Michel Boudier, Gaston Danielo, Jacques Guignard, Raphaël Lombaert, Maurice Mailfert, Jean Maridor, Roland Paulze d’Ivoy de la Poype… et pourtant cette école disparaît à l’Armistice de 1940. Le bâtiment, monument historique, est restauré, inauguré le 14 octobre 2005 et est aujourd’hui la Maison de l’Architecture, des Territoires et du Paysage.
Les témoins de cette époque disparaissent peu à peu. Les souvenirs subsistent avec peut-être un peu de nostalgie. En 1939, un monument, toujours présent, a été inauguré en bordure de l’avenue Mendès France afin de commémorer les grandes étapes de l’aviation en Anjou.
Il convient également de ne pas oublier la présence du Musée régional de l’Air, le deuxième de France après celui du Bourget, qui fut inauguré le 25 février 1989, puis transféré à Marcé en 2000.

Alaneau (rue Pierre)

Dans le quartier des Pépinières – commence avenue des Pépinières et se termine en impasse.
Succédant à Mathurin Priet, Pierre Alaneau, curé d’Avrillé, a exercé dans la paroisse un ministère assez court (1711 – 1716). Le premier acte qu’il signe, le 13 juillet 1711, concerne le mariage de Mathurin Ledu et de Perrine Le François. Le dernier, daté du 2 novembre 1716, est l’acte de décès de Jeanne Duveau. Il ne survit à sa paroisse que quelques jours puisqu’il décède, à 34 ans, le 23 novembre 1716, ses obsèques ayant lieu le 24 à l’église Saint Maurille d’Angers.
Pierre Alaneau aura donc connu la paroisse d’Avrillé pendant les sombres dernières années de Louis XIV. Les guerres ont rendu le royaume exsangue, la surmortalité réapparaît, et le vieux roi, malade, impopulaire, voit ses héritiers au trône mourir les uns après les autres, au point que, lorsque lui-même décède, le 1er septembre 1715, c’est un arrière-petit-fils qui lui succède. Certains curés ont, en marge des registres paroissiaux, plus ou moins commenté les évènements, souvent de façon amère. Pierre Alaneau n’a pas été de ceux-là.

Allende (avenue Salvador)

Dans le quartier de l’Adézière – commence route de l’Adézière et se termine route de l’Etang. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 27 octobre 1981.
Salvador Allende, homme politique chilien, qui aurait des ancêtres basques, naît le 26 juin 1908 à Valparaiso. Médecin à 25 ans, il fonde le parti socialiste chilien. A 29 ans, il est élu membre du Congrès, puis à 31 ans, il devient ministre de la santé. Il crée alors une sécurité sociale pour les ouvriers. Pour succéder à Eduardo Frei qui ne peut se représenter, il réussit à créer une unité de la gauche (l’unité populaire). Il est élu Président de la République chilienne en 1970 et est aussitôt confronté à de nombreux problèmes. Soutenue tantôt par le centre, tantôt par l’extrême gauche trotskyste, sa présidence sera celle de compromis permanents. En octobre 1972, de sérieux troubles sont occasionnés par les grands propriétaires.
Dans cette période agitée, il croit encore au processus démocratique et, le 23 août 1973, il nomme Augusto Pinochet à la tête de l’armée, sur les conseils du général Pratt qui croit à la loyauté de ce dernier. Pour faire confirmer sa présidence, Allende décide d’avoir recours à un référendum fixé au 18 septembre. Il est alors renversé par un coup d’état militaire mené par le général Pinochet.
Le 11 septembre, la junte militaire prend le pouvoir. Arrêté dans son Palais de la Moneda, à Santiago, Salvador Allende se donne la mort. Ses partisans refusent d’admettre cette idée. Une enquête judiciaire est ouverte le 23 mai 2011 afin de déterminer les causes exactes   de sa mort. Sa dépouille est exhumée, la thèse du suicide est avérée.

Ampère (rue André-Marie)

Dans la zone industrielle du Fléchet. Prolonge la rue des Frères Lumière et finit rue du Fléchet. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 30 mai 1991.
André-Marie Ampère naît le 20 janvier 1775 à Lyon. Fils d’un juge de paix lyonnais guillotiné durant la Terreur, il garde très longtemps le traumatisme dû à cette mort violente. Physicien et chimiste, Ampère mène une brillante carrière scientifique : il est titulaire de la chaire de mécanique à l’Ecole Polytechnique en 1809, élu à l’Académie des sciences en 1814, puis nommé à la chaire de physique au Collège de France en 1824.
Il est le précurseur de la théorie électronique de la matière en émettant l’hypothèse de l’existence du courant particulaire. Observant que le courant électrique crée des effets similaires à ceux d’un aimant, il jette alors les bases d’une discipline nouvelle, l’électromagnétisme, et en donne les premières formulations mathématiques. Il fonde également l’électrodynamique après avoir montré que deux courants peuvent agir l’un sur l’autre. Il publie tous ses résultats dans son ouvrage Sur la théorie des phénomènes électrodynamiques uniquement déduite de l’expérience (1827). Créateur du vocabulaire de l’électricité (il invente les termes de courant et de tension), Ampère apparaît aujourd’hui comme l’un des plus grands savants du 19ème siècle. Comme chimiste, il est l’un des premiers à distinguer les atomes des molécules. Ampère est aussi l’inventeur d’appareils de mesure : la boussole asiatique, le galvanomètre, le télégraphe électrique et, avec Arago, l’électroaimant.
A la fin de sa vie, il s’intéresse à la philosophie des sciences. C’est le 10 juin 1836, à l’âge de 61 ans, qu’il meurt à Marseille, pratiquement dans l’oubli. Il a toutefois laissé son nom à l’unité de courant électrique, l’ampère. Il est inhumé à Paris, au cimetière Montmartre. Un musée lui est consacré à Poleymieux-au-Mont-d’Or, près de Lyon, dans la maison où il a passé sa jeunesse.

Ardenne (chemin, rond-point, rue)

Dans le quartier d’Ardenne. Le chemin commence au carrefour RD162 / Renoir / Mendès France et se termine sur un chemin rural. La rue commence allée Garcia Lorca et se termine en impasse. La rue a reçu ce nom par délibération municipale du 27 octobre 1981, le chemin le 30 mai 1991.
Il s’agit d’un lieu-dit. Le mot Ardenne serait dérivé d’un mot gaulois ardu signifiant hauteur ou colline boisée, et l’on y soupçonne parfois l’existence d’un ancien lieu de culte. La déesse   sylvestre nommée Arduenna protégeait la forêt des Ardennes à l’époque celtique et son animal totem était le sanglier. En ce lieu, se serait tenu un prêche protestant au 16ème siècle. Célestin Port, dans l’édition originale de son dictionnaire, mentionne la ferme Ardenne et son occupant Cheverue, sieur d’Ardanne, nommé par Louvet parmi les Huguenots d’Angers, en 1562. Jean Louvet, qui est clerc du greffe au présidial d’Angers, relate en effet, dans son journal, que le 4 juillet 1562, Chevereul, dict d’Ardanne est accusé, avec d’autres tant d’habitants d’Angers, Baugé, Villeresque et autres endroits, près la ville d’Angers, d’avoir donné confort et aide comme estant huguenot…
C’est l’époque des guerres de Religion et l’exercice du culte protestant est très règlementé, les huguenots étant accusés de troubles vis-à-vis du royaume. En 1564, il leur est interdit de faire leurs prêches, sinon à Baugé, seule localité où le culte protestant est autorisé pour la région d’Angers. Toutefois, des prêches ont lieu près d’Angers, à Cantenay, où les Huguenots bâtissent une grange, au lieu-dit Châtillon, pour se rassembler.
En 1581, les églises réformées de l’Anjou (Sorges, Beaufort, Baugé et Saumur), convoquées en synode provincial proposent, conformément à l’Edit de pacification de1577, cinq localités où le culte pourrait avoir lieu : les faubourgs d’Angers, les Ponts-de-Cé, Cantenay, Sorges et Avrillé. La requête est envoyée au roi mais, suite à des oppositions du clergé, du maire et des échevins d’Angers, ces lieux ne sont pas retenus et le prêche public reste établi à Baugé.

Jean Louvet relate encore : le 13 juillet 1582, M. Guy de Lesrat, président et lieutenant-général au siège présidial d’Angers […] a establit le presche publicq Huguenotz ès-faulx bourgs de la ville de Baugé, avecques deffense de faire le presche publiq à Sorges, Cantenay, aulx Ponts de Cé, Apurillé ny aulcun lieu fors au lieu cy-dessus.
Comme on le voit, Avrillé, comme sa voisine Cantenay-Épinard, a été impliquée dans ces guerres de religion. Le culte protestant devait donc y être exercé, même non autorisé, mais où ? Dans son journal, Jean Louvet mentionne Avrillé, mais sans préciser l’endroit où pouvait se dérouler le culte. On peut penser qu’il s’agissait d’Ardenne, comme l’indique Célestin Port, le lieu étant habité par le huguenot Cheverue. Mais Toussaint Grille, bibliothécaire, avance, au 19ème siècle, l’hypothèse d’une grotte, non loin de la Plesse, qui aurait pu être utilisée par les protestants, tandis que l’historien François Dornic évoque, début du 20ème, des réunions clandestines dans les bois d’Avrillé… Alors, la question du lieu reste encore posée ! Nonobstant, une ferme appelée Ardenne existait encore récemment sur le chemin du même nom. Elle a laissé place à un nouveau quartier d’Avrillé.

Arpentière (rue de l’)

En centre-ville. Commence rue de la Grande Maufinée et se termine en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 26 septembre 1966.
Ce nom apparaît dans plusieurs hameaux des communes de Maine-et-Loire, notamment dans celle voisine de La Meignanne. Y avait-il, à cet endroit aujourd’hui urbanisé, une exploitation agricole ? Sans doute. Ce nom a peut-être un rapport avec l’arpent, cette ancienne mesure agraire divisée en 100 perches et variable selon les localités (de 35 à 50 ares). Curieusement, Célestin Port ne cite pas ce nom pour Avrillé, dans son dictionnaire.

Assis (chemin des)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence rue Paul Eluard et se termine en impasse. Il a reçu ce nom par délibération municipale du 27 octobre 1981.
Depuis 1981, quelques petites maisons dans un environnement très agréable en bordure du bois des Assis. Curieusement, le dictionnaire de Célestin Port n’en fait pas mention alors qu’une ferme devait exister à cet endroit, peut-être même un vignoble.

Le drame de 1909 : Dans la matinée du 10 août, un garçon de six ans est assassiné à la ferme des Assis, alors que son père, Jean Terrien, travaille à bas à la carrière de la Renaissance et que sa mère Alphonsine traite ses arpents de vignes. C’est la mère qui découvre le corps, atrocement mutilé, de son petit garçon qui git dans une mare de sang. La description d’un individu, chevelure et barbe rousses, aperçu à proximité des lieux du crime, semble désigner Joseph Barbin. C’est un journalier, originaire de Loire-Inférieure qui loue ses services dans les exploitations agricoles, les usines et les carrières du nord-ouest du département. Apparemment le vol est le mobile du crime puisqu’une bourse a été dérobée. Ce Joseph Barbin est déjà soupçonné d’avoir mis le feu à la ferme de Rozé, quatre jours auparavant. C’était une diversion pour tenter de voler, à 800 mètres de là, les effets personnels des domestiques de la ferme du Chêne accourus pour éteindre, en vain d’ailleurs, l’incendie. Malheureusement, les gendarmes, débordés et dépassés par les informations contradictoires et le manque de moyens, ne mettront jamais la main sur le rouquin. Après avoir fait les gros titres du Petit Courrier pendant un mois, le fugitif ne fait plus partie de l’actualité à la mi-septembre. On n’en entendra plus jamais parler. L’assassin présumé s’est évanoui dans la nature, loin du bois des Assis sans doute. L’enfant repose au cimetière d’Avrillé.

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B

Bachelier de Bercy (avenue Joseph)

Dans le quartier de la Ternière – commence rue de la Ternière et se termine en impasse.
Joseph Bachelier de Bercy naît le 21 janvier1761. Il est le fils d’André-Jean Bachelier, seigneur de Bercy, de la Perrière et d’Avrillé et de Françoise-Marguerite Le Clerc de la Ferrière. Il est baptisé le 17 mars 1761. Il a pour parrain Nicolas de Bercy, mousquetaire, et pour marraine, Marie-Henriette de la Taste, épouse de Philippe Le Clerc de la Ferrière, seigneur de Vesins. Il succède aux Goddes de Varennes comme châtelain de La Perrière. Officier de cavalerie de 1776 à 1786, il est nommé au parlement de Bretagne en 1788. Au début de la Révolution, il émigre. A son retour en 1795, il est incarcéré au château d’Angers. Le 30 avril 1804 (10 floréal an XII), il est nommé maire d’Avrillé par Napoléon Ier. Il démissionne en 1813 et est remplacé par Camille Boguais de la Boissière. Il décède à Avrillé le 10 février 1819, en son château de la Perrière, à l’âge de 58 ans.

Barthelemy (rue René)

Dans le quartier du Fléchet, dans la zone des Landes – Impasse débouchant rue Paul Langevin. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 3 mai 1990.
René Barthélémy naît 10 mars 1889 à Nangis (Seine-et-Marne) et décède à Antibes-Juan les Pins (Alpes-Maritimes) le 12 février 1954. Brillant ingénieur, diplômé de l’Ecole supérieure d’électricité (aujourd’hui Supélec), il devient en 1929 chef du nouveau laboratoire de recherche sur la télévision. Il réalise alors le premier téléviseur à disque de Nipkow à 30 lignes de définition. Il met ensuite au point une caméra mécanique à tambour à miroir qui sera utilisée lors de la première démonstration de la télévision le 14 avril 1931 à Malakoff, dans les locaux de l’Ecole supérieure d’électricité. Des milliers de personnes tentent d’assister à cet événement et provoquent des embouteillages peu communs à l’époque. Ses travaux lui permettent de réaliser des progrès décisifs dans la synchronisation en télévision. Ils aboutissent à la première transmission d’images officielle le 26 avril 1935 en présence de Georges Mandel, ministre des P.T.T. Dès lors, la télévision devient une affaire d’Etat et, à la demande de Georges Mandel, René Barthélémy réalise les premières émissions à 180 lignes de définition. L’année suivante verra la fin de l’ère mécanique de la télévision et la naissance du tout électronique : caméras de prises de vues et récepteurs. Le chemin vers la télévision d’aujourd’hui est tracé. Les années suivantes, René Barthélémy, désormais membre de l’Académie des sciences, continue, malgré une santé précaire, de mettre son génie créatif et sa rigueur au service du développement de la télévision.

Bascule (place de la)

En centre-ville, se situe en bordure de l’avenue Mendès France et du chemin de la Salette.
A proximité de cette place s’élevait au 18ème siècle, la grange dîmeresse où était entreposé l’impôt en nature récolté au profit de l’abbesse du Ronceray à Angers. Ensuite y fut aménagé un lavoir, puis en 1952, nos édiles proposent l’achat d’un pont bascule de 30 tonnes. Préalablement, il faut combler une douve à cet endroit. L’ensemble est réalisé en 1958. Lors de la libération d’Avrillé en 1944, des combats ont eu lieu sur cette place où quatre soldats américains sont tombés. Une plaque commémorative a été apposée. Avec le temps, cette place a été profondément modifiée et il ne reste aucune trace du lavoir, de la douve et du pont bascule.

Bastié (impasse Maryse)

En centre-ville. Commence rue René Hersen et se termine en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 30 mai 1991.
Maryse Bastié, née Marie-Louise Bombec, naît le 27 février 1898 à Limoges (Haute-Vienne). Adolescente, elle est ouvrière, piqueuse sur cuir, dans une usine de chaussures. Mariée une première fois, divorcée, elle se remarie avec son filleul de guerre, le lieutenant Louis Bastié. C’est à ses côtés qu’elle se découvre une passion pour l’aviation. Le 29 septembre 1925, elle obtient son brevet de pilote à Bordeaux. Un an après, son mari trouve la mort dans un accident d’avion. Elle devient monitrice de pilotage pendant six mois, donne des baptêmes de l’air à Paris et fait de la publicité aérienne. Elle n’a aucun financement et le pilote Drouhin va l’aider en lui donnant un poste de premier pilote. Elle va établir de nouveaux records, de distance (1058 kms), de durée de vol (26h44 puis 37h55), puis, à nouveau, de distance (2976 kms). Pour ce dernier exploit, elle est faite chevalier de la Légion d’Honneur et reçoit le Harmon Trophy américain. Elle crée, à Orly, l’école Maryse Bastié Aviation. Encouragée par Mermoz, elle traverse l’Atlantique de Dakar à Natal (Brésil), seule à bord d’un Caudron-Simoun. En 1932, elle donne une conférence à Avrillé à l’occasion d’une fête aérienne où le pilote d’essai Michel Détroyat fait une démonstration de voltige. Dès 1934, Maryse Bastié s’engage avec Hélène Boucher et Adrienne Bolland dans le combat féministe et, avec Louise Weiss, devient militante pour le vote des Françaises. En 1940, elle offre ses services à la Croix-Rouge auprès des prisonniers français regroupés à Drancy. En 1951, elle entre au service de relations publiques du Centre d’essais en vol. Lors d’une mission, elle trouve la mort dans l’accident d’un Noratlas, le 6 juillet 1952, à Lyon. Elle est inhumée à Paris au cimetière du Montparnasse. Elle était capitaine de l’Armée de l’air, totalisait 3000 heures de vol et était titulaire de très nombreuses décorations, dont celle de commandeur de la Légion d’Honneur à titre militaire et pour faits de Résistance.

Beaudouin (Impasse Jean)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence chemin de la Beurrière et se termine en impasse. A reçu son appellation par délibération municipale en décembre 1979.
Jean Baudoin est le vicaire de Louis Michel Loyau, curé d’Avrillé entre 1774 et 1807. Il refuse le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé en 1790 et rejoint alors les vendéens avec lesquels il prend part au combat de Soeurdres (Maine-et-Loire) le 30 nivôse an III (19 janvier 1795). Après la Révolution, il est nommé curé de Saint-Aignan-sur-Roë (Mayenne) où il décède en 1822.

Beaufort de Turenne (avenue)

En centre-ville. Commence avenue Clément Janequin et se termine en impasse.
Pierre Roger de Beaufort de Turenne naît en 1329 au château de Maumont sur la commune des Rosiers d’Égletons (Corrèze), dans une famille limousine possédant un domaine en Anjou, à Beaufort en Vallée. Il est le fils de Guillaume Roger et de Marie de Chambon qui auront neuf enfants. Il parcourt rapidement la hiérarchie ecclésiastique et le 28 mai 1348, à 19 ans, son oncle, le pape Clément VI, le nomme cardinal. Il va suivre des cours de droit et devenir docteur en droit canonique et théologien. Alors qu’il était grand archidiacre de Saint Maurice d’Angers, il aurait été l’un des bienfaiteurs du prieuré de la Haye aux Bonshommes. Cet homme habile et de grandes qualités morales, est de faible constitution physique. A la mort d’Urbain V, les cardinaux se réunissent en conclave à Avignon, le 29 décembre 1370 et dès le lendemain l’élisent pape à l’unanimité. Il faut l’ordonner prêtre, le 4 janvier 1371, puis évêque et le couronner pape sous le nom de Grégoire XI. Le 27 mars 1378, il meurt à Rome où il a ramené la papauté.

Beaugard (allée Odile)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence rond-point du Commandant Mesnard et se termine allée des Châtaigniers.
De son vrai nom Baumgarten, elle est née en 1751 à Gondrexange (Moselle), quatrième enfant d’un meunier. A l’âge de 24 ans, elle postule pour les filles de la Charité de Saint Vincent de Paul à Metz. Sa première mission est à l’hôpital de Brest. Celui-ci est détruit par un incendie sept mois après, ce qui motive son transfert à l’hôpital Saint Jean à Angers, où elle est en charge de la pharmacie. Elle seconde ainsi soeur Marie-Anne Vaillot, qui sera arrêtée avec elle pour avoir refusé le serment à la Constitution civile du clergé, imposée par la Constituante. Elle est déclarée fanatique et rebelle aux lois du Pays et fusillée au Champ des Martyrs à Avrillé le 1er février 1794. Elle sera béatifiée par le Pape Jean-Paul II le 19 février 1984.

Beck (allée Joseph)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence chemin de la Salette et se termine en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 16 décembre 2010.
Joseph Bech est l’un des pères fondateurs de l’Europe. Il naît à Diekirch, au Luxembourg, le 17 février 1887. Il suit des études de droit à Fribourg et Paris, devient docteur en droit en 1912 et exerce la profession d’avocat. Il remplace ensuite son oncle Philippe au poste de député en 1914. Il est président du Parti populaire et social et demeure dans 50 années d’histoire luxembourgeoise.
De 1921 à 1925, il est directeur général de l’Instruction publique, en 1926, chef de gouvernement et ministre d’Etat, directeur des Affaires étrangères. Tout au long de sa carrière, il reste marqué par la guerre 14-18 et par la crise annexionniste qui a suivi. Face à l’impuissance d’un petit état isolé, il a un fort internationalisme et veut insérer son pays dans le concert des nations. Dès 1920, il milite déjà près d’Aristide Briand en faveur de la réconciliation de l’Europe. En octobre 1925, à Locarno, les puissances européennes se réunissent et, dans l’enthousiasme général, l’Europe nouvelle est saluée. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, il est en exil à Londres. Après 1945, il participe à toutes les négociations multilatérales et œuvre pour faire entrer son pays dans les organisations internationales. En 1944, c’est le Benelux*, l’ONU en 1946, et en 1949, il prône pour son pays l’abandon de la neutralité. Il développe les relations commerciales avec ses voisins, notamment la France et la Belgique. Le 9 mai 1950, il accueille avec enthousiasme la déclaration de Robert Schuman. Il est à ses cotés avec Alcide de Gasperi et Konrad Adenauer lors de la création de la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier) qui donne au Luxembourg le débouché dont il a besoin. Il obtient que le siège de cette organisation soit fixé à Luxembourg. Partisan de la CED (Communauté Européenne de Défense), il défend son projet que la France refusera en 1954. En juin 1955, il joue un rôle essentiel dans la relance de la conférence de Messine, dont il est le président et à laquelle participent Antoine Pinay pour la France et Paul Henri Spaak pour la Belgique. C’est le projet de Jean Monnet et cela aboutira à la création de l’Euratom et de la C.E.E. Il travaille dans l’idée que « la voie royale qui permet aux Grand-Ducaux de tirer leur épingle du jeu mène par la restauration en Europe occidentale d’un contrepoids à la domination unilatérale de la France ».
En 1960, il obtient le prix Charlemagne, qui lui est remis à Aix-la-Chapelle, pour son idée de l’Union occidentale et son activité inlassable au service de la cause de l’Europe. Sagesse, objectivité, sens de la justice, modération et joie de vivre ont été les fils directeurs de la vie de cet homme. Cela rappelle la devise qui se trouve au portail du palais de la Paix à La Haye : Si vis pacem cole justitiam (Si tu veux la paix, cultive la justice). En 1964, il abandonne la politique. Il s’éteint le 8 mars 1975.

Becquerel (rue Antoine)

Dans le quartier du Fléchet, zone industrielle des Landes – voie en impasse, prolongeant la rue Copernic.
Antoine César Becquerel naît le 7 mars 1788 à Châtillon-Coligny (Loiret). Après de solides études à l’Ecole polytechnique (promotion 1806), il est officier du Génie et participe aux campagnes d’Espagne et de France. Il quitte l’armée en 1815, au retour de la monarchie. Il découvre la piézoélectricité en 1819 et invente la pile photovoltaïque en 1839. Membre de l’Académie des sciences depuis 1829, il est titulaire de la chaire de physique au Muséum national d’histoire naturelle en 1837. La même année, il devient membre étranger de la Royal Society. Il est l’auteur de nombreux mémoires et ouvrages, dont le Traité de physique appliquée à la chimie et aux sciences naturelles. Il décède à Paris le 18 janvier 1878, et laisse une descendance prolifique pour la science.

Bernier (avenue Louis)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence avenue Raymond Poincaré et se termine en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale en décembre 1979.
Né en 1706, Louis Bernier est curé d’Avrillé en 1743. Il assiste au baptême de Françoise, la grosse cloche de l’église d’Avrillé, le 14 octobre 1757, par Joseph-François de Montecler, vicaire général de l’évêque d’Angers (Jean VI de Vaugiraud). Le parrain est Auguste François Goddes de Varennes, lieutenant général des armées de sa Majesté et la marraine, Françoise Marguerite Leclerc de la Ferrière, épouse de messire André Jean Bachelier de Bercy. Louis Bernier est décédé le 18 avril 1768.

Beurrière (chemin de la)

Dans le quartier du Bois du Roy. Commence rue de la Ternière et se termine face à la rue des Chênes. Elle a reçu ce nom par décision municipale du 21 septembre 1968. Anciennement, à cet endroit, se situait la Beurrière, une exploitation fermière.

Blaise (rue du capitaine)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence et se termine avenue Claude Debussy. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 27 octobre 1981.
Henri Blaise naît en 1903 en Lorraine. Il choisit la carrière militaire. De 1925 à 1930, il est à Bou Mia (Maroc), sous-officier au 5° Goum1 Mixte Marocain, sous le commandement du colonel Sabarots. C’est un admirateur passionné du Maréchal Lyautey et il participe efficacement en zone frontière de la dissidence marocaine. Trois blessures reçues au baroud signalent sa valeur combative. Il rentre en France et, en 1939, fait face à l’ennemi. Blessé en Lorraine à la tête de son corps franc, il va rejoindre la résistance après l’armistice. Il est à nouveau très grièvement blessé peu avant la fin de la guerre, alors que le bataillon du commandant de Rochecouste, dont il fait partie, tient un secteur du front de Saint-Nazaire, en avant de Saint-Etienne-de-Montluc. Blessé par l’éclatement d’un obus de mortier, évacué sur une ambulance américaine de campagne, les premières administrations de pénicilline lui sauvent la vie. Le reste de son existence est un combat constant contre les conséquences évolutives physiques et morales des blessures qu’il a subies. Il a perdu un œil, reçu 57 éclats d’obus dans la boite crânienne et deviendra complètement sourd. Malgré cela, il continue à s’intéresser à nombre de sujets tant d’actualité que de culture. Il voit ses amis, c’est un conteur aimable, de grande bonté car il savait rester tourné vers les autres. Ses séjours en hôpital deviennent de plus en plus fréquents. Il s’éteint le 19 juillet 1974 à son domicile d’Avrillé, rue des Oiseaux. Ses obsèques sont célébrées le 23   juillet. Le commandant Pasquier est présent représentant La Koumia2. Le commandant de Rochecouste, venu de Casablanca, a traduit en termes émouvants ce qu’était et représentait le capitaine Blaise qui repose aujourd’hui dans le cimetière d’Avrillé.

Blum (allée Léon)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence chemin de la Salette et se termine en impasse. Cette voie est attestée dès 1982.
Léon Blum naît le 8 avril 1872 à Paris dans une famille de bourgeois israélites aisés. Elève au collège Henri IV, puis à l’École normale supérieure, qu’il abandonne rapidement pour faire son droit. En 1891, il obtient sa licence de lettres puis, en 1894, sa licence en droit, avant de devenir, un an plus tard, auditeur au Conseil d’État. Il fait ses débuts littéraires à la Revue blanche et au Gil Blas, côtoie des auteurs de l’époque, fait partie de la vie parisienne. Ses critiques littéraires font sa réputation. Il se lance en politique lors de l’affaire Dreyfus et, en 1899, participe pour la première fois à un congrès socialiste. Il est avec Jaurès l’un des fondateurs de l’Humanité en 1904. De 1906 à 1913, il se tient pratiquement à l’écart de la politique, se consacrant au Conseil d’État et à sa carrière littéraire. Il publie plusieurs ouvrages, notamment Du mariage, qui fait quelques bruits en raison de ses idées très peu conformistes. Réformé pour cause de myopie durant la guerre 14-18, il exerce les fonctions de chef de cabinet de Marcel Sembat, ministre des Travaux publics dans le gouvernement d’Union sacrée (1914-1916) de René Viviani. En 1919, il est chargé de rédiger le programme d’action du Parti socialiste et il est élu député de la Seine. Au congrès de Tours, en 1920, il refuse l’adhésion à la IIIe Internationale communiste. Léon Blum est l’un des leaders de la minorité hostile aux bolchevicks et il devient le chef incontesté du Parti socialiste. En 1928, il perd son mandat de député, battu par le communiste Jacques Duclos. Il revient à la Chambre un an plus tard à la faveur d’une élection partielle et reste député de l’Aude jusqu’en 1940.
Après la victoire du Front populaire en mai 1936, il accède à la présidence du Conseil. Son premier ministère est marqué par d’importantes réformes économiques et sociales, dont les accords de Matignon avec les syndicats : les congés payés, la semaine de quarante heures, les nationalisations des usines de guerre, la création de la SNCF, le contrôle de la Banque de France, l’entrée des femmes au gouvernement, etc.
En 1937, il est contraint de procéder à une dévaluation du franc et d’annoncer une pause sociale. C’est le début de la dislocation du Front populaire. Il démissionne et tente de remettre sur pied le Front populaire sans y parvenir. Il ne fera plus partie d’un gouvernement sous la IIIe République. En juin 1940, il fait partie des 80 parlementaires qui refusent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Le gouvernement de Vichy le fera interner au fort du Portalet (Pyrénées-Atlantiques). Traduit en 1942 devant la Cour de justice de Riom, il fait face avec courage à l’accusation et contraint le gouvernement à suspendre le procès. Il est livré aux Allemands après l’invasion de la zone sud, emprisonné en Allemagne près du camp de Buchenwald. Il sera libéré en 1945 par les Américains. Revenu en France, il renonce à se présenter aux élections, continue à diriger le parti socialiste SFIO et à écrire dans le Populaire.
Fin 1946, à la demande de Vincent Auriol, il forme un gouvernement socialiste homogène qui ne sera qu’un cabinet de transition. Il cesse d’exercer sa fonction après l’élection de Vincent Auriol à la présidence de la République. Il reprend ensuite son poste d’éditorialiste au Populaire et combat le RPF fondé par le général de Gaulle.
Il décède le 30 mars 1950 à Jouy-en-Josas (Yvelines), et repose au cimetière de Jouy où l’a rejoint en 1982 sa dernière épouse Jeanne, dite Janot, qui fut l’élève de Jean Piaget et que Léon avait épousée au camp de Buchenwald en 1943. Comme Jean Jaurès, Léon Blum fait partie du panthéon socialiste, notamment par son analyse des enjeux du congrès de Tours en 1920 et par les grandes mesures du Front populaire en 1936.

Bocage (chemin du)

En centre-ville – commence avenue Mendès France et se termine avenue de la Violette.

Bocage est un mot normand, désignant une région où les champs et les prés sont clos par des levées de terre portant des haies ou des rangées d’arbres, et où l’habitat est dispersé généralement en fermes et en hameaux. Ce peut être aussi un petit bois agreste, lieu ombragé et pittoresque. Cette dernière définition semble mieux convenir à notre chemin qui, il y a quelques décennies, devait être envahi par la végétation. Aujourd’hui, il relie paisiblement l’avenue principale de la cité à une zone artisanale voisine.

Bodin (rue Jean)

Dans le quartier de l’Adézière – relie la route de l’Etang à la rue Mozart. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 21 septembre 1982.

Contemporain de Michel de Montaigne et de Nostradamus, véritable touche à tout : juriste, économiste, conseiller politique, historien, astrologue, il naît à Angers en 1529 dans une famille de la petite bourgeoisie. Il est religieux au couvent des Carmes à Angers mais est libéré de ses vœux monacaux en 1549. Il est possible qu’il ait été impliqué dans un procès pour hérésie au cours des années suivantes et semble avoir vécu à cette époque dans la Genève calviniste. Il paraît certain qu’il a enseigné le droit romain à l’université de Toulouse, un peu plus tard. En 1561, au début des guerres de religion, on le retrouve à Paris où il est avocat. Il publie en 1566 sa Méthode pour un apprentissage aisé de l’Histoire dont le succès nécessitera une réédition augmentée en 1572, faisant explicitement référence à la République de Platon. Il propose de rechercher et de comprendre, à travers l’Histoire, les meilleures lois afin de s’en inspirer. Il a la faveur du roi Henri III, qui le fait choisir pour député aux Etats de Blois par le tiers-état du Vermandois dans les années 1576 – 1577, mais, suite à son opposition à des projets lui semblant contraires à ses opinions, il est disgracié. Il s’attache alors à François de France, duc d’Alençon et futur duc d’Anjou, qui le comble de faveurs. Retiré à Laon, il y exerce la fonction de Procureur du Roy et incite les habitants de cette cité à reconnaître le roi Henri IV. Il est atteint par la maladie lors d’une épidémie de peste et meurt à Laon en 1596.

Boguais (avenue Camille)

Dans le quartier de la Ternière – commence avenue de la Pièce du moulin et se termine en impasse.
Camille Boguais de la Boissière devient maire d’Avrillé le 10 février 1813 et le restera jusqu’en 1830. Il succède à Joseph Bachelier de Bercy. Cette famille implantée à Avrillé donnera trois maires à la cité pour un mandat total de 62 ans entre le 19ème et le 20ème siècle. La famille de la Boissière est toujours implantée sur Avrillé.

Boissière (avenue de la)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence avenue des Champs et se termine chemin du Champs des Martyrs.
L’avenue de la Boissière est l’une des artères les plus importantes d’Avrillé. Elle porte le nom d’une exploitation agricole située route de la Meignanne et d’une demeure habitée depuis 1860 par la famille Boguais de la Boissière qui a donné plusieurs maires à Avrillé : Camille, de 1813 à 1830, Hector, de 1852 à 1860, Joseph, de 1904 à 1941. Cette voie dessert un ancien quartier de la cité, le Bois du Roy, dont le début de l’édification organisée remonte à 1925. Les bâtiments collectifs ont longtemps abrité un poste de la police nationale, supprimé au début des années 2000 au profit de l’installation, près de la mairie, d’un poste de police municipale. L’emplacement libéré est devenu le local associatif du Comité des fêtes d’Avrillé. Chaque année, le 1er dimanche d’octobre, le Comité des fêtes organise, autour du centre commercial et dans les rues adjacentes, l’une des manifestations phare d’Avrillé, les Puces avrillaises, qui rassemble de nombreux exposants (particuliers ou professionnels), répartis le long des trottoirs et parkings sur près de 5 Kms, et qui reçoit la visite de plusieurs milliers de personnes, offrant à ce quartier un air de fête populaire.

Bolland (boulevard Adrienne)

Dans le quartier du Plateau de la Mayenne. Commence rue René Hersen et se termine en limite d’Angers. Il a reçu ce nom par décision municipale du 14 avril 2011.
Adrienne Bolland naît le 25 novembre 1895 à Arcueil (alors département de la Seine, aujourd’hui Val-de-Marne), petite dernière d’une famille de sept enfants. Au décès de son père en 1909, sa famille se retrouve dans une situation financière difficile. Adrienne refuse d’être à la charge de sa mère et décide de devenir pilote, ce qui provoque un scandale chez ses proches. Le 26 janvier 1920, elle obtient son brevet de pilotage après trois mois de formation à l’école Caudron située au Crotoy, dans la baie de Somme. Dès février, elle est la première femme convoyeuse d’avions engagée par René Caudron. Le 25 août, elle est la première à traverser la Manche en avion depuis la France. Une américaine, Harriet Quimby, le 16 avril 1912, avait traversé la Manche, en avion mais de Douvres à Calais. Elle est la seule femme à piloter aux côtés des As tels que Fonck, Nungesser… lors du grand meeting aérien de Buc en octobre 1920. Attirée par la gloire elle entend parler des « macchabées de la Cordillère des Andes » et supplie Caudron de la laisser partir « juste pour voir ». Arrivée à Buenos-Aires en janvier 1921 avec deux avions Caudron G3 démontés et son mécanicien René Duperrier, elle attend vainement un avion plus puissant promis par l’un des frères Caudron. En effet, son Caudron ne peut atteindre qu’une altitude de 14 750 pieds (4500 m) alors que le sommet de l’Aconcagua sur la route choisie par le nord culmine à 6900 m. La presse argentine la met au défi de franchir la Cordillère. Piquée au vif dans son orgueil, elle décide mi-mars de rejoindre en train Mendoza au pied de la Cordillère avec son Caudron G3 (construit en bois et toile, moteur Rhône de 80 cv). À l’aube du 1er avril, après quelques essais devant toute la ville,   elle s’envole et, après 4h15 d’un vol épique, elle se pose sur la piste de Lo Espejo, l’école militaire d’aviation de Santiago du Chili (aujourd’hui El Bosque). Elle reçoit un accueil triomphal où seul l’ambassadeur de France manquait, ayant cru à un canular. Beaucoup plus tard, en 1951, elle révèle à la presse, qu’elle devait d’avoir eu la vie sauve, lors de son passage des Andes, à l’avertissement d’une femme envoyée par un médium. Celui-ci lui aurait indiqué la route à suivre qui n’était pas celle qu’elle avait prévue. Elle revient en France où elle établit le record féminin de loopings (212 en 72 minutes). Elle participe à de nombreux meetings aériens et fait partie de l’escadrille Mamet qui réalise, en 1926, un tour de France promotionnel pour le ministère des transports.
En 1930, elle épouse Ernest Vinchon un des pilotes de l’escadrille. Comme Maryse Bastié et Hélène Boucher, elle est militante féministe avec Louise Weiss pour obtenir le droit de vote des femmes. Durant la guerre 39-45, elle rejoindra le réseau CND Castille du Loiret et, à la Libération, elle obtient le titre d’officier de la Légion d’honneur. En 1971, Air France fêtera le cinquantenaire du passage de la Cordillère en affrétant un avion, spécialement pour elle et ses amis pour un survol de l’Amérique du Sud.
Elle décède à Paris le 18 mars 1975. Elle est inhumée dans le cimetière de Donnery (Loiret) où elle a passé les dernières années de sa vie dans la propriété familiale. Seuls son frère et quelques membres d’honneur des Vieilles tiges étaient présents à ses obsèques.

Bonnard (allée Pierre)

Dans le quartier de l’Etang et le lotissement des Bosquets – commence avenue Gustave Caillebotte et se termine en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 16 septembre 2004.
Pierre Bonnard (1867 – 1947) est un peintre, illustrateur et lithographe français. Licencié en droit en 1888, il est admis la même année à l’école des Beaux-Arts et adhère au cercle des Nabis (prophète, en hébreu) où il fait la connaissance de Vuillard, Denis, Vallotton. Il découvre avec eux les peintures de Gauguin, Monet, Cézanne, Degas ainsi que la vogue du japonisme, qui se caractérise par l’exaltation des couleurs, la simplification des formes et une conception différente des perspectives et des espaces. Les Nabis s’avèreront novateurs dans le domaine des arts graphiques et Pierre Bonnard sera le premier d’entre eux à s’intéresser à l’affiche. En novembre 1889, il prête serment d’avocat, et se rend tous les jours au Palais de justice où il dessine les hommes de loi. Néanmoins, il arrête sa carrière juridique dès 1891. Cette année-là, il présente cinq tableaux en quatre panneaux décoratifs au Salon des Indépendants. Au même salon, l’année suivante, il présente deux de ses œuvres majeures, Le corsage à carreaux et La partie de croquet. A partir de 1893, il réalise de nombreuses lithographies et estampes pour des revues, et illustre un ouvrage de poésies de Verlaine. A compter de l’année 1900, il voyage beaucoup à l’étranger : Venise, Milan, puis Séville, Grenade, Tolède, Madrid. Bonnard semble alors avoir trouvé sa voie dans un certain impressionnisme ; il représente de nombreux nus, tous de sa femme, auxquels il associe des motifs issus de son quotidien (jardin, fleurs, fruits). Toutefois, en 1909, il reçoit un choc en découvrant Saint-Tropez et le midi de la France. Il écrit : « J‘ai eu un coup des mille et une nuits. La mer, les murs jaunes, les reflets aussi colorés que la lumière ». Il y rencontrera Signac et Renoir. Comme beaucoup, Bonnard va traverser une période de crise et d’incertitude en 1914 et après la guerre, victime du climat intellectuel créé par le Fauvisme et le Cubisme dans la peinture européenne. En 1939, il se retire au Cannet, sur la Côte d’Azur, où il passera les dernières années de sa vie, réalisant des œuvres à la fois gaies et nostalgiques du temps perdu.

Bonpland (allée Aimé)

Dans le quartier Ardenne, elle commence et finit dans l’allée Pierre Poivre. Le lotissement Ardenne a été créé par délibération du Conseil municipal du 21 juin 2004. Le nom d’Aimé Bonpland a été attribué à l’allée par décision du 17 novembre 2005.
Aimé Bonpland, de son vrai nom Aimé Jacques Alexandre Goujaud, naît à La Rochelle le 29 août 1773. Sa passion précoce pour les plantes de son jardin lui vaut, de la part de son père, le surnom de « Bon plant », sobriquet qu’il garde et transforme en Bonpland. « Monté » à Paris en 1794 pour faire ses études de médecine sur la demande de son père, chirurgien, il suit en outre, au Museum national d’histoire naturelle, des cours de botanique dispensés par Lamarck et Jussieu. C’est là qu’il rencontre, au Jardin des Plantes, le baron Alexander von Humboldt, naturaliste et géographe allemand, de quatre ans son aîné, avec qui il se lie d’amitié. En 1799, le roi d’Espagne Charles IV finance leur première expédition scientifique à destination des « Terres équinoxiales » (aujourd’hui l’Amérique latine). Humboldt et Bonpland effectuent ce voyage pendant cinq ans, au cours duquel ils remontent l’Orénoque et gravissent les pentes du volcan Chimborazo. En 1804, Bonpland et Humboldt reviennent en France avec une collection de 60 000 exemplaires de végétaux, dont une grande partie est présentée à une exposition qui se tient à Paris en 1807. En 1808, Napoléon le nomme botaniste et intendant général du jardin de la Malmaison. A la chute de l’Empire, Aimé Bonpland se rend à Buenos-Aires, sur la demande du président argentin Bernardino Rivadavia, et obtient un poste de professeur d’histoire naturelle. De 1817 à 1821, il voyage entre le nord de l’Argentine et le Paraguay et s’intéresse aux espèces végétales et à leurs applications, en particulier la « yerba maté » (thé du Paraguay), dont il découvre les secrets de la germination. En 1821, il est arrêté sur ordre du dictateur paraguayen Rodriguez de Francia qui le soupçonne d’espionnage et le met en résidence surveillée. Il y restera 10 ans, malgré de nombreuses interventions de personnes influentes pour le faire libérer, dont son ami de toujours, Alexander von Humboldt, et Simon Bolivar. Libéré en 1831, il s’installe dans une ferme du Brésil, à San Borja, où il reprend ses recherches scientifiques et ses envois d’espèces au musée des Sciences naturelles de Paris. Il meurt en 1858, à l’âge de 84 ans, sans avoir revu la France ni son meilleur ami.

Bougainville (allée Louis-Antoine de)

Dans le quartier Ardenne. Commence chemin d’Ardenne et se termine en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 17 novembre 2005.
Louis-Antoine de Bougainville naît à Paris le 12 novembre 1729. Il fait des études de droit, devient avocat et s’engage dans l’armée. En 1756, il fait partie de l’expédition Montcalm au Canada. En 1763, il colonise l’archipel des Malouines qu’il remet ensuite aux Espagnols à la demande de Louis XV.
En 1766, il est le premier navigateur français à entreprendre le tour du monde. Avec la frégate La Boudeuse et un navire de charge, L’Etoile, il embarque à Mindin, face à Saint-Nazaire, traverse l’Atlantique en direction du sud, fait escale au Brésil où il découvre la fleur qui portera son nom, la bougainvillée, et emprunte le détroit de Magellan. Il passe par la Polynésie, s’arrête à Tahiti en 1768, et fait d’autres escales avant l’ile Maurice après avoir traversé l’océan Indien. Il franchit ensuite le cap de Bonne Espérance, contourne l’Afrique et arrive à Saint-Malo en 1769. Le récit de son voyage est publié en 1771 sous le titre Voyage autour du monde et connaît encore à ce jour un grand succès. De 1778 à 1782, Bougainville prend part à la guerre d’Indépendance américaine. Élu membre de l’Institut en 1796, il sera comblé de dignités par Napoléon Bonaparte : sénateur, grand officier de la Légion d’honneur, comte d’Empire. Il préside le conseil de guerre qui juge les responsables du désastre de Trafalgar en 1809. Il décède le 31 août 1811 à Paris. Son cœur repose au cimetière du Calvaire à Montmartre, et son corps repose au Panthéon, dans le caveau III.

Brassens (allée Georges)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence rue des Bruyères et se termine devant le Centre culturel éponyme.
Georges Brassens naît à Sète le 22 octobre 1921, dans une famille unie, avec une mère d’origine italienne, un père entrepreneur de maçonnerie, anticlérical et libre penseur. Ce ne sera pas un élève studieux, préférant les jeux, les bagarres, les baignades, et sa mère refuse de l’inscrire au cours de musique qu’il réclamait. Malgré son ignorance du solfège, il commence à écrire des chansons dès l’âge de 12 ans. C’est en 1936 qu’il découvre la poésie, ce qui ne l’empêchera pas plus tard de se commettre avec des copains dans divers larcins qui lui vaudront une peine de prison avec sursis. En février 1940, il monte à Paris, hébergé chez l’une de ses tantes. Il y trouve un piano et apprend seul à en jouer grâce à une méthode. Il passe beaucoup de temps à la bibliothèque municipale de son quartier et s’intéresse à Villon, Baudelaire, Verlaine et Hugo. Il publie en 1942, un recueil de poésies : A la venvole. En février 1943, il est envoyé en Allemagne au titre du STO. Il y restera 13 mois et, à l’occasion d’une permission, entrera en clandestinité. Il se cache chez des amis de sa tante, Marcel et Jeanne Planche (celle de la Cane de Jeanne). A la Libération, il crée avec quelques amis un journal anarchiste, Le Cri des Gueux. Plus tard, il s’investit dans les milieux anarchistes, écrit dans leur journal Le Libertaire et publie un roman à compte d’auteur La Lune écoute aux portes. En 1947, il rencontre Joha Heiman, qu’il appelle affectueusement Pupchen. Elle lui inspirera, entre autres chansons, J’ai rendez-vous avec vous, Je me suis fait tout petit devant une poupée, La non-demande en mariage. Elle est la femme de sa vie, mais ils ne se marieront pas, ni ne vivront ensemble. Elle décède en 1999 et est enterrée avec lui. Le début des années 1950 marque l’arrivée de la maturité chez Brassens. Le Parapluie, La Chasse aux papillons, Brave Margot, Le gorille, sont de cette époque et parmi les plus célèbres. C’est à ce moment que s’est forgée sa personnalité d’ours mal léché, athée et antimilitariste, avec sa pipe, ses moustaches et son langage libre et imagé. En 1952, il rencontre Jacques Canetti, grand découvreur de talents (dont Jacques Brel) qui le fait débuter au cabaret montmartrois de Patachou et le présente chez Philips. C’est ensuite l’Alhambra de Paris et les tournées à travers la France. Les chansons de Brassens amènent des controverses mais son talent lui permet d’accéder à la notoriété. En effet, Georges Brassens ne juge pas la chanson comme un art mineur, il est exigeant sur l’équilibre nécessaire entre le texte et la musique et peaufine sans relâche chacune de ses œuvres jusqu’à ce qu’il la trouve parfaite. Ses disques se vendent bien et il chante à Bobino en 1953, à l’Olympia en 1954 et 1955. En 1957, il crée sa propre maison d’éditions musicales. Les années 1960 sont celles de son apogée artistique, mais voient aussi la maladie s’emparer de son corps. Il reçoit le prix Vincent Scotto décerné par la Sacem, puis le prix de l’Académie Charles Cros pour le coffret sorti à l’occasion de ses dix ans de carrière. Après une opération des reins en 1964, suivie d’une longue convalescence, il écrit la chanson du film éponyme d’Yves Robert Les Copains d’abord, qui sera son plus grand succès populaire. En 1967, il est honoré par l’Académie française qui lui décerne le Grand prix de poésie pour l’ensemble de son œuvre. Il est atteint d’un cancer. La camarde, qu’il a souvent chantée (Le Testament, Trompe-la mort…), l’emporte le 29 octobre 1981. Il est enterré à Sète, au cimetière du Py.

Breguet (rue Louis)

En centre-ville – commence rue René Hersen et se termine en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 2 juillet 1993.
Louis Charles Bréguet naît le 2 janvier 1880 à Paris. Très tôt orphelin de père, il est élevé dans un milieu scientifique et artistique. Fils et petit-fils de physiciens, diplômé de Supélec, il débute dans l’entreprise familiale en 1907 à Douai (Nord) en construisant un « gyroplane », premier appareil à voilure tournante, considéré comme l’ancêtre de l’hélicoptère. En 1908, il quitte la maison Bréguet et fonde la société anonyme des ateliers d’aviation Louis Bréguet. Il construit son premier avion en 1909, lequel bat le record de vitesse sur 10 km en 1911. Son premier hydravion suit en 1912. Il obtient son brevet de pilote et réalise le premier vol transportant des passagers. Il pilote lui-même les nouveaux avions de sa firme et les machines Bréguet ont la réputation d’être robustes, comme le prouve le concours des avions militaires disputé à Reims en 1911. Durant la guerre 1914-1918, il fournit des avions de reconnaissance et le bombardier Bréguet B14. Il sera l’un des premiers à construire un avion presqu’entièrement en aluminium. En février 1919, il fonde la Compagnie des messageries aériennes, qui est à l’origine d’Air France, et fournit de nombreux avions pour l’Aéropostale. Il s’intéresse aussi à la voile et, en 1924, remporte une médaille de bronze aux Jeux olympiques d’été, en tant que barreur de son voilier Namoussa. A partir de 1929, il construit son plus grand succès, le Bréguet B19, bombardier spécialisé dans les grands raids. Cet avion, Le Point d’Interrogation, établira en 1930, trois ans après Charles Lindbergh, avec Costes et Bellonte, la première liaison Paris-New York sans escale par l’Atlantique Nord. Avec René Dorand, il produit en 1933 un hélicoptère coaxial qui bat des records. Officier de la Légion d’Honneur, titulaire de la Croix de guerre, Louis Bréguet s’éteint à Saint Germain en Laye, le 4 mai 1955. Après sa mort, la société Bréguet Aviation produira beaucoup d’appareils civils et militaires jusqu’en 1970, où elle sera reprise par le groupe Avions Marcel Dassault. Le nom de Bréguet disparaitra en 1990 de la nouvelle raison sociale devenue Dassault Aviation.

Brel (rue Jacques)

Dans le quartier de l’Adézière – commence avenue Martin Luther King et se termine au square de l’Etang, à l’angle du mail de l’Adézière et de la rue du Moulin Cassé. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 21 septembre 1982.
Jacques (Romain Georges) Brel, auteur-compositeur-interprète belge francophone, naît le 8 avril 1929 à Schaerbeek, près de Bruxelles, et meurt le 9 octobre 1978 à Bobigny (France). Il est également acteur et réalisateur de cinéma. A partir de 1952, il compose ses premières chansons, qu’il chante dans des cabarets bruxellois. Il y fait déjà preuve d’une grande puissance lyrique, aussi bien dans les textes que dans l’interprétation. En 1953, il quitte la capitale belge pour se rendre seul à Paris à l’appel de Jacques Canetti, grand découvreur de talents (Charles Trénet, Boris Vian, Georges Brassens, Raymond Devos, Bobby Lapointe, Félix Leclerc, Jacques Higelin, etc.). Commence alors pour lui une période de vaches maigres jusqu’en 1955, année de sortie de son premier 33 tours. Comme il chante souvent pour des organisations chrétiennes, son ami Georges Brassens le surnomme gentiment l’abbé Brel, surnom qu’il gardera longtemps malgré ses engagements anticléricaux. Petit à petit, le Grand Jacques trouve son public et rencontre un vif intérêt lors de ses spectacles. En 1957, il sort son deuxième 33 tours et reçoit le Grand prix de l’Académie Charles Cros. A partir de fin 1958, c’est le succès, d’abord à l’Olympia en première partie, puis en vedette à Bobino en 1959. Les tournées s’enchaînent alors à un rythme infernal. Parmi ses chansons les plus célèbres, on retiendra surtout : La valse à mille temps, Quand on n’a que l’amour, Ne me quitte pas, Mariecke, Le plat pays, Rosa, Madeleine, Les Bourgeois, La Chanson des vieux amants, Les Vieux, Vesoul, Amsterdam, Mathilde, Les Bonbons, Ces gens-là, Orly, Jaurès, Les Marquises, etc… En 1966, il décide d’abandonner la chanson. Le 16 mai 1967, il donne son dernier récital à Roubaix. La même année, il tourne dans son premier long métrage, Les risques du métier, du réalisateur André Cayatte ; c’est un succès. Puis il commence à voyager en voilier. En 1968, à Bruxelles, il crée la version francophone de L’Homme de la Mancha aux côtés de Dario Moreno. En décembre, le spectacle est présenté à Paris. Au début de l’été 1969, il interprète le rôle de Mon oncle Benjamin dans le film d’Édouard Molinaro, aux côtés de Claude Jade. Il va tourner ensuite dans un certain nombre de films, et en réalisera un lui-même en 1971, Franz, dans lequel il tourne avec Barbara qui en écrira la musique, puis un deuxième qui sort en 1973, Far West, qui sera un échec commercial. En 1972, il rencontre Claude Lelouch et tourne pour la première fois avec Lino Ventura dans un film devenu culte L’aventure c’est l’aventure. Son dernier rôle reste mythique. En 1973, dans L’emmerdeur d’Édouard Molinaro, il est le dépressif François Pignon, personnage récurrent de Francis Veber, face à Lino Ventura, alias Monsieur Milan, tueur à gages.
Certaines de ses chansons sont traduites en anglais et rencontrent un grand succès aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Elles sont interprétées par David Bowie (Amsterdam), Nina Simone et Barbra Streisand (Ne me quitte pas), Scott Walker et Marc Almond. En 1968, Mort Schuman, l’un des compositeurs préférés d’Elvis Presley, adapte de nombreuses chansons de Brel dans une comédie musicale qui sera jouée pendant plusieurs années dans le monde entier : Jacques Brel is alive and well and living in Paris, avant d’être reprise au cinéma, en 1974. Cette même année, Jacques abandonne tout et part en voilier avec sa dernière compagne, Madly Bamy, qu’il a rencontrée lors du tournage du film L’Aventure c’est l’aventure. Mais il est déjà malade et opéré d’un cancer au poumon. Il décide alors de se retirer aux Marquises. Pilote privé et propriétaire d’un bimoteur, il y fait l’avion-taxi pour dépanner les habitants. En 1977, il revient à Paris pour enregistrer son dernier album, probablement l’un des plus bouleversants, dans les conditions difficiles que l’on peut imaginer. La chanson Les Marquises, qui clôt l’album, s’achève sur ces paroles : « Veux-tu que je te dise / Gémir n’est pas de mise / Aux Marquises ». Pour cette dernière chanson, il n’y eut qu’une seule prise … Il retourne aux Îles Marquises après cet enregistrement, avant qu’en juillet 1978 son cas ne s’aggrave. Il est rapatrié en métropole où il meurt le 9 octobre à l’hôpital franco-musulman de Bobigny (devenu hôpital Avicenne). Jacques Brel repose au cimetière d’Atuona à Hiva Oa dans l’archipel des îles Marquises près de la tombe de Paul Gauguin. En décembre 2005, il est élu au rang de plus grand Belge de tous les temps par le public de la RTBF.

Bruyères (rue des)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence avenue Georges Pompidou et se termine avenue Pierre Mendès France. Cette voie est attestée dès 1952.
Cette voie porte le nom d’une plante caractéristique des landes, appelée aussi en patois bruère ou brande. Célestin Port, dans son fameux dictionnaire, cite de nombreux lieux-dits de ce nom dans notre département. L’un d’eux existait–il sur notre commune ? Rien n’est moins sûr, mais beaucoup de bruyères, certainement. Nous pensons cependant qu’il ne faut pas chercher dans la topographie le pourquoi de ce nom, mais simplement dans l’imagination arboricole de nos édiles municipaux, qui ont voulu maintenir à nos quartiers leurs souvenirs agrestes.

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C

Caillebotte (avenue Gustave)

Dans le quartier de l’Etang et le lotissement des Bosquets – commence avenue Mary Cassatt et se termine allée Toulouse-Lautrec. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 16 septembre 2004.
Gustave Caillebotte naît le 19 août 1848 à Paris, dans une famille plus qu’aisée qui fit fortune dans le textile et l’immobilier. Ingénieur de formation, il entre néanmoins à l’école des Beaux-Arts de Paris où il est l’élève du peintre Léon Bonnat. C’est là qu’il rencontre Degas, Monet, Renoir et les aide à organiser la première exposition des Impressionnistes à Paris cette même année.
En 1874, il hérite de son père une fortune considérable qui le rend financièrement indépendant pour le restant de ses jours et lui permet de se consacrer à la peinture tout en devenant le mécène de ses amis peintres. En 1875, son tableau Les raboteurs de parquet est refusé au Salon officiel de l’Académie des Beaux-Arts, le sujet heurtant par son extrême quotidien. Emile Zola lui-même est très critique à son encontre, dénonçant son « réalisme photographique ». C’est pourtant aujourd’hui l’une de ses œuvres les plus célèbres. Néanmoins, il participe l’année suivante à la deuxième exposition des Impressionnistes où ses œuvres sont remarquées et appréciées.
Riche et généreux, Caillebotte aide financièrement ses amis impressionnistes tout au long de sa vie, leur achetant leurs œuvres à des prix élevés et supportant les frais de leurs expositions. Gustave Caillebotte est l’un des grands peintres français à exposer aux Etats-Unis où il rencontre un vif succès et où se trouvent aujourd’hui nombre de ses toiles. C’est dans les scènes de la vie ouvrière et ses vues de Paris que s’affirme sa personnalité. Personnage aux multiples facettes, Caillebotte est également un régatier qui se passionne pour la vitesse et, à partir de 1881, construit des prototypes de voilier avec lesquels il gagne des courses et des titres internationaux. Il est également horticulteur émérite, crée des orchidées dans ses serres du Petit-Gennevilliers et entretient une correspondance abondante avec Claude Monet. Il décède le 21 février 1894 à Gennevilliers et repose au cimetière du Père Lachaise à Paris. Dans son testament, dont Renoir est l’exécuteur, Caillebotte légue à l’Etat 67 tableaux de sa collection personnelle, mais il aura fallu deux années de laborieuses négociations pour que l’Etat en accepte 38, car l’Académie des Beaux-Arts protesta officiellement contre l’entrée de ces toiles au musée du Luxembourg en qualifiant l’évènement d’ « offense à la dignité de notre école ». Le talent de Gustave Caillebotte fut longtemps méconnu, sauf aux Etats-Unis. Dans l’opinion, le mécène éclairé avait pris le dessus sur le peintre.

Cassat (avenue Mary)

Dans le quartier de l’Etang – commence avenue Gustave Caillebotte et se termine en impasse devant le portail d’entrée du château de la Boissière. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 2 septembre 1992.
Mary Cassatt naît le 22 juin 1844 aux Etats-Unis, à Allegheny City (Pittsburg), dans une riche famille de quatre enfants. Son enfance se passe en Allemagne et en France, puis à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts de Philadelphie entre 1861 et 1865. Vouée à la peinture contre le gré de ses parents,   lassée de l’académisme ambiant, elle exprime en pleine guerre civile américaine, le désir de venir étudier la peinture en Europe. Elle obtient en 1865, une carte de copiste au Louvre et   rencontre Manet et Degas qui deviendra son conseiller, alors qu’elle fréquente l’atelier de Chaplain. Elle rentre aux Etats-Unis pour prendre un atelier et peindre, pour vivre, des portraits de riches américains. Elle voyage en Italie, en Espagne et fait de nombreux allers et retours entre l’Europe et les Etats-Unis. A la suite du refus de sa Jeune Mariée par le Salon officiel de l’Académie des Beaux-Arts et sur l’invitation de Degas, elle se joint aux Impressionnistes et participe aux expositions. Degas disait d’elle : « Il est inadmissible qu’une femme dessine aussi bien ». En 1886, célibataire à Paris, elle aborde ce qui se révèlera le thème principal de son œuvre : la maternité, avec l’éclat lumineux des chairs et des étoffes, la vérité du geste, les images de la vie quotidienne, sans aucun artifice. Au même moment, elle vante les mérites de ses amis outre-Atlantique au point que le marchand d’art Paul Durand-Ruel s’embarque pour New York où trois cents toiles impressionnistes sont exposées à l’American Art Gallery de Madison Square. En 1890, elle visite, avec Degas, une exposition d’estampes japonaises qui lui inspire quelques œuvres remarquables par la précision du trait et la valeur du dessin. Elle pratique également la pointe sèche et l’aquapinte et tient une bonne place dans le cercle des graveurs impressionnistes. En 1892, elle achète le château de Beaufresne, au Mesnil-Théribus dans l’Oise, où elle passera tous ses étés, rejointe parfois par Pissarro, Clémenceau ou Mallarmé. Elle entreprend avec son frère un voyage en Egypte qui l’épuise, et retourne à Grasse où ses entrevues avec Renoir lui redonnent le courage de reprendre ses travaux. Atteinte d’une grave maladie des yeux, elle doit s’arrêter de peindre en 1914. Elle s’éteint le 14 juin 1926, au Mesnil-Théribus où elle repose.

Cassin (allée René)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence chemin de la Salette et se termine avenue de l’Europe.
René Samuel Cassin naît le 5 octobre 1887 à Bayonne, de parents juifs, commerçants en vins à Nice. Durant son adolescence, il suit passionnément l’affaire Dreyfus, sa mère étant née Dreyfus. Il fréquente le lycée Masséna à Nice, étudie le droit à Aix-en-Provence et à Paris. Licencié en lettres en 1908, docteur en sciences juridiques, économiques et politiques en 1914, il devient avocat au barreau de Paris. Mobilisé en 1914, il est grièvement blessé en octobre de la même année au Saillant de Saint-Mihiel* par une rafale de mitrailleuse. Réformé, déclaré mutilé à 65%, il est cité à l’Ordre de l’armée et titulaire de la Croix de guerre avec palmes. En 1916, il est chargé de cours à la faculté de droit d’Aix et de Marseille. Reçu agrégé en 1920, il est professeur à l’université de Lille jusqu’en 1929. Il enseigne ensuite à la faculté de droit de Paris et à l’institut d’études politiques d’Aix. Plus pédagogue qu’homme de parti, il est battu aux élections cantonales d’Antibes en 1928. Parallèlement à son enseignement, il s’engage dans les organismes nationaux et internationaux. Il est le président fondateur de l’Union fédérale des anciens combattants et mutilés de guerre (UFAC), vice-président du Conseil supérieur des pupilles de la Nation de 1922 à 1936, représentant de la France à la Société des Nations de 1924 à 1938. Le 23 juin 1940, à l’appel du général de Gaulle, il se rend à Londres. Il est privé de sa nationalité et le gouvernement de Vichy le condamne à mort par contumace. Il écrit les statuts de la France libre qu’il négocie avec Winston Churchill. Il est le secrétaire permanent du Conseil de défense de l’Empire jusqu’en 1941. En 1944, il fait partie des initiateurs du Comité français de la libération nationale à Alger et préside la commission juridique préparant les bases de la législation française d’après-guerre. De 1943 à 1945, il représente la France à la Conférence permanente des ministres de l’Education alliés. Il est l’un des fondateurs de l’UNESCO, Léon Blum l’ayant nommé pour représenter la France à la conférence des 43 pays qui décident de la création de cette organisation à Londres, le 16 novembre 1945. Après la guerre, René Cassin occupe de nombreux postes : professeur détaché au poste de vice-président du Conseil d’État de 1944 à 1960, président de l’ École nationale d’administration de 1946 à 1960, président de l’Alliance israélite universelle jusqu’à sa mort, bien qu’il soit agnostique, fondateur de l’Institut libre d’étude de relations internationales, président de la Commission consultative pour la codification du droit international et la définition des droits et des devoirs des États et des Droits de l’homme, représentant de la France aux Nations-Unies de 1946 à 1958, président du Conseil constitutionnel provisoire en 1958, vice-président de la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) de 1959 à 1965 et président de 1965 à 1968, délégué de la France au Conseil de l’Europe. En 1968, il reçoit le prix Nobel de la paix pour son travail sur la Déclaration des Droits de l’Homme dont il a été le rédacteur principal. Son décès le 20 février 1976 à Paris met un terme à une carrière qu’il n’a jamais interrompue. Ses cendres ont rejoint le Panthéon le 5 octobre 1987, date du centenaire de sa naissance. Il était Compagnon de la Libération et grand-croix de la Légion d’honneur.

Cauchy (rue Augustin)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence chemin de la Beurrière et se termine en impasse. Elle a reçu ce nom par décision municipale du 7 septembre 1998.
Augustin Louis, baron Cauchy, naît à Paris le 21 août 1789. Entré à l’Ecole Polytechnique, il en sort major dans le corps des Ponts et Chaussées, en 1807. Il est appelé à participer à la construction du canal de l’Ourcq, du pont de Saint Cloud, du port militaire de Cherbourg. Il abandonne son activité de constructeur en 1813 pour des raisons de santé. Dès ce moment, il se consacre tout entier à l’étude des sciences. Sa réputation de savant est déjà faite à 24 ans. Il va étonner les plus grands géomètres européens par une série de brillantes découvertes. En 1816, il intègre l’Académie des sciences. Deux ans après, il épouse Aloïse de Bure dont il aura deux filles. Reçu à l’Institut, professeur de mécanique à Polytechnique, d’algèbre supérieure à la Sorbonne, de physique mathématique au Collège de France, il transforme des méthodes d’analyse simple, mais peu précises, en méthodes plus rigoureuses, encore suivies de nos jours. En 1830, ses positions de cléricalisme confirmé et d’antilibéralisme le contraignent à l’exil, d’abord en Suisse, en Italie, puis à Prague. Il sera précepteur du duc de Bordeaux en exil, Henri d’Artois, et regagnera Paris en 1838. D’une grande bonté pour tous ceux qui l’approchaient, il a laissé plus de huit cents mémoires sur toutes les branches des mathématiques. Ses ouvrages didactiques sont des modèles que l’on peut encore suivre aujourd’hui. Il meurt le 23 mai 1857 et est inhumé dans le cimetière de Sceaux (Hauts de Seine).

Cavigneaux (rue Aurélien)

En centre-ville – commence avenue de la petite Garde et se termine rue de la Gare. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 22 juin 1996.
D’origine picarde, Aurélien Cavigneaux naît le 23 octobre 1896. Il découvre l’Anjou au début du premier conflit mondial, en formation dans un régiment du génie, avant de combattre au chemin des Dames. Il épouse une Angevine, adopte l’Anjou et y fait venir toute sa famille. Petit commerçant entre les deux guerres, il arrive en 1927 à Avrillé où il habite une vieille maison entourée d’un grand jardin à l’angle de l’avenue Jean Lurçat et de l’avenue des Pépinières. Modeste, simple et discret, il évoque peu ses faits de guerre, sa bravoure et ses nombreuses blessures qui lui valurent les Croix de Guerre 14-18 et 39-45, la médaille de la Résistance et la médaille de la Libération. « J’ai fait mon devoir de Français », disait-il. Le 26 avril 1945, le général de Gaulle lui décerne une citation pour son action au sein du réseau Hunter qui, par son ampleur, fut l’un des plus grands réseaux du BCRA * de Londres, dirigé par André Dewavrin, dit le colonel Passy, et auquel appartenait Jean Moulin. Affecté au service d’espionnage organisé par les forces combattantes, Aurélien Cavigneaux centralisait dans sa maison d’Avrillé des documents d’une extrême importance. Les vieilles gouttières remisées sous les soliveaux du cellier ont ainsi contenu les plans du débarquement et les comptes-rendus des préparatifs qui l’ont précédé alors que le quartier était très surveillé. A deux pas, à l’entrée du Parc de la Haye, se trouve en effet, le PC radio allemand qui transmet toutes les dépêches à Pignerolles, où se trouve l’état-major du front de l’Atlantique. Le 11 novembre 1986, Aurélien Cavigneaux reçoit la médaille d’or de l’UNC (Union Nationale des Combattants), dont il aura présidé la section avrillaise de 1972 à 1987. Il nous a quittés le 18 décembre 1988, à l’âge de 92 ans.

Cezanne (allée Paul)

Dans le quartier de l’Etang – commence et se termine avenue Auguste Renoir. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 2 septembre 1992.
Paul Cézanne naît à Aix-en-Provence le 19 janvier 1839. Après l’école primaire, il intègre une pension fréquentée par les enfants de la bonne société, le collège Bourbon (aujourd’hui le lycée Mignet). Il reçoit un enseignement fondé sur les humanités et l’instruction religieuse. En 1858, baccalauréat en poche, il s’inscrit à la faculté de droit d’Aix qu’il quitte au bout de deux ans, ayant décidé de devenir peintre. Son père lui permet d’installer un atelier au Pas de Bouffan, dans la propriété familiale. En 1861, il part à Paris et s’installe dans une chambre meublée, près de son ami d’enfance Emile Zola. Il fréquente l’Académie suisse, y rencontre Monet, Pissarro, Renoir, Sisley et se prépare à l’examen d’entrée aux Beaux-Arts. Son ami aixois, Achille Emperaire, l’emmène au Louvre. Cézanne écrit : « Le Louvre est le livre dans lequel nous apprenons à lire ». Quand Cézanne arrive à Paris en 1861, la peinture est le champ clos de l’ordre établi par l’Académie. Il doit attendre 1882 avant que l’une de ses peintures ne soit acceptée au Salon officiel. La révolte est cependant en marche avec l’organisation, en mai 1863, du Salon des refusés à Paris. A la suite de Manet, le café Guerbois, aux Batignolles, devient le lieu de réunion de tous ces artistes. « Pour moi, la vie commence à être d’une monotonie sépulcrale, je peins pour me distraire », dira-t-il à un ami. Cette distraction va durer plus de quarante ans, à travers des tâtonnements, afin de trouver un moyen d’exprimer ses troubles intérieurs Il se réfugie à Aix, cesse de voir Zola à Médan, ils ne se reverront d’ailleurs jamais. En 1886, il épouse Marie-Hortense Fiquet qui lui donne un fils, Paul. Il cache leur existence à son père. Pissarro accueille la famille à Pontoise et leur offre aide et hospitalité. En effet, il s’était aliéné même les plus fidèles de ses amis, car il était trop impatient et irritable. Par la suite, il s’installe à Auvers et confirme ses goûts pour les paysages et les natures mortes. Il s’adonne également aux eaux- fortes. Cézanne n’a cessé de déménager entre 1870 et 1890. Il y a des périodes où un silence presque complet s’établit autour de lui. Pendant ces années, il a peint plus de trois cents toiles, dont certaines vont influencer l’art du début du 20ème siècle. En 1886, Cézanne perd son père et hérite d’une indépendance financière qu’il n’a jamais connue. La famille s’installe à Paris, mais son épouse ne vit qu’occasionnellement avec Paul. En 1894, le legs de Gustave Caillebotte lui permet d’entrer au musée avec deux tableaux : La vue de l’Estaque et La cour de ferme à Auvers. Le monde commence à s’intéresser très lentement à Cézanne et l’on se rend à Aix pour voir le maître. Il expose au Salon des Indépendants et devient soudain une célébrité. Le 22 octobre 1906, affaibli par la maladie, il s’éteint d’une pneumonie à l’âge de 67 ans et repose au cimetière Saint- Pierre, près d’Aix. Au-delà de sa tombe, vers le nord, dans le ciel de Provence, on aperçoit la montagne Sainte- Victoire qu’il a souvent représentée.

Chalet (rond-point du)

Dans le quartier du Bois du Roy – Cette voie assure la desserte de l’avenue Georges Pompidou et de la route de La Meignanne (R.D. 122).
Carrefour très fréquenté, c’est l’une des entrées principales vers Avrillé à proximité immédiate du centre culturel Georges Brassens et du parc qui le jouxte. Y avait-il un chalet ou une petite demeure à cet endroit ? Au siècle dernier, à proximité se situait un hameau de trois immeubles occupés par trois familles. Ces immeubles ont dû être démolis pour permettre le passage de l’autoroute A 11. Les habitants ont été contraints de s’installer ailleurs. Chaque fin d’année, à l’approche des fêtes, l’un de ces immeubles présentait aux Avrillais, grâce à la fée électricité, une véritable féérie du père Noël. Cet habitant était artisan électricien. Nos édiles ont-ils voulu rendre hommage à ce lieu et à ces habitants ?

Champ des martyrs (chemin du)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence avenue Jean Lurçat et se termine avenue Pierre Mendès France.
Entre le 12 janvier et le 16 avril 1794, en neuf   fusillades, il est mort en ce lieu plus de 2000 personnes emprisonnées jusqu’alors dans les prisons angevines pour leur sympathie réelle ou supposée avec les insurgés vendéens, ou leur refus de prêter serment à la Constitution civile du clergé. L’époque est celle d’une répression impitoyable, après l’échec de l’armée catholique et royale à Savenay, le 23 décembre 1793, au terme de la virée de galerne : colonnes infernales, noyades de Nantes, fusillades en de nombreux endroits, comme à Avrillé où le site des massacres devient vite un lieu de pèlerinage. Une chapelle, la maison du chapelain, un calvaire, un hôtel sont édifiés au milieu du XIXème. On notera que le chemin du Champ des Martyrs, qui relie le site à la route d’Angers à Segré, a constitué la frontière entre Angers et Montreuil pendant la période révolutionnaire, quand Avrillé n’existait plus en tant que paroisse et commune.

Champs (rue des)

Dans le quartier du Bois du Roy. Commence avenue de la Boissière et se termine avenue Raymond Poincaré.
Dans le centre du Bois du Roy, peut-être appelée ainsi en hommage aux anciens Avrillais qui, à ce même endroit, avaient, il n’y a pas si longtemps, travaillé durement la terre, non pour espérer faire fortune, mais simplement pour continuer à vivre. Très ancienne rue qui a été élargie par décision municipale du 17 mars 1969.

Champs blancs (avenue des)

En centre-ville. Commence avenue du 11 novembre 1918 et se termine en impasse.
Célestin Port, dans son dictionnaire, cite ce nom dans deux communes de Maine-et-Loire : le Longeron et Marcé, mais non Avrillé. Peut-être doit-on ce nom à la couleur du sol ?
De nombreux lieux dits ont été nommés en fonction de la qualité des terres : Champ d’acier (dur à cultiver) à Fougeré, Champ Noir à Saint-Macaire-du-Bois ; ou par rapport aux occupants de ces terres, Chandoiseau, Chantecaille, Chantepie, Chanteloup, Chantegrolle… ou plus surprenant, par rapport à l’odeur, Champ qui Pue à Valanjou.

Chardonnet (rue du)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence avenue Raymond Poincaré et se termine rue Jean Moulin.
Sans doute ce lieu était-il, autrefois planté de chardons. Ainsi, l’école de cavalerie de Saumur a été construite dans le quartier du Chardonnet, qui portait le nom latin de Campum Spinosum (du latin spina, épine). Célestin Port, dans son célèbre dictionnaire, situe ce nom également à Saint-Mathurin, et une maison noble nommée Le Chardonnet est située à La Potherie. Ainsi, rien de surprenant dans la présence supposée de nombreux chardons au temps moyenâgeux du Bois du Roy.

Chataigniers (allée des)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence rond-point Jean Lurçat et se termine avenue de la Haye aux Bonshommes. Cette allée est attestée dès 1956 dans les registres municipaux.
Aucune information sur le pourquoi de ce nom, sinon la présence de ces arbres à feuilles dentées dont les fruits appelés châtaignes (ou marrons) font parfois le bonheur des gourmets ou des écoliers. La Chesnaie, ancienne ferme qui était encore en activité en 1939, a été acquise par la commune. Ce bâtiment est aujourd’hui une annexe de la Maison des jeunes et de la culture, après en avoir été le siège principal de 1971 à 1982.

Chênes (rue des)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence rue des Champs et se termine avenue Mendès France.
Cette voie coupe à angle droit la rue des Roses, la rue des Oiseaux, et rencontre la rue des Fleurs. Cette fois, nos notables ont voulu perpétuer la tradition agricole de notre cité. Ont-ils pensé qu’il y a plus de deux mille ans, les druides recueillaient le gui sacré pour nos ancêtres les gaulois ?

Chesnaie (avenue de la)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence allée des Châtaigniers et se termine en impasse.
Cette petite avenue tranquille, bordée de jolies maisons, doit son nom à l’ancienne exploitation agricole de la Chesnaie, sur l’emprise de laquelle elle a été créée.

Chiron (avenue Alexendre)

En centre-ville. Commence avenue du 11 novembre 1918 et se termine en impasse.
Alexandre Chiron a été maire d’Avrillé entre le 17 mars 1848 et le 10 août suivant. Cette courte durée pour une mandature s’explique par l’instauration du suffrage universel, suite à la Révolution de 1848. La monarchie de juillet a vécu. Le 24 février 1848, Louis-Philippe abdique après trois journées révolutionnaires. Un gouvernement provisoire est formé par Lamartine et Ledru-Rollin. Le 27 février, au pied de la colonne de la Bastille, il proclame la IIème République. Un décret du 5 mars affirme le principe du suffrage universel masculin. Alexandre Chiron a été nommé maire d’Avrillé par le préfet, le 17 mars 1848. Il remplace à ce poste, Victorin La Révellière. En ce temps-là, le préfet nomme également le premier adjoint. Il n’est pas obligatoire que le maire et son adjoint soient pris parmi les 12 élus   au suffrage censitaire composant l’assemblée communale. Avec l’instauration du suffrage universel, de nouvelles élections municipales ont lieu le 31 juillet. Lors du premier tour de scrutin, seuls 11 conseillers sont élus sur 12 nécessaires. Alexandre Chiron n’arrive qu’en 17ème position avec 92 voix, la majorité absolue étant de109 voix. Un deuxième tour est donc nécessaire. Il a lieu le même jour avec 94 votants. Alexandre Chiron arrive en 5ème position, avec seulement une voix. Il n’est pas élu conseiller municipal. Le 10 août 1848, les conseillers municipaux se réunissent pour élire le nouveau maire. Victorin La Révellière est élu et retrouve la place qu’il avait perdue le 17 mars.

Chopin (allée Frédéric)

Dans le quartier de l’Adézière – commence avenue Salvador Allende et finit rue Jean Bodin. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 21 septembre 1982.Compositeur polonais, Frédéric Chopin (1810 – 1849) commence très jeune l’étude du piano et devient très vite un enfant prodige. A huit ans, il donne son premier concert. Tout en poursuivant ses études au lycée de Varsovie, Frédéric Chopin continue de travailler le piano, puis entre au conservatoire en 1826, date à partir de laquelle il compose ses premiers chefs d’œuvre et effectue ses premiers voyages hors de Pologne. Chopin quitte définitivement Varsovie pour Vienne fin 1830. Il s’installe ensuite à Paris (son père était français), a des débuts difficiles, mais connait le succès assez rapidement auprès de l’aristocratie. Sa réputation grandit dans le milieu musical parisien qui l’accueille cordialement, et il devient l’ami, entre autres, de Liszt, Berlioz et Mendelssohn. Devenu professeur recherché, il continue simultanément son activité de compositeur. Malade dès 1835, sa liaison avec George Sand, de 1838 à 1847, arrache Chopin à la vie parisienne, et c’est durant ses séjours à Nohant et à Majorque que ses compositions sont les plus abouties. Après une dernière tournée de concerts en Angleterre et en Ecosse, en 1848, il revient en France épuisé et meurt le 17 octobre 1849, à Paris, emporté par la tuberculose. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise, mais son cœur repose dans un pilier de l’église Sainte Croix de Cracovie. Un moulage d’une des mains du célèbre pianiste est exposé au Musée de la vie romantique à Paris, 16 rue Chaptal.

Clément (allée Jean-Baptiste)

Dans le quartier des Pépinières – commence avenue Jean Lurçat et se termine en impasse.
Il naît en 1836 à Boulogne-sur-Seine sur un moulin-bateau amarré au port. Fils d’un riche meunier, il rompt rapidement avec ses parents. A 14 ans, il se retrouve garnisseur de cuivre, commerçant en vins et terrassier. A l’âge de 30 ans, il s’établit Butte Montmartre à Paris et fréquente les salles de rédaction des journaux socialistes, notamment Le Cri du Peuple de Jules Vallès. Il est condamné pour avoir publié un journal sans cautionnement et pour offenses envers l’Empereur, ce qui lui vaut d’être reclus dans la prison parisienne de Sainte Pélagie jusqu’au 4 septembre 1870, jour où une immense manifestation parisienne obtient la déchéance de l’empereur. La Commune, avec laquelle il s’engage, fut une des grandes expériences de sa vie, car il participe jusqu’au dernier combat sur la dernière barricade, ce qui lui vaut huit années d’exil, après sa condamnation   à mort par contumace en 1874. Amnistié en 1879, il rentre à Paris et organise la syndicalisation. Toute sa vie sera un combat pour le peuple, comme élu, comme journaliste, comme syndicaliste. Il reste une des grandes figures de l’époque héroïque du socialisme. Poète, il est l’auteur de nombreuses chansons dont Le Temps des Cerises, 89, Semaine sanglante. Parmi un important répertoire, aujourd’hui oublié, de chansons, mais aussi de comptines, rappelons la populaire Dansons la Capucine. Il s’éteint le 26 février 1903 et est inhumé au cimetière du Père Lachaise accompagné par quatre à cinq mille personnes.

Clos du moulin (impasse du)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence avenue de l’Europe et se termine en impasse. Cette voie a reçu ce nom par décision municipale du 3 mai 1990.
C’est le nom d’un ancien clos de vignes situé à proximité du moulin de la Garde qui existe depuis le 17ème siècle et qui a appartenu au domaine de la seigneurie de la Perrière.

Cloteau (allée du)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence chemin de la Beurrière et se termine en impasse.
Un cloteau est un petit terrain cultivé, situé près d’une habitation et entouré de murs ou de fossés, à rapprocher du mot clos. De nombreux lieux-dits portent ce nom et, à Trélazé, une closerie entourée de vieux fonds de perrière noyée d’eau se nomme ainsi. Faut-il y voir une quelconque ressemblance avec Avrillé où les anciennes perrières servaient parfois de déchetteries sauvages où l’on venait chocotter ? D’anciens Avrillais pourront aisément répondre à cette question.

Cocteau (allée Jean)

Dans le quartier de l’Adézière – commence Avenue Martin Luther King et se termine en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 21 septembre 1982.
Jean Cocteau naît à Maisons-Laffitte (Yvelines), le 5 juillet 1889, dans une famille bourgeoise. Elève au lycée Condorcet, à 15 ans il quitte le cocon familial. Peu enclin aux études – il n’obtiendra pas le baccalauréat – il se dit avant tout artiste et poète. A 20 ans, il publie son premier recueil La lampe d’Aladin et devient une des figures à la mode du Tout-Paris. Avide de toutes les découvertes, il multiplie les aventures sentimentales, tant féminines que masculines, et s’adonne aux « paradis artificiels ». Fasciné par les artistes russes et leurs ballets, il collabore avec eux pour produire deux œuvres : Le Dieu bleu et Parade. Exempté de service militaire, il participe cependant à la Première guerre mondiale dans le service civil. Après la guerre, dans les années 1920, il s’associe avec Proust, Gide, Maurice Barrès. Chez Max Jacob, il rencontre un jeune poète, Raymond Radiguet. Séduit par son talent, il le conseille et l’aide à publier Le Diable au corps. En 1923, la mort de Radiguet le laisse désemparé, découragé ; il s’adonne alors à l’opium. Il quitte Paris pour Monte-Carlo. Sa dépendance envers l’opium et ses efforts pour en sortir influencent ses œuvres littéraires. En 1940, Cocteau choisit d’habiter au Palais-Royal, rue Montpensier, à côté du grand écrivain Colette et de son mari Maurice Goudeket qui était son condisciple au lycée Condorcet. Durant les quinze dernières années de la vie de Colette, il est « l’ami le plus cher du couple », aux dires mêmes de Goudeket. Colette le surnommait le « poète de l’entresol ». Le théâtre l’appelle, qui lui réserve une place importante avec Les parents terribles, Les monstres sacrés (1940), Le bel indifférent (1940), pièce écrite spécialement pour Edith Piaf et qui remporte un énorme succès, L’aigle à deux têtes (1946). Il travaille aussi avec Picasso et Coco Chanel, lutte contre son penchant pour l’opium et affiche ouvertement son homosexualité. Sa liaison avec Jean Marais est restée célèbre. Artiste aux multiples talents, graphiste, dessinateur, céramiste, il est aussi cinéaste et donne au septième art des films et des scénarios marquants. Parmi ceux-ci : L’éternel retour (1943), La belle et la bête (1945), Orphée (1950), Le testament d’Orphée (1960). En 1953, Cocteau est appelé à présider le jury du festival de Cannes. En 1955, il est élu à l’Académie française et à l’Académie royale de Belgique. Le 11 octobre 1963, il succombe à une crise cardiaque, une heure après avoir appris le décès de son amie Piaf. Il est enterré dans la chapelle Saint Blaise de Milly-la-Forêt (Essonne), qu’il a entièrement restaurée à partir de 1960. Sa maison de Milly est transformée en musée, inauguré le 22 juin 2010. Le musée que la ville de Menton lui a entièrement consacré compte environ 1800 œuvres diverses et constitue la première ressource mondiale des œuvres de Jean Cocteau.

Copernic (rue Nicolas)

Dans le zone industrielle de la Croix Cadeau, secteur des Landes – commence route de l’Etang et finit dans la rue Paul Langevin.
Homme d’Eglise et astronome polonais, Nicolas Copernic naît le 19 février 1473, à Thorn, capitale de la Prusse orientale. Orphelin à 10 ans, il est adopté par son oncle Lukas Watzenrode, évêque de Cracovie. De 1491 à 1495, il est à l’université de Cracovie où son oncle l’a envoyé afin qu’il y reçoive une éducation solide. Il y suit les cours du célèbre astronome Albert Brudzewski, qui lui révèleront sa future vocation. En 1497, avant de partir pour l’Italie où il souhaite étudier, il est nommé par son oncle chanoine de Frombork, à un poste financier, sans devoir religieux. A l’université de Bologne, puis à celle de Padoue, il apprend les mathématiques, la médecine et progresse en astronomie. En 1499, il donne des cours de mathématiques à Rome, puis, l’année suivante, organise des conférences sur l’astronomie au même endroit. Néanmoins, il décide d’arrêter ses études et de retourner en Pologne pour remplir sa charge de chanoine. Entre 1503 et 1510, Nicolas Copernic vit dans le palais épiscopal de son oncle à Lidzbark Warminski, et travaille comme assistant à l’administration du diocèse et dans la gestion du conflit des chevaliers teutoniques. Entre 1507 et 1515, il s’attarde de temps en temps à la rédaction d’un court traité sur l’astronomie, connu sous le nom de Commentariolus. Ce traité ne sera pas publié avant le 19ème siècle. Il établit dans ce traité les principes de l’astronomie héliocentrique. En 1512, Copernic commence à rédiger son œuvre majeure La révolution des sphères célestes (De Revolutionibus Orbium Coelestium). Il met 18 ans à l’écrire. Il y développe sa théorie de l’héliocentrisme : il démontre que l’axe de la Terre n’est pas fixe, qu’elle tourne sur elle-même et autour du Soleil, comme les autres planètes, et que la Lune est un satellite de la Terre. Cette théorie se heurtera pendant des siècles au mur religieux, où l’Eglise restera fortement ancrée dans sa vision anthropomorphique d’un univers créé par Dieu, pour les hommes… Ses travaux seront rejetés avec force par ses contemporains avant d’être unanimement adoptés, marquant ainsi le début de la révolution scientifique du 17ème siècle. Il meurt à Frombork (Pologne) le 24 mai 1543.

Coteaux (rue des)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence chemin de la Salette et se termine rue des Reinières.
Nos édiles ont voulu célébrer le relief de l’endroit, la Mayenne voisine, ses navettes fluviales et ses écluses, le cœur de verdure de l’île Saint Aubin toute proche. Aujourd’hui, les coteaux sont envahis par l’urbanisation qui, peu à peu, grignote les terres agricoles. Ils conservent cependant la beauté et la variété des lieux pleins de charme et de couleurs non loin de la rivière.

Coty (avenue du Président René)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence avenue de la Ronde et se termine en impasse.
René Coty naît le 20 mars 1882 au Havre. Il est le fils d’un républicain modéré, directeur d’un collège. René Coty est un élève brillant et obtient un double baccalauréat en sciences et en lettres avec la mention bien. A l’université de Caen, il décroche une licence en droit ainsi qu’une licence en lettres et en philosophie. Il prête serment d’avocat et s’inscrit au barreau du Havre, en tant que spécialiste en droit maritime et commercial. Peu après, il s’engage en politique et devient conseiller municipal du Havre, conseiller général, député en 1923, sénateur en 1936, puis ministre de la reconstruction en 1947 dans le cabinet de Robert Schuman. Le 23 décembre 1953, il est élu Président de la République au 13ème tour de scrutin* et entre en fonction le 16 janvier 1954, succédant ainsi à Vincent Auriol. Il est très populaire dans le cœur des Français, de même que son épouse Germaine. Son mandat est marqué par la fin de la guerre d’Indochine, le début de la guerre d’Algérie, le retour du Général de Gaulle. En 1958, la tension politique due à la guerre d’Algérie fait craindre un coup d’état militaire. René Coty fait appel au plus illustre des Français, le Général de Gaulle, et le nomme Président du Conseil. La Constitution de la Vème République est promulguée le 4 octobre 1958 et le président René Coty transmet ses pouvoirs au Général de Gaulle le 8 janvier 1959 en déclarant : Le premier des Français est désormais le premier en France. Membre de droit du Conseil constitutionnel, il est élu à l’Académie des sciences morales et politiques. Il désapprouve le recours au référendum de 1962 pour décider de l’élection présidentielle au suffrage universel. René Coty s’éteint au Havre le 22 novembre 1962, victime d’une crise cardiaque.

Croix Cadeau (rond-point de la)

Dans le quartier de la Croix Cadeau.
Carrefour important recevant la R.D. 768 et l’ancienne R.N. 162 qui menait directement dans le centre-ville d’Avrillé dont elle constitue, aujourd’hui comme hier, l’artère principale, tout en se nommant avenue Mendès France dans sa partie urbanisée. La zone industrielle voisine porte également ce nom.

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D

Daumal (rue René)

Dans le quartier de l’Adézière – commence avenue Salvador Allende et finit en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 21 septembre 1982.
René Daumal naît à Boulzicourt (Ardennes) le 16 mars 1908. Bon élève au lycée, il cherche, comme Arthur Rimbaud, le « dérèglement de tous les sens » (drogue et même roulette russe). A 16 ans, il connaît une expérience unique s’apparentant à la mort imminente en absorbant un produit dérivé du chloroforme (expérience qui lui laissera des séquelles physiques peut-être à l’origine de sa maladie). A Paris, avec Roger Gilbert Lecomte, Roger Vaillant et le peintre Josef Sima, il fonde la revue Le grand jeu. Il s’intéresse aux textes sacrés de l’Inde. Du surréalisme, il évolue vers une mystique orientale. En 1933, à Paris, il vit dans des conditions matérielles très difficiles. Il obtient le prix Doucet pour son ouvrage Le contre ciel. Malade, rongé par la tuberculose, il séjourne le plus souvent possible en montagne : dans les Pyrénées, puis dans les Alpes au plateau d’Assy. Il se remet à la poésie et commence le célèbre et inachevé Mont Analogue. La lecture de son œuvre est souvent oppressante : la mort y rôde partout. Pour se libérer de la gangue du réel, il se mettra en état de voyant, quitte à se détruire. Il veut marcher vers le point où la   lumière existe pour trouver la paix intérieure. Il meurt à Paris le 21 mai 1944. Il a 36 ans.

Debussy (avenue Claude)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence chemin de la Salette et se termine allée Federico Garcia Lorca. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 12 janvier 1973.
Achille Claude Debussy, aîné de quatre enfants, naît le 22 août 1862, à Saint-Germain-en-Laye, 38 rue au Pain (aujourd’hui son musée). La famille Debussy gère un magasin de faïences et de porcelaines, mais, faute de rentabilité, quitte Saint-Germain pour Paris en juillet 1864. Pendant la guerre de 1870, la famille, sans son père, se réfugie à Cannes chez une tante Clémentine. Elle procure à Claude son premier professeur de piano qui ne remarque rien de particulier chez son élève. Pendant ce temps, son père, resté à Paris, rejoint la Commune et sert comme capitaine dans la garde nationale. Il est arrêté par les troupes de Mac Mahon et se retrouve emprisonné au camp de Satory avec d’autres communards. Jugé, il est condamné à quatre ans de prison, peine réduite à une année. La famille rejoint Paris et loue un petit deux pièces rue Pigalle. Claude, âgé de neuf ans, est confié à Mme Mauté de Fleurville, professeur de piano convaincue de ses talents. La fille de Mme Mauté est l’épouse de Paul Verlaine, dont Claude met en musique certains poèmes. Le 22 octobre 1872, il est admis au Conservatoire de Paris, où il reste plus de dix ans. Il est inscrit dans la classe de piano d’Antoine Marmontel et dans la classe de solfège d’Albert Lavignac. Il ne fréquente aucune école, se contentant de l’instruction de sa mère. C’est un élève dissipé, mais doué. Il obtient de nombreux prix pour le piano et le solfège, mais ne peut prétendre à une carrière de virtuose. Il entre dans la classe d’harmonie d’Emile Durand et dans celle d’accompagnement d’Auguste Bazille, où il obtient son seul premier prix. Il compose ses premières mélodies en 1879 sur des textes d’Alfred de Musset. L’été 1880, il est engagé par une veuve richissime, Nadezhda von Meck, pour apprendre à ses onze enfants à jouer au piano des duos avec elle. Elle avait connu Rubinstein et Liszt et avait une passion pour Tchaïkovski. Il séjourne avec la famille à Interlaken, Arcachon, Paris, Nice, Gênes, Naples et Florence. A son retour à Paris, il s’inscrit dans la classe de composition d’Ernest Guiraud et gagne sa vie comme accompagnateur d’une classe de chant dans laquelle il rencontre Marie Vasnier pour laquelle il écrit des mélodies. Il est également, mais pour peu de temps, dans la classe d’orgue de César Frank. En 1881, il rejoint Mme von Meck en Russie. En 1882, c’est Vienne et, de nouveau, Moscou. En 1883, il présente sa cantate Le Gladiateur pour le prix de Rome. Il échoue cette-là, mais le remporte en 1884 avec une autre cantate L’Enfant Prodigue. Il est durant deux ans le pensionnaire de la villa Médicis, à Rome, et il n’arrête pas de composer. En 1887, il revient à Paris, fréquente les milieux littéraires et artistiques, rencontre les poètes symbolistes et se lie avec Paul Dukas. En 1888 et 1889, il est à Bayreuth et subit brièvement l’influence de la musique de Wagner. Anticonformiste toute sa vie, il rejette tous les académismes et après son prix de Rome, il s’écarte de la musique officielle. En 1890, il rencontre Mallarmé qui lui demande de participer à un projet théâtral, L’Après-midi d’un faune. Il fait la connaissance d’Erik Satie, Edgar Poë, Maeterlinck et sa pièce Pelleas et Mélisande. Il découvre Boris Godounov de Moussorgski, et la Chanson de Bilitis de Pierre Louÿs. Sa vie personnelle n’est pas calme. En 1899, il se marie avec Lily Texier, mais en 1903, sa relation nouvelle avec Emma Bardac est à l’origine d’une tentative de suicide de son épouse. L’affaire fait scandale. Avec Emma, il a une fille en 1905, Claude Emma, surnommée Chouchou. Malheureusement, cette dernière décède d’une diphtérie le 14 juillet 1919. En 1905, il compose La Mer. En 1908 est créé en Allemagne et à New York son opéra Pelléas et Mélisande. En 1910, il compose le Martyre de Saint Sébastien sur un mystère de Gabriele D’Annunzio, et se lie avec Stravinsky. En 1913, déjà atteint par la maladie, il compose Jeux, poème dansé par les ballets russes de Diaghilev et voyage beaucoup en Europe notamment en Russie où il rencontre Serge Prokofiev. Il décède d’un cancer le 25 mars 1918 à Paris. D’abord inhumé au Père Lachaise, sans discours et sous les tirs d’obus allemands, il repose désormais au cimetière de Passy, à coté de sa fille et de son épouse Emma décédée en 1934.

Degas (allée Edgar)

Dans le quartier de l’Etang – commence et se termine avenue Camille Pissarro. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 2 septembre 1992.
Edgar Degas est à la fois peintre, graveur, sculpteur et photographe. Il naît à Paris, le 19 juillet 1834, dans une famille aisée. Il a quatre frères et sœurs. A l’âge de treize ans, il perd sa mère. Il fait de sérieuses études classiques au lycée Louis-le-Grand où il obtient son baccalauréat littéraire en 1853. La même année, il s’inscrit comme copiste au Louvre et à la faculté de droit de l’Université de Paris où il ne restera pas longtemps. En avril 1855, il est admis aux Beaux-Arts dans l’atelier de Lamothe (élève d’Ingres). Il commence à fréquenter le cabinet d’estampes de la Bibliothèque nationale où il copie des œuvres de Dürer, Véronèse, Rembrandt, Goya. C’est un dessinateur inlassable qui passe ses journées au Louvre. Il rencontre Ingres, qu’il vénère, et qui lui donne le conseil suivant : « Dessinez des lignes, jeune homme, et des lignes plus encore, à la fois de la vie et de la mémoire et vous deviendrez un bon artiste ». Entre 1856 et 1860, il séjourne en Italie, découvre et copie les maîtres florentins, rencontre Gustave Moreau avec qui il se lie d’amitié. Il fera plusieurs centaines de copies des œuvres de Michel-Ange, Raphaël, Titien. A son retour, c’est Paris qui compte et à Paris, Montmartre. Il fréquente certains cénacles, ateliers, cafés littéraires et rencontre Manet, Morisot, Mallarmé. Il participe activement aux discussions du Café Guerbois et ses répliques cinglantes en font fuir quelques-uns. Ses premières œuvres sont des portraits de famille et des autoportraits. Pendant les vingt premières années de sa carrière, il expérimente tous les genres : portraits, grandes toiles, peinture historique, peinture de genre. Il se passionne très tôt pour les courses de chevaux, la danse, l’opéra, les café-concerts et la vie quotidienne. Il approchera également le japonisme alors à la mode. Il voit, dans le ballet, un sujet d’observation du mouvement rapide et une vaste possibilité de composition spatiale. Degas aurait pu être l’espoir de la grande peinture officielle, mais il a trop le goût du réalisme, de la modernité et des sujets inédits. Durant la guerre de 1870, il s’enrôle dans la Garde nationale. En 1872, il part avec son frère René dans la famille de sa mère à La Nouvelle Orléans, où il passe une année. A son retour, il fréquente toujours le Café Guerbois, mais il ne partage pas l’esthétique du mouvement impressionniste. Tout en rejetant « leur esclavage de plein air et les changements de lumière », il fait cause commune avec eux et présente dix toiles à la première exposition du groupe en 1874, chez Nadar. Degas s’intéresse avant tout à la ligne et ses dessins révèlent sa rare habileté et son sens du mouvement. Après la mort de son père en 1874, il se trouve en proie à de nombreuses difficultés matérielles. Sa peinture devient alors son unique source de revenu. D’un caractère difficile et intransigeant, il devient plus solitaire encore en raison de la faillite de 1878 qui ruine sa famille. Esprit pénétrant, ce causeur cultivé et caustique est dominé par sa hargne agressive et, souvent, l’amitié ne résiste pas. Observateur cruel du quotidien, il saisit dans ses œuvres des instants de vie populaire. Il s’y révèle compositeur hardi et coloriste violent, s’intéressant aussi au cirque, aux fièvres de la bourse, aux cocottes… Dans les années 1880, sa vue baisse. Ses pastels deviennent plus audacieux et plus rutilants. Il vit de plus en plus dans une certaine misanthropie, mais son activité artistique reste exceptionnelle. Il ne cesse de renouveler son art par des coloris vifs et intenses. Il reste fasciné par les danseuses et de plus en plus par les femmes à leur toilette. Il est au-delà de l’impressionnisme. A la fin de 1890, quand sa cécité devient presque complète, il s’enferme dans sa solitude et se consacre à la sculpture qu’il pratique depuis quelques années déjà. Edgar Degas meurt à Paris le 27 septembre 1917 et repose au cimetière de Montmartre. Il laisse plus de 2000 peintures et pastels.

Deroche (rue Elise)

Se termine en limite d’Angers. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 14 avril 2011.
Elise Léontine Deroche naît le 22 août 1886 à Paris. A 20 ans, artiste de théâtre fort jolie, mais aussi peintre et sculptrice, elle prend le nom de baronne Raymonde de Laroche qu’elle estime plus brillant pour sa carrière. Avide de gloire et ne parvenant pas à percer,   elle décide de voler et se prend au jeu. Elle rencontre Charles Voisin, fondateur, avec son frère Gabriel, de Voisin frères. Elle s’initie au pilotage sur le camp militaire de Châlons-sur-Marne, aujourd’hui, Châlons-en-Champagne. Le 22 octobre 1909, à Châlons, elle réussit un vol de 300 m et devient la première femme à piloter un aéroplane ; le lendemain elle réussit 6000 m. Elle est la première femme au monde, le 17 mars 1910, à 24 ans, à obtenir son brevet de pilote (n° 36 de l’Aéro-club de France). Le 8 juillet 1910, elle est la seule femme à prendre part à la Grande semaine d’aviation de Champagne. Son appareil, un Voisin n° 59, s’écrase après une chute de 60 mètres ; elle est grièvement blessée et, souffrant de multiples fractures, doit être opérée. Après une longue convalescence, elle retrouve les terrains d’aviation et les meetings à Héliopolis, en Égypte, Saint-Petersbourg, Budapest, Rouen. Le 12 septembre 1912, un nouveau drame la frappe. Elle sort indemne de l’accident d’automobile où Charles Voisin trouve la mort. Après la guerre 14-18, elle se spécialise dans les vols d’altitude et bat le record féminin (4800 m) et de distance (323 km). C’est l’apogée de sa belle carrière. Le 18 juillet 1919, sur le terrain du Crotoy (Somme), alors qu’elle vole en passagère sur un appareil expérimental de marque Caudron, piloté par Barrault, l’avion s’écrase et les deux amis sont tués. Elle était officier de l’Instruction publique, la Légion d’honneur n’étant pas alors décernée aux aviatrices.

Descartes (rue René)

Dans la zone industrielle de la Croix-Cadeau, secteur des Landes – commence rue Copernic et finit en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 17 novembre 2005.
René Descartes naît à La Haye 3, en Touraine, le 31 mars 1596. De 1604 à 1612 il est élève des jésuites au collège de La Flèche. Il étudie la philosophie d’Aristote mais s’intéresse surtout aux mathématiques. De 1618 à 1629 il voyage et découvre dans les environs d’Ulm les fondements d’une science admirable. Des songes prophétiques, le vœu d’un pèlerinage à Notre Dame de Lorette, l’adhésion à la société des Rose-Croix marquent une crise mystique. En 1629, Descartes se réfugie en Hollande pour développer une philosophie nouvelle qu’il s’efforce de faire pénétrer dans de larges cercles. Pendant un de ses courts voyages en France, il conseille au jeune Blaise Pascal des expériences sur le vide. Malgré une grande prudence qui lui interdit, après la condamnation de Galilée en 1633, de publier son Traité du monde, il subit les attaques des partisans d’Aristote, de jésuites français et de ministres protestants hollandais. En 1642, le sénat d’Utrecht interdit d’enseigner la doctrine cartésienne parce qu’elle détourne la jeunesse de la saine philosophie. En 1649, il part pour la Suède, invité par la reine Christine. Mais la rigueur du climat ne lui convient pas : il meurt en février 1650 à Stockholm, d’une congestion pulmonaire.

Désire (parvis abbé Guy)

En centre-ville, en bordure de l’avenue Mendès France. Il a reçu ce nom par délibération municipale du 16 juin 2011.
L’abbé Guy Désiré a été curé de la paroisse Saint Gilles d’Avrillé, de juin 1980 à septembre 1991. Guy Désiré naît en 1936. Bâtisseur d’église, missionnaire en Colombie, il sera toute sa vie un homme de foi ardente, proche des humbles et des malheureux. Il aura marqué son passage sur Avrillé, notamment chez les jeunes de la cité. C’était un pêcheur de truite et un amoureux des ballades en scooter. L’émotion fut grande à l’annonce de sa disparition, le 20 avril 2000, suite à un accident de voiture au Pont de Sorges, sur la commune des Ponts-de-Cé (Maine-et-Loire). Ce parvis, restructuré à l’occasion des travaux d’installation de la ligne du tramway, a été inauguré le 30 septembre 2011, en présence d’une foule nombreuse dans laquelle on reconnaissait Marc Laffineur, maire d’Avrillé, André Boudier, curé de la paroisse, la famille de Guy Désiré dont son frère aîné, prêtre à Rome.

Désirée (rue de la)

Dans le quartier de la Ternière – commence rue de la Ternière et se termine avenue de la Vieille Prée.
Ce nom provient de la première carrière de schiste qui a été « foncée » sur Avrillé vers 1815, alors que des extractions avaient débuté à Trélazé dès le 18ème siècle. Cette carrière, à ciel ouvert, se situe dans le secteur de la Grande Planche (site du Lac Bleu). En effet, cette excavation d’environ 80m de profondeur, aujourd’hui emplie d’eau, est appelée La Planche dans un premier temps, puis La Désirée en 1820, glissement sémantique significatif à partir de La Dézière, avatar de l’appellation L’Adézière. En 1823, le bilan financier trahit les premières espérances, car de fortes pertes sont enregistrées. Cette carrière emploie 172 personnes pour une production annuelle de 7.500.000 ardoises. Le gisement n’est pas d’une grande qualité. Les accidents y sont nombreux. En 1841, un certain Gautier, banquier de la carrière, a commis un fort détournement à son profit : c’est la faillite de l’entreprise et sa vente par licitation. Une société civile se crée qui reprend l’affaire. La carrière sera dénommée Le Bois, avant sa fermeture définitive en 1847, suite à un nouvel éboulement. Quelques tentatives de reprises en 1848 et 1855 seront vaines car la carrière est envahie par l’eau.

Desmoulin (avenue Camille)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence rue Léo Lagrange et se termine avenue du Maréchal Lyautey.
Camille Desmoulins naît à Guise (Aisne) le 2 mars 1760. Il est le fils aîné de Nicolas Desmoulins, seigneur de Bucquoy et de Sémery, lieutenant général au baillage de Guise. Il entre comme boursier au collège Louis-le-Grand, est primé au Concours général et devient ensuite avocat à Paris. Il est l’un des principaux orateurs de la Révolution française. Son premier discours a lieu dans les jardins du Palais-Royal devant le Café de Foy, le 12 juillet 1789, après le renvoi de Necker. Il fait ses débuts de journaliste en novembre 1789, dénonçant l’idée du complot aristocratique et s’opposant au suffrage censitaire. Son journal sera suspendu après les massacres de la fusillade du Champ-de-Mars de   juillet 1791. Le 29 décembre 1790, en l’église Saint Sulpice à Paris, il épouse Anne Lucile Laridon-Duplessis qui lui donnera un fils, Horace, en 1792. Son ami Maximilien Robespierre est l’un des témoins au mariage et sera également témoin lors du baptême républicain d’Horace. Partisan de la paix avant 1792, il change d’avis ensuite et se range aux côtés de Danton et Marat. Après la chute de la Monarchie, il devient secrétaire du Ministère de la Justice dirigé par Danton. Il est élu à la Convention nationale et siège parmi les Montagnards dont il va s’éloigner peu à peu, notamment après la condamnation des Girondins, le 30 octobre 1793. Il fonde alors un nouveau journal, Le Vieux Cordelier, et lance des appels à la clémence. Considéré comme Dantoniste, il est arrêté en même temps qu’eux le 31 mars 1794 et guillotiné le 5 avril 1794. Son épouse, qui avait protesté contre son exécution, subira le même sort une semaine plus tard.

Dix-huit juin 1940 (avenue du)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence avenue de la Boissière et se termine avenue Mendès France.
Le 18 juin 1940 à Londres, dans les studios de la BBC, le général de Gaulle lance un appel à ses compatriotes. Celui-ci est rediffusé le lendemain et publié dans la presse encore libre du sud de la France, notamment La Dépêche de Toulouse. Cet appel survient en pleine détresse nationale, alors que les troupes françaises sont débordées et que les civils fuient l’ennemi sur les routes de France. Charles de Gaulle est alors sous-secrétaire d’état à la Défense, mais n’a pas réussi à convaincre son gouvernement de continuer la lutte. Le maréchal Pétain demande l’armistice le 17 juin 1940 et le général de Gaulle part pour Londres d’où, en accord avec Winston Churchill, il va lancer son appel. C’est un appel à la résistance dont la flamme ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas, mais qui ne sera entendu que plus tard, compte tenu des évènements de ce jour-là. Cet appel a été classé par l’UNESCO, le 18 juin 2005, sur le registre international Mémoire du monde, en tant que patrimoine documentaire d’intérêt universel. D’autre part, le 18 juin a été institué par décret du 10 mars 2006 Journée nationale non chômée.

Dominique (allée Saint)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence allée des Châtaigniers et se termine en impasse devant l’entrée du Prieuré de la Haye aux Bonshommes, d’où le nom donné à cette voie.
Domingo Nuñez de Guzman, plus connu sous le nom de Saint Dominique, naît vers 1170 à Caleruega, dans la province de Burgos, en Espagne, dans une famille aisée. Il étudie la théologie et la philosophie et à 25 ans entre comme chanoine au chapitre de l’évêché d’Osma. Il se distingue rapidement par sa ferveur et ses talents de prédicateur. Il rencontre l’hérésie cathare au moment où la richesse et les privilèges du clergé commencent à faire scandale parmi les chrétiens. Il accompagne son évêque, chargé par le roi Alphonse VIII de Castille, d’une ambassade auprès du roi du Danemark, passe par Rome, Cîteaux, puis s’arrête en Languedoc afin de combattre l’hérésie naissante par la prédication et la prière. En 1215, il s’établit à Toulouse, alors que Simon de Montfort, à la tête d’une armée de croisés, extermine les Albigeois, mais il ne prend aucune part à la guerre. En 1216, il fonde l’ordre des Prêcheurs, connu aujourd’hui sous le nom de Dominicains, avec l’accord du pape Innocent III et selon une règle inspirée de celle de Saint Augustin. Il emploie ses dernières années à développer son ordre qui, très rapidement, comptera de nombreux couvents en France, en Italie et en Espagne. Il meurt le 8 août 1221 à Bologne. Il sera canonisé en 1234 par Grégoire IX. Contrairement à la légende qui le qualifie de premier inquisiteur, Dominique dans son action a fait appel aux prêches et à la prière. D’ailleurs, il décède avant l’arrivée de l’Inquisition.

Droits de l’homme (rond-point des)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Reçoit l’avenue de la Petite Garde et l’avenue Pablo Neruda.
Le 10 décembre 1948, les 58 états membres qui constituaient alors l’assemblée générale de l’ONU (fondée en 1945) ont adopté la Déclaration universelle des Droits de l’Homme à Paris au palais de Chaillot. Aujourd’hui, l’ONU compte 193 états membres. Le droit international impose aux états l’obligation et le devoir de respecter, protéger et instaurer les Droits de l’homme qui sont les droits inaliénables de tous les êtres humains. La Journée des droits de l’homme est célébrée chaque année le 10 décembre.

Du Bellay (avenue Joachim)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence avenue de la Revellière et se termine boulevard Geoffroy Martel. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 6 février 1962.
Cette rue honore le poète de la douceur angevine. Joachim du Bellay naît en 1522, au château de la Turmelière à Liré, en Anjou, d’une famille noble et illustre, une famille de cardinaux, de diplomates et de gouverneurs. Très jeune il perd ses parents et se retrouve sous la tutelle de son frère aîné René. Il devient un adolescent fragile qui apprend à se recueillir dans la solitude des forêts et à rêver sur les bords de la Loire. De santé fragile, il renonce à la vie politique et aux armes et décide de chercher la gloire dans les lettres. Il fait ses études de droit à Poitiers, rencontre Pierre de Ronsard et Baïf, étudie le grec avec Jean Dorat. C’est là qu’ils décident de former un groupe de poètes, appelé d’abord la Brigade puis la Pléiade. Leur œuvre collective sera le manifeste Défense et illustration de la langue française en plein accord avec le roi François 1er qui, le 10 août 1539, signera l’ordonnance de Villers-Cotterêts instituant le français comme langue du pouvoir royal. Ce manifeste paraît dix ans après l’ordonnance du roi, vers 1550. Dès lors, il est engagé dans le grand mouvement littéraire du milieu du 16ème siècle. En 1553, Joachim part pour Rome accompagnant le cardinal Jean du Bellay, dont il est l’intendant, à la cour pontificale. Il sera très déçu, car il vivra une vie d’ennui durant quatre ans, au milieu des intrigues de la cour du pape et écrira Les Regrets, un recueil de sonnets où il clame son désir de revoir son Anjou natal. Il écrira également : L’Olive, Les Antiquités de Rome, deux recueils de poèmes, sous forme de sonnets en alexandrins. Devenu sourd et vieilli avant l’âge, il s’éteint le 1er janvier 1560 à Paris âgé de 37ans. Il est inhumé en la chapelle de Saint Crépin à Paris.

Dumnacus (boulevard)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence avenue Emile Savigner et se termine avenue du Commandant Mesnard.
Chef gaulois du peuple des Andes, son nom vient de Dumnos, ce qui veut dire noir, ténébreux, profond. A l’arrivée de César, les Andes furent parmi les premiers à rallier Vercingétorix en 52 avant notre ère et leur chef Dumnacus s’illustra en 51 par sa résistance aux Romains. En mai 52 avant J.C., Vercingétorix inflige à César un grave échec devant Gergovie, mais en août 52, il voit sa cavalerie taillée en pièces par les Romains et doit se réfugier à Alésia où il rend les armes. Le contingent des Andes, levé pour Alésia devait être de 6000 hommes environ qui furent tués ou emmenés en esclavage. Pendant ce temps, la 7ème légion hiverne en Anjou sous le commandement de Crassus. Un grand nombre d’Andes supporte avec difficulté la mainmise romaine sur le territoire de la civitas. Après Alésia, Dumnacus ne s’avoue pas vaincu, lève de nouvelles troupes et en 51 met le siège devant Lemonum (Poitiers) tenu par un Picton romanophile nommé Duratios. Deux chefs romains, Fabius et Caninius, apprenant cette attaque, viennent prêter main forte à leur allié gaulois. Dumnacus lève le siège, les Gaulois en retraite poursuivis par les légions romaines laissent 12 000 hommes sur le terrain et tous leurs bagages. Dumnacus, chassé de son pays, errant et se terrant, solitaire, gagne les régions les plus retirées de la Gaule, mais ne tombera pas entre les mains des Romains.

Dunant (rue rond-point Henri)

Délimite les quartiers Bois du Roy et Centre-ville – Ternière. Commence rond-point du général de Gaulle et se termine avenue Mendès-France. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 1er septembre 1966.
Henri Dunant naît le 8 mai 1828 à Genève. Issu d’une famille patricienne protestante, il est l’aîné d’une fratrie de cinq frères et sœurs. Les nombreuses activités de bienfaisance de ses parents vont influer sur son éducation. Il va faire preuve très jeune d’une rare conviction dans l’action charitable et se distinguer par l’intensité de sa foi religieuse. Piètre collégien, il est placé en apprentissage chez des banquiers de renom. En 1853, il entre au service de la Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif (Algérie), où il devient agent d’exploitation terrienne. Suite à ses périples en Algérie et en Tunisie, il retourne en Europe afin d’obtenir, auprès de l’empereur Napoléon III, l’appui nécessaire dans le règlement d’un problème lié à ses affaires. Se rendant en Italie pour le rencontrer, il sera le témoin d’une épouvantable tuerie. La bataille de Solférino a lieu le jour même de son arrivée, soit le 24 juin 1859. Blessés et mourants sont abandonnés sur le champ de bataille et devant ce chaos, il oublie ses soucis algériens. Avec le soutien de paysans, il improvise des secours sans faire de distinction de nationalité. C’est en 1862 que son livre Un Souvenir de Solferino est publié. Il émet trois propositions : création d’une société de secours aux blessés en temps de guerre, recrutement d’infirmiers reconnus par les armées, et enfin, propose de formuler un principe international conventionnel et sacré dans un texte officiel signé par les états : la première Convention de Genève. Grâce au soutien de Gustave Moynier, président de la Société genevoise d’utilité publique, la création d’un Comité international et permanent de secours aux militaires blessés en temps de guerre est acceptée. Son drapeau sera celui de la Suisse, inversé : croix rouge sur fond blanc. La convention sera signée le 22 août 1864. Henri Dunant a réussi son pari. C’est avec Gustave Moynier, le général Dufour, les médecins Louis Appia et Théodore Maunoir que Dunant forme, en 1875, le fameux Comité international de la Croix-Rouge. Véritable étape dans l’histoire de l’humanité, ce comité annonce non seulement la naissance d’une imposante organisation internationale encore influente de nos jours, la Croix Rouge, mais aussi la reconnaissance d’un accord entre Etats visant à maintenir un espace humanitaire neutre sur les champs de bataille. Henri Dunant, assailli par ses créanciers, est contraint de démissionner du Comité international et fuit en France dont il prend la nationalité. En 1870, sous l’égide de la Croix-Rouge, il organise l’évacuation des civils pendant le siège de Paris par les Prussiens et prend la défense des communards auprès de Thiers. Après 1875, il disparaît complètement de la scène publique et est pris en charge par une veuve alsacienne qui admire ses actions. Plus tard, le docteur Hermann le recueille en triste état dans son hospice sur les bords du lac de Constance. Il sombre dans une misanthropie mystique.

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E

Ecole du Bois (allée de l’)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence allée Georges Brassens et se termine en impasse.
Cette voie est très proche d’un ensemble de bâtiments culturels : l’école du Bois du Roy (ainsi dénommée le 4 octobre 1976), la Médiathèque, le centre culturel Georges Brassens, l’Espace Lino Ventura et, à proximité, le Parc Brassens.

Eluard (rue Paul)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence avenue Claude Debussy et se termine rue des Coteaux.
Eugène Émile Paul Grindel, dit Paul Éluard, naît le 14 décembre 1895 à Saint-Denis, dans la banlieue parisienne. Atteint de tuberculose, il doit interrompre ses études en 1912 et se rend pour deux ans au sanatorium de Clavadel, près de Davos, en Suisse. Durant son séjour, il rencontre une jeune russe, Helena Diakonova, pensionnaire comme lui, plus connue sous le nom de Gala. Dès 1913, Éluard publie à compte d’auteur son recueil Premiers Poèmes.
En 1914, il est mobilisé comme infirmier dans la Somme. En 1917, au cours d’une permission, il épouse Gala qui s’installe à Lyon alors que lui est versé dans l’intendance. En 1918, Gala met au monde une fille, Cécile. Cette même année, Éluard prend part au mouvement dadaïste fondé en 1915 par le poète Tzara et fonde lui-même une revue, Proverbe.
En 1923, il se détache du mouvement dadaïste et, à la suite de graves dissensions conjugales, il part seul du jour au lendemain faire un tour du monde pendant sept mois. En 1926, Éluard adhère au Parti communiste avec les autres surréalistes, dont Aragon. Ensemble, ils prennent position contre les dangers du fascisme. Pendant cette période, il publie Capitale de la douleur, en 1926, et l’Amour, la poésie en 1929, recueil dédié à Gala. Celle-ci, qui a été ouvertement la maîtresse de Max Ernst, quitte alors Paul Éluard pour Salvador Dali. La même année, Eluard rencontre Maria Benz, dite Nusch, une artiste de music-hall franco-allemande qui allait devenir sa deuxième épouse en 1934.
En 1933, il est exclu du Parti communiste, mais continue la lutte pour toutes les révolutions. Les années 1931–1935 lui sont particulièrement heureuses puisqu’il est amoureux et effectue de nombreux voyages en tant qu’ambassadeur du mouvement surréaliste. Lors du bombardement de Guernica en 1937, il écrit Victoire de Guernica, et pendant deux ans, Picasso et Éluard ne se quittent plus. Le poète dit au peintre : Tu tiens la flamme entre tes doigts et tu peins comme un incendie.
Mobilisé dans l’intendance lors de la Seconde Guerre Mondiale, il devient un poète important de la Résistance avec Aragon. Il publie clandestinement le Livre Ouvert puis Poésies et Vérités, dont le célèbre poème Liberté est parachuté au-dessus des maquis ; en 1943, il participe au recueil l’Honneur des poètes, avec Pierre Seghers et Jean Lescure, dans lequel il rassemble les écrits des poètes résistants.
Nusch décède en 1946, alors qu’il voyage en Suisse. La douleur de la mort de sa compagne lui inspire en 1947 Le temps déborde, puis De l’horizon d’un homme à l’horizon de tous, qui retrace son cheminement de la souffrance à l’espoir retrouvé. Il participe à de nombreux congrès pour la paix, à Wroclaw (Pologne), avant de publier en juin Poèmes politiques préfacés par Aragon, à Paris, à Mexico où il rencontre Dominique Lemor qu’il épouse en 1951. Il publie Pouvoir tout dire et Le Phénix. Il continue à voyager, rencontre Pablo Neruda à Budapest, passe plusieurs jours avec les partisans grecs réfugiés sur le mont Grammos, séjourne à Prague, à Moscou, à Genève.
Le 18 novembre 1952, il succombe à une crise cardiaque à son domicile de Charenton-le-Pont et est inhumé le 22 novembre au cimetière du Père Lachaise à Paris.

Etang (route de l’)

Dans le quartier de l’Etang, débute rond-point François Mauriac et termine rue Copernic.
Crée par délibération du conseil municipal du 21 septembre 1982.
Selon Célestin Port, il y avait à cet endroit au 19ème siècle une closerie, c’est-à-dire une petite ferme close à l’aide de haies. En général, le closier n’exploitait qu’une petite surface de terres louées au seigneur.
Ce nom est certainement en rapport avec l’étang voisin sur le domaine du château de la Boissière.

Europe (avenue de l’)

D’un point de vue scientifique, si l’on se réfère à la tectonique des plaques, l’Europe et la partie continentale de l’Asie ne sont qu’un seul et même continent dénommé Eurasie.
De nombreuses tentatives d’unité politique ont été tentées, mais ont échoué à l’exemple de la Rome antique, de Charlemagne, des empereurs allemands, de Napoléon 1er, et de bien d’autres.
La création du Benelux, en 1944, est le prélude à la mise en place de nombreuses communautés économiques et politiques de la nouvelle Europe. Les esprits sont toujours partagés entre des conceptions très divergentes parfois, mais le processus est lancé. L’année 1948 voit la création de l’Organisation européenne de coopération économique (OECE), en 1949 le Conseil de l’Europe, en 1950 l’Union européenne des paiements qui deviendra en 1961, l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

 

F

Fantin-Latour (allée Henri)

Dans le domaine de l’Etang – commence et se termine allée Paul Cézanne. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 2 septembre 1992.
Artiste peintre et lithographe, Henri Fantin-Latour   naît à Grenoble le 14 janvier 1836. Son père qui avait connu un certain renom de portraitistes, lui a fourni un premier enseignement.
Venu à Paris avec sa famille, il entre en 1851 dans l’école de dessin d’Horace Lecoq de Boisbaudran. Au Louvre et au musée du Luxembourg, il découvre ses maîtres en Titien, Véronèse, Van Dyck, Watteau, Delacroix. Il exécute toute sa vie de nombreuses copies, qui lui permettent de vivre de son travail.
Il entre à l’école des Beaux-Arts en 1854, rencontre Edgar Degas, Edouard Manet, Berthe Morisot et surtout James Whistler avec qui il se lie d’amitié. En Angleterre, où il fait de fréquents voyages entre 1859 et 1881, sa notoriété s’établit rapidement, notamment pour ses œuvres de fleurs. Cela lui permet de poursuivre ses échanges avec les Préraphaélites 4 , et notamment D. G. Rossetti. En 1859, son premier envoi au Salon est écarté, mais il est accepté en 1861. En 1863, nouvelle déception, mais il expose alors au Salon des refusés. A partir de 1864, il figure à tous les salons et à la Royal Academy de Londres.En 1862, avec Manet, Legros, Whistler, Jongkind, il rejoint la Société des aquafortistes et travaille avec le graveur Edwin Edwards. Il se révèle d’abord par ses portraits individuels (Manet, Verlaine) puis collectifs, qui constituent une véritable galerie de personnalités de son temps : L’hommage à Delacroix, L’atelier des Batignolles, Autour du piano, Coin de table (photo ci-contre), pour ne citer que les plus connus. Deux autres formes d’expression le caractérisent : la nature morte et la composition poétique, avec un sentiment réaliste et un pinceau minutieux. A l’opposé, il créé dans ses compositions un monde irréel et féérique, car la majeure partie de ses œuvres est suscitée par sa passion pour la musique et son engouement pour l’opéra. Il emprunte ses thèmes à Schumann, Wagner, Berlioz. Bien qu’étroitement lié aux Impressionnistes qu’il admire et retrouve au café Guerbois, il se dissocie de leur mouvement. A travers un métier plus traditionnel, il adopte une recherche psychologique dans les portraits et un dessin précis dans les natures mortes. En 1875, il épouse Victoria Dubourg, peintre, et il passe tous ses étés dans la propriété de sa femme à Bures, dans l’Orne. C’est là qu’il s’éteint le 25 août 1904. Il repose au cimetière du Montparnasse à Paris.

Farcy (avenue Maurice de)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence avenue du Président Kennedy et se termine en impasse.
Le marquis Maurice de Farcy naît le 29 septembre 1866 au château de la Plesse à Avrillé et appartient à l’illustre et ancienne famille de Pontfarcy venant du Calvados. Il est le fils de Louis de Farcy, éminent archéologue et de Alix Boguais de la Boissière dont la famille a de solides attaches à Avrillé.
Après de solides études secondaires au collège des jésuites de Vannes, il manifeste très vite un goût particulier pour la mécanique. En 1890, il fait partie du Touring-club et représente le département aux délégations cyclistes et nautiques de cette formation nationale. Quelques années plus tard, il devient le président du Véloce-Club (ancêtre de l’Automobile-Club). Il crée au pont Brionneau, à Angers, un atelier de construction de moteurs qui lui vaudra en 1895, un diplôme d’honneur à l’exposition régionale de Tours. Maurice de Farcy avait eu l’idée d’un appareil fumivore dont il fit usage sur son vapeur, le Saint Maurice. Cette première invention fut d’ailleurs utilisée dans la marine de guerre pour un contre-torpilleur, Le Lansquenet, ce qui lui permettait de passer inaperçu en n’émettant plus de nuage de fumée. De nombreux appareils sortiront de ses ateliers. Il fonde en 1898, l’Union de la Voile et de la Vapeur d’Angers, l’un des plus anciens clubs de voile de France, dont il sera président jusqu’en 1934. Son successeur sera Paul Fortin. Aujourd’hui, ce club devenu le Cercle de la Voile d’Angers (C.V.A.) en 1953 est toujours très actif. Le premier brevet d’adaptation des moteurs à pétrole pour la navigation de plaisance est déposé par Maurice de Farcy. Le 1er mai 1907, il fonde l’Aéro-club angevin qui deviendra rapidement l’Aéro-club de l’Ouest, affilié à l’Aéro-club de France et prend son baptême de l’air. Pour promouvoir le vol à moteur, il recherche un terrain. C’est l’autorité militaire qui le lui accordera sur Avrillé, sur le site du Bois des petites filles. Avec son ami, René Gasnier, autre grand de l’aviation angevine, il participe à de nombreuses sorties aériennes et organise des courses en ligne telle Angers-Saumur. Il participe également au développement des plus légers que l’air. En 1908, une dizaine d’ascensions en ballon libre avec atterrissage de précision sont réalisées. Il fait partie des aérostiers qui évoluent au-dessus des prairies de Rochefort sur Loire, et c’est à lui que l’on attribue les premières photos aériennes. Titulaire de nombreuses décorations, Palmes académiques, Légion d’honneur, etc., il décède en son hôtel du parvis Saint Maurice, à Angers, le 17 novembre 1948.

Fauvel (rue Charles)

Dans le quartier du Plateau de la Mayenne. Commence avenue Pierre Mendès France et se termine rue Elise Deroche. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 20 septembre 2010.
Charles Fauvel naît le 31 décembre 1904 à   Angers. Dès l’âge de neuf ans, il construit des modèles réduits. A l’âge de 10 ans, il assiste au meeting d’acrobatie de Roland Garros et d’Audemar à Angers et ce spectacle scelle définitivement sa passion. Il passe un baccalauréat latin-sciences-philosophie. Il est boursier militaire de pilotage en 1923, et entre ensuite à l’Ecole de l’air. En 1925, il assiste au premier concours de vol à voile à Vauville (Manche), au cours duquel Alfred Auger bat officieusement le record d’altitude avec plus de 700 mètres. À Châteauroux, lors de son service militaire, il participe à la création du Club aéronautique universitaire, l’un des clubs de vol à voile les plus renommés d’avant 1940. En 1929, il dépose un brevet sur la formule Aile volante. Il bat plusieurs records internationaux, dans la catégorie des moins de 400 kilos, dont celui d’altitude à 5193 mètres et de durée (12 heures), ceci sur un monoplace léger dont il a assuré la mise au point. Il participe à la création de l’AVIA, comité fondé pour la promotion et le développement du vol à voile. Il quitte l’armée pour entrer à l’AVIA comme directeur sportif et chef pilote, tout en continuant la mise au point de prototypes, notamment le monoplace AVIA 10 A. En 1931, il quitte l’AVIA, alors en proie à une crise financière, et réintègre l’armée de l’air comme pilote d’essai à Villacoublay jusqu’en 1933. Il se lance alors dans l’étude de son premier appareil et il améliore ses performances. En 1937, il bat le record mondial d’altitude dans sa catégorie tout en devenant la première Aile volante, titulaire d’un certificat de navigabilité. Dès 1940, Charles Fauvel est muté au Maroc comme commandant de groupe adjoint. En 1941, revenu en France, il passe son brevet de moniteur au Centre de la Montagne noire (Haute-Garonne) puis est nommé chef du centre militaire de vol à voile d’Avignon. Après l’invasion de la zone libre, il prend sa retraite de l’Armée de l’air avec le grade de lieutenant-colonel. Il continue à concevoir des planeurs : l’AV 3 en 1953, l’AV 36 qui volera dans seize pays. En 1954, il crée son entreprise, la société SURVOL, à Cannes, afin de promouvoir ses ailes volantes. L’AV 22 sera considéré comme le chef-d’œuvre de Fauvel. En 1971, il décide d’arrêter la production commerciale de ses planeurs, mais continue de diffuser ses plans. Il devient président du centre de vol à voile de Fayence. Il se tue le 10 septembre 1979 aux commandes de son avion, un Super Cab, qui percute la montagne à 735 mètres d’altitude, au nord de Gênes en Italie.

Fen Edge Villages (square)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. En bordure du chemin de la Salette. Il a reçu ce nom par délibération municipale du 4 mai 2009.
Si vous passez avenue de Ripollet et continuez votre route, à droite sur le chemin de la Salette, vous trouverez un petit jardin public avec un carré d’herbes aromatiques, des jeux pour enfants, des pelouses… qui porte le nom so british de square Fen Edge Villages. Ne soyez pas étonnés : nous sommes dans le quartier de l’Europe. La ville d’Avrillé, très attachée aux valeurs européennes, a signé une charte de jumelage avec trois villes européennes : Schwalbach am Taunus (Allemagne) en 1978, Ripollet (Espagne) en 1993, et Fen Edge Villages (Grande-Bretagne) en 1998. Sur une carte routière de Grande-Bretagne, c’est en vain que vous chercherez Fen Edge Villages. En effet, Avrillé est jumelée ici, non pas avec une ville, mais avec une communauté de cinq villages, proches de la célèbre ville universitaire de Cambridge.

Fléchet (chemin du)

En zone rurale – commence rue des Frères Lumière et se termine à la limite d’Avrillé vers La Meignanne.
Le lieudit Le Fléchet a donné son nom à ce chemin. Ancienne dépendance de l’abbaye de la Haye aux Bonshommes, il a été défriché par les moines grandmontains au 13ème siècle. Célestin Port, dans son dictionnaire, cite : Le Fléchay, château avec douves pleines d’eau. En est sieur, Et. Guiton en 1574, puis divers propriétaires dont une veuve Berger en 1786. Leur fille épousa Jean-Baptiste Louis La Réveillère, président du tribunal criminel d’Angers. Leur fils Victorin, maire d’Avrillé de 1830 à1852, est propriétaire des lieux jusque vers 1870. Il aime se détendre au Fléchet, notamment en travaillant la terre. D’ailleurs, il y expérimente, en 1847, la culture de la pomme de terre à partir de la graine. On ignore l’histoire du château existant au 16ème siècle. L’édifice actuel semble vraisemblablement du 19ème mais, là aussi, les informations nous manquent !

Fouchard (allée Maurice)

En centre-ville. Commence avenue Mendès France et se termine en impasse.
Maurice Fouchard   naît en 1903 à Segré (Maine et Loire) où son père est instituteur. Sa famille s’installant à Angers, il fréquente école et collège publics angevins, puis le lycée Saint-Louis à Paris. Après quelques petits emplois près d’artisans parisiens, il devient chef d’atelier de galvanoplastie. Il effectue son service militaire dans la marine comme radiotélégraphiste, puis, à son retour dans le civil, se reconvertit en officier radio dans la marine marchande. Il devient membre titulaire de l’Académie d’Angers en 1932. En 1933, il vole sur un pou du ciel et saute en parachute… costumé en breton avec valise et parapluie. En 1939, il est mobilisé à La Pallice, port maritime de la Rochelle, avec le grade de quartier-maître. Démobilisé, il devient comptable, puis envoyé spécial du Courrier de l’Ouest. Passionné, il est un entomologiste distingué, réalisateur de films documentaires, brillant historien des débuts de l’aéronautique angevine. Il participe au sauvetage de l’avion de René Gasnier, datant de 1908 et lutte contre la disparition du champ d’aviation d’Angers-Avrillé. Il laisse de nombreux écrits notamment sur l’histoire de l’aviation en Anjou. Il meurt le 6 avril 1996 à Avrillé.

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G

Gance (rue Abel)

Dans le quartier de l’Adézière – commence mail de l’Adézière et se termine rue Martin Luther King. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 21 septembre 1982.
Abel Gance naît le 25 octobre 1889, à Paris. Il commence des études de droit, mais les abandonne pour se consacrer au théâtre et surtout au cinéma, dès 1909. Pour ses qualités de réalisateur, scénariste, producteur, le cinéma français lui doit beaucoup. Abel Gance est l’un des pères du langage moderne dans le cinéma et compte parmi les plus importants pionniers de son histoire. Dès 1918, il s’affirme comme un cinéaste novateur dont le style tranche sur la production antérieure. J’accuse et La roue font de lui un réalisateur vedette, tandis que Napoléon est l’un des derniers grands succès français du cinéma muet. Mais le grave échec financier de La fin du monde brise sa carrière. Il est amené à tourner des films moins personnels comme Lucrèce Borgia, La tour de Nesle, Austerlitz qui sont des succès commerciaux. Cependant, il ne retrouvera jamais le prestige qui était le sien. Sur le plan des techniques cinématographiques, Abel Gance élabore en 1925 avec André Debrie un procédé de film utilisant trois caméras par juxtaposition, qui donne une largeur d’images trois fois supérieure au format conventionnel et permet un récit en trois images différentes. En 1929-1932, il dépose un brevet sur la Perspective sonore, ancêtre de la stéréophonie. En 1934, il sonorise son film Napoléon avec ce procédé. A partir de 1937, il met au point, avec l’opticien Pierre Angénieux, le pictographe, appareil optique permettant de remplacer les décors par de simples maquettes ou photographies, ce qui est à l’origine de l’incrustation d’aujourd’hui. Ses derniers travaux, avant sa mort survenue le 10 novembre 1981 à Paris, portaient sur l’image virtuelle.

Gandhi (avenue)

Dans le quartier de l’Adézière – commence avenue Salvador Allende et se termine avenue Martin Luther King. Elle a reçu ce nom par décision municipale du 27 octobre 1981
Mohandas Karamchand Gandhi naît le 2 octobre 1869 à Porbandar, dans la province de Gujarat en Inde. Sa famille fait partie de la caste des riches marchands. Gandhi signifie « épicier ». L’Inde est alors sous domination britannique. Gandhi fait des études de droit à Londres et devient avocat. Trop timide pour plaider en Inde, il décide de partir en Afrique du Sud où, pendant 20 ans, il prend la défense de la communauté indienne immigrée, victime de discriminations raciales. Il développe une méthode de désobéissance civile non-violente. En janvier 1915, de retour en Inde, il est décidé à mettre un terme à l’exploitation coloniale de son pays. Devenu le dirigeant du Congrès national indien, Gandhi mène une campagne pour l’aide aux pauvres, la libération des femmes indiennes, la fraternité entre les différentes religions ou ethnies, la fin de l’intouchabilité et la discrimination des castes, l’autosuffisance économique de la nation et surtout l’indépendance de l’Inde de toute domination étrangère. En 1930, Gandhi conduit, avec les fermiers et les travailleurs pauvres, la célèbre Marche du sel en opposition à la taxe sur le sel, jugée trop élevée. Le 8 août 1942, c’est encore lui qui lance l’appel au mouvement Quit India (Quittez l’Inde). Les libéraux britanniques commencent à penser qu’il est peut-être temps d’engager l’Inde dans la voie de l’indépendance. Gandhi appelle les Indiens à boycotter les produits anglais. Depuis longtemps déjà, lui-même donne l’exemple en vivant très sobrement. Il mange végétarien, file avec un rouet le fil de coton pour son vêtement très simple. Churchill l’appelait le fakir à moitié nu. Finalement, le 15 août 1947, Lord Mountbatten, au nom du gouvernement britannique, remet les pouvoirs aux mains du Premier Ministre Pandit Nehru. L’Inde a conquis son indépendance, mais de nombreux problèmes internes restent à résoudre. Pour convaincre hindous et musulmans de déposer les armes, Gandhi entame une périlleuse grève de la faim. Le 30 janvier 1948, à Delhi, il est assassiné par un extrémiste. Le poète indien Tagore le surnommait Mahatma, qui signifie « grande âme ». Gandhi a été reconnu comme le Père de la nation, en Inde. Son anniversaire y est une fête nationale. Cette date est déclarée « Journée internationale de la non-violence » par l’assemblée générale des Nations Unies.

Garcia-Loca (allée Federico)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence avenue Claude Debussy et se termine rue Paul Éluard. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 27 octobre 1981.
Federico Garcia Lorca naît le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros, près de Grenade, au sein d’une famille andalouse aisée. Après plusieurs années à Grenade où il fait des études et devient l’ami du compositeur Manuel de Falla, il décide d’aller vivre à Madrid. Il devient l’ami de Luis Buñuel, Salvador Dali et Sanchez Mazas. Il rencontre Gregorio Martinez Sierra, directeur de théâtre, et il écrit et met en scène sa première pièce en 1919, El maleficio de la mariposa (Le maléfice du papillon) qui est un échec (quatre représentations). Plus tard, le succès de Mariana Pineda lui ouvre les portes de la célébrité. Il s’intéresse très tôt aux différents domaines des arts et emprunte la voie de la poésie dès 1921 avec Canciones et en 1928, Romancero Gitano, son recueil de poèmes le plus connu. Il est l’un des membres de la Génération 27, un groupe de poètes espagnols. Vers la fin des années 1920, il est victime d’une dépression, exacerbée par une angoisse due à la difficulté grandissante de cacher son homosexualité à sa famille et à ses amis. Il y a une attaque à son encontre dans le film Un chien andalou, réalisé par Dali et Buñuel. De plus, sa relation intense et passionnée, mais non réciproque, avec Dali s’effondre quand celui-ci rencontre sa future épouse. Consciente de ces problèmes, sinon de leur cause exacte, sa famille lui fait faire un long voyage aux États-Unis en 1929-1930. Il écrit Poète à New York, Au roi de Harlem, Ode à Walt Whitman. Son retour en Espagne, en 1930, coïncide avec la chute de la dictature de Miguel Primo de Rivera et la proclamation de la République. En 1931, il est nommé directeur de la société de théâtre étudiante subventionnée, La Barraca, et il écrit alors la trilogie rurale de Bodas de sangre (Noces de sang) en 1932, Yerma en 1934, et La casa de Bernarda Alba en 1936. Quand la guerre civile éclate en 1936, il part à Grenade. Les sympathies de gauche du poète, son engagement auprès des plus défavorisés et son homosexualité lui coûteront la vie, bien qu’il n’ait participé à aucun mouvement politique. Arrêté, le rossignol d’Andalousie, comme le surnommaient ses amis, est fusillé par les rebelles anti-républicains le 19 août 1936, dans le champ d’Alfacar. Son corps est peut-être jeté dans une fosse commune à Viznar. Des recherches entreprises à l’initiative du célèbre juge espagnol Baltasar Garzon pour retrouver sa dépouille ont été abandonnées en 2009, les crimes franquistes étant alors prescrits. Le régime de Franco interdira ses œuvres jusqu’en 1953, quand ses œuvres complètes (Obras Completas), très censurées, sont publiées. Un monument lui a été consacré loin d’Espagne, dans la ville de Salto, en Uruguay, grâce à un ami américain.

Garde (chemin de la grande)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence chemin des Vignes et se termine chemin d’Ardenne. Attesté depuis 1956.
Ce chemin dit rural est un long chemin qui serpente dans la campagne, semblant protéger la nature, semblable à une barrière qui interdirait toute urbanisation au-delà. Il est vrai que La Garde monopolise sur Avrillé : c’est un château, un moulin, une ferme, une avenue, deux chemins et le point culminant de la cité. C’est aussi un clos de vigne et une maison de maître « la Petite Garde ». Nous pouvons ajouter que ce chemin est aussi celui des Jacquets, vers Saint-Jacques de Compostelle, mais au départ du Mont-Saint-Michel, avant de rejoindre la Via Lemovicensis, vers Poitiers.

Garde (avenue et chemin de la Petite)

En centre-ville. L’avenue commence avenue Mendès France et se termine allée Émile Zola. Le chemin commence avenue de la petite Garde et se termine allée des Passe-Roses.
De nombreux lieux-dits ont reçu ce nom qui, en général, désignait une hauteur stratégique d’où l’on pouvait facilement surveiller les alentours. L’utilisation militaire ou religieuse d’un site élevé peut remonter à une période ancienne. Célestin Port, dans son dictionnaire, cite pour Avrillé, une ferme appelée la Basse Garde. A proximité, se trouvent le château et le moulin de la Garde sur un des points les plus élevés d’Avrillé (60 m.) dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Des recherches de minerai de fer ont été faites dans ce secteur, comme aux Raffoux, jusqu’à la création de puits, sans que ces recherches ne donnent lieu à une exploitation.

Gare (rue de la)

En   centre-ville. Commence avenue Mendès France et se continue par la route de La Perrière.
L’installation d’une ligne de chemin de fer entre Angers et Segré, reliant aussi Laval, est déclarée d’utilité publique en juillet 1868.   Elle sera mise en service le 23 décembre 1878 à partir de la gare Saint-Serge d’Angers. Sa construction n’a pas été simple, le cours de la Mayenne a été modifié, la Maine s’en trouvant rallongée. Le projet initial ne prévoit pas de gare à Avrillé, mais à Montreuil-Belfroy, ce qui fera, des années durant, une longue bataille entre les Avrillais, leurs édiles et la Compagnie de l’Ouest, responsable de la ligne. Seule une halte sera créée, simple abri de bois avec lieu d’aisance. La ligne voyageur sera fermée le 1er février 1940, le trafic marchandises continue jusqu’au 1er juillet 1951. Alors, pourquoi une rue de la gare ? Sans doute, nos édiles de ce temps ont-ils trouvé en donnant ce nom à une voie d’Avrillé, un exutoire à leur profonde déception. Qu’en est-il aujourd’hui ? L’emplacement de la voie paraitrait idéal pour des randonneurs ou des cyclistes.

Garennes (allées des)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence avenue Emile Savigner et se termine dans le parc arboré.
Ce mot Garenne se retrouve déjà dans les textes du 16ème siècle, mais son origine remonte bien plus loin dans les siècles passés. En 1263, l’ancêtre de ce mot est warenne qui proviendrait du latin médiéval warenna (en 1086), terme féodal désignant un terrain où les seigneurs se réservaient le droit de chasse ou de pêche, sur leurs terres ou celles de leurs vassaux. Pourquoi ce nom ? Sans doute pour rappeler, à juste titre, que ce lieu boisé a été pendant de longues années la propriété presque exclusive des lapins vivant à l’état sauvage. Aujourd’hui, pour eux, c’est évidemment moins sécurisé, mais ils sont certainement moins nombreux.

Gasperi (rue Alcide de)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence chemin de la Salette et se termine rue Robert Schuman. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 3 mai 1990.
Alcide De Gasperi naît le 3 avril 1881 à Pieve Tesino dans l’actuelle province autonome de Trente, dans la région du Trentin Haut Adige, qui était à cette époque en Autriche. Il est le premier des quatre enfants de Maria Morandini et Amedeo De Gasperi, officier de la police locale. Italien de langue et de culture, il est actif au sein du mouvement chrétien-social. Il est boursier à l’université de Vienne en 1900. Il devient docteur en philosophie et lettres en 1905 et suit une formation juridique à Innsbruck (Autriche). Il défend la cause irrédentiste (Autrichiens du sud voulant devenir Italiens), ce qui lui vaut d’être arrêté en 1903. Journaliste, il dirige la Voce cattolica en 1904, puis en 1906, Il Nuovo Trentino pendant plus de vingt ans. Militant de l’Unione politica popolare del Trentino, d’inspiration catholique, il est élu en 1911, député du district de Fiemme au Reichsrat de Vienne. Il se range constamment dans l’opposition, afin de défendre l’italianité de sa province et la possibilité d’avoir une faculté de droit de langue italienne, face aux tentatives de germanisation par les forces nationalistes du Tyrol allemand. En 1914, il obtient un siège au parlement tyrolien d’Innsbruck. La guerre est déclarée, Alcide De Gasperi va se consacrer aux réfugiés. Au lendemain des traités de paix de 1919, le Trentin est rattaché à l’Italie. De Gasperi s’établit à Rome. Il est aux côtés de Don Sturzo un des fondateurs du Parti populaire (PPI), dont il devient secrétaire général en 1924. C’est l’ancêtre de la future Démocratie chrétienne. En 1921, il devient député et entreprend de voyager, notamment en Allemagne. La même année, il épouse Francesca Romani qui lui donnera quatre filles.
Il prend très rapidement des positions hostiles au fascisme et, après la marche sur Rome et l’accession de Mussolini, il est l’un des secrétaires du Comité de l’Aventin, groupant les élus ayant volontairement abandonné le parlement en 1924. En 1926, De Gasperi est arrêté, condamné à quatre ans de prison. Libéré au bout de seize mois, après une intervention du pape Pie XI, il vit d’un modeste emploi à la bibliothèque du Vatican. Le parti est dissout. Durant la dictature, il s’emploie à reconstituer le Parti catholique populaire qui à la libération en 1944, reprendra son vieux nom de Démocratie chrétienne. Secrétaire général de cette formation, il figure parmi les membres du Comité de libération nationale, issu de la Résistance. Après l’élimination de Badoglio et l’arrivée du gouvernement Bonomi, De Gasperi est ministre sans portefeuille, puis ministre des Affaires étrangères et forme son premier gouvernement en tant que Président du Conseil.
De décembre 1945 à juillet 1953, il demeure au pouvoir à la tête de huit cabinets alors que la République est proclamée en juin 1946. Son action au gouvernement est marquée par la volonté de redonner à l’Italie une influence internationale et de s’investir dans la construction européenne. Dans un pays accablé par vingt années de dictature et de guerre, il a affronté les négociations de paix avec les nations victorieuses, en réussissant à réduire les sanctions et en évitant la perte de territoires frontaliers, comme le Haut Adige et le Val d’Aoste. Grace à ses talents de diplomate, il conclut des accords avec les puissances occidentales pour financer la reconstruction et la reprise économique de son pays avec l’aide du plan Marshall. C’est à la conférence de Paris en 1947, qu’il gagne son surnom de prince du compromis. Ayant formé un nouveau gouvernement avec l’aide des communistes, il fait ratifier le traité de paix ainsi qu’une nouvelle constitution, où sont entérinés les accords du Latran, passés par Mussolini avec le Vatican en 1929. En 1948, après s’être séparé des communistes et des socialistes de Pietro Nenni l’année précédente, il mène, avec l’appui de petits groupes minoritaires, la Démocratie chrétienne à la victoire contre le Front populaire. Il engage une vaste réforme agraire (mise en valeur du Mezzo-giorno) et lutte contre le chômage. Il sera amené à démissionner en juillet 1953. En mai 1950, il répond favorablement à l’appel de Robert Schuman et signe le traité de la CECA. Il rêve d’une fédération européenne et se lie d’amitié avec Schuman. Critique vis-à-vis de l’entrée de l’Italie dans l’OTAN, il préfère une communauté européenne de défense. Il est l’un des Pères de l’Europe. Alcide De Gasperi meurt le 19 août 1954 à Val di Sella. Sa dépouille se trouve à Rome à la basilique Saint-Laurent-hors-les-Murs.

Gaulle (avenue et rond-point du général Charles de)

Limite les quartiers Bois du Roy et Centre-ville – Ternière. Commence rond-point de la Ternière et se termine rond-point du Général de Gaulle, qui a reçu ce nom par délibération municipale, le 12 janvier 1973.
Charles de Gaulle naît le 22 novembre 1890 à Lille. Fils d’un professeur de collège religieux, il mène des études brillantes, sort de Saint-Cyr en 1912, est nommé au 33ème régiment d’Infanterie à Arras, alors commandé par le colonel Pétain qui le prend en amitié. Pendant la guerre de 14-18, il est fait prisonnier à Douaumont en 1916. Après la guerre, il est chargé de cours à Saint-Cyr et sort de l’Ecole de guerre en 1924. Théoricien militaire, de Gaulle se passionne pour les problèmes de la stratégie. Il va écrire La discorde chez l’ennemi (1924), Le fil de l’épée (1932), Vers l’armée de métier (1934), La France et son armée (1938). Ce livre va le brouiller avec Pétain. De Gaulle se fait le théoricien de la guerre de mouvement, doctrine exposée à la même époque par les Allemands, notamment Gudérian, mais qui ne rencontre en France qu’incompréhension.
Lors de la 2ème guerre mondiale, de Gaulle commande la 4ème division cuirassée, remporte de brefs succès locaux et est promu général à titre temporaire. Paul Reynaud, devenu Président du Conseil,   l’appelle le 6 juin 1940 au Sous-secrétariat d’Etat à la Défense nationale. Après la constitution du gouvernement Pétain et la demande d’armistice, il décide de rallier l’Angleterre et lance à la B.B.C. le fameux appel du 18 juin 1940. Il est alors jugé par contumace et condamné à mort le 2 août 1940, à la demande du gouvernement Pétain. Il s’efforce d’établir son autorité sur les colonies françaises. Appuyé par Londres, il se heurte à la méfiance de Roosevelt, mais a le souci de se montrer intraitable sur le respect de la souveraineté française. Il fonde avec l’accord de Churchill, le Comité de la France libre, et ensuite grâce aux efforts de Jean Moulin, le Conseil national de la résistance. De Gaulle s’installe à Alger le 30 mai 1943 et constitue le Comité français de libération nationale sous la co-présidence de Giraud et de Gaulle. Ce Comité deviendra le 3 juin 1944 le Gouvernement provisoire de la République française. Après le débarquement anglo-américain en Normandie, de Gaulle arrive en France le 14 juin 1944 et fait une entrée triomphale à Paris, le 26 août suivant. Il rétablit l’autorité du pouvoir central, mais rapidement se trouve en désaccord avec les partis, démissionne et crée en 1947 le Rassemblement du peuple français (RPF), force d’opposition des gaullistes qui lutteront alors contre tout abandon des colonies, contre la construction européenne qu’ils dénoncent comme une menace pour l’indépendance nationale. Après le putsch des généraux, le 13 mai 1958, le président Coty demande au « plus illustre des Français » de prendre la tête du gouvernement. Une nouvelle constitution est approuvée par référendum le 28 septembre 1958 et de Gaulle devient Président de la République le 21 décembre 1958. Il donne priorité à l’assainissement financier, à la réforme des institutions, à la politique d’indépendance nationale qu’il entend mener. Il est aux prises avec la guerre d’Algérie et la sédition des généraux d’Alger à laquelle il réplique en assumant les pleins pouvoirs en vertu de l’article 16 de la Constitution. En 1962, il nomme Georges Pompidou au poste de Premier ministre. La même année, il échappe de justesse à un attentat au Petit-Clamart, près de Paris. Un mois après, le 20 septembre, dans une allocution radiotélévisée, il propose aux Français un référendum sur l’élection du président de la République au suffrage universel. Son autorité ainsi renforcée à l’intérieur, il se consacre aux grands desseins qu’il n’avait cessé de nourrir : l’indépendance militaire par la constitution d’une force nucléaire de dissuasion, la conquête de l’indépendance financière (franc lourd, réserves d’or et devises), lutte contre l’hégémonie du dollar et se prononce pour la reconnaissance de la Chine de Mao Tse Toung. Réélu plus difficilement en 1965 à la présidence, il démissionne le 28 avril 1969, après l’échec du référendum sur le sénat. Il entreprend alors la rédaction de ses Mémoires d’espoir qu’il ne pourra achever. Il décède à Colombey-les-Deux-Eglises, le 9 novembre 1970, et est inhumé, selon ses dernières volontés, dans le petit cimetière de Colombey (Haute-Marne).

Genets (rue des)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence rue Maridor et se termine avenue Mendès France.
Ces arbrisseaux à petites fleurs jaunes (en ancien français, geneste), plante très courante dans notre région, étaient nombreux dans les landes du Bois du Roy. Ainsi, nos édiles ont sans doute voulu perpétuer l’image de cette jolie fleur aux reflets d’or qui enjolivait les genêtières d’antan. De nombreux lieux-dits et même des villages ont reçu ce nom dans notre région. (La Chapelle du Genêt…). L’un de nos comtes d’Anjou a immortalisé le genêt, Geoffroy V le Bel, le créateur de la dynastie Plantagenêt.

Girard (rue Jean-Paul)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence et se termine allée Yolaine de Kepper. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 14 avril 2011.
Jean-Paul Girard est né le 29 août 1939 à Juigné-Béné. Il était l’ainé d’une famille de 4 enfants. Sa famille est venue s’installer à Avrillé en 1947. Il a suivi une formation de menuisier ébéniste et a   travaillé à la Société des Batignolles à Nantes. Mobilisé en septembre 1959 à la caserne de Satory à Versailles, il fut ensuite appelé en Algérie en mai 1960 dans le 35ème bataillon du Génie. Il décéda le 30 décembre 1960 à Batna. Sa bonne conduite et son ardeur au travail lui ont valu la distinction de 1er Sapeur. Il est le seul jeune Avrillais à être tombé pour la France durant la guerre d’Algérie. C’est pour lui rendre hommage que la ville d’Avrillé a décidé de donner son nom à une rue.

Goddes de Varennes (avenue Charles)

Dans le quartier de la Ternière. Commence avenue du 11 novembre 1918 et se termine en impasse.
La maison de Goddes de Varennes en Anjou, très influente sous l’Ancien Régime est originaire de Normandie. Son premier du nom connu est Jean de Goddes, seigneur de la terre et maison noble de Goddes en Neuville, élection de Caudebec en Normandie, époux de Jeanne de Mont en 1471. Son petit-fils, noble maître Louis Goddes, avocat, vient s’établir en Anjou où il devient, à la fin du 16ème siècle, receveur de la Châtellenie de Brissac. C’est la protection de la puissante famille de Cossé-Brissac qui décide de la fortune des Goddes. Charles, fils de Louis, commence modestement comme fermier du greffe de la baronnie de Brissac. Remarqué par le comte de Brissac, le futur maréchal, il devient son secrétaire particulier en 1585, puis gentilhomme de la fauconnerie du roi dont le maréchal est le grand-maître. Vers 1595, il est nommé, par le duc de Mayenne, commissaire des guerres en résidence à Angers. Comme son maître, Charles Goddes sert la cause catholique durant les guerres de religion. Le maréchal de Brissac, gouverneur de Paris, doit traiter avec Henri IV et il semble probable que Charles ait servi d’intermédiaire lors des négociations de la reddition. Il acquiert plusieurs seigneuries, celle de Varennes à Feneu en 1606, et celle de la Perrière à Avrillé en 1637. Charles a épousé, en 1592, Vincelotte Lefebvre de Laubrière dont il aura huit enfants. Son fils aîné, François, entré au service de Louis XIII, sera Gentilhomme ordinaire et maître d’hôtel de la Maison du Roi. Charles de Goddes de Varennes décède en 1637, au château de La Perrière, à Avrillé.

Gondi (avenue Charles de)

En centre-ville. Commence avenue du 11 novembre 1918 et se termine en impasse.
La famille de Gondi est issue de notables et de nobles d’origine italienne venus de Florence. Deux branches importantes de la famille sont devenues françaises et leurs membres, entrés dans la noblesse, ont donné à la France, barons, ducs, marquis, comtes, archevêques et maréchaux. Charles de Gondi est issu de la branche de Retz. Charles de Gondi naît en 1569, fils aîné d’Albert de Gondi, seigneur de Noisy-le-Roi, du Perron et de Machecoul, et de Claude-Catherine de Clermont, duchesse douairière de Retz. Ils auront dix enfants. A dix ans, Charles est nommé marquis de Belle Isle,   général des galères de France. Le 6 septembre 1587, il épouse à Paris, Antoinette d’Orléans dont il aura deux enfants. En 1588, en pleine guerre de religions, il défend Machecoul contre les Huguenots. En 1595, il se voit confier par le duc de Mercœur, le gouvernement de Fougères avec la promesse d’obtenir le Mont-Saint-Michel. Voulant y entrer par surprise, le 22 mai 1596, il est tué, à 27 ans, lors d’une échauffourée dont les circonstances demeurent mystérieuses. Son épouse, veuve à 24 ans, renonce au monde, entre chez les Feuillantines, puis à Fontevrault et, en 1617, jette à Poitiers les fondements de l’ordre des Filles de Notre- Dame-du-Calvaire. Elle meurt en 1618. Albert de Gondi, le père de Charles, avait été nommé maréchal de France le 20 mars 1582. Le frère de Charles, Jean-François de Gondi, sera archevêque de Paris, c’est l’oncle du fameux cardinal de Retz. Entre 1520 et 1540, un autre membre de la famille, François de Gondi, avait pour fief le domaine des Raffoux à Avrillé. Ses enfants ont été baptisés dans l’église d’Avrillé, le parrain étant Clément Janequin

Grandmont (avenue)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence avenue Jean Lurçat et se termine allée des Châtaigniers. C’est dans cette rue que se situe l’école privée du Champ des Martyrs.
Grandmont est un village de la Haute-Vienne, au nord-est de Limoges où les disciples d’Etienne de Muret fondèrent après sa mort une abbaye, d’où le nom de Grandmontains donnés aux moines, qui fondèrent, vers 1178, le Prieuré de la Haye selon la règle très sévère de cet ordre. C’est une façon de rendre hommage à ces religieux.

Gree (avenue de la Grande)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence rue des Bruyères et se termine en impasse.
Ce mot désigne un champ pierreux ou un terrain rocailleux. De nombreux lieux-dits de ce nom existent dans la région ; il ne semble pas qu’il y ait eu sur Avrillé une exploitation agricole de ce nom. Par contre, cet emplacement est très proche du site ardoisier qui existait à proximité depuis le 19ème siècle, là où pierre et rocaille devaient affleurer à la surface des sols.

Gregoire XI (avenue)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence avenue Geoffroy Martel et se termine avenue Hildegarde. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 6 février 1962.
Pape de 1370 à 1378, Grégoire XI, Pierre Roger de Beaufort selon l’état civil, aurait eu des liens avec le Prieuré de la Haye. Fils de Marie de Chambon et de Guillaume II Roger, comte de Beaufort et frère du pape Clément VI, il naît en 1329, aux Rosiers d’Egletons (Corrèze) dans une famille de neuf enfants. Son oncle le nomme cardinal à 19 ans, le 28 mai 1348. Il suit des cours de droit et devient docteur en droit canonique et théologien. Ayant séjourné et étudié en Anjou, il est probable qu’il ait fréquenté le Prieuré de la Haye et soutenu l’ordre grandmontain qu’il aurait comblé de faveurs. Les peintures de l’église, portant les armes de Pierre Roger, seraient l’un de ses nombreux dons aux moines. C’est un homme habile, aux grandes qualités morales, mais de faible constitution physique. A la mort d’Urbain V, les cardinaux se réunissent en conclave à Avignon, le 29 décembre 1370, et l’élisent à l’unanimité. Il est ordonné prêtre le 4 janvier 1371, puis évêque et enfin couronné pape sous le nom de Grégoire XI ; il a 41 ans. Dès le 9 mai 1372, Grégoire XI a déjà annoncé son intention de rejoindre Rome. L’intervention de Catherine de Sienne vient seulement raffermir le pape dans son choix. En attendant, celui-ci va avoir besoin de tout son grand talent de diplomate, car il va devoir faire face aux affaires turbulentes d’Italie, aux ambitions de Bernabo Visconti, seigneur de Milan, et des Florentins. En même temps, il poursuit la réforme de l’Eglise. Il ramène les Hospitaliers dans la discipline et l’observation de leur règle, entreprend la réforme intérieure de l’ordre des Dominicains, et relance l’Inquisition devant la recrudescence des hérésies. Dès son accession, il avait tenté de réconcilier les rois de France et d’Angleterre, mais sans succès. Le 13 septembre 1376, Grégoire XI quitte Avignon pour Marseille et, après de nombreuses escales, arrive à Rome le 17 janvier 1377, entouré des soldats de son neveu Raymond de Turenne et des grands seigneurs provençaux et napolitains. Il travaille ensuite à la soumission définitive de Florence et des États pontificaux, tandis qu’à Rome, des émeutes quasi quotidiennes le conduisent à se réfugier à Anagni. Il revient l’année suivante, mais se sentant menacé, songe à revenir en Avignon. En effet, les Romains n’acceptent pas que le pape et, surtout, que ses collaborateurs soient Français. Il meurt dans la nuit du 26 au 27 mars 1378. Il avait souhaité une sépulture dans l’abbaye de la Chaise-Dieu (Haute-Loire), mais les Romains refusèrent et il fut enterré à Rome. Grégoire XI est le dernier pape français. Après sa mort, s’ouvre le grand schisme d’occident qui durera de 1378 à 1417. Urbain VI lui succédera.

Guesde (allée Jules)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence chemin de la Salette et se termine en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale le 4 juillet 1977.
Jules Bazile, dit Jules Guesde (son nom de plume était celui de sa mère), naît le 11 novembre 1845 à Paris. Il est le fils d’un professeur d’institution privée. Il suit des études classiques et obtient son baccalauréat en 1863. Il entre à la préfecture de Paris. Il collabore très tôt à des journaux républicains et se signale par son audace vis-à-vis du pouvoir impérial. Sa formation politique est très marquée à gauche. Il collabore à Toulouse dans le Progrès libéral puis à Montpellier dans La Liberté et Les Droits de l’homme. Il critique l’entrée en guerre de la France en 1870. Il soutient la nouvelle République et surtout la Commune, ce qui le force à l’exil en Suisse, puis en Italie à Milan où il donne des leçons de littérature. Il entre en contact avec les militants de l’Association internationale des travailleurs (1ère Internationale) fondée, entre autres, par Karl Marx en 1864. D’abord hostile au philosophe, il s’en rapproche peu à peu et prône le concept de prise du pouvoir par le prolétariat. En 1876, il revient en France avec deux objectifs : reconstruire le parti ouvrier et convaincre l’élite ouvrière de la pensée marxiste. Avec Paul Lafargue, il fonde le journal L’Egalité afin de pouvoir diffuser ses idées. Le groupe collectiviste qu’il dirige obtient la majorité au Congrès ouvrier de Marseille en 1879. C’est le prélude à la fondation du Parti ouvrier en 1882, qui devient Parti ouvrier français en 1893, toujours dans une vision internationaliste. Des divergences avec la jeune république en place vont apparaître, et Guesde incarne la ligne dure du militantisme ouvrier. Il voyage dans toute la France pour faire connaître le socialisme révolutionnaire. Il publie beaucoup de livres et brochures et anime de nombreux meetings malgré une santé chancelante. Les succès de son parti sont rapides, il y a 20 000 membres en 1902 et il conquiert plusieurs municipalités dont Roubaix, sanctuaire du guesdisme. Jules Guesde entre à la Chambre des députés en 1893. Battu ensuite à deux reprises, il est réélu en 1906 et conserve son siège jusqu’à sa mort. Le Parti ouvrier avec Guesde est un des fondateurs en France de la journée du 1er mai, dite fête du Travail depuis 1889. Il proteste avec violence en 1899, lorsque le socialiste Millerand accepte d’entrer dans le cabinet Waldeck-Rousseau aux côtés du général Galliffet, le fusilleur de la Commune. Il s’oppose à Jean Jaurès et, en 1902, son parti fusionne avec le Parti social révolutionnaire d’Edouard Vaillant pour former le Parti socialiste de France. Au congrès de l’Internationale à Amsterdam, en août 1904, Jules Guesde fait triompher ses vues. C’est sur son programme que se fait l’unification du socialisme français. Cependant, le courant réformiste de Jean Jaurès gagne du terrain face au marxisme orthodoxe. En 1905, suite à une nouvelle fusion, est fondée la Section française de l’internationale ouvrière (SFIO). Pour les idées de Guesde, c’est un déclin inexorable. Edouard Vaillant ne le soutient plus. Jules Guesde vote l’Union Sacrée et devient ministre sans portefeuille de 1914 à 1916. Après l’Armistice, le Congrès de Tours le voit choisir la SFIO à la suite de Léon Blum contre la majorité qui deviendra la Section française de l’internationale communiste, futur Parti communiste. Jules Guesde a lutté avec ardeur contre le mouvement coopératif, contre l’anarchisme, contre l’ouvriérisme, contre la collaboration parlementaire avec les partis bourgeois. En 1893, il répond à une interview qu’il est devenu républicain sous l’Empire en lisant en cachette les Châtiments de Victor Hugo, athée en lisant la Critique de la raison pure de Kant et enfin socialiste par la Commune.
Malade, Jules Guesde meurt le 28 juillet 1922 à Saint-Mandé, près de Paris. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise.

Guignard (rue Jacques)

Dans le quartier du Plateau de la Mayenne. Commence avenue Mendès France et se termine boulevard Adrienne Bolland. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 14 avril 2011.
Aviateur et pilote d’essai français, Jacques Guignard naît le 18 juin 1920. dès 1939, baccalauréat en poche, il se présente à l’école de pilotage d’Angers (aujourd’hui Maison de l’Architecture) avenue René gasnier, l’un des pères de l’aviation. Cette première formation se fera sur Morane-Saulnier 191 et 230 et s’achèvera sur Hanriot à ailes hautes. Il poursuivra son instruction de pilote de chasse à Etampes sur Nord-American BT9, Dewoitine 500 et 510, Morane-Saulnier 406. En juin 1940, il rejoint l’Angleterre, à bord de l’Arrandora-Star, et son instruction de pilote va continuer dans les écoles anglaises où il vole sur Miles Magister et Hurricane. Breveté, il est affecté au squadron 32 à Angle, le 20 août 1941, puis trois mois plus tard, au squadron 340 Free French, Ile de France à Turnhouse. Il vole sur Spitfire II et se porte volontaire pour suivre un stage sur un système d’atterrissage par mauvaise visibilité. Après avoir volé sur le Spitfire V, il commence un nouveau stage et participe à l’évaluation du Spitfire XII. Il sera volontaire pour un stage sur l’expérimentation d’un viseur gyroscopique. En juin 1944, il participe à la protection de la tête de pont du débarquement de Normandie et son escadrille s’installe à Bernay (Eure), puis change de terrain au fur et à mesure de l’avance alliée. Le 24 octobre 1944, il effectue sa dernière opération. Il aura totalisé 370 missions de combat et 3 victoires aériennes. Sélectionné pour effectuer un stage de pilote d’essais à l’Empire Test Pilots School de Boscombe Down, célèbre école britannique, il est reçu 7ème sur 25. Il est le deuxième français à voler sur un avion à réaction, un Gloster Meteor, le 9 août 1945. Stage terminé, il rentre en France et est affecté au centre d’essais de Brétigny où il commence à voler en janvier 1946. C’est avec fierté qu’il obtient la licence française de pilote d’essais n°1.

Guynemer (avenue Georges)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence rond-point Boissière-Champ des Martyrs et se termine en impasse dans le parc Brassens.
Georges Guynemer naît le 24 décembre 1894 à Paris, d’une famille aristocratique. Son père, Paul, est un ancien officier de Saint-Cyr. D’une santé délicate, Georges étudie au collège Stanislas à Paris. Lorsque la guerre éclate, il désire s’engager, mais les médecins le trouvent trop chétif et le déclarent inapte. Il va réussir à s’engager dans l’aviation comme apprenti mécanicien, et le 22 novembre 1914, doit aller à l’école de Pau dont le chef est le capitaine Thierry. Il n’a pas le droit de voler, mais son chef finit par accepter de le prendre en situation irrégulière. Le 21 janvier 1915, il devient élève pilote et obtient le 26 avril son brevet de pilote militaire. Il est affecté le 8 juin 1915 à l’escadrille MS.3, la seule unité dans laquelle il servira. Il récupère un Morane-Saulnier, surnommé Le Vieux Charles. Le 19 juillet 1915, il remporte sa première victoire. Il sera décoré de la Médaille militaire et de la Croix de Guerre et promu au grade de sergent. En décembre 1915, l’escadrille est rebaptisée N 3 et équipée de chasseurs Nieuport 10 et plus tard de Spad XIII, plus performants. Guynemer s’impose rapidement comme l’un des meilleurs pilotes français et le président Poincaré lui remet la Légion d’honneur, le 24 décembre, jour de sa majorité. Il devient un as en remportant sa cinquième victoire le 3 février 1916 et est promu au grade de lieutenant. L’escadrille se déplace ensuite sur le théâtre de Verdun, puis en début 1917 sur la Somme. Plusieurs fois blessé, il reprend l’air à chaque fois et à la fin 1917 compte déjà 25 victoires homologuées, devient capitaine et commandant de l’escadrille des Cigognes. Guynemer acquiert une telle notoriété qu’il est à même d’influer sur la conception des avions de combat. Le 11 septembre 1917, Guynemer ne rentre pas d’une mission de combat à l’intérieur des lignes allemandes sur le site de Poelcapelle sur le front d’Ypres. Les circonstances exactes de sa mort demeurent, aujourd’hui encore, inconnues. Au moment de sa mort, il avait totalisé 53 victoires homologuées, avait survécu sept fois après avoir été abattu bien qu’il n’ait jamais embarqué de parachute. Titulaire de nombreuses décorations, Georges Guynemer est sans doute l’un des derniers chevaliers des temps modernes. Son nom est inscrit au Panthéon le 19 octobre 1917.

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H

Haye aux bonshommes (avenue de la)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence allée des Châtaigniers et se termine allée Jacques Prévert.
Au 12ème siècle, ce terrain, appelé alors la Haie du Roy, situé près du Brionneau, à la limite des bois du comte d’Anjou et de la forêt des Echats, est désert et couvert de bois. Ce n’est que plus tard, vers le 15ème siècle, qu’il a reçu la dénomination de La Haye aux Bonshommes afin de rendre hommage aux moines du Prieuré, saluant ainsi leur action vers les pauvres et les lépreux qu’ils accueillaient dans les bâtiments conventuels.

Hellard (avenue Robert)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence avenue du maréchal Lyautey et se termine en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 15 décembre 1979.
Dans son dictionnaire historique de Maine-et-Loire, Célestin Port nous apprend que Robert Hellard aurait été le premier curé d’Avrillé en 1412, le deuxième étant Maurice Brisorgueil en 1453. Cela ne veut pas dire forcément que Robert Hellard a tenu son ministère durant 41 ans.

Henry (allée Maurice)

En centre-ville. Commence avenue Mendès France et se termine en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale, le 4 mai 2009.
C’est pour répondre à des dificultés de distribution du courrier que le Conseil municipal a décidé de nommer cette allée privée menant à deux pavillons.

Hersen (rue René)

En centre-ville. Commence rond-point Henri Dunant et se termine chemin du Bocage. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 30 mai 1991.
René Hersen naît à Angers le 12 mai 1920, et s’intéresse très jeune au vol à voile. C’est en 1931, lancé par un sandow que le premier planeur monoplace AVIA XI A de l’Aéro-club de l’Ouest effectue ses premiers vols à Avrillé. L’absence de dénivellation oblige le président de l’époque, Gasnier du Fresne, à rechercher un autre terrain. Ce sera à Ardenay en 1935 que le centre de vol à voile s’installe sous la direction d’Eric Nessler. René se forme au vol à voile et devient à 17 ans le chef du centre régional des Coteaux du Layon, qui sera abandonné après la guerre. Au début de la guerre, René suit une formation de pilote d’avion à Marrakech. En 1945, recruté par le secrétariat général à l’Aviation civile, il est nommé moniteur de vol à voile à l’Aéro-club de l’Ouest d’Avrillé. C’est à ce moment que, grâce à lui, cette discipline prend son envol. En 1957, il crée les Huit jours d’Angers, compétition qui réunit les meilleurs européens. En 1970, lors du départ de René Hersen, cette compétition s’arrête. Le Patron, comme on l’appelle, va se hisser au sommet de la hiérarchie du vol à voile. Chef du Centre national de la Montagne noire et entraineur de l’équipe de France, il reçoit de nombreuses distinctions dont la Légion d’honneur. Il avait une véritable vocation d’éducateur et certains de ses élèves feront carrière dans l’aviation. Il nous quitte le 18 août 1984.

Hildegarde (boulevard)

Dans le quartier du Parc de la Haye : commence avenue Emile Savigner et se termine avenue du Commandant Mesnard.
C’est la deuxième épouse du comte d’Anjou, Foulque Nerra (le faucon noir), qui vivra 70 ans, ce qui à cette époque peut être considéré comme un phénomène biologique, alors que l’espérance de vie n’est que de vingt-cinq ans. Le deuxième mariage de Foulque intervient en 1001, mais on sait peu de choses sur Hildegarde qui serait la fille du comte de Sundgau, originaire d’Alsace, non loin de Bâle, de haut lignage lorrain, sinon que ce fut un mariage d’amour. Ce sera une épouse douce, réservée et pleine de patience, face à un époux d’un naturel violent et d’une énergie peu commune. Quatre enfants vont naître : Adélaïde en 1002, qui épousera Giraud le Bon, tige des seigneurs de Berlay, Geoffroy II en 1006, futur Geoffroy Martel, Blanche en 1009, Ermengarde en 1012. Celle-ci épousera Geoffroy V de Château-Landon et sera la mère de Foulque IV, dit Le Réchin, successeur de Geoffroy Martel. Foulque avait créé, à côté de Loches, l’abbaye de Beaulieu, qui sera consacrée en 1012. Avec Hildegarde, il va fonder en 1028, à Angers, l’abbaye de Notre Dame de la Charité, aujourd’hui le Ronceray, sur les ruines d’un ancien sanctuaire du 6ème siècle. Le pape Calixte II consacrera l’autel principal en 1119. Apparue au 16ème siècle, l’appellation du Ronceray vient de la légende selon laquelle une ronce poussant dans la crypte cherchait à embrasser une statue de la Vierge. Selon la règle de Saint Benoît, l’abbaye n’accueillait que des filles de la noblesse et elle fut richement dotée. Ils fondent aussi l’abbaye Saint Nicolas, consacrée en 1020 par Hubert, évêque d’Angers. Une charte en fait foi, cosignée par Hildegarde et son fils Geoffroy, âgé de quinze ans. Foulque, au cours d’une expédition pour reprendre Saumur, incendie le monastère de Saint Florent. Hildegarde insista pour qu’un nouveau prieuré soit élevé, un peu en aval de Saumur, sur les berges du Thouet. Il sera inauguré cinq ans plus tard, en 1030, par l’évêque d’Angers. Ainsi, la piété d’Hildegarde et les remontrances des religieux aideront Foulque sur le chemin des regrets. Il fera trois pèlerinages en terre sainte. Au retour du troisième, il fut pris de fièvre à Metz et rendit l’âme le 21 juin 1040. Son corps embaumé fut transporté à Beaulieu et inhumé dans le chapitre de l’abbaye. Six ans plus tard, Hildegarde mourait à Jérusalem, le 1er ou le 2 avril 1046, assistée de Stabilis, vicaire du Ronceray lors d’un ultime pèlerinage en terre sainte. Elle y est enterrée, son cœur ramené au Ronceray.

Hôtel de Ville (esplanade de l’)

En centre-ville, entre l’avenue du général de Gaulle et l’avenue Mendès France.
L’esplanade de l’Hôtel de ville accueille depuis 1970 la mairie d’Avrillé. Anciennement située près de l’église elle a remplacé celle de l’avenue Mendès France devenue trop exiguë suite au développement de la cité. Qu’en est-il de l’esplanade ? Agora grecque ou forum romain, lieu de vie ou simplement lieu de passage ? C’est un espace piétonnier, très minéralisé, où l’on retrouve un équipement public, la mairie, construction élégante, des bâtiments collectifs à usage d’habitation, quelques commerces un peu décentrés cependant, un poste de police et quelques services sociaux.

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J

Janequin (avenue Clément)

En centre-ville. Commence rue de la Gare et se termine en impasse.
Compositeur, chanteur, chanoine et prêtre français, né vers 1485 à Châtellerault. Il est possible qu’il soit d’abord entré dans la maîtrise de la collégiale Notre-Dame de Châtellerault. Il est ensuite au service de Louis de Ronsard (le père du poète), avec qui il aurait pris part à la bataille de Marignan, qu’il va chanter dans un air célèbre. Il aurait reçu une formation du célèbre compositeur Josquin des Prés. Il s’établit vers 1595, dans le région de Bordeaux. Ordonné prêtre, il entre en 1523 au service de Jean de Foix, archevêque de Bordeaux et, en 1525, est maître de chapelle et chanoine à Saint-Emilion. En 1526, il est curé de Brossay en Anjou et, un an plus tard, chapelain de la cathédrale d’Angers. En 1533, il est curé de la paroisse d’Avrillé et maître de chapelle à la cathédrale d’Angers jusqu’en 1535. Il quitte Avrillé en 1540. Il poursuit des études à l’université d’Angers et compose énormément. En 1549, il s’installe à Paris, rue de la Sorbonne, gravitant autour de la cour du roi Henri II. Il profite de la protection du cardinal Jean de Lorraine et de François de Guise et entre comme chantre ordinaire à la chapelle royale. En fin de vie, il obtient le titre de compositeur du roi. Il est considéré comme le maître du chant polyphonique, profane et religieux. Il composa plus de 250 chansons à 4 ou 5 voix, dont La Guerre, Le Chant des Oiseaux, Les Cris de Paris…, des messes, des motets. Ses œuvres ont fait l’objet de publications à Paris et à Rome. Des ensembles vocaux et le cinéma ont repris ses chansons avec bonheur. Il est considéré comme le premier « bruitiste » car il tenta, dans ses chansons, de retranscrire ce qu’il entendait, notamment dans La Guerre et Les Cris de Paris. Ses séjours à Avrillé n’ont sans doute pas été nombreux. Il figure sur le premier registre de baptême, car il apparaît comme parrain des enfants de François de Gondi qui était son protecteur. Son vicaire, Jehan Garende, devait avoir la responsabilité de la paroisse. Il décède à Paris en 1558.

Jaurés (allée Jean)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence chemin de la Salette et se termine en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale le 4 juillet 1977.
Jean Jaurès naît le 3 septembre 1859 à Castres (Tarn) d’une famille de petite bourgeoisie. Il fait de brillantes études à Paris, au lycée Louis-le-Grand, et arrive premier en 1878 à l’Ecole normale supérieure devant Henri Bergson et troisième à l’agrégation de philosophie en 1881. Il est professeur de philosophie au lycée La Pérouse d’Albi, puis maître de conférences à l’université de Toulouse de 1883 à 1885. En 1885, il est élu député du Tarn et siège au centre gauche. Battu en 1889, il revient à ses études et soutient deux thèses de doctorat. Le 29 juin 1886, il s’était marié avec Louise Bois qui lui donne deux enfants, dont Paul, mort pour la France en 14-18. En 1893, à la faveur d’une partielle, il retrouve son siège de député, cette fois comme socialiste, grâce aux mineurs de Carmaux dont il a soutenu la grève en 1892. De nouveau battu en 1898 pour avoir épousé la cause des dreyfusards, il redevient député du Tarn en 1902 et conserve ce siège jusqu’à sa mort. Tribun et penseur politique, historien, journaliste, Jaurès s’affirme comme la personnalité la plus forte du socialisme français au début du 20ème siècle. Tout en s’appuyant sur Marx, il n’est jamais dans l’orthodoxie. Il développe ses idées dans de nombreux articles de la Dépêche de Toulouse, de la Petite République et, plus tard, dans l’Humanité qu’il fonde en 1904. Il les met en pratique dans son action parlementaire, soulevant les critiques des marxistes intransigeants tels que Jules Guesde. En 1899, il patronne l’entrée de Millerand dans le cabinet Waldeck Rousseau, ce qui aggrave les critiques à son égard, dont celle d’Edouard Vaillant. Malgré cela, défenseur du bloc des gauches, il est élu vice-président de la Chambre en 1903 et soutient le ministère Combes. Le Congrès de l’Internationale socialiste d’Amsterdam en 1904 se prononce en faveur des thèses de Jules Guesde et condamne la collaboration avec les ministères bourgeois. Jaurès s’incline, ce qui permet l’union de toutes les tendances socialistes au sein de la SFIO en 1905. Le socialisme humaniste supplante bientôt, au sein du nouveau mouvement, le guesdisme, au départ majoritaire. A la Chambre, Jaurès soutient les luttes des travailleurs, notamment les grèves des postiers en 1907 et des cheminots en 1910. Ce n’est pas seulement un orateur, mais aussi un éducateur du peuple centré sur les idées de progrès, de liberté et de justice. Certains de ses adversaires, comme Maurice Barrès, reconnaissaient en lui une grande force spirituelle, mais son opposition à la politique coloniale et sa lutte pour une réconciliation franco-allemande lui valent des haines tenaces, telles que Maurras et Péguy. Les campagnes de presse redoublent d’intensité durant l’été 1914. Le 31 juillet 1914, l’assassinat du tribun par un déséquilibré, Raoul Villain, étudiant de 24 ans marque symboliquement le triomphe des forces qui allaient jeter l’Europe dans une nouvelle guerre. Le procès de Villain en 1919 se termine par un acquittement. Villain, qui s’était installé en Espagne, fut assassiné par des républicains, lors de la guerre civile de 1936-39.

Jeunesse (place de la)

Dans le quartier du Bois du Roy – De chaque côté de l’avenue du 18 juin 1940 à son intersection avec la rue des Oiseaux. Cette voie est attestée dès 1954.
Très ancienne place de ce quartier, créée lors de la cession aux H.L.M., le 21 novembre 1955, d’un terrain à cet endroit, pour la construction de 12 logements. Aujourd’hui, des plantations, un jardin aromatique, des espaces de jeux pour petits enfants font de cette place un lieu agréable.

Jourjon (rue Yvonne)

Dans le quartier du Plateau de la Mayenne. Commence rue Elise Deroche et se termine rue Thérèse Peltier. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 20 septembre 2010.
Grande aviatrice française, Yvonne Jourjon naît le 13 septembre 1899, en même temps que l’aviation. En 1924, elle obtient son brevet de parachutisme et, en 1932, rejoint l’Union des pilotes civils de France. L’année suivante, elle passe son brevet de pilote d’avion. Le 24 septembre 1934, elle est la copilote de Madeleine Charnaux, autre femme passionnée d’aviation qui essaie de battre un record d’altitude sur un Miles Hawk, moteur De Havilland Gipsy III de 105 cv. Elles réussiront 4990 m. mais ce record sera battu le 22 novembre suivant par Marthe de Lacombe avec 5632 m. sur Morane-Saulnier 341. En 1935, elle remporte les Douze heures d’Angers avec Mme de Lacombe et, en 1936, elle est monitrice professionnelle à l’Aéro-club d’Ile-de-France. En 1937, elle bat le record d’altitude féminin pour les avions légers sur un Farman Moustique. En 1945, elle est sous-lieutenant dans l’armée de l’air sur la base de Châteauroux, puis sur celle de Kasbah Tadla au Maroc. Au sortir de la guerre, Yvonne Jourjon est sélectionnée, parmi les femmes pilotes les plus qualifiées de son époque, pour constituer un corps de pilotes militaires féminins au sein de l’armée française, en même temps que Maryse Bastié, Elisabeth Boselli et d’autres. Cette initiative de Charles Tillon, alors ministre de l’air, prendra fin un an plus tard. Elle avait été motivée par l’existence d’escadrilles féminines dans l’armée soviétique. En 1970, elle se voit décerner, par la Fédération aéronautique internationale, le diplôme Paul Tissandier pour l’ensemble de sa carrière. Ce diplôme récompense les aviateurs et aviatrices ayant contribué de quelque manière que ce soit à la cause aéronautique, et notamment à celle de l’aviation sportive. Pour Yvonne Jourjon, cela représente 3700 heures de vol. Elle s’éteint en septembre 1985 à Besançon et repose dans le cimetière de Montrouge (92).

Jouvet (rue Louis)

Dans le quartier de l’Adezière – commence rue Gérard Philipe et s’achève en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 21 septembre 1982.
Homme de théâtre et de cinéma, Louis Jouvet naît à Crozon (Finistère) le 24 Septembre 1887. Destiné à devenir pharmacien, Louis Jouvet tourne le dos à son destin d’apothicaire, s’engage dans une troupe d’amateurs et rejoint le théâtre du Vieux-Colombier, à Paris, en 1913. Affublé d’un bégaiement, il le corrige par un phrasé syncopé qui deviendra un atout. En 1922, il fonde sa propre troupe avec laquelle il monte Knock, de Jules Romain, à la Comédie des Champs Elysées. Ce sera son premier grand succès. En 1927, Louis Jouvet rencontre Jean Giraudoux, qu’il fera connaître comme auteur de théâtre. Il crée Siegfried (1928) qui sera un triomphe. De leur collaboration naîtront également Intermezzo (1933), La Guerre de Troie n’aura pas lieu (1935), Électre (1937), Ondine (1939), La Folle de Chaillot (1945). En 1935, il est à la tête du théâtre de l’Athénée, devenu aujourd’hui l’Athénée Louis Jouvet. Si Giraudoux reste son auteur fétiche, Louis Jouvet apprécie également Jules Romain (Knock, Le mariage de M. Le Trouhadec, Donagoo), Marcel Achard (Jean de la Lune, Domino), Corneille (L’Illusion comique), Molière (L’École des femmes, Tartuffe et Dom Juan), et aussi Jean Genet (Les bonnes) et Jean-Paul Sartre (Le Diable et le Bon Dieu). Grand acteur de cinéma, Louis Jouvet a composé des personnages devenus de grands classiques du cinéma français : l’évêque énigmatique de Drôle de Drame, l’aristocrate désargenté des Bas-fonds, l’inspecteur désabusé de Quai des Orfèvres, le Docteur Knock (adaptation de la pièce de Jules Romain qui l’avait rendu célèbre). Lorsqu’éclate la Seconde Guerre Mondiale, Louis Jouvet est l’une des figures emblématiques du théâtre et du cinéma français. Il se fait piéger par le gouvernement de Vichy qui lui confie, quelques semaines après la signature de l’Armistice, le contrôle des grands théâtres nationaux. Louis Jouvet occupe la fonction jusqu’en juin 1941. Il décide alors de partir en tournée avec sa troupe en Amérique latine. Il ne reviendra en France qu’après la Libération. En 1945, il reprend la direction du Théâtre de l’Athénée où il meurt le 16 août 1951, victime d’un accident cardiaque. Passionné par le théâtre, Louis Jouvet n’aura cessé de transmettre cette passion, ses responsabilités ne l’empêchant pas d’assurer des cours au Conservatoire dès 1934. Soucieux de son indépendance, il refusera deux fois le poste d’administrateur de la Comédie Française, craignant sans doute d’y perdre sa liberté.

Juin (place du Maréchal)

Dans le quartier du Parc de la Haye – au carrefour des avenues du Commandant Mesnard et Emile Savigner, face au Val d’Or.
Alphonse Juin, né à Bône (actuelle Anaba, Algérie), le 16 décembre 1888, est issu d’une modeste famille, son père est gendarme. Il fait ses études secondaires aux lycées d’Alger puis de Constantine avant d’intégrer Saint-Cyr en 1910. Sorti major de sa promotion, il servit au Maroc, ensuite en métropole lors de la guerre 14-18 où il participa aux combats avec les Tabors marocains. Blessé en 1915, il perd   l’usage de son bras droit et retourne au Maroc où il reçoit le commandement d’une compagnie de mitrailleuses du 1er régiment de tirailleurs marocains. En 1918, il rejoint l’état-major de la 153ème division d’infanterie, puis sera détaché à la mission militaire française près de l’armée américaine. Après la guerre, il enseigne à l’Ecole de guerre avant de regagner l’Afrique où il se bat au Maroc dans le Rif. En 1938, il est nommé général de brigade, après avoir servi sous les ordres du Maréchal Lyautey. En 1939, à la déclaration de guerre, il est nommé commandant de la 15ème division d’infanterie motorisée, couvre la retraite de Dunkerque en mai 1940, mène un combat désespéré, et est fait prisonnier. En juin 1941, libéré à la demande de Vichy, il est envoyé à Alger pour succéder à Weygand comme commandant en chef des forces d’Afrique du Nord. En novembre 1942, s’étant rallié aux Américains, il arrête, avec le contingent français, la force de l’Axe en Tunisie et contribue à l’anéantissement de l’Afrikacorps. Appelé par de Gaulle à la tête du corps expéditionnaire français en Italie fort de 112 000 hommes, il perce, en mai 1944, le front allemand sur le Garigliano (bataille de Monte Cassino), ouvrant la route de Rome aux alliés. Son corps d’armée est ensuite affecté au débarquement en Provence, sous le commandement du général de Lattre de Tassigny. Après la guerre, il est successivement : chef d’état-major de la défense nationale, résident général au Maroc, inspecteur général des forces armées, commandant interallié des forces terrestres de l’OTAN. Élevé à la dignité de maréchal de France en 1952, il se montre hostile à la politique algérienne du général de Gaulle, bien qu’il fût son camarade de promotion à Saint-Cyr et le seul officier général à le tutoyer. Il était membre de l’Académie des sciences coloniales, et devint membre de l’Académie française en 1952, reçu par Maurice Genevoix. Le Maréchal Juin fut un homme de terrain et un stratège. Grand-croix de la Légion d’honneur, Médaille militaire, Croix de guerre 14-18 et 39-45, il est le seul général de la guerre 39-45 à être nommé maréchal de son vivant. Le Maréchal Alphonse Juin est décédé au Val de Grâce le 27 janvier 1967.

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K

Kennedy (avenue du président)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence avenue de la Boissière et se termine avenue Mendès France.
John Fitzgerald Kennedy naît le 29 mai 1917 à Boston. Il est le fils de Joseph Kennedy, ancien ambassadeur des Etats-Unis à Londres, membre d’une très riche famille catholique d’origine irlandaise. Diplômé de l’université de Harvard, il sert comme officier de marine lors de la 2ème guerre mondiale et sera blessé au cours des combats dans le Pacifique. Le 12 septembre 1953, à Newport, il épouse Jacqueline Bouvier, journaliste au New York Times qui lui donnera quatre enfants dont Caroline (née en 1957) et John Junior, dit John John (1960 – 1999). En 1957, il obtient le prix Pulitzer pour son livre Profiles in courage. Devenu journaliste à l’International News Service, il représente comme démocrate, l’état du Massachusetts au Congrès puis au Sénat. Populaire par ses idées novatrices, son allure dynamique, ses relations avec les milieux intellectuels et artistiques, il est désigné comme candidat démocrate aux élections présidentielles de 1960, face à Richard Nixon. Elu de justesse, il est le 35ème président des Etats-Unis et le premier de religion catholique. Il s’entoure d’hommes jeunes et actifs. Il s’efforce d’améliorer les relations avec l’URSS, rencontre Khrouchtchev, obtient le retrait des armes russes stockées à Cuba. Il apporte une aide militaire croissante au Vietnam, abandonnant le régime de Ngo Dinh Diem qui sera renversé en 1963. Son prestige est énorme à l’intérieur comme à l’extérieur. Il ouvre de nouveaux horizons à l’économie américaine et propose à l’Europe une vaste zone de libre-échange atlantique, la négociation Kennedy. Alors qu’il se trouvait à Dallas (Texas) en tournée électorale le 22 novembre 1963, il est assassiné par Lee Harvey Oswald, qui sera lui-même abattu deux jours plus tard dans les locaux de la police par un certain Jack Ruby, en direct devant les caméras du monde entier ; Oswald, aussitôt transporté à l’hôpital Parkland de Dallas, décèdera dans la même salle que Kennedy deux jours plus tôt, emportant avec lui le mystère de son geste fatidique.

Kepper (allée Yolaine de)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence chemin du Champ des Martyrs et se termine en impasse. A reçu ce nom par délibération municipale du 21 septembre 2009.
Yolaine de Kepper est la fondatrice de l’Association française contre les myopathies (A.F.M.). C’est pour lutter contre la fatalité que cette maman de sept enfants, dont quatre atteints de myopathie de Duchenne, décide en 1958 de créer à Angers cette association dont elle va assurer la présidence jusqu’en 1982. En 1970, elle est la cofondatrice de l’Union européenne des associations de myopathes et vice-présidente jusqu’en 1975. La résidence Yolaine de Kepper, anciennement La Forêt, à Saint-Georges-sur-Loire, a ouvert ses portes en 1980 après une dizaine d’années d’efforts ininterrompus. Elle accueille des adultes lourdement handicapés et propose soins, accompagnement et vie sociale aux personnes atteintes de maladies neuromusculaires ou de tout autre handicap moteur évolutif. Elle a une capacité d’accueil de 54 personnes. En 1997, l’A.F.M. crée le programme d’habitat-services Gâte-Argent à Angers. En 2009, le pôle Yolaine de Kepper s’agrandit avec l’ouverture d’un Village répit familles baptisé La Salamandre dans l’enceinte de la résidence. Il s’agit d’une structure accueillant le temps des vacances l’aidé et sa famille. Le pôle Yolaine de Kepper est un établissement privé à but non lucratif. Elle a écrit un livre Les enfants myopathes, Un pari sur l’espérance, et elle déclarait qu’il fallait vraiment, pour tenter cette aventure, avoir l’inconscience des gens qui n’ont rien à perdre. Yolaine de Kepper s’est éteinte à l’âge de 82 ans le 15 novembre 2007.

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L

Lac bleu (allée du)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence chemin de la Beurrière et se termine en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 12 septembre 1996.
Sans doute, a-t-on voulu évoquer le vieux fond ardoisier qui se situe à proximité, rue de la Ternière. Comme les autres fonds à ciel ouvert d’Avrillé, il a été envahi par l’eau. Pourquoi le nom de Lac bleu ? Simplement parce que ce fond a, depuis 1918, toute une histoire. Des millions de tonnes de munitions y ont été déversées par l’autorité militaire, qui n’a trouvé que cette méthode pour s’en débarrasser. Sa qualification de bleu provient du cuivre desdites munitions qui ont coloré l’eau de cette perrière.

Lagrange (rue Léo)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence avenue de la Boissière et se termine avenue Camille Desmoulins.
Léo Lagrange naît le 28 novembre 1900 à Bourg-sur-Gironde. Adolescent, il est inscrit aux Eclaireurs de France, mouvement de scoutisme alors confessionnellement neutre. En 1917, après ses études au lycée Henri IV, à Paris, où il sera l’élève du philosophe Alain, il s’engage dans l’armée. A son retour, il entre en faculté de droit, puis à l’Institut d’Etudes Politiques. En 1920, au lendemain du congrès de Tours, il adhère à la SFIO*. En 1922, devenu avocat au barreau de Paris, il réserve en particulier ses services aux malades de la guerre. En 1925, il épouse Madeleine Veiller, qu’il a rencontrée en faisant le coup de poing contre des commandos de l’Action française. Il participe au bouillonnement intellectuel des années 1930 et rencontre André Malraux et sa future épouse Clara Goldschmidt, ainsi que le romancier Jean Prévost. Il devient rédacteur au journal Le Populaire, organe de la SFIO, et se présente en 1928 aux élections législatives à Paris, mais il est battu. Il sera élu député en 1932 dans le Nord, en mettant l’accent sur la nécessité, pour la classe ouvrière, d’être instruite et organisée si elle veut diriger un jour. En 1936, sous le Front populaire, il est Sous-secrétaire d’Etat aux sports et à l’organisation des loisirs, premier poste de cet ordre créé en accompagnement des congés payés. Il s’emploie à développer les loisirs sportifs, touristiques et culturels, est à l’origine de la création du billet populaire de congés annuels et du mouvement des auberges de jeunesse. Il contribue à l’organisation d’olympiades populaires face aux Jeux Olympiques de Berlin, instrumentalisés par le nazisme. Ces olympiades se déroulent à Barcelone, mais seront interrompues, le 18 juillet 1936, par le pronunciamiento du général Franco. Il sera président du Comité laïc des auberges de jeunesse. A la déclaration de guerre en 1939, encore député, il rejoint volontairement le front, avant d’être tué le 9 juin 1940 à Evergnicourt (Aisne) d’un éclat d’obus. André Malraux a dit de lui : Il est mort dans le courage, dans la recherche de la vérité et dans la dignité. C’était un homme que nous aimions.

Laiterie (chemin de la)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence avenue Georges Pompidou et se termine en impasse. Cette voie est attestée depuis 1959 lors de son classement en voirie communale rurale.
A cet endroit existait, depuis 1932, sur un terrain des anciennes ardoisières de la Renaissance, la société laitière Avrilla, dont le siège social restera à Angers, quai des Carmes, jusqu’en 1963. En 1953 est construite une station d’embouteillage moderne. Une porcherie de 400 porcs est installée pour utiliser les résidus du cycle de fabrication. La collecte journalière du lait atteindra 40.000 litres en 1963. Au plus fort de l’activité, 60 à 65 personnes étaient employées sur le site. La société commercialisait ses produits sous les marques Avrilla et Toufrais. Elle a cessé ses activités en 1986. C’est la première entreprise d’une certaine importance qui se soit installée sur Avrillé, et nos édiles ont voulu en perpétuer le souvenir.

Lande (avenue de la Basse)

Dans le quartier de la Ternière – commence avenue François Mauriac et se termine rue de la Ternière.
Le nom de landes est donné aux terres incultes, souvent couvertes de bruyères ou d’ajoncs, ce qui devait être le cas de nombreux terrains sur Avrillé. Cela n’exclut pas qu’une exploitation pouvait exister sur cette parcelle.

Landes (chemin et rond-point)

En centre-ville. Commence avenue du 11 novembre 1918 et se termine rond-point des Landes.
Curieusement, Célestin Port, dans son dictionnaire, ne précise aucun lieu-dit de ce nom sur Avrillé, alors que de très nombreuses communes rurales en possèdent un, sinon plusieurs, accolés à des qualificatifs parfois surprenants comme Pourie, Pivain, Maure, du Feu, Judas, Misère… Ce nom est donné en général à des terres incultes, souvent couvertes de bruyères, d’ajoncs ou de genêts, ce qui convient sans doute à cette terre d’Avrillé, difficile à travailler. Ce chemin était surnommé, il y a longtemps, le « chemin des amoureux », car il abritait des idylles naissantes. Tout à côté, le café du Bon Coin de Joséphine Busson, faisait dancing une fois par mois, et n’était sans doute pas étranger à ce sympathique surnom.

Langevin (rue Paul)

Dans le quartier de la Croix Cadeau, cette rue relie la RD 768 (route de Montreuil-Juigné) à l’ancienne RN 162 (Angers-Laval). Elle a reçu son nom par délibération municipale du 3 mai 1990.
Physicien français, Paul Langevin naît à Paris le 23 Janvier 1872. Elève extraordinairement doué, il entre à 16 ans à l’Ecole supérieure de physique et chimie industrielle de Paris (ESPCI), où il suit les cours de Pierre Curie. Celui-ci l’oriente vers la recherche et l’enseignement plutôt que vers une carrière d’ingénieur. Reçu premier à l’Ecole normale supérieure, il bénéficie d’une bourse qui lui permet, en 1897, d’aller travailler un an à Cambridge, au laboratoire de physique moderne. Il devient Docteur ès sciences en 1902. Après avoir travaillé sur la physique des électrons, il fait des expériences sur les ions de l’atmosphère et succède à Pierre Curie au poste de professeur d’électricité générale à l’Ecole supérieure de physique et chimie industrielle de Paris ; il prendra la direction de l’Ecole en 1925, poste qu’il conservera jusqu’à sa mort. Il est nommé professeur de physique générale et expérimentale au Collège de France en 1909. Ses opinions antifascistes lui valent d’être interné par la Gestapo en 1940 ; puis, libéré, il fait partie du Comité parisien de la Libération, et revient assurer la direction de l’ESPCI jusqu’à son décès le 19 décembre 1946. Ses travaux auront principalement porté sur l’ionisation des gaz, puis sur la nature microscopique du magnétisme. Il est le promoteur de la théorie de la relativité restreinte étudiée par Einstein. Il met également au point le Sonar, appareil destiné à détecter les sous-marins. Il est aussi à l’origine, dès 1911, des congrès Solvay qui réunissent tous les grands physiciens de l’époque. Compagnon de route du Parti Communiste, militant pacifiste et antifasciste, il participe à la création de la Société des Nations ; il est élu président de la Ligue des Droits de l’Homme de 1944 à 1946. Ses cendres sont transférées au Panthéon en 1948.

Larevelliere (avenue Victorin de)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence et se termine boulevard Roland de Roncevaux Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 6 février 1962.
Ancien maire d’Avrillé, il naît à Angers le 9 avril 1791. Il est le fils de Jean-Baptiste, qui fut Commissaire civil auprès de l’armée de Saint-Lambert-du-Lattay et Président du Tribunal criminel du Maine-et-Loire. Après de solides études secondaires au Lycée David d’Angers, Victorin va étudier le droit à Paris. De retour à Angers après 1830, il appartient à la Commission municipale et sera le représentant du département à la Chambre des députés jusqu’en 1834. A l’issue de son mandat, il s’adonne à des travaux littéraires, donne libre cours à ses goûts artistiques et voyage à travers l’Europe. Il veille à la parution des mémoires de son oncle Louis-Marie de la Revellière-Lepeaux, député conventionnel et l’un des membres du Directoire qui, le 18 brumaire, avait refusé de se rallier à Bonaparte. Ayant hérité de son père les terres du Fléchet, il s’installe à Avrillé dont il sera le Maire sans interruption de 1830 à 1852. Il est Conseiller général de 1848 à 1851, et Président en 1856 de la Société d’horticulture. Cousin de David d’Angers, il entretient avec lui des relations confiantes et amicales. C’est l’un des principaux donateurs pour la construction de l’ancienne église Saint Gilles entre 1863 et 1866. On lui doit en particulier la flèche du clocher, des sculptures de chapiteaux, la peinture des deux clés de voûte, le dallage en pierre du chœur et de l’allée de la nef, une partie des verrières et l’installation d’une grosse cloche, baptisée Victorine en son honneur. Il décède le 9 janvier 1865 et est inhumé à Avrillé.

Lattre de Tassigny (rue du maréchal de)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence chemin de la Grande Garde et se termine en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 3 mai 1990.
Jean de Lattre de Tassigny naît le 3 février 1889 à Mouilleron–en-Pareds (Vendée). Sa famille, qui remonte au 14ème siècle, est originaire des Flandres françaises (fief de Tassigny près de Guise). Son père Roger fut maire de Mouilleron-en-Pareds de 1911 jusqu’à sa mort en 1956 à l’âge de 101 ans ; il fut, en son temps, le doyen des maires de France. Jean fréquente le collège Saint Joseph de Poitiers et prépare l’École navale et Saint-Cyr où il est reçu en 1903. Il effectue ses classes au 29e régiment de dragons à Provins. Élève de Saint-Cyr de 1909 à 1911 dans la promotion Mauritanie, il entre ensuite à l’École de cavalerie de Saumur. En 1912, il est affecté au 12e dragons à Pont-à-Mousson. En 1914, il se fait remarquer par sa bravoure. Il passe dans l’infanterie et termine la campagne de France avec cinq blessures, huit citations et le grade de capitaine. En 1927, il épouse Simone Calary de Lamazière qui lui donnera un fils, Bernard, en 1928. Chef de bataillon en 1929, au 5e régiment d’infanterie à Coulommiers, il sert ensuite à Bayonne et au Maroc, suit les cours de l’Ecole de guerre et entre à l’état-major du général Weygand avec le grade de lieutenant-colonel. En 1935, il est nommé colonel et reçoit le commandement du 151e de ligne à Metz, avant d’être nommé général de brigade en 1939. A la mobilisation, il est chef d’état-major de la 5e armée en Alsace. Il reçoit en 1940 le commandement de la 14e division d’infanterie lors des affrontements à Rethel. Après l’Armistice, il est adjoint au général commandant la 13e région militaire à Clermont-Ferrand, promu général de division et commandant des troupes de Tunisie. Général de corps d’armée, il commande la 16° division militaire à Montpellier. En 1942, lors de l’invasion de la zone sud, il tente de passer à la clandestinité. Il est arrêté, jugé par un tribunal spécial français et condamné à dix ans de détention. Il s’évade de la prison de Riom en 1943, rejoint Londres puis Alger, où il est promu général d’armée par le général de Gaulle. Le général Giraud lui donne le commandement de l’armée B, embryon de la 1e armée avec laquelle il débarque en Provence le 16 août 1944 près de Saint Tropez. Après s’être emparé de Toulon et de Marseille, il remonte la vallée du Rhône, puis celle de la Saône, participe à la bataille d’Alsace, réduit la poche de Colmar et franchit le Rhin. Le 9 mai 1945, il signe, au nom de la France, à Berlin, au quartier général du maréchal Joukov, l’acte de capitulation de la Wehrmacht. Après la guerre, il est, successivement, inspecteur général de l’armée (1945), commandant des forces terrestres de l’OTAN (1949), haut-commissaire et commandant en chef en Indochine (1950) où son fils, le lieutenant Bernard de Lattre, trouve la mort au cours d’un combat à Ninh-Binh. Il accomplit un retournement inespéré de la situation en Indochine, mais atteint par un cancer, il meurt des suites d’une opération le 11 janvier 1952 à Paris à l’âge de 63 ans. La dignité de maréchal de France lui a été attribuée le jour de ses funérailles nationales à Notre-Dame de Paris. Il est inhumé dans son village natal de Mouilleron-en-Pareds où a été créé le musée national des Deux Victoires.

Laval (avenue Jeanne de)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence avenue du Commandant Mesnard et se termine boulevard Roland de Roncevaux
Jeanne de Laval, née à Auray en 1433, est la fille de Guy XIV de Laval et d’Isabelle de Bretagne. Elle épouse René 1er d’Anjou, le 10 septembre 1454, à l’abbaye de Saint Nicolas d’Angers et fait son entrée avec le roi, dans la ville en liesse, le 12 septembre. Le roi René était veuf de la duchesse Isabelle de Lorraine qui lui avait donné quatre enfants et devait décéder en 1453 à l’âge de 43 ans. Le roi et la reine résident dans leurs manoirs, tantôt en Anjou, tantôt en Provence, mais la reine n’oubliera jamais son berceau familial et enrichira l’église des Dominicains des Cordeliers de Saint Tugal à Laval. Elle participe avec son mari à une cour littéraire et savante et le roi compose en son honneur un poème : Regnauld et Jeanneton. Le roi René et la reine Jeanne sont représentés sur un triptyque peint par Nicolas Froment en 1475 et exposé dans la cathédrale d’Aix, intitulé Le Buisson ardent. On les retrouve également sur un vitrail de la chapelle du château d’Angers où l’on voit la reine Jeanne, agenouillée, les mains jointes, en prière. Le psautier de la reine, richement enluminé, est à la bibliothèque de Poitiers.

Le Vaillant (allée François)

Dans le quartier Ardenne. Commence et se termine avenue Pierre Poivre. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 17 novembre 2005.
François Le Vaillant naît le 6 août 1753 à Paramaribo (Guyane néerlandaise, aujourd’hui Surinam). Son père, Nicolas, avocat à Metz, a ruiné sa carrière en enlevant la fille du substitut du procureur général du Parlement en 1751. Après un mariage précipité, le jeune couple s’enfuit et se réfugie en Amérique du sud. Nicolas Le Vaillant, qui deviendra homme d’affaires, sera nommé consul de France au Surinam. Le jeune François fréquente l’école de Paramaribo, accompagne ses parents dans leurs voyages, acquérant de bonne heure l’amour de l’aventure et un profond intérêt pour les mystères de la nature. Quand son père retourne en Europe en 1763, il commence à suivre des études normales : deux ans en Allemagne et sept ans en Alsace. Il rencontre Jean-Baptiste Bécoeur, propriétaire d’une grande collection d’oiseaux qui lui apprend sa méthode de naturalisation. À vingt ans, le 18 septembre 1773, François épouse Suzanne Marguerite Denoor, qui lui donne quatre enfants. Leur divorce, légalisé par la Révolution, sera prononcé en 1793. À partir de 1789, il vit avec Pierrette Charlotte Foyot, quatre enfants vont naître. Son épouse décède en 1798. Resté seul, il se remet en ménage avec Rose Victoire Dubouchet qui lui donnera quatre enfants aussi. À partir de 1777, il étudie l’ornithologie à Paris à l’aide de collections qui lui laissent un certain malaise. En 1780, il part aux Pays-Bas, rencontre Jacob Temminck, trésorier de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, qui l’envoie en Afrique du Sud, à l’est du Cap et dans le grand Namaqualand, afin de collecter des spécimens. En 1784, il rapporte en France plus de 2000 peaux d’oiseaux et la peau d’une girafe. Il ouvre un cabinet d’histoire naturelle, mais ne reçoit pas l’accueil qu’il espérait. Son travail subit des critiques et des sarcasmes. Sa collection est finalement dispersée, vendue à l’étranger et se retrouve au musée de Leyde (Pays-Bas). En 1790, il fait paraître le Voyage dans l’intérieur de l’Afrique en deux volumes qui connaissent un énorme succès et est rapidement traduit dans de nombreuses langues. En 1793, sous la Terreur, il est arrêté et ne doit son salut qu’à la chute de Robespierre, le 27 juillet 1794. C’est sans doute pour se mettre à l’abri qu’en 1796, François Le Vaillant et sa famille s’installent à La Noue (Marne) dans un ancien presbytère que son beau-père avait acheté lors de la vente des biens nationaux. Dans ce refuge champêtre, il chasse et il peint tout en augmentant sa collection d’oiseaux. Il publie de nombreux ouvrages splendidement illustrés, qui connaissent un grand succès malgré leurs prix assez élevés. Sa popularité va décliner et le dernier volume se vend très mal. Il est l’objet de graves critiques et accusé d’erreurs et de plagiat. Malgré cela, il reçoit à La Noue de nombreuses visites de zoologistes étrangers et de collectionneurs. Il meurt le 22 novembre 1824 à La Noue où il est enterré sous un simple monticule de terre. Ses enfants feront édifier un monument funéraire en 1862.

Leclerc (avenue du maréchal)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence avenue de la Boissière et se termine avenue Mendès- France.
Philippe, François, Marie, comte de Hauteclocque, puis Leclerc de Hauteclocque (par décret de 1945), naît le 22 novembre 1902 à Belloy-Saint-Léonard (Somme), d’une famille aristocratique enracinée en terre d’Artois. Il est l’un des fils du comte Adrien de Hauteclocque et de Marie Thérèse van der Cruisse de Waziers qui auront six enfants. En 1922, il entre à l’Ecole spéciale de Saint-Cyr dont il sort major de la cavalerie, et entre à l’Ecole d’application de la cavalerie à Saumur dont il sortira major également. Le 10 août 1925, il épouse Thérèse de Gargan dont il aura six enfants, dont Henri, mort pour la France (1952). Il a de nombreuses affectations : 5ème régiment de cuirassiers à Trêves, 8ème spahis au Maroc où, en 1929, il commande le 38ème goum. En 1931, il est instructeur à Saint-Cyr où, lors d’un exercice à cheval, il se casse la jambe, ce qui l’obligera à utiliser une canne toute sa vie. En 1934, il est promu capitaine et obtient la Légion d’Honneur. En 1938, il est à l’Ecole de guerre, dont il sort de nouveau major. Au début de la Seconde Guerre Mondiale, capitaine d’état-major à la 4ème division, il combat sur le front belge. En mai 1940, à deux reprises, il est capturé, s’évade et reprend le combat. Le 25 juillet 1940, il est l’un des premiers à rejoindre à Londres le général de Gaulle. Ce dernier l’envoie à Lagos (Nigéria), fin août 1940, y préparer le ralliement de l’Afrique équatoriale française à la cause de la France Libre. Le 1er mars 1941, commandant militaire du Tchad, il s’empare de l’oasis de Koufra, tenu par les Italiens et fait devant ses hommes le fameux serment de ne déposer les armes que lorsque les couleurs nationales flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. Il participe à toutes les batailles menées dans le sud tunisien. En mai 1943, il est nommé général de division. Il forme au Maroc la 2ème division blindée (2ème D.B.) qui sera en avril 1944, en Grande-Bretagne pour préparer le débarquement de Normandie. Le 1er août 1944, Leclerc et la 2ème D.B. sont sur le sol français et entrent triomphalement à Paris le 24 août. Le général Leclerc reçoit la reddition du général Von Choltitz. Strasbourg est libéré le 23 novembre 1944, et la division atteint Berchtesgaden, le 5 mai 1945. En 1946, commandant supérieur des Forces françaises en Extrême-Orient, Leclerc assiste à la capitulation du Japon. Il rétablit la souveraineté française en Indochine et il est à l’origine de l’accord du 6 mars 1946 reconnaissant le Vietnam comme état indépendant. En désaccord avec la politique menée sur place par l’amiral Thierry d’Argenlieu, Haut-Commissaire de France et commandant en chef pour l’Indochine, il est nommé inspecteur général des Forces françaises d’Afrique du Nord. Lors d’une tournée d’inspection, il trouve la mort le 28 novembre 1947 dans un accident d’avion, près de Colomb-Béchar. Titulaire de nombreuses décorations, il est inhumé aux Invalides et élevé à la dignité de Maréchal de France en 1952.

Legagneux (rue Georges)

Dans le quartier du Plateau de la Mayenne. Commence avenue Pierre Mendès France et se termine rue Thérèse Peltier. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 20 septembre 2010.
Il naît à Puteaux le 24 décembre 1882. Alors qu’il travaille dans une entreprise de tramways électriques à Puteaux, il est recruté en 1903, à 21 ans, comme mécanicien chez l’ingénieur Léon Levavasseur, qui, en 1904, se recentre sur les moteurs. En 1906, il fonde l’entreprise qui va fabriquer l’Antoinette et qui emploie dix personnes. Le sort de Georges Legagneux est lié désormais aux résultats du pionnier du plus lourd que l’air. Il est également le mécanicien du capitaine Ferber, passionné d’aviation, grâce auquel il va commencer à piloter en 1908. Le 19 août 1908, il remporte le prix de l’Aéro-club sur Ferber IX avec un vol de 256 mètres et, en septembre suivant, il vole sur 500 mètres avec le monoplan Antoinette à moteur 25 cv. Avec ses gains, il achète un monoplan Blériot, quitte Levavasseur pour Voisin et vole en France, en Suède et en Russie. Le 29 juillet 1909, près de Stockholm, sur biplan Voisin, il effectue le premier vol d’un aéroplane à moteur dans ce pays. La même année, il réussit un vol de 10 kms à Bouy-en-Champagne sur biplan Farman. En janvier 1910, il passe son brevet de pilote. Revenu en France, il participe à de nombreux meetings, notamment au Mondial d’aviation à Reims et à la 2ème Semaine aéronautique de Champagne. Il est ensuite à la rencontre d’Angers, le 6 juin 1910, où il se classe deuxième. Le départ de ce meeting est donné devant 60 000 spectateurs. Un chroniqueur écrit : « Legagneux, jeune aviateur absolument maître de sa machine, acclamé par la foule, surgit au-dessus des tribunes et dans un vol merveilleux, pique droit vers le clocher d’Avrillé. Il passe sur le bourg et revient à l’aérodrome où il commence sa merveilleuse randonnée avec une aisance remarquable ». Il est second avec cinq minutes de retard sur le vainqueur, Martinet, et atteint la pointe maximale de 90 km/h en volant entre 250 et 300 mètres d’altitude. Georges Legagneux devient pilote instructeur chez Voisin, puis chez Bréguet, et enfin chef pilote instructeur chez Sommer, près de Douai dans le Nord. Il participe à des meetings sur Blériot, Sommer et Farman avec des primes élevées. Il est le premier à réussir un vol de 500 km en circuit fermé. A Pau, il porte le record d’altitude à 3180 mètres le 8 décembre 1910. Il bat ce record à quatre reprises, la dernière fois en 1913, sur un Nieuport, sans respirateur, à 6120 mètres. En 1912, après avoir arrêté les compétitions, il s’investit dans la mise au point du moteur Rhône 60 cv qui sera testé, homologué et fabriqué en série, sous le nom : Rhône 7C Rhône-Legagneux. Pilote de génie et amateur de démonstration, sa passion lui est fatale le 6 juillet 1914. L’avion qu’il essaie s’écrase dans la Loire à Saumur. Il était chevalier de la Légion d’Honneur.

Lennon (rue John)

Dans le quartier de l’Adezière – Relie la rue Salvador Allende à la route de l’Etang.
John Winston Lennon naît le 9 octobre 1940 à Liverpool au cours d’un violent bombardement, image d’une existence qui ne manquera pas d’agitation. Ses parents se séparent lorsqu’il est très jeune, et il trouve enfin un peu de stabilité lorsqu’il est confié à la sœur de sa mère. Au milieu des années cinquante, alors que l’Angleterre succombe au rythme du « skiffle », sorte de folk américain, John crée son premier groupe, les Quarry men skiffle group. En 1957, lors d’une kermesse à Wolton, John rencontre un certain Paul McCartney. Ils se lient très vite d’amitié grâce à la reconnaissance mutuelle de leur talent de musicien. Paul lui présente George Harrison, un jeune guitariste de 15 ans (les autres en ont 18 !) qui possède déjà un jeu de guitare et une technique très prometteurs. Les Quarry men engagent également deux autres musiciens et partent pour Hambourg où le rock and roll est déjà très ancré chez les jeunes. Ils font cinq tournées outre Rhin et y enregistrent leur premier 45 tours qui ne connaît aucun succès. Ils décident de changer de nom : ce sera The Beatles. L’un d’eux tombe amoureux d’une photographe de mode et décide de rester en Allemagne ; c’est elle qui leur fait adopter leur célèbre coupe de cheveux. John joue du piano, de la guitare rythmique et chante le plus souvent avec Paul, améliorant au fil du temps des harmonies vocales inoubliables. Ensemble, ils signent presque toutes les compositions du groupe. Le 9 mai 1962, ils enregistrent chez Parlophone, sous la direction de George Martin, qui accepte de les faire signer à la condition de changer de batteur. C’est l’arrivée de Ringo Starr et le début de la légende. De 1962 à 1970, du succès à la gloire, les Beatles auront tout connu : une douzaine d’albums vendus par dizaines de millions, deux films, des chansons qui inondent les médias, des fans surexcités, des traques de paparazzis, des prises abondantes de produits prohibés, des décorations remises par les grands de ce monde (la célèbre médaille de l’Empire Britannique remise à Buckingham Palace par la reine). Mesurant alors le fanatisme de son public, John Lennon déclare que « les Beatles sont plus célèbres que Jésus Christ ». A partir de 1969, fatigués par les pressions de toute nature et les tensions entre les membres du groupe, chacun des Fab’ Four s’engage vers une démarche solitaire et, pour sa part, John enregistre Instant karma et Give Peace a chance. En 1970, après la parution du dernier opus commun Let It Be, les Beatles annoncent officiellement leur séparation et John, en compagnie de son épouse Yoko Ono, Ringo Starr et Klaus Voormann, fonde le groupe Plastic Ono Band. Il commence une carrière en solo tout en menant diverses actions pour la paix dans le monde. Musicalement, il retrouve un regain de créativité et s’enracine dans son engagement militant (Happy Xmas, War Is Over). L’album éponyme paru en 1970 contient Working Class Hero, celui de 1971 les célèbres Imagine, titre emblématique de l’époque, et Jealous guy, standard aux multiples versions. A partir de ce moment, il se perd à nouveau dans beaucoup d’excès qui finissent par lasser aussi bien les autorités que le public ; il poursuit néanmoins sa carrière aux Etats-Unis sans connaître à nouveau le même succès populaire qu’auparavant. Il entretient régulièrement l’espoir d’une reformation des Beatles en participant à des disques ou à des concerts avec Paul, George ou Ringo et d’autres stars de l’époque comme Elton John, David Bowie, Stevie Wonder ou Harry Nilsson. A partir de 1975 et la parution de l’album Rock n’ roll dans lequel il reprend d’anciens standards des années 50, il décide volontairement de mettre sa carrière entre parenthèses afin de s’occuper du fils qu’il vient d’avoir, à 35 ans, avec Yoko Ono. Il reprend le chemin des studios en septembre 1980 pour enregistrer avec sa femme Double Fantasy un album à deux voix dont il ne pourra jamais achever le mixage. En effet, le 6 décembre 1980, il est abattu devant sa résidence du Dakota Building de New York, face à Central Park, par un illuminé nommé Mark Chapman qui ne manifeste aucun regret de son geste et n’essaiera même pas d’échapper aux forces de l’ordre. John Lennon meurt le 8 décembre. Spontanément, un rassemblement de fans venus du monde entier vient exprimer sa tristesse et son désarroi. Cette piété continue à être célébrée à chaque anniversaire de sa mort devant le Dakota. Sa mort violente, à l’aube d’un retour attendu, le fait aussitôt passer du stade de héros à celui de légende. Dans sa carrière post-Beatles, ses choix musicaux n’ont pas toujours été approuvés par ses inconditionnels, mais il a su garder son intégrité, n’hésitant jamais à s’impliquer fortement lorsqu’il s’est agi de défendre des causes qui lui tenaient à cœur.

Leriche (avenue René)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence avenue de la Boissière et se termine en impasse.
René Leriche naît le 12 octobre 1879 à Roanne (Loire). Il est le troisième garçon d’une fratrie de sept enfants. Il passe sa jeunesse dans la propriété de Saint-Victor que possède son père qui tient une étude d’avoué. Il est interne en 1902, docteur en médecine en 1906 et chirurgien des Hôpitaux de Lyon en 1919. Il rencontre aux Etats-Unis William Halsted, adepte de la chirurgie en douceur. En 1924, il est titulaire d’une chaire à l’université de Strasbourg, et en 1936, au Collège de France. Après l’armistice du 22 juin 1940, il accepte la présidence de l’Ordre national des médecins qui vient d’être créé, mais décline le poste de ministre de la Santé proposé par le maréchal Pétain. Il démissionnera de son poste de président de l’Ordre en 1942, en désaccord avec les directives de l’Etat. A la Libération, il est évincé des circuits officiels, mais est élu à l’Académie des sciences et à l’Académie de médecine. Comme Henri Dunant, il est sensibilisé par les douleurs et les mutilations causées par les guerres, notamment celle de 1914-1918, qu’il a vécue. Il est l’un des premiers à s’intéresser à la douleur et à mettre en pratique une chirurgie douce. Il écrit de nombreux ouvrages sur ce sujet. C’est un spécialiste de la chirurgie du sympathique et de la douleur. En 1944, il écrivait : L’étude de la douleur conduit à une médecine humaine en tous ses gestes. Il meurt le 28 décembre 1955 à Cassis (Bouches-du-Rhône). La volonté de René Leriche s’est sans cesse orientée vers le renouvellement et l’évolution. Il savait, avec imagination et courage, changer les traditions médicales de son époque. Il a été l’un des plus prestigieux chirurgiens français et un grand humaniste.

Liéru (chemin du)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence route de la Perrière et se termine au rond-point Bocage-Violette. Attesté dès le 17ème siècle.
Ce chemin assez fréquenté par la gent automobile bien que très étroit est bordé par des champs et des prés. Il est possible d’apercevoir la seule ferme encore présente dans la partie urbaine de la ville. Ce chemin se situe en partie supérieure du coteau et permet une vue plongeante intéressante sur le château de la Perrière. Célestin Port, à propos de ce nom, parle d’une métairie en 1645.

Loubat (place Alphonse)

En centre-ville, commence avenue Mendès France et se termine rue amiral Nouvel de la Flèche.
Alphonse Loubat naît le 27 prairial An VII (15 juin 1799) à Sainte-Livrade (Lot et Garonne). Il vit en France et aux États-Unis où il part assez jeune, sans doute à La Nouvelle Orléans. Il y fait fortune en important des pieds de vigne du Bordelais, en favorisant la viticulture et en rédigeant en 1827, à New York, un Guide du vigneron américain. Il s’intéresse aux débuts du tramway hippomobile dont la première ligne entre en service en 1830 à Baltimore et en 1832 à Broadway. La technique retenue a un fort désavantage : les rails étant implantés en saillie sur la chaussée gênent la circulation et provoquent des accidents. Loubat a l’idée d’utiliser un rail à gorge enfoui dans la chaussée. Cette solution est mise en œuvre en 1853 à Broadway. C’est un succès et cette solution est diffusée aux États-Unis. De retour en France, il demande le brevet d’invention pour un système de chemin de fer à ornière qu’il obtient le 9 décembre 1852. Il est autorisé à construire une première ligne d’essai de 2 kms à Paris sur le cours la Reine, mise en service le 21 novembre 1853, à l’occasion de l’exposition universelle. Devant le succès rencontré, une concession trentenaire accordée à titre précaire et révocable est signée en 1854 pour la construction d’une ligne entre Vincennes et Sèvres en passant par la Concorde. Toutefois en 1855, le baron Haussmann oblige les lignes gérant les omnibus parisiens ainsi que le nouveau tramway à se regrouper. Alphonse Loubat doit céder son entreprise ; il recevra en échange des actions de la nouvelle compagnie, la CGO (Compagnie générale des omnibus). Cette compagnie entretiendra 16 500 chevaux. Le tramway de l’époque est un véhicule roulant sur des rails mais tiré par des chevaux. Le tramway américain relia ainsi de 1856 à 1934 le Louvre au pont de Saint-Cloud et au pont de Sèvres, puis Versailles, rejoint par de très nombreuses autres lignes (1ère motorisation en 1875). Alphonse Loubat est nommé maire de Sèvres par décret impérial du 6 décembre 1854 et le restera quatre ans. Il a construit au milieu des années 1850 le château des Bruyères à Sèvres (actuelle résidence du Parc Eiffel). En juillet 1866, il publie un petit ouvrage sur la construction économique des chemins de fer d’intérêt local. Pour appuyer son étude, il établit une voie ferrée de 1738m à Courbevoie. Ce projet ne verra pas le jour car il décède le 19 septembre 1866 à Ville d’Avray. Il est inhumé à Chaville avant d’être transféré par son fils Joseph Florimond dans le caveau familial au cimetière de Passy en 1885. Il a fait partie de ces hommes entreprenant du 19ème siècle. Le New York Times du dimanche 14 octobre 1866 lui rend hommage : « Extrêmement intelligent, bien informé grâce à ses voyages, il parlait de manière très claire et efficace. Ses relations avec les personnes de la haute société étaient connues. Il était très respecté tant ici qu’à Paris pour ses qualités de tête et de cœur ».

Saint Louis (rue)

Dans le quartier des Pépinières – commence avenue des Pépinières et se termine en impasse.
Futur Saint Louis, Louis IX naît le 25 avril 1214 à Poissy. Roi de France à la mort de son père Louis VIII, il n’a que 12 ans et sa mère, Blanche de Castille, assure la régence. Celle-ci lutte avec succès contre les grands vassaux, met fin à la guerre contre les Albigeois, et marie son fils à Marguerite de Provence. Devenu majeur, Louis IX laisse le gouvernement à sa mère jusqu’en 1242 .A cette date, une nouvelle révolte féodale, soutenue par l’Angleterre, oblige le roi à intervenir par les armes contre les Anglais. Les victoires de Taillebourg et de Saintes mettent fin pour longtemps à l’agitation féodale. Il s’applique ensuite à établir entre la France et l’Angleterre une paix durable, fondée sur la justice. Les traités qui suivent sont très critiqués en France, mais donnent au roi un grand prestige international, ce qui le conduit à être choisi comme arbitre dans de nombreux différends européens. Sa politique intérieure voit un accroissement du pouvoir royal, qui se veut au service de tous. Des enquêteurs royaux sont créés afin d’empêcher les abus des fonctionnaires royaux. Il institue au Temple une commission financière qui, sous Philippe le Bel, devient la Cour des Comptes, et assure une bonne monnaie par son ordonnance de 1263. La croisade est un des desseins essentiels du roi, dont la foi ardente s’indigne du régime de tolérance institué dans les lieux saints entre chrétiens et musulmans. La notion de tolérance semble inconnue à cette époque. L’Inquisition va s’instaurer en 1233. A la suite d’un vœu fait au cours d’une grave maladie, le roi se croise et quitte Paris en 1248, laissant le gouvernement à Blanche de Castille. Il s’embarque à Aigues-Mortes avec Marguerite de Provence, ses deux frères, Robert d’Artois et Charles d’Anjou, et débarque à Damiette le 5 juin 1249. D’abord vainqueur, il est battu à Mansourah et fait prisonnier. Une forte rançon (400 000 livres) est nécessaire pour sa libération, puis il passe quatre ans en Syrie, fortifiant les places encore aux mains des chrétiens et rachetant de nombreux prisonniers. La mort de sa mère, en 1252 le force à revenir en France où il débarque en 1254. Cependant, l’idée de la croisade ne l’abandonne pas. Malgré la lassitude de ses barons, il entraîne ceux-ci vers Tunis et débarque à Carthage le 17 juillet 1270. La peste se déclare dans l’armée et le roi meurt un mois plus tard, le 25 août 1270, étendu sur un lit de cendres, en véritable saint. C’est la fin de la dernière des croisades et du rêve des occidentaux de reconquérir les lieux saints. Cette puissante personnalité n’a jamais cessé de combattre, à l’extérieur comme à l’intérieur, pour une justice pleine de force et d’autorité. Son règne voit l’apogée de la civilisation française au Moyen Age : rayonnement de l’université de Paris, où enseigne Saint Thomas d’Aquin, fondation de la Sorbonne, construction de la Sainte Chapelle, sculptures de la façade de la cathédrale de Reims, cathédrales d’Amiens, Rouen, Beauvais, le port d’Aigues Mortes. Louis IX était le frère aîné de Charles 1er de Sicile, comte d’Anjou, fondateur de la seconde dynastie apanagée angevine. Blanche de Castille et Louis IX ont fait ériger le château d’Angers comme moyen de défense contre les invasions. Louis IX, qui avait eu comme successeur son fils, Philippe III le Hardi, fut canonisé dès 1297 par le pape Boniface VIII. Voltaire dans son Essai sur les mœurs écrit à propos de Saint Louis : Il n’est pas donné à l’homme de porter plus loin la vertu.

Loyau (avenue Louis-Michel)

En centre-ville, commence avenue du 11 novembre 1918 et se termine en impasse.
Louis-Michel Loyau naît aux Rosiers-sur-Loire. Il est curé d’Avrillé du 1er mai 1774 et le restera jusqu’à sa mort en 1807. Il a l’habitude de noter les principaux faits marquants de son temps sur les pages de garde du registre paroissial, comme son prédécesseur, Symphorien Jouanneaux, un siècle plus tôt. Il aurait peut-être, en 1789, rédigé le cahier de doléances de la paroisse, aujourd’hui perdu. En revanche, il est bien représentant du clergé aux assemblées de la sénéchaussée d’Angers. Suite aux votes par l’Assemblée Constituante de l’abolition des vœux religieux et de la Constitution civile du clergé en 1790, Louis-Michel Loyau refuse le serment. Il va mener une vie errante, caché, nourri et vêtu par les Avrillais. Il est remplacé quelque temps par un prêtre assermenté venant de Saumur, un certain Deschamps, qui se rétracte rapidement d’ailleurs. Pendant ce temps, le vicaire d’Avrillé, Jean Beaudouin, a rejoint les Chouans et a pris part au combat de Soeurdres en 1795. Le concordat conclu entre Pie VII et Napoléon rend le curé Loyau à sa cure d’Avrillé où il décède le 2 avril 1807. Il avait consacré 33 années de sa vie à ses paroissiens.

Lumière (rue des frères)

Dans le quartier du Fléchet – commence dans le prolongement de la rue Ampère et se termine sur l’ancienne RD 768, qui va de Beaucouzé à Montreuil Juigné. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 23 novembre 2009.
Inventeurs et industriels français, Auguste et Louis Lumière naissent à Besançon (Doubs), le 19 octobre 1862 (Auguste) et le 5 octobre 1864 (Louis). Ils sont les fils d’Antoine Lumière (1840-1911), fabricant de plaques photographiques à Lyon, célèbre pour avoir immortalisé sur ses plaques de nombreuses personnalités locales. Au terme de solides études à l’école industrielle de la Martinière, Auguste et Louis obtiennent respectivement un diplôme de chimie et de physique. En 1880, Louis commence ses recherches pour améliorer les plaques de son père et, après plusieurs années passées dans la pénombre du sous-sol, il met au point des plaques photographiques perfectionnées dont le succès assure la prospérité de l’entreprise familiale. Il se lance ensuite avec Auguste dans une série de travaux qui vont apporter de grandes améliorations dans le domaine de la photographie. En 1894, dans une nouvelle usine créée à Lyon Monplaisir, Louis Lumière construit sa première caméra, apte aux prises de vues et à la projection, le « cinématographe », et tourne son premier film l’année suivante « La sortie de l’usine ». Par la suite, Auguste et Louis réalisent d’autres films (« Arrivée du train en gare de la Ciotat », « Le repas de bébé »,…) et filment aussi les premières actualités et les premiers documentaires. La voie du 7ème art est ouverte. Louis envoie des opérateurs dans le monde entier, constituant ainsi la première collection de documents d’actualités. En 1898, les frères ont déjà 1000 titres à leur catalogue ! A soixante ans, Louis se consacre à la recherche médicale, dans le domaine pharmaceutique, avec des succès mitigés. Il décède en 1948 à Bandol, après avoir légué à la Cinémathèque française plus de 1800 vues. Auguste meurt à Lyon en 1954.

Lurçat (avenue et rond-point Jean)

Situé à l’orée du Parc de la Haye : commence à la limite Angers-Avrillé (chemin de Roc Epine) et se termine au carrefour Champ des Martyrs-Grandmont. Ils ont reçu ce nom par délibération municipale du 8 janvier 1968.
Jean Lurçat naît le 1er juillet 1892 à Bruyères dans les Vosges. Après des études secondaires à Epinal, il s’inscrit à la faculté des sciences de Nancy pour y faire des études de médecine qu’il abandonnera pour apprendre la fresque, puis la gravure. En 1912, il s’installe à Paris avec son frère, André, architecte, s’inscrit à l’Académie Colarossi, puis à l’atelier du graveur Bernard Naudin. Il découvre alors les peintres Matisse, Cézanne, Renoir et devient proche de Rainer Maria Rilke, Bourdelle, Elie Faure. Il fonde avec des amis Les Feuilles de Mai, revue d’art. Il est ensuite apprenti auprès du peintre fresquiste, Jean-Paul Lafitte, avec lequel il mène un premier chantier en 1914. Son premier voyage en Italie sera interrompu par la guerre. Il s’engage dans l’infanterie, est blessé, évacué en juillet 1916. De santé fragile, il ne retourne pas au front. Son frère construit pour lui une nouvelle maison, Villa Seurat, à Paris. En 1924, il épouse Marthe Hennebert, dont il divorce en 1929, continue à voyager et à son retour s’installe Villa Seurat. En 1931, il fréquente Rossane Timotheef et s’installe avec elle à Vevey (Suisse). En 1933, il réalise ses premières œuvres sur un métier en basse lisse dans l’atelier d’Aubusson pour L’Orage, en haute lisse aux Gobelins pour Les Illusions d’Icare. Jean Lurçat va beaucoup voyager, donner de nombreuses conférences dans le monde entier. Il va mettre au point une technique nouvelle et révolutionnaire pour la tapisserie. Dès septembre 1916, il avait exposé à Zurich. Le nombre de ses expositions est très important, notamment dans les années 1930 où il atteint la célébrité. Il aura découvert Picasso et Max Jacob, créé décors et costumes pour la compagnie Pitoëff et Georges Balanchine, les décors de Vertiges, un film de Marcel Lherbier. En 1935, il peint en Espagne, les Dynamitéros, en liaison avec la guerre d’Espagne et participe à Paris aux activités de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires, puis suit avec Malraux et Aragon, les journées d’amitié pour l’Union des républiques socialistes soviétiques. En juillet 1936, à Angers, la tapisserie de l’Apocalypse de Saint Jean (14ème siècle) provoque chez lui un choc esthétique et artistique, annonciateur de l’œuvre à venir. En septembre 1939, il s’installe à Aubusson pour essayer de redonner vie à la tapisserie en pleine crise. En juin 1944, il s’associe aux combats de la Résistance communiste, est nommé au Comité de libération, dirige l’hebdomadaire Liberté et la revue Etoiles du Quercy. Il rencontre Simone Selves qui deviendra son épouse en 1956. Son fils adoptif, Victor Soskice, arrêté au cours d’une mission de sabotage en France, sera déporté et exécuté en 1945. La même année, il achète les Tours de Saint-Laurent, forteresse du 11ème siècle qui domine Saint-Céré dans le Lot. De nombreuses expositions le font énormément voyager, et il préface un livre sur la tapisserie d’Angers. Dans les années 1950, il commence la Joie de Vivre qui deviendra le Chant du Monde, dont la première présentation aura lieu à Annecy en 1963. La dixième tenture Ornomentos Sagrados ne sera terminée qu’après sa mort. Il s’éteint subitement le 6 janvier 1966 à Saint-Paul-de-Vence, et repose dans le Lot, non loin de Saint-Céré, près de ses tours dans le petit cimetière de Saint-Laurent. Sur sa tombe, un soleil gravé dans la pierre avec une devise C’est l’aube, devise qu’il avait fait graver sur son épée d’académicien, début d’une phrase qu’il avait écrite : C’est l’aube d’un temps nouveau où l’homme ne sera plus un loup pour l’homme… De nombreuses distinctions, nominations et hommages français et étrangers ont récompensé l’homme et son œuvre.
En France, de nombreux établissements portent son nom. Le Chant du Monde, œuvre que se disputaient plusieurs villes est aujourd’hui installé dans l’ancien hôpital médiéval Saint Jean à Angers depuis 1966. L’Atelier-musée Jean Lurçat, selon le souhait de Mme Lurçat, a été inauguré en juillet 1968 à Saint-Laurent-les-Tours, dans l’ancienne forteresse, propriété du Conseil général du Lot suite au don de Mme Lurçat dont le décès est survenu à Paris en 2009. Parmi les assistants de Jean Lurçat, il faut citer Josep Grau Garriga, peintre et lissier catalan, qui vivait et travaillait à Saint-Mathurin-sur-Loire, près d’Angers, jusqu’à son récent décès en août 2011.

Luther King (avenue Martin)

Dans le quartier de l’Adézière – voie en impasse donnant sur l’avenue Salvador Allende. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 27 octobre 1981.
Pasteur baptiste afro-américain, fils et petit-fils de pasteur, Martin Luther King naît à Atlanta (Géorgie) le 15 janvier 1929. Il est devenu un des plus grands défenseurs des droits de l’homme et de la paix du 20ème siècle. Elevé dans une société régie par la ségrégation (au sud des Etats-Unis), il va très vite lutter en faveur de l’intégration des Noirs dans la société américaine. Son action commence en décembre 1955, lors de l’affaire du boycott des transports publics de Montgomery et se poursuit dans la revendication des Civil Rights (droits civiques). Arrêté, injurié, menacé de mort, sa maison dynamitée, il ne cesse toutefois de prôner le recours à la non-violence. Le 28 août 1963, à Washington, durant la marche pour l’emploi et la liberté réunissant 250.000 personnes, il prononce un discours resté célèbre : « I have a dream… » (J’ai fait un rêve). Il se bat également pour l’obtention des Social Rights (droits sociaux), car les Noirs se trouvent trop souvent dans la misère. Soutenu par John F. Kennedy dans sa lutte contre la discrimination raciale, il devient le plus jeune lauréat du prix Nobel de la Paix, en 1964. A partir de 1965, Martin Luther King milite pour le retrait des troupes américaines du Vietnam, puis, à compter de 1967, décide d’organiser la Campagne des pauvres afin de lutter pour la justice sociale en faveur de tous les pauvres, d’où qu’ils viennent et quels qu’ils soient. Le 4 avril 1968 à Memphis (Tennessee), Martin Luther King est assassiné par un ségrégationniste blanc, alors qu’il vient soutenir une grève des éboueurs de la ville.

Lyautey (avenue du maréchal)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence avenue de la Boissière et se termine avenue Mendès- France.
Louis-Hubert Lyautey naît le 17 novembre 1854 à Nancy dans une famille de tradition militaire. Après son bac, il entre à Saint-Cyr en 1873 et à l’Ecole de guerre en 1876. Ses affectations le mènent à Rambouillet, puis à Châteaudun, avant d’être envoyé en Algérie en 1880 comme officier de cavalerie. Il se passionne pour la civilisation arabe, apprend la langue et se familiarise avec les questions coloniales. Selon lui, l’action de la France ne peut s’inscrire que dans le respect des civilisations et des cultures qu’elle rencontre, en association avec les élites locales. Rentré en France en 1882, il est affecté au 4ème régiment de chasseurs à Bruyères, dans les Vosges, et devient aide de camp du général L’Hotte, inspecteur général de la cavalerie. Lyautey, royaliste, mais légitimiste de cœur, se rallie par raison à la République. Comme soldat, il est appelé à accomplir sa carrière hors de la métropole. En 1894, il quitte la France pour le Tonkin, et part   à Madagascar avec Gallieni. Revenu en Algérie, il reçoit ses étoiles de général. En 1912, il devient le premier Résident général au Maroc. Grand stratège, grand administrateur, il s’attire la confiance des élites locales, pacifie, bâtit, créé les premières structures du Maroc moderne. Ayant une connaissance parfaite de la région, du terrain, des mœurs, il va respecter la religion islamique tout comme la personne du sultan, Commandeur des croyants. Le 31 octobre 1912, il est élu à l’Académie française au fauteuil d’Henry Houssaye. Durant la Première Guerre Mondiale, il est ministre de la guerre dans le cabinet Briand pendant quelques mois, puis retourne au Maroc. En 1921, il est fait maréchal de France. L’hostilité du cartel des gauches lui ôte, sous le gouvernement Painlevé, le commandement des troupes engagées contre la rébellion d’Abd-el-Krim pour le confier à Pétain. Il donne sa démission et rentre définitivement en France en 1925 où il organise l’exposition coloniale de 1931. Hubert Lyautey meurt le 27 juillet 1934 dans son château de Thorey (Meurthe-et-Moselle). D’abord ensevelie à Rabat, sa dépouille fut ramenée en France en 1961, à la demande du général de Gaulle, pour être déposée dans la chapelle des Invalides.

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M

Mailfert (avenue Maurice)

Dans le quartier du Plateau de la Mayenne. Commence chemin du Bocage et se termine en limite d’Angers. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 20 septembre 2010.
Maurice Mailfert naît le 7 février 1921 à Romorantin (Loir-et-Cher). Il est le fils du lieutenant-colonel Georges Mailfert, glorieux aviateur de la guerre 14-18, commandeur de la Légion d’Honneur et parrain du détachement Air 273 de Romorantin. Par sa mère, née Parage, Maurice Mailfert appartient à une vieille famille de Champigné (Maine-et-Loire), domiciliée au Plessis. Engagé en 1939 dans l’aviation, il obtient ses ailes de pilote en 1940, après passage à l’école civile de pilotage d’Angers de la Compagnie française d’aviation où il arrive le 15 septembre 1939. Il fera partie de la fameuse Promotion Z avant de poursuivre sa formation à Etampes à partir du 15 mars 1940. Il quitte la France pour l’Angleterre en juin 1940. Alors qu’il vient de rejoindre Le Caire où il est affecté avec le groupe Alsace en octobre 1941, il remporte sa 1ère victoire. En patrouille à bord de son vieux Hurricane rongé par le sable et à bout de souffle, il est assailli par une nuée de Me109. Ses deux camarades sont abattus et lui-même, la rage au ventre et à court de munitions, se jette sur un avion ennemi qu’il coupe en deux. En panne de moteur, il se pose sur le ventre dans le sable à proximité des débris de l’avion de l’un de ses camarades et s’en sort avec un bras cassé. Cela ne l’empêche pas de donner à son camarade une sépulture décente, surmontée d’une croix constituée de morceaux d’avion. Il marchera pendant un certain temps avant d’être recueilli par des soldats anglais. Il est l’un des tout premiers à poser son Spitfire sur le sol de Normandie en juin 1944 et participe à la bataille d’Anvers. Après la guerre, promu capitaine en 1948, il est moniteur à l’école de Cognac, puis, envoyé en Indochine, il rejoint Saïgon en 1954, où il exerce les fonctions de contrôleur d’opérations aériennes tout en effectuant 12 missions de guerre. Sa passion pour les armes à feu et la pyrotechnie est la cause de sa mort le 6 juillet 1954, sur la base de Than Son Nhut. Maurice Mailfert repose depuis le 15 janvier 1955, au côté de son père, dans le caveau familial du cimetière de Champigné (Maine-et-Loire), où une rue porte son nom.

Malraux (rue André)

En centre-ville, commence avenue Mendès France et se termine en impasse.
André Malraux naît le 3 novembre 1901 à Paris. En 1905, ses parents se séparent et il passera son enfance avec sa mère et sa grand-mère à Bondy. Son père se remariera et aura deux fils, Roland et Claude, avec qui André Malraux restera en contact. Dès l’enfance, il est atteint de tics dont il souffrira toute sa vie. A 14 ans, il entre à l’école supérieure de la rue Turbigo (futur lycée Turgot). Il ne sera pas admis au lycée Condorcet en 1918 et abandonne ses études secondaires avec déjà une solide culture littéraire. Il fréquente assidûment les bouquinistes, les cinémas, les concerts et les expositions. Ainsi commence sa passion pour la littérature contemporaine. En 1919, il travaille pour le libraire-éditeur René-Louis Doyon où il rencontre Max Jacob. Un an plus tard il est directeur littéraire chez Simon Kra et côtoie Jean Cocteau, Paul Morand, Raymond Radiguet, Pierre Reverdy, André Salmon, Derain, Léger, Vlaminck… En 1921, il épouse Clara Goldschmidt qui lui donnera une fille Florence en 1933. En 1923, il part en mission archéologique au Cambodge, dans l’idée de rapporter des statues khmères pour les revendre et se refaire une santé financière, suite aux mauvais placements de la fortune de son épouse. L’affaire tourne mal, il est arrêté et passera quelques temps en prison, n’étant libéré que grâce à l’intervention d’associations d’écrivains français dont Louis Aragon, André Breton, François Mauriac, André Gide… En 1924, il revient en France, mais repartira très vite pour Saïgon, s’engager contre la colonisation, créant un journal L’Indochine bientôt interdit par les autorités françaises. Il écrit en 1928 Les Conquérants, en 1930 La Voie Royale, et en 1933 La Condition Humaine, qui lui vaudra le 7 décembre suivant, le prix Goncourt et la célébrité. En 1929, il est directeur artistique aux Editions Gallimard. C’est à cette époque, qu’il s’engage contre le fascisme et le nazisme. En 1936, il commande une escadrille et combat à coté des républicains espagnols. Ce sera, en 1938, L’Espoir dont il fera une adaptation filmée, Espoir, sierra de Teruel, interdit de projection par le gouvernement français. Durant la guerre de 1939-1945, il est fait prisonnier, s’évade et s’installe dans le sud de la France. Il ne s’engage dans la Résistance qu’en 1944, sous le pseudonyme de colonel Berger et participera au combat pour la Libération avec la 1ère Armée française. Il fait une rencontre décisive en 1945, celle du général de Gaulle. De 1946 à 1958, il va publier, Les Voix du silence, Le Musée imaginaire, La Métamorphose des dieux. En 1945, il devient ministre de l’Information, et nomme Raymond Aron comme chef de son cabinet. En 1959, il est nommé ministre d’Etat, chargé des Affaires culturelles, poste qu’il occupera jusqu’au départ du général de Gaulle, le 22 juin 1969. On lui doit la création des Maisons de la Culture. En 1964, lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon, André Malraux prononce l’oraison funèbre. Il fera de même lors des obsèques de l’architecte Le Corbusier et du peintre Braque. Il aura beaucoup voyagé, rencontré les grands de ce monde, Trotski, Hailé Sélassié 1er , Boris Pasternak, Eisenstein, Gorki, Hemingway, Mao Tse Toung, Léopold Senghor, Nixon, Indira Gandhi… André Malraux meurt le 23 novembre 1976 à l’hôpital de Créteil. Il est inhumé dans le cimetière de Verrières-le-Buisson et un hommage national lui est rendu le 27 novembre dans la cour carrée du Louvre. Vingt ans après, ses cendres sont transférées au Panthéon et le Président de la République, Jacques Chirac, prononce l’éloge funèbre, saluant l’écrivain, l’homme politique, l’aventurier, l’amateur d’art.

Manet (allée Edouard)

Dans le quartier de l’Étang. Commence et se termine allée Paul Cézanne. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 2 septembre 1992.
Édouard Manet naît à Paris le 23 janvier 1832, dans une famille de la haute bourgeoisie cultivée et conservatrice. Aîné de trois garçons, il est dès sa naissance destiné au barreau. A douze ans, il est inscrit au collège Rollin où il participe à un cours facultatif de dessin qui va se transformer en véritable passion. Au grand désespoir de ses parents, il décide à seize ans de devenir peintre, et non avocat. Un compromis est trouvé, il sera officier de marine, mais il échoue au concours de l’École navale. Il fait six mois à bord d’un navire marchand qui l’emmène au Brésil. À son retour, il échoue de nouveau au concours d’entrée. Son père désire qu’il s’inscrive à l’école des Beaux-Arts, alors sous le contrôle de l’Institut de France. Manet refuse et entre dans l’atelier de Thomas Couture. Il a 18 ans. Il y reste trois ans avant de partir en Italie pour copier les toiles du Titien et de Fra Angelico. Revenu à l’atelier Couture, Manet affirme déjà : « Il n’y a qu’une chose de vraie, faire du premier coup ce que l’on voit ». À côté de lui, peu d’adversaires du traditionalisme, si l’on excepte Gustave Courbet, l’école de Barbizon, et surtout Camille Corot. Et pourtant des voix s’élèvent, pour reconnaître que la peinture française piétine. Théophile Gautier, Victor Hugo, Charles Baudelaire sont de celles-là. Édouard Manet n’est pas encore mûr et il continue à copier les œuvres de Boucher, Rembrandt, Vélasquez au Louvre, où il rencontre Fantin-Latour dont il gagne l’amitié. Il rend visite à Delacroix qui l’aide, sans succès, à présenter, en 1859, le premier tableau qu’il ait envoyé au Salon, Le buveur d’absinthe, qui est refusé. C’est Le chanteur espagnol,   en 1861, qui est sa première œuvre acceptée au Salon. En 1863, la première exposition consacrée à Manet, à la galerie Martinet lui attire de nombreuses critiques et de violents scandales vont suivre. Et pourtant, ses premières œuvres peuvent être considérées comme celles de la peinture moderne. Il s’agit de La musique aux Tuileries (1862), du Déjeuner sur l’herbe (1863) refusé au Salon, d’Olympia (1863). Grâce à Napoléon III, la même année, le Salon des refusés est créé. Manet en fait partie avec Pissarro, Whistler, Fantin-Latour, Cézanne. Désormais, le monde académique se scinde en deux. De là date la naissance de l’avant-garde. Le succès de ce salon fut énorme, motivé surtout par la curiosité et l’esprit critique. Les critiques sont pénibles à Manet et il se réfugie derrière une façade de politesse et de frivolité. Les jeunes peintres vont trouver le signe du renouvellement qu’ils attendent et Manet, sans trop s’en rendre compte, exercera son ascendant sur eux durant de nombreuses années. Il peint alors des compositions très différentes, sujets espagnols, marines, scènes de plein air, tableaux d’Histoire contemporaine, natures mortes, sujets religieux. En 1866, Le fifre et L’acteur tragique sont refusés par un jury d’une injustice flagrante. Emile Zola   se lance dans la critique d’art et, dans des articles de l’Évènement, prend la défense de Manet, mais doit cesser sa publication sous la pression des abonnés. En 1868, il peint Le déjeuner et Le balcon où figure sa belle-sœur, Berthe Morisot, dont il fera plusieurs fois le portrait. Dès 1872, Manet s’est rapproché de Monet et de Renoir, mais ne s’engagera jamais avec eux. En 1874, lorsque ses amis décident d’exposer ensemble, il se récuse, laissant à Monet la place de chef de file. C’est l’époque où les chefs d’œuvre se suivent, Le chemin de fer (1873), Argenteuil (1874), Nana (1877), Chez le père Lathuile (1879), Un bar aux Folies-Bergère (1881). Sur la fin de sa vie, Manet se lie d’une étroite amitié avec le poète Stéphane Mallarmé, pour lequel il a exécuté diverses illustrations. Après avoir subi une opération, il meurt le 30 avril 1883.

Maraichers (rue des)

Dans le quartier des Pépinières – commence avenue Jean Lurçat et se termine avenue des Pépinières. Elle a reçu ce nom par délibération du 18 février 2011.
Simplement pour rappeler, tout en leur rendant hommage, qu’à l’emplacement de ce lotissement actuellement en construction, se trouvaient notamment des maraîchers, dont les terrains vont recevoir maisons individuelles et immeubles collectifs.

Maridor (rue Jean)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence rue des Roses et se termine rue des Oiseaux.
Jean Maridor naît le 24 novembre 1920 à Graville, près du Havre, dans une famille modeste. Il entre en apprentissage chez un coiffeur tout en prenant des cours de vol à voile dans un aéro-club. A 16 ans, il obtient son brevet B et, deux ans après, son brevet A. Le 30 août 1939, il s’engage pour cinq ans, rejoint la base d’Istres et obtient ses ailes de pilote militaire. Le 16 février 1940, avec Roland de la Poype, à l’école de l’aviation civile d’Angers, il sera l’un des majors de la promotion Z. Il rejoint ensuite l’école de chasse d’Etampes comme caporal-chef pilote. Il entreprend une formation sur avion Dewoitine D.520 et, lors de l’Armistice, décide de rejoindre l’Angleterre où il s’engage dans les Forces Françaises Libres. Il suit un entrainement au sein du centre de formation de la Royal Air Force à Sutton Bridge, est muté au Squadron 615 (Escadrille 615), vole sur un Hurricane II et obtient une première victoire aérienne le 14 octobre 1941, suivie d’une première citation. En février 1942, promu officier, il rejoint le Squadron 91, et vole sur Spitfire. Il est crédité de 4 victoires homologuées, 2 probables, 25 navires coulés, 100 chars détruits, qui lui valent deux autres citations. En 1943, il est affecté au groupe de chasse Alsace. A partir de juin 1944, il se spécialise dans la chasse aux V1 et porte à son palmarès 11 victoires. Le 3 août 1944, le capitaine Jean Maridor aperçoit une bombe volante qui se dirige droit sur l’hôpital de Benenden (banlieue de Londres). N’ayant pu la faire basculer d’un coup d’aile en vol, technique classique très risquée, il se positionne derrière pour la mitrailler à bout portant. Son appareil est désintégré dans l’explosion du V1 et s’écrase à peu de distance de l’hôpital qu’il a sauvé au sacrifice de sa vie. Sa dépouille est inhumée près de Londres et rapatriée en France en 1948 où des funérailles sont organisées au Havre, le 19 décembre.

Martel Geoffroy (boulevard et square)

Dans le quartier du Parc de la Haye : commence avenue Emile Savigner et se termine avenue du Commandant Mesnard.
Geoffroy Martel est né à Loches le 14 octobre 1006. C’est le fils de Foulque III Nerra et d’Hildegarde. A 34 ans, lors du décès de son père en 1040, il devient le cinquième comte d’Anjou. Il a déjà une autorité bien affirmée et largement assise tant en Anjou qu’en Touraine. En effet, alors que son père était parti en pèlerinage à Jérusalem, Geoffroy s’arrogeait la propriété de la totalité du Vendômois, tissait des liens matrimoniaux avec Agnès de Poitiers, contre l’avis de son père, et partait en campagne dans le Poitou. Il parvenait ainsi à ses fins politiques. Lors du retour de son père, il refusa toute restitution et Foulque, révolté, marcha sur les troupes de son fils et les réduisit à merci. L’humiliation de Geoffroy fut complète et il dût satisfaire au rituel pour implorer le pardon. Ils firent la paix et Geoffroy entreprit un pèlerinage à Rome en expiation de sa rébellion, confiant à Agnès la garde de son château de Vendôme, à charge pour elle d’édifier une collégiale dédiée à Saint Georges et de surveiller l’achèvement de l’abbaye de la Trinité à Vendôme. A 29 ans, Geoffroy s’était lancé dans des aventures périlleuses afin de se tailler, sans attendre, un empire à sa dimension. Geoffroy est alors le plus grand feudataire² du royaume et cela permet au comté d’atteindre une dimension remarquable, doublant en importance et triplant en surface. Avec la très belle corbeille de mariage d’Agnès, duchesse d’Aquitaine, il possède en propre la citadelle de Saumur que lui avait confiée son père et dispose ainsi d’un outil politique remarquable et il est pleinement sûr de son assise. La cacophonie régnant à la cour royale, à Senlis et à Orléans, Geoffroy s’avère être l’homme de confiance du roi Henri 1er. Presque au faîte de sa puissance politique, véritable arbitre de la situation du royaume, il choisit cette période dès 1032 à Besançon pour marier sa belle-fille à Henri III, appelé à devenir empereur de Germanie trois ans plus tard. C’est une politique de bascule à l’échelle européenne, mais également une sorte de contre-pouvoir à la royauté capétienne et cela pousse Henri 1er à rechercher l’alliance normande. Il reste à Geoffroy à réaliser le rêve de son père : conquérir Tours. C’est fait en 1044, la ville passe à la maison d’Anjou suite aux victoires remportées par Geoffroy contre le comte de Blois. D’autres campagnes occupent Geoffroy, au Mans, à Saintes, contre le roi et le duc de Normandie qui mettent le siège devant le château de Mouliherne. Geoffroy abandonne sans combattre et nous le retrouvons assiégeant le roi en personne dans le château de Sainte-Maure. Un traité de paix est signé le 15 août 1052 et la réconciliation avec le roi est totale. Une alliance se conclut entre le roi et Geoffroy afin de contrecarrer les ambitions démesurées du duc de Normandie, Guillaume le Conquérant, mais le bonheur des armes ne va pas leur sourire souvent. Pendant tout ce temps, Geoffroy poursuit l’organisation de son comté et de ses annexions. Il fait preuve du maximum d’habileté politique à l’égard de l’Eglise. Il affirme ses droits et met ses fidèles aux postes clés.
On lui doit : le monastère de la Trinité de Vendôme, de nombreuses donations en faveur de Notre Dame de la Charité à Angers (le Ronceray), le monastère de Saintes, le monastère de l’Esvière à Angers, l’abbaye de Saint-Jean-de-Grais, près de Tours. Il eut à gérer l’affaire Bérenger, archidiacre à Angers et hérésiarque3, affaire qui ne trouvera son dénouement qu’après le décès de Geoffroy. Il se maria trois fois, n’eut aucune descendance et régla sa succession au profit de ses deux neveux, fils de sa sœur Ermengarde. Il prit ensuite l’habit religieux à Saint Nicolas d’Angers sous la bure bénédictine et rendit l’âme le 14 novembre 1060. Il avait 54 ans et fut enseveli dans le chœur même de Saint Nicolas et l’on grava sur son tombeau : Autant fut la vigueur que la valeur de ta puissance, Martel, celle des Francs en fut éclipsée, une grande paix exista, l’honneur régna

Maufinée (rue de la grande)

En centre-ville, commence et se termine rue Albert Schweitzer.
Aucun indice sur ce nom de lieu-dit, qui n’apparait pas dans le dictionnaire de Célestin Port qui reste cependant la référence pour le Maine-et-Loire.

Mauriac (avenue et rond-point François)

Dans le quartier de la Ternière, commence rond-point de la Grande Planche et se termine rond-point François Mauriac.
François Mauriac naît le 11 octobre 1885 à Bordeaux dans une famille bourgeoise, catholique et conservatrice. Orphelin de père à vingt mois, il reste toute sa vie attaché à ses racines bordelaises. Il fait ses études secondaires à Bordeaux, ensuite une licence de lettres à l’université. En 1907, il quitte Bordeaux pour tenter à Paris le concours de l’Ecole des Chartes qu’il réussit. Il n’y fait qu’un bref séjour, démissionne en 1909, et se consacre totalement à la littérature. Ses maîtres de jeunesse sont Maurras et Barrès. Son premier recueil de vers, Les Mains jointes, est publié dès 1909. Il est suivi en 1911 par Adieu à l’adolescence, puis deux romans, L’Enfant chargé de chaînes en 1913, La Robe prétexte en 1914. En 1913, il épouse Jeanne Lafon qui lui donnera quatre enfants. En 1914, il est envoyé à Salonique (Grèce), il sert dans la Croix-Rouge car il est réformé. Après la guerre, ce sont les années de gloire. Ses romans vont évoquer le conflit entre la foi et la chair, une satire cruelle du pharisaïsme bourgeois. Entre 1922 et 1933 sont publiés Le Baiser au lépreux, Le Fleuve de feu, Génitrix, Le Désert de l’amour, Thérèse Desqueyroux, Le Nœud de vipères, Le Mystère Frontenac… En 1926, François Mauriac est lauréat du Grand prix du roman de l’Académie française qui, en 1933, l’élit triomphalement au fauteuil n° 22 dès le premier tour. Dans les années suivantes, il s’engage dans le combat politique, dénonce la menace fasciste, condamne le bombardement de Guernica et l’intervention italienne en Ethiopie. Sous l’occupation allemande, il appartient à la Résistance intellectuelle et fait paraitre sous le manteau, des articles critiquant Vichy. A partir de 1952 jusqu’à sa mort, il est chroniqueur politique auprès de La Table ronde, Le Figaro, L’Express, où il publie toutes les semaines son fameux bloc-notes. Il va soutenir Mendès France, puis le général de Gaulle, qui le fera Grand-Croix de la Légion d’Honneur. Polémiste vigoureux, il prend position pour l’indépendance du Maroc, puis de l’Algérie et condamne l’usage de la torture par l’armée française. Dès 1952, il avait obtenu le prix Nobel de littérature, pour l’ensemble de son œuvre. Il s’éteint à Paris le 1er septembre 1970 et est inhumé au cimetière de Vémars (Val d’Oise).

Meignanne (route de La)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence rond-point du Chalet et traverse Avrillé pour rejoindre la commune de la Meignanne.
Route départementale n° 122, entre Angers, Avrillé et La Meignanne, cette voie est très fréquentée, notamment aux heures de pointe. Elle est parallèle à l’autoroute A11 et au ruisseau du Brionneau dans sa partie avrillaise.

Ménard (rue Ludovic)

Dans le quartier de l’Adézière – commence rue Salvador Allende et se termine dans la rue René Daumal. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 21 septembre 1982.
Charles Ménard, dit Ludovic Ménard, naît à Saumur le 19 septembre 1855. Il entre aux ardoisières de Trélazé à l’âge de onze ans comme apprenti fendeur. Intelligent et curieux, il suit des cours du soir. Devenu le fondateur du syndicalisme ardoisier, il se bat pour obtenir l’assimilation du statut d’ardoisier à celui de mineur. C’est la loi du 30 avril 1920 qui donnera aux ardoisiers le statut du mineur pour la sécurité sociale, et celle de 1947, le statut définitif de mineur. En 1884, à l’instigation de Jean Allemane, figure marquante du socialisme révolutionnaire et avec son ami André Bahonneau, il devient l’un des fondateurs de la Fédération des travailleurs socialistes à Trélazé. Après de vaines tentatives de conquête du pouvoir politique par voie légale, Ludovic Ménard se laisse séduire par l’anarchiste Joseph Tortelier, et, au socialisme de Jean Allemane, il ajoutera des principes anarchistes, retenant l’importance de l’éducation et de la coopération, mais refusant toujours la lutte par la violence. Il décède aux Ponts-de-Cé le 30 janvier 1935.

Mendes France (avenue Pierre)

Commence en limite avec Angers et se termine rond-point Ardenne.
Pierre Mendès France naît le 11 janvier 1907 à Paris, issu d’une famille de vieille ascendance judéo-portugaise. Après de très brillantes études, il devient en 1928 le plus jeune avocat de France. Séduit par Edouard Herriot, il adhère au parti radical et, en 1932, est élu député de l’Eure, à 25 ans. Il prône une politique financière fondée sur l’intervention de l’Etat et acceptant, pour assurer le plein emploi, la possibilité d’un déficit. En 1935, il est élu maire de Louviers et, en 1937, conseiller général. En 1938, il participe à la coalition du Front populaire et il est sous-secrétaire d’Etat au Trésor sous le gouvernement Blum. Arrêté en août 1940 par Vichy pour avoir tenté de rejoindre le Maroc, il est emprisonné à Clermont-Ferrand, s’évade et gagne Londres en février 1942 où il sera promu capitaine dans l’escadrille Lorraine. En novembre 1943, il est commissaire aux finances dans le Comité français d’Alger puis, en septembre 1944, ministre de l’Economie nationale dans le gouvernement provisoire du général de Gaulle. Il propose un plan d’austérité, refusé par le Général, et donne sa démission en avril 1945. Ses désaccords avec le gouvernement (guerre d’Indochine) le désignent comme le principal chef de l’opposition. Chargé en mai 1953 de former le nouveau gouvernement, il doit renoncer devant l’hostilité du MRP qui le juge trop peu européen. Ce n’est que le 9 juin 1954, après Diên Biên Phu, qu’il fait chuter le gouvernement Laniel. Le président de la République, René Coty, le nomme président du Conseil. Son mandat est marqué par la fin de la guerre d’Indochine, la reconnaissance du Tonkin au Vietminh, la délimitation des deux Viêt-Nam, le discours de Carthage qui ouvre la voie à l’indépendance de la Tunisie. Hostile au projet d’armée européenne (CED), il manœuvre pour qu’il soit rejeté par l’Assemblée, ce qui amène la reconstitution d’une armée allemande et l’entrée de l’Allemagne à l’OTAN. Il doit faire face au début de l’insurrection algérienne, le 1er novembre 1954. Devant le mécontentement général, le 6 février 1955, il est mis en minorité sur la question sensible de l’Algérie française et démissionne. Il a vainement tenté de rénover le parti radical. En 1959, c’est la rupture et il adhère au parti socialiste autonome ; mais il se tient à l’écart du congrès constitutif d’Issy-les-Moulineaux. Il forme avec les socialistes un front de gauche, qui est loin d’obtenir la majorité, et il perd son siège de député. Il prend position contre les traités de Rome, contre le général de Gaulle et la Vème République, mais il milite pour le mouvement de Mai 1968 et la candidature de Gaston Defferre à la présidence de la République en 1969. A partir de 1972, il est contraint pour raison de santé de restreindre ses activités. Il consacre la fin de sa vie à la recherche de la paix au Moyen-Orient rencontrant, en 1977, Sadate et Begin à Jérusalem. Pierre Mendès France décède à Paris, le 18 octobre 1982. Un hommage national lui est rendu. Il a été une importante figure morale pour la gauche et une référence nationale par la conception exigeante de sa politique.

Mercier (rue Roger)

En centre-ville, commence rue Albert Schweitzer et se termine en impasse.
Roger Mercier était un instituteur avrillais, qui s’est engagé dans la Résistance lors de la guerre 1939-1945.

Mesnard (avenue et rond-point du Commandant)

Dans le quartier du Parc de la Haye : commence place du Maréchal Juin et se termine en limite du parc.
Georges René Mesnard naît à Angers le 4 mai 1853. Il est l’aîné des trois fils de Léon Stanislas Mesnard, riche propriétaire rentier, originaire du Baugeois. Il sera conseiller municipal, puis maire de Fontaine-Guérin (Maine-et-Loire). Au moment de la déclaration de guerre franco-prussienne, Georges a 17 ans. Des zouaves pontificaux, arrivés de Rome après la prise de la ville par les Italiens le 20 septembre 1870, offrent leurs services au gouvernement français de défense nationale. Ils sont admis à former des unités homogènes, sous l’appellation Volontaires de l’Ouest. Trop jeune pour l’armée française, le jeune Mesnard s’engage dans l’une d’elle le 30 octobre 1870 sous le matricule 2292. Ces volontaires avaient conservé l’uniforme des zouaves pontificaux : petite veste et ample pantalon bouffant de couleur gris de fer et large ceinture rouge, mais la coiffure était le képi français de l’époque. Georges René Mesnard prend part, avec la deuxième armée de la Loire, aux combats d’Ardenay, de la ferme Saint Hubert, à l’assaut du plateau d’Auvours. Il est nommé caporal le 21 avril 1871, puis sergent. Le traité de paix ayant été signé le 15 mai 1871 à Francfort, la légion est dissoute et le jeune Mesnard revient dans ses foyers le 15 août 1871. Il a la vocation militaire et veut persévérer. Il s’engage le 18 octobre 1871 comme simple soldat pour deux ans au 1er bataillon de chasseurs à pied en garnison à Saint-Omer, refait ses classes et regagne ses galons de sergent, puis de sergent-major en 1874. En 1877, il est admis à l’école des sous-officiers d’Avord et le 6 octobre 1878, il demande à passer dans la réserve avec le grade de sergent-major dans l’armée territoriale à Angers. En 1880, il épouse Marie Eulalie Fanny de Vallée, dont il aura 11 enfants. Réserviste très zélé, il terminera avec le grade de commandant, sera nommé chevalier puis officier de la Légion d’honneur et recevra la Croix de guerre au titre de 14-18. Propriétaire terrien à Fontaine-Guérin il décide, vers 1907-1908, de vendre et s’établit en location au château de la Plesse à Avrillé, avant d’acquérir, à proximité, le bois de la Haye, vaste terrain boisé. En 1913, il entreprend la construction d’une grande demeure dans ce bois, sur l’emplacement d’un ancien relais de chasse, mais la construction, interrompue par la guerre, ne sera reprise que beaucoup plus tard par un nouveau propriétaire (clinique Saint Didier) et Georges Mesnard ne l’occupera jamais, sa demeure principale étant boulevard du Roi René à Angers. En août 1914, chef de bataillon, il reprend du service avec le 71ème , mais le 19 septembre 1914, il est déclaré inapte suite à une visite médicale. Il est affecté au dépôt d’Angers pour faire de l’instruction militaire. Malgré cela, il est chargé de convoyer jusqu’à Ypres, en Belgique, dans des conditions difficiles, un contingent de 480 hommes afin de renforcer le 135ème régiment d’infanterie. Il rentre ensuite au dépôt d’Angers et, en 1917, est affecté à la poudrerie du Ripault (près de Tours) pour y être commandant d’armes et diriger le service de sécurité. Maintenu bien au-delà de la limite d’âge, le commandant Mesnard est rayé des cadres le 6 janvier 1919. Il a alors 65 ans. Deux de ses fils, Léon et Henri, étaient morts au champ d’honneur en 1916. Il décède subitement, le 3 avril 1923. Ses obsèques sont célébrées à l’église Saint Laud à Angers. Parmi les personnes présentes, on peut remarquer : Monsieur de la Boissière alors maire d’Avrillé, l’abbé Turpault, aumônier du Champ des Martyrs, les représentants des quotidiens l’Ouest et le Petit Courrier. Il est enterré au cimetière de l’Est où l’on peut encore voir sa tombe. En 1929, sa veuve et ses héritiers vendent les terrains du bois de la Haye, pour que soit réalisé un lotissement sur plus de 10 000 m². Le cahier des charges précisait que les propriétaires vendeurs disposeraient du droit de dénommer les rues ouvertes sur le dit terrain. Ce sont donc les héritiers qui ont donné dans les années 1930-1940 le nom du Commandant Mesnard à cette artère principale du parc de la Haye.

Monnet (rue Jean)

Dans le quartier Coteaux de la Mayenne. Commence avenue de l’Europe et se termine en impasse.
Jean Monnet naît le 9 novembre 1888 à Cognac. Il interrompt ses études à 16 ans et entre dans l’entreprise familiale (commerce du cognac). Pour le compte de la société, il s’installe à Londres à l’âge de 18 ans, ce qui lui permet d’acquérir une parfaite maîtrise de l’anglais et une profonde connaissance de la mentalité anglo-saxonne. Fort de cette expérience, en 1914, après la bataille de la Marne, alors qu’il a été réformé, il obtient un entretien avec le président du Conseil, René Viviani, replié à Bordeaux. Il lui décrit le gâchis que représente l’utilisation désordonnée des flottes marchandes française et anglaise et lui explique la nécessité de créer un pool maritime franco-anglais pour optimiser les transports de vivres, munitions et matières premières. Il débute une carrière de haut fonctionnaire comme responsable de la coordination des ressources alliées. En 1919, il travaille à la création de la Société des Nations, effectue de nombreuses missions à l’étranger et est appelé au poste de secrétaire général adjoint de cette nouvelle organisation. En 1923, démissionnaire, il rejoint l’entreprise familiale et travaille en France et aux Etats-Unis. Entre 1924 et 1928, en pleine période de prohibition aux Etats-Unis, il séjourne à Saint-Pierre-et- Miquelon, île française faisant face au Canada, où il représente les intérêts des fabricants d’alcool français. Il dirige ensuite une grande banque américaine à Chicago et sera même, en Chine, conseiller de Tchang Kaï-Chek qui veut faire entrer son pays dans le 20ème siècle. En 1929, il rencontre Silvia de Bondini, qu’il épouse à Moscou en 1934. Revenu en France en 1938, il prône l’intérêt d’une fusion de la France et du Royaume-Uni, afin d’être plus fort face à l’Allemagne. Il coopère momentanément à Londres avec le général de Gaulle, en juin 1940, mais refuse de s’associer à lui pour le lancement de la France libre. En août 1940, il est envoyé aux Etats-Unis par le gouvernement britannique, afin de négocier l’achat de fournitures de guerre. En 1943 à Alger, il devient successivement, membre du commandement civil et militaire du général Giraud, puis membre du Comité français de la libération nationale. En 1944, il est chargé d’évaluer les besoins de la France après la Libération. Il est le père de la planification à la française chargé, après la Libération, du plan pour relancer l’économie. Il devient commissaire au plan de 1945 à 1952. Au printemps 1950, il présente à Robert Schuman son projet de mise en commun du charbon et de l’acier, sur lequel il a travaillé en secret et qui aboutira à la déclaration solennelle du 9 mai 1950. Le traité de Paris, en 1951, entérine la création de la Haute autorité. La Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) est créée à Luxembourg le 10 août 1952, et Jean Monnet en est le premier président. Pour lui, cette Europe des six en devenir est le moyen de lier l’Allemagne et la France et de désamorcer la renaissance d’une rivalité séculaire. En 1954, sous le gouvernement Mendès France, la Communauté européenne de défense (CED) est rejetée par la France. C’est la première grave crise européenne. Jean Monnet démissionne et fonde le Comité d’action pour les États-Unis d’Europe, qu’il animera jusqu’en 1975. « Nous ne coalisons pas les états, nous rassemblons les hommes »,   disait-il. En 1957, il est à l’origine du projet de coopération nucléaire Euratom, et participe étroitement aux négociations de préparation du Traité de Rome, signé le 25 mars, et au projet d’élargissement au Royaume-Uni de la Communauté. En 1963, il crée à Lausanne, l’Institut de recherches historiques européennes, dont il assure la présidence jusqu’en 1965. En 1975, à l’âge de 87 ans, il prend sa retraite dans sa maison d’Houjarray (Yvelines), pour écrire ses mémoires. En 1978, le professeur Henri Rieben crée à Lausanne la fondation « Jean Monnet pour l’Europe », à laquelle Jean Monnet cède ses archives. Il décède le 16 mars 1979 à 90 ans. Le 20 mars, ses obsèques ont lieu à Montfort-L’Amaury, en présence du président Giscard d’Estaing et du chancelier Schmidt. En 1988, le président Mitterrand fait transférer ses cendres à Paris au Panthéon.

Montgolfière (rue des frères)

Dans la zone industrielle de la Croix-Cadeau, secteur des Landes – commence route de l’Etang et se termine rue Copernic.
Joseph et Etienne de Montgolfier naissent à Vidalon-les-Annonay (Ardèche), respectivement le 26 août 1740 et le 6 janvier 1745. Ils sont deux des seize enfants de Pierre de Montgolfier, dont la famille de papetiers est installée en Ardèche depuis quatre siècles. Douzième enfant de la famille, Joseph de Montgolfier exploite les manufactures de papier familiales de Rives et de Voiron, en Dauphiné. Il sera aussi à l’origine de nombreuses inventions dont le bélier hydraulique. Quinzième enfant, Etienne étudie d’abord l’architecture à Paris, sous la direction de Soufflot, constructeur du Panthéon, puis revient à Vidalon en 1773 après le décès de son frère aîné. En collaboration avec Joseph, il développe la manufacture familiale et transforme l’industrie papetière d’alors en introduisant des techniques nouvelles, telle la fabrication du papier vélin en 1777. Leur entreprise prospère reçoit le titre de manufacture royale : cette distinction leur vaut un revenu supplémentaire qui leur permet de consacrer une partie de leur temps à des expériences personnelles. C’est à partir de novembre 1782, à Avignon, que Joseph commence à étudier la question du plus léger que l’air. C’est en jetant un papier dans la cheminée qu’il s’aperçoit que ce dernier est aspiré. Il pense tout d’abord que c’est la fumée qui est responsable de cet effet, mais il va très vite se rendre compte que c’est le fait de la dilatation de l’air sous l’effet de la chaleur. Joseph de Montgolfier se livre à un nouvel essai en brûlant un mélange de paille humide et de laine cardée hachée : avec l’âcre fumée qui s’en dégage, il remplit un globe de papier et le regarde s’envoler. C’est la première montgolfière. Immédiatement il en parle à Etienne et les deux frères conçoivent et lancent un ballon plus gros, puis, fascinés, s’emploient à le perfectionner. Le 14 décembre 1782, dans leur usine d’Annonay, ils gonflent avec de l’air chaud une sphère de trois mètres cubes. Le 4 juin 1783, une démonstration est effectuée à Annonay, devant les membres des états du Vivarais. Le poids du ballon est de 225 kg pour 800 m3. Il s’élève ce jour-là à 1000 mètres et se pose dix minutes après l’envol à 2 km .Cette information arrive rapidement à Paris. L’Académie des Sciences est vivement intéressée, et Louis XVI demande à voir un ballon s’envoler. Une souscription est lancée au profit des frères Montgolfier pour la construction d’un nouveau ballon de 1000 m3 et 450 kg. Etienne s’installe à Paris. Le 19 septembre 1783, c’est à Versailles, devant Louis XVI, qu’a lieu la démonstration avec, comme passagers, un mouton, un canard et un coq dans un panier rond en osier suspendu au ballon. Jean-François Pilâtre de Rozier est présent à l’atterrissage. Les animaux sont bien vivants, après un vol à 500 m d’altitude pendant 8 minutes et sur 3,500 km. L’expérience est un succès. Un autre ballon est mis en construction. Un mois plus tard a lieu le premier vol habité, à la Folie Titon, manufacture royale des papiers peints dans l’actuelle rue de Montreuil, à Paris. Pilâtre de Rozier est le premier voyageur dans un ballon captif. Le 21 novembre 1783, un nouvel essai est programmé. Le lâcher tout est donné du château de la Muette à Paris, à la lisière du bois de Boulogne. Pilâtre de Rozier et le marquis d’Arlandes sont à bord. Le ballon qui pèse environ 850 kg s’élève sans problème. Il file vers Paris et c’est au-dessus des Tuileries qu’il atteint 1000 mètres d’altitude. Il atterrit sur la Butte aux Cailles, aujourd’hui place Verlaine, dans le 13ème arrondissement de Paris. La distance parcourue est de 9 kms en 25 minutes. Cette réussite vaut à Joseph et Etienne d’être nommés membres correspondants de l’Académie des sciences. Leur père, Pierre de Montgolfier, reçoit des titres de noblesse et sa papeterie devient Manufacture Royale, le 15 avril 1784. Les deux frères reçoivent chacun le titre de chevalier. Joseph et Etienne, qui partagent les idées réformatrices de 1789 tout en restant modérés, traversent la Révolution sans être inquiétés. Joseph de Montgolfier n’obtient pas des différents gouvernements les moyens nécessaires à la poursuite de ses travaux. Napoléon Bonaparte lui confère cependant la Légion d’honneur et le nomme administrateur du Conservatoire des Arts et Métiers. Il est reçu à l’Académie des sciences en 1807 (son frère Étienne l’avait été en 1796). Etienne de Montgolfier meurt le 2 août 1799 à Serrières, en Ardèche ; son frère Joseph, le 26 juin 1810 à Balaruc-les-Bains, dans l’Hérault.

Morisot (Allée Berthe)

Dans le quartier de l’Etang – commence avenue Van Gogh et se termine avenue Mary Cassatt. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 2 septembre 1992.
Berthe Morisot naît le 14 janvier 1841 à Bourges, d’un père préfet du département du Cher. Elle est l’arrière-petite-nièce du peintre Jean Honoré Fragonard. Sa famille s’installe à Paris en 1852 et Berthe prend des cours de dessin à l’âge de 16 ans. Elle étudie très tôt la peinture avec sa sœur Edma, notamment en copiant les chefs-d’œuvre du Louvre, où elle fait la connaissance du peintre Fantin-Latour. C’est par son intermédiaire qu’en 1868, elle rencontre Edouard Manet, pour qui elle posera. Dès 1861, Berthe et Edma étudient auprès de Jean-Baptiste Camille Corot dans son atelier de Ville d’Avray. Berthe participe aux salons de 1864 et 1865 où elle présente quelques paysages. Elle délaisse le Salon officiel de 1874 pour rejoindre les Indépendants (futurs Impressionnistes) menés par Monet, Sisley, Renoir et participe avec eux à leur première exposition, le 15 avril 1874, dans les ateliers du photographe Nadar. Quelque deux cents tableaux y sont exposés. La plupart des critiques accueillent favorablement l’œuvre de Berthe Morisot et notamment les tableaux intitulés Le berceau et La chasse aux papillons, aujourd’hui tous les deux au musée d’Orsay. Berthe Morisot peint ici sa sœur et sa nièce dans leur intimité. Cette œuvre, empreinte d’une douce poésie, témoigne de nouvelles recherches picturales. Ce sera le seul tableau impressionniste à être salué par la critique dès 1874. La touche délicate de l’artiste et sa liberté de ton traduisent une sensibilité discrète, qui s’affirmera dans de nombreux portraits et scènes intimistes. Elle épouse les avant-gardes de son temps, avec ce mélange de fraîcheur et de spontanéité qui caractérise son œuvre. Cette même année 1874, elle épouse Eugène Manet, frère d’Edouard, dont elle aura une fille, Julie, en avril 1879. En 1892, Berthe a sa première exposition personnelle, quelques mois après la disparition de son mari. La tutelle de leur fille Julie sera confiée à leur ami et poète Stéphane Mallarmé, ainsi qu’à Pierre Auguste Renoir pour son éducation de peintre. Avec Camille Pissarro, elle est la seule artiste dont les tableaux ont été présentés à toutes les expositions impressionnistes. Comme sa contemporaine, Mary Cassatt, elle a souvent peint femmes, enfants et scènes familiales. Elle s’éteint le 2 mars 1895 à Paris et repose dans le caveau des Manet au cimetière de Passy. La plupart de ses œuvres sont léguées à ses amis artistes : Degas, Monet, Renoir.

Mouchet (allée Jacques)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence allée des Châtaigniers et se termine en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération en décembre 1979.
Le seul élément que nous ayons concernant Jacques Mouchet est sur son acte de décès, rédigé par le curé d’Avrillé. Ce document nous apprend qu’il fut un bienfaiteur de la paroisse d’Avrillé au 17ème siècle : « Le vendredi 12 de mars 1649 a été inhumé en l’église du lieu par vénérable Bourrault, l’un des curés de Saint Denis de la ville d’Angers, par la prière que moi curé du lieu d’Avrillé (que) je lui ai faite, le corps de défunt Jacques Mouchet, lequel en son vivant, a fait décorer la croix d’argent et fait enrichir les reliques comme il se voit aux pieds de la croix, dont l’âme dudit Mouchet puisse reposer devant Dieu. Amen. »

Moulin (rue Jean)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence avenue Raymond Poincaré et se termine rue des Roses. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 21 septembre 1966.
Jean Moulin naît à Béziers (Hérault) le 20 juin 1899, de Blanche et Antoine Moulin. Son père, professeur d’histoire et géographie, s’est engagé très tôt dans la vie politique. Membre du parti radical-socialiste et de la ligue des Droits de l’homme, intéressé par le monde des arts, il va influencer son fils par ses idées et Jean, dès 1936 soutient la République espagnole. Tous les Français connaissent le nom et le visage de Jean Moulin, grâce à la célèbre photo en noir et blanc, celle à l’écharpe et au chapeau mou. Bachelier en 1917 au lycée Henri IV de Béziers, il s’inscrit à la faculté de  droit de Montpellier. En même temps, il  travaille au cabinet du préfet de l’Hérault, grâce aux appuis de son père. Mobilisé le 17 avril 1918, il est affecté au 2ème régiment du génie (dans les Vosges) mais l’Armistice intervient. Il est démobilisé en novembre 1919 et reprend ses activités à la préfecture. Chef adjoint de cabinet fin 1920, il obtient sa licence en droit en 1921. Il devient vice-président de l’Union générale des étudiants de Montpellier et membre des jeunesses laïques et républicaines. Non conformiste, il pratique de nombreuses activités culturelles et sportives. Depuis son plus jeune âge, il aime dessiner et peindre sous le pseudonyme de Romanin. C’est sous ce nom qu’il ouvrira à Nice, quelques années plus tard,  une galerie d’art qui lui servira de couverture. Préfet du département de l’Eure, il fait face avec courage aux problèmes de l’exode. Il est arrêté en juin 1940 par les Allemands, car il refuse d’accuser une troupe de tirailleurs sénégalais d’avoir commis des atrocités contre des civils. En réalité, ils ont été victimes de bombardements allemands. Maltraité et enfermé, il tente de  se suicider en se tranchant la gorge et évite la mort de peu. En raison de ses idées républicaines de gauche, il est révoqué par Vichy, le 2 novembre 1940 et placé en disponibilité. Il se met alors à la rédaction de son journal Premier Combat. Il s’installe dans la maison familiale de Saint-Andiol (Bouches-du-Rhône) et s’impose deux buts : se rendre compte de l’ampleur de la résistance française et ensuite aller à Londres, afin d’engager des pourparlers avec la France libre. En septembre 1941, sous le nom de Joseph Jean Mercier, il gagne Londres en passant par l’Espagne et le Portugal. Il rencontre le général de Gaulle qui le charge d’effectuer en zone sud la coordination des mouvements de résistance en formation. Dans la nuit du 2 janvier 1942, il est parachuté dans les Alpilles, à proximité d’Avignon et installe son QG à Lyon. Il utilisera deux pseudonymes, Rex et Max, avec deux couvertures : agriculteur à Saint-Andiol et galeriste d’art à Nice. Le 27 novembre 1942, est créé dans la difficulté, le Comité de coordination, dans le but de réunir les mouvements principaux de la résistance : Combat, Libération sud, Franc-Tireur… Jean Moulin prend contact avec leurs chefs, Henri Frenay, Emmanuel d’Astier, Jean-Pierre Lévy et regroupe les effectifs paramilitaires dans l’Armée secrète. Le général Delestraint en devient le chef. En février 1943, il retourne à Londres avec le général Delestraint, afin de rendre compte de sa mission. Il revient en France le 21 mars 1943 sous le pseudonyme de Max. il est chargé de créer le Conseil national de la Résistance (CNR), tâche assez complexe pour des raisons politiques. Il parvient, non sans mal, à se faire admettre en tant que chef du CNR. Celui-ci représente alors l’unité des forces militaires secrètes françaises, reconstituées aux yeux des alliés et la légitimité de la France et du général de Gaulle, comme seul chef de cette armée et chef politique de la France. La première réunion du CNR a lieu à Paris, 48 rue du Four, le 27 mai 1943. Sans doute victime d’une trahison, il est arrêté par la Gestapo à Caluire, près de Lyon, le 21 juin 1943. Emprisonné sur place au fort Montluc, transféré à Neuilly, puis au siège de la Gestapo, rue Lauriston à Paris, il est atrocement torturé sans jamais livrer un seul secret. Il meurt le 8 juillet 1943, vraisemblablement dans le train qui le conduisait en Allemagne. Compagnon de la Libération, il a reçu de nombreuses décorations : Légion d’Honneur, Médaille militaire, Croix de guerre 39-45, Croix de la Libération… Jean Moulin est ainsi devenu le symbole et le visage même de la Résistance. Les cendres transférées au Panthéon le 19 décembre 1964, par un jour glacial, en présence du général de Gaulle, sont les « cendres présumées de Jean Moulin ». André Malraux, alors ministre de la Culture, prononce un discours resté gravé dans les mémoires de ceux qui l’entendirent : …Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège…

Moulin Casse (rue du)

Dans le quartier de l’Adézière – commence avenue Martin Luther King et se termine Mail de l’Adézière. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 21 septembre 1982.
Cette rue porte vraisemblablement le nom d’un ancien moulin, aujourd’hui disparu. Sur le cadastre napoléonien, de 1809, figure un lieudit appelé Le Moulin cassé, situé entre le château de la Plesse et la ferme de La Bonnardière. La représentation du bâti, sur le cadastre, montre ce qui pourrait être une tour accolée à une construction longitudinale, la maison du meunier ? On peut ainsi supposer qu’en 1809, existaient encore des vestiges d’un moulin qui n’était plus en état de fonctionnement puisqu’on l’appelle « cassé ». Sa situation, sur le côteau dominant le Brionneau, à l’arrière de l’actuelle ferme de La Boissière, ou sur le tracé de la route reliant aujourd’hui Montreuil-Juigné à Bouchemaine, permet d’avancer qu’il s’agissait d’un moulin à vent.

Mozart (allée)

Dans le quartier de l’Adézière – commence avenue Salvador Allende et se termine rue Jean Bodin. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 21 septembre 1982.
Johannes, Chrysostomus, Wolfgangus, Theophilus Mozart naît à Salzbourg, principauté du Saint Empire romain germanique, le 27 janvier 1756, fils d’un compositeur et grand pédagogue allemand, Léopold Mozart et de son épouse Anna-Maria Pertl. Il est le septième enfant du couple. Le premier enfant était né en 1751, baptisée Maria-Anna, puis surnommée plus tard, Nannerl. Elle révèle également très tôt ses prodiges au clavecin et fait déjà la fierté de son père. Nannerl et Wolfgang, seront les seuls enfants vivants du couple Mozart. Wolfgang révèle des dons prodigieux pour la musique dès l’âge de trois ans. Ses facultés déconcertent son entourage et incitent son père à lui apprendre le clavecin, dès sa cinquième année. Il apprend par la suite le violon, l’orgue et la composition. Il savait déchiffrer une partition et jouer en mesure avant même de savoir lire, écrire ou compter. A six ans, il compose déjà ses premières œuvres et son père obtient un congé de trois semaines de son maître l’archevêque Schrattenbach afin de « montrer ce miracle au monde ». Les tournées dureront neuf ans. Entre 1762 et 1766, il part à travers l’Europe avec son père et sa sœur.   Il rencontre d’autres musiciens, découvre le pianoforte. Il assiste à un événement capital dans l’histoire de l’opéra : la première de   l’Orphée de Gluck à Vienne. Sa rencontre avec Jean-Chrétien Bach à Londres est déterminante. Il apprend à bâtir des symphonies, découvre l’opéra. Les Mozart sont reçus à Paris et à Versailles au Grand couvert du Roi. Wolfgang dîne aux côtés de la Reine et de la Pompadour.   La protection du baron Grimm leur ouvre les salons parisiens. A onze ans, il écrit son premier opéra et se rend régulièrement à Vienne. En 1769, il est nommé maître de concert par le prince archevêque et son père lui fait découvrir l’Italie, où il se fera appeler Amadeus (traduction latinisée et humaniste de Gottlieb). Il va étudier l’opéra, forme musicale dans laquelle il excelle. Ce sera au fil des années : Les Noces de Figaro, Don Giovani, Cosi fan tutte, La Flûte enchantée… A Milan, la Scala monte deux de ses œuvres. Les Mozart reviendront comblés d’honneur, mais sans engagement. Le 11 avril 1770, ils arrivent à Rome, où les cardinaux de la curie ont entendu parler du petit Mozart. Wolfgang entend à la chapelle Sixtine le célèbre Miserere d’Allegri, qui dure quinze minutes, dont il était interdit de communiquer une partition sous peine d’excommunication. Mozart le transcrit tout simplement de mémoire. Le Pape Clément XIV le fait chevalier de l’Eperon d’Or. Le 9 octobre 1870, à seize ans, il est élu membre de la célèbre Academia filharmonica de Bologne après avoir passé le concours. L’épreuve comporte une page d’un antiphonaire grégorien qu’il doit transcrire pour quatre voix en quatre heures. Entre 1773 et 1781, Mozart est au service du nouveau prince archevêque Colloredo à Salzbourg, pour qui il compose la célèbre Messe du Couronnement, mais dont il a du mal à accepter les contraintes et leurs relations se détériorent. En 1776, il part avec sa mère, tout d’abord à Munich, puis Augsbourg, Mannheim, où il rencontre de nombreux musiciens. Il tombe amoureux de la cantatrice Aloysia Weber, mais elle aime un autre homme. Très déçu, couvert de dettes, il part pour Paris en 1778, où il espère trouver de l’aide, mais sans succès. Sa mère tombe malade et décède le 3 juillet 1778. Il rentre à Salzbourg et reprend son ancien poste. Ce retour met fin à la période la plus sombre de la vie du compositeur. Mozart fait vivre sa musique : messes classiques, sonates, concertos … mais il cherche de nouveaux moyens musicaux. En novembre 1780, ayant reçu une commande du Prince Electeur, il part pour Munich. Ce sera un opéra Idoménée, roi de Crète, accueilli triomphalement par le public. Il s’installe alors à Vienne, c’est le début de l’indépendance. L’empereur Joseph II lui commande un opéra, L’Enlèvement au sérail, pour lequel il reçoit les félicitations de Glück. Il vit dans la pension de madame Weber et rencontre Constanze, la troisième fille de sa logeuse et la sœur d’Aloysia. Il l’épouse le 3 août 1782 dans la cathédrale Saint Etienne. Ils auront six enfants dont deux seulement survivront. A Vienne, il découvre deux compositeurs tombés dans l’oubli : Bach et Haendel. En 1787, il perd son père et ce décès le bouleverse. Durant les dernières années de sa vie, ce sont les difficultés, la maladie et une fin prématurée. Il compose beaucoup : sonates, concertos, symphonies, opéras, … Le 30 septembre 1791, c’est La Flûte enchantée et un nouveau triomphe à Vienne. Il entreprend, sur commande, un Requiem qu’il ne termine pas, car il meurt le 5 décembre 1791, à l’âge de 35 ans. Il est enterré dans la banlieue de Vienne au cimetière Saint Marx dans une fosse communautaire.

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N

Nationale (route)

Hors la ville – route nationale 162 – commence rond-point Ardenne et se termine après le rond-point de la Croix-Cadeau en limite de la commune d’Avrillé.
Au fil des siècles, cette route a été romaine, royale, impériale, nationale avant d’être déclassée en tant que grande voie routière. Aujourd’hui, elle n’a conservé son nom de route nationale que dans sa traversée rurale, car il a été donné le nom de Mendès-France à la partie urbaine de cette voie. Elle a été, pendant presque un millénaire, l’artère principale d’Avrillé puisqu’elle reliait, sous les Romains, Juliomagus (Angers) à Condate (Rennes), au travers des bois du Roy et de la Perrière et, dès le moyen âge, traversait les faubourgs Gauvin et Saint-Lazare au sortir d’Angers.

Neruda (avenue Pablo)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence route de la Perrière et se termine chemin de la Salette. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 27 octobre 1981.
Neftalí Ricardo Reyes Basoalto, dit Pablo Neruda en hommage à l’écrivain tchèque Jan Neruda, naît le 12 juillet 1904 à Parral (350 kms au sud de Santiago du Chili), d’une famille modeste. Son enfance et son adolescence se déroulent au milieu d’une nature vierge qui marquera sa poésie. Après des études secondaires à Temuco, il commence à publier ses premiers poèmes dès 1918. En 1920, il s’installe à Santiago afin de devenir professeur de langue et littérature françaises. Il obtient le premier prix au Concours de la fédération des étudiants du Chili pour son poème La chanson de la fête. Nommé professeur, il publie en 1923, un premier recueil de poésies Crépusculaire suivi, en 1924, d’un livre majeur, Vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée. Il continue d’enseigner et d’écrire et, en 1927, il intègre les services diplomatiques du Chili. Il est envoyé en Extrême-Orient comme consul, successivement à Rangoon, Colombo, Batavia, (où il épouse une hollandaise Marie-Antoinette Agenaar Vogelzanz) et Singapour. En 1932, il revient au Chili, puis est nommé l’année suivante consul à Buenos-Aires où il rencontre Federico Garcia Lorca qui aura une influence déterminante sur sa vie et son œuvre. En 1934, il est nommé consul en Espagne, à Barcelone, puis à Madrid où naît sa fille Malva Marina. Les revues madrilènes publient ses œuvres et il cofonde et dirige lui-même la revue Caballo verde para la Poesia. La guerre civile espagnole éclate en juillet 1936. Pablo Neruda s’engage auprès du camp républicain contre Franco. Après l’assassinat de Federico Garcia Lorca fusillé en août 1936, il écrit un livre intitulé L’Espagne au cœur dédié à l’Espagne martyre (qui sera préfacé par Louis Aragon lors de sa sortie en France). Il est relevé de ses fonctions diplomatiques, ce qui ne l’empêche pas de continuer à défendre le peuple espagnol. Il rentre au Chili à l’automne après s’être séparé de son épouse. En 1939, il est nommé consul à Paris, puis à Mexico, au Guatemala, au Pérou et à Cuba. En 1942, il est profondément affecté par le décès de sa fille en Europe. En 1943, il exalte la résistance communiste russe dans Nouveau chant d’amour à Stalingrad publié à Mexico. Il revient au Chili après avoir visité les Amériques. Il adhère au parti communiste dont il défendra les idéaux toute sa vie. Très populaire auprès des Chiliens, il est élu sénateur et reçoit le Prix national de littérature. L’année suivante, il dirige la campagne électorale de Gabriel Gonzales Videla qui, après son élection comme président de la République, se révèle être un dictateur anticommuniste. Le poète réagit par un discours au Sénat portant le titre du célèbre pamphlet d’Émile Zola J’accuse. Bientôt censuré au Chili, il échappe de peu à la prison en 1948. Débute alors, une longue période faite de clandestinité, de rencontres amoureuses, d’errance dans de nombreux pays. En 1950, il publie son Chant Général, vaste poème épique traduit et publié dans le monde entier. La même année, il reçoit (conjointement avec Pablo Picasso) le Prix international de la paix. Il rencontre également la femme de sa vie, Mathilde Urrutia, qui lui inspire les poèmes de La Centaine d’Amour. En 1952, il retourne vivre au Chili, continue à écrire et achève la construction de sa maison d’Isla Negra où il s’installe avec Mathilde. Il fonde la revue La Gaceta de Chile, devient président de l’Union des écrivains chiliens et continue à voyager. En 1969, il soutient la candidature de Salvador Allende avant d’être nommé ambassadeur du Chili à Paris en1970. En octobre 1971, il obtient le prix Nobel de littérature. Il revient à Santiago où le peuple chilien lui réserve un accueil triomphal. Il s’éteint le 23 septembre 1973 à Santiago quelques jours seulement après le putsch du général Augusto Pinochet. Depuis 1992, Pablo Neruda, devenu poète national du Chili, repose dans le cimetière d’Isla Negra. Sa demeure transformée en musée reçoit chaque année quelque 150 000 visiteurs.

Nessler (rue Éric)

Dans le quartier du Plateau de la Mayenne. Commence boulevard Adrienne Bolland et se termine rue Thérèse Peltier. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 20 septembre 2010.
Éric Nessler, l’un des pionniers et grand champion français de vol à voile, naît le 20 mai 1898 à Lunéville. Il fait voler les premiers planeurs de sa conception dès 1916, au camp du Ruchard. Lors de la Première Guerre Mondiale, il est mobilisé dans les dragons, puis comme aviateur, breveté pilote en 1917. Il vole sur chasseur Spad et est blessé au-dessus de Verdun. Après la guerre, il revient à sa passion et participe aux premiers concours de vol à voile organisés en France. Il est en particulier à Combegrasse (Puy-de-Dôme) en 1922, et à Vauville (Manche) en 1924 et 1925, toujours sur des planeurs de sa conception avec lesquels il obtient de brillants résultats. Il est le premier moniteur diplômé de vol à voile et forme ensuite les futurs aviateurs instructeurs. Dès 1932, il prend part à l’élaboration et aux essais de planeurs français de compétition dans le bureau d’études AVIA où il assume les fonctions de chef pilote et de conseiller technique. Au cours du mois de juin 1933, il effectue, à partir de l’aérodrome d’Avrillé, un vol d’une heure et vingt minutes. En 1938, il devient le premier titulaire de l’insigne d’or de vol à voile, à la suite d’une performance de plus de cinq heures, à 3000 m sur 300 km, ce qui est exceptionnel pour l’époque. À l’aube de la Seconde Guerre Mondiale, il est moniteur de pilotage. Sous l’occupation, en zone libre, il pratique toujours et, le 2 mai 1942, il bat le record de France de durée en 22h28. Le 20 juin 1942, il ravit aux Allemands le record du monde de durée : 38h21 à bord d’un Spalinger S18 au centre de la Montagne noire (Haute-Garonne). Ce centre était, depuis avril 1941, centre national, inauguré par l’équipage Nessler-Borotra. Rappelons que René Hersen, moniteur de vol à voile en 1945 à Avrillé, où il a connu Nessler, sera chef de ce centre et y entraînera l’équipe de France après sa nomination en 1973. En 1947, Eric Nessler s’impose à nouveau, cette fois aux USA, à Wichita, avec un vol de 500 kms sur un planeur français de type Arsenal Air100. Il est l’auteur d’une remarquable Histoire du vol à voile de 1506 à nos jours parue en 1947. Titulaire de nombreux records de durée et de distance en planeur, il pilotera jusqu’en 1970. Il s’éteint à Malesherbes (Loiret) en 1976.

Nouette (rue de la)

Dans le quartier de la Ternière – commence avenue du général de Gaulle et se termine rue de la Ternière.
Célestin Port, précise, dans son dictionnaire, l’existence d’une ferme Les Noues à Avrillé, ancien domaine de l’Université d’Angers. Peut-être l’emplacement d’un ancien marécage ou tout au moins la présence d’une zone humide.

Nouvel de la Flèche (rue amiral)

En centre-ville, commence avenue Mendès France et se termine en impasse.
Le contre-amiral Joseph-Louis Henri Marie Nouvel de la Flèche, est né le 18 octobre 1887 à Vitré (Ille-et-Vilaine). Officier de marine à la brillante carrière militaire, il fut de décoré nombreuses fois, entre autres, de la Croix de chevalier de la Légion d’Honneur et de la Croix de guerre 1939-1945. Il est décédé à Avrillé le 12 octobre 1969. Il a été président d’honneur des Anciens marins du Maine-et-Loire et président des   Anciens combattants d’Avrillé.

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O

Oiseaux (rue des)

Dans le quartier du Bois du Roy. Commence chemin du Champ des Martyrs et se termine rue Henri Dunant. Cette voie est attestée depuis 1955.
C’est l’une des artères principales de ce quartier, sommairement aménagé entre les deux guerres, grâce au courage et à la volonté de travailleurs aux modestes revenus qui ont dû défricher et ensuite enrichir cette terre, certes acquise bon marché, mais où tout est à faire. Ce n’est que le 22 mars 1925, que le conseil municipal délibère pour la première fois sur un projet élaboré de lotissement au Bois du Roy. Une urbanisation mieux contrôlée se met en place. Electricité, assainissement, eau courante n’arriveront que bien plus tard. Cette voie date certainement de cette première tentative de créer un nouveau quartier à Avrillé. En flânant dans cette rue, ou à travers les rues voisines, il est possible de retrouver quelques vestiges de ce passé : une petite maison bien modeste de plain-pied, une cabane en bois, une cour arborée envahie par les herbes, quelques pots de terre d’où jaillissent des fleurs, une glycine qui depuis longtemps a marqué son territoire, un véritable instant champêtre à seulement quelques mètres de la rue.

Onze novembre 1918 (avenue du)

Dans le quartier de la Ternière, commence rond point de la Ternière et se termine rond point François Mauriac. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 6 octobre 1969.
Le 11 novembre 1918, à 5h05 du matin, dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne, les plénipotentiaires allemands acceptaient les conditions d’armistice du maréchal Foch et des Alliés. Le 11 novembre à 11h, le cessez-le-feu sonnait sur tout le front, mettant un terme à quatre années d’une guerre effroyable : la Première Guerre Mondiale. Elle laisse derrière elle des millions de morts et des millions de mutilés. Les survivants veulent croire, que cette guerre qui s’achève, restera la dernière de l’histoire, la « der des der ». Pour la première fois depuis quatre ans, Français et Allemands peuvent se regarder sans s’entretuer. Utilisé pour la signature de l’armistice, le wagon-restaurant n° 2419 D avait été aménagé en bureau pour le maréchal Foch par la société des Wagons-lits. Hautement symbolique, il sera utilisé par Hitler pour l’armistice de 1940. En 1920, apparaît l’idée de rendre hommage aux soldats morts pour la France, mais non identifiés. Suite à une loi votée à l’unanimité par le Parlement, la dépouille mortelle d’un soldat, choisie parmi plusieurs autres dans la citadelle de Verdun, est placée le 11 novembre 1920 dans une chapelle ardente à l’Arc de triomphe. Le 28 janvier 1921, le soldat est inhumé sous l’Arc de triomphe dans la tombe du Soldat inconnu. Ce n’est que trois ans plus tard, le 11 novembre 1923, qu’est allumée par André Maginot, ministre de la Guerre, la flamme qui ne s’éteint jamais, donnant au tombeau du Soldat inconnu une forte portée symbolique et politique.

 

P

Pagnol (rue Marcel)

Dans le quartier de l’Adézière – commence rue Louis Jouvet et se termine rue Gérard Philipe. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 21 septembre 1982.
Dramaturge, historien, cinéaste, essayiste, romancier et poète, Marcel Pagnol est l’un des auteurs les plus célèbres du 20ème siècle. Marcel Pagnol naît le 28 février 1895 à Aubagne, de Joseph Pagnol, instituteur public, et Joséphine Lansot, couturière. Aîné de trois autres enfants, il écrira plus tard dans La gloire de mon père : « Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers ». Son enfance se déroule d’abord à Saint-Loup (banlieue de Marseille), puis à Marseille, aux Chartreux et plus tard, rue Terrusse. Dès 1904, une partie de l’été se passe à la Bastide neuve située à la sortie du village de la Treille, à côté d’Aubagne. Cette bastide constitue ce paradis de l’enfance heureuse où se déroulent les plus beaux épisodes de ses fameux Souvenirs d’enfance. En 1905, il entre au lycée Thiers où il poursuit de brillantes études de lettres. C’est là qu’il commence à écrire des poèmes qui paraîtront à partir de 1910, dans la revue Massilia. En 1910, il perd sa mère, emportée par une congestion pulmonaire, un an seulement après la naissance de René, le dernier enfant du couple Pagnol. En 1913, il obtient son baccalauréat en philosophie avec mention assez bien et commence ses études de lettres, à l’université d’Aix-en-Provence. En 1914, il fonde avec quelques copains de khâgne, la revue Fortunio dans laquelle il publie des   poèmes, Pirouettes, et son premier roman, Le Mariage de Peluque. En 1914, il est mobilisé au 163ème régiment d’infanterie de Nice. Il est réformé en janvier 1915 et devient répétiteur aux collèges de Digne, Tarascon, Pamiers, Aix, avant d’être promu professeur au lycée Saint Charles à Marseille en 1920. Il traduit Les Bucoliques, de Virgile, et Hamlet, écrit deux drames en vers : Catulle et Ulysse chez les Phéaciens. En 1916, il épouse Simone Collin, et la même année, obtient sa licence de lettres et littératures vivantes en anglais. En 1922, ce sont ses débuts dans la vie parisienne et ses premières tentatives d’auteur dramatique. Il est nommé professeur adjoint au lycée Condorcet, où il enseigne l’anglais jusqu’en 1927. Il décide alors de « prendre congé de l’Education nationale pour cause de littérature ». Après quelques pièces de théâtre boudées par le public, c’est, en 1928 au Théâtre des Variétés, Topaze, et un véritable triomphe, bientôt dépassé, en 1929, par celui de Marius avec Raimu dans le rôle de César. C’est le triomphe pour l’auteur et son acteur. Ayant assisté à Londres à la projection d’un des premiers films parlants, Marcel Pagnol décide de se consacrer au cinéma. Entre 1930 et 1936, c’est la fameuse trilogie : Marius, Fanny, César. Après avoir fait appel aux studios Paramount Pictures pour ses premiers films, il fonde à Marseille sa propre société de production et ses studios de cinéma tournent avec les grands acteurs du moment : Raimu, Fernandel, Pierre Fresnay,   Louis Jouvet, etc. Admirateur et ami de Jean Giono, il tourne Angèle (1934) d’après le roman Un de Baumugnes, puis Cigalon (1935) et Regain (1937). Ensuite, ce sera La Femme du boulanger (1938) et La Fille du puisatier (1940). Il vit désormais avec Orane Demazis, qui incarnait Fanny, et ils auront un fils en 1933. C’est l’année où il fonde la revue Les Cahiers du film avant de diriger sa propre maison d’édition en 1937. Pendant la seconde guerre mondiale, Pagnol interrompt ses tournages et vend ses studios à la Gaumont, tout en restant directeur de production. Il s’est réfugié en zone libre et vit avec l’actrice Josette Day. En 1944, il est élu président de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques et, l’année suivante, épouse l’actrice Jacqueline Bouvier, rencontrée en 1938, qui tourne dans cinq de ses films et lui donne deux enfants. Elu à l’Académie française en 1946, il tourne encore quelques films : La Belle meunière (1948), Manon des sources (1952) et Les Lettres de mon moulin (1954), d’après Alphonse Daudet. Il préside le 8ème festival du film de Cannes en 1955, et fait également jouer au festival d’Angers sa traduction d’Hamlet, de William Shakespeare, avec Jacqueline Pagnol et Serge Reggiani. La même année, il fait donner à Paris une tragédie, Juda, puis une comédie, Fabien, mais l’accueil du public, très froid, met un terme à son activité d’auteur dramatique. Les vingt dernières années de sa vie seront consacrées à la plume: La Gloire de mon père (1957) et Le Château de ma mère (1958) qui sont de grands succès, suivis de près par Le Temps des secrets et bien d’autres. Marcel Pagnol, ce conteur savoureux, remarquable peintre de caractère, nous a enchantés et chacun se souvient de la fameuse partie de cartes, avec César, Panisse, Escartefigue, Monsieur Brun… Il s’éteint à Paris, le 18 avril 1974. Il est enterré dans le hameau de la Treille, près d’Aubagne, au pied de ses collines qu’il n’a jamais réellement quittées.

Pare-feu (allée)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence boulevard Dumnacus et se termine avenue Emile Savigner. Elle a reçu ce nom par délibération municipale en décembre 1979.
Cette allée, située dans un secteur boisé, porte bien son nom puisqu’elle est supposée protéger contre les incendies les nombreuses habitations construites dans ce parc arboré.

Passe-Roses (allée des)

En centre-ville – commence chemin de la petite Garde et se termine rue Aurélien Cavigneaux. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 18 décembre 2003.
Pourquoi Passe-Roses ? Aucun indice ne nous permet de répondre à cette question sinon que nos édiles ont été envoûtés par un environnement de ces jolies fleurs si parfumées. Il est vrai que le nom du foyer voisin est prémonitoire.

Pasteur (rue Louis)

En centre-ville, commence rue Henri Dunant et se termine en impasse.
Louis Pasteur, grand scientifique français, chimiste et physicien de formation, pionnier de la microbiologie, académicien, naît le 27 décembre 1822 à Dôle (Jura), d’un père qui fut sergent dans l’armée napoléonienne et tanneur de métier. La famille Pasteur vit d’abord à Marnoz, puis à Arbois (Jura), où Louis suivra des cours d’enseignement mutuel, montrant des talents de peintre. En 1838, il part à Paris pour parfaire études et concours, mais il les finira à Arbois et à Besançon. Plus tard, il obtient son baccalauréat en lettres, puis en sciences mathématiques et intègre à Paris l’École normale, où il est reçu quatrième au concours d’entrée, et étudie la chimie, la physique et la cristallographie. Il soutient, à la faculté des sciences de Paris, deux thèses pour son doctorat en sciences physiques. Il devient agrégé-préparateur de chimie et professeur à Dijon, puis à Strasbourg. En 1853, il épouse Marie Laurent, fille du recteur de l’université de Strasbourg. Il est promu chevalier de la Légion d’Honneur et, en 1854, devient professeur et doyen de la faculté de Lille. A cette occasion, il est l’un des premiers en France, à établir des relations fructueuses entre l’enseignement supérieur et l’industrie chimique, notamment avec les brasseurs lillois. En 1857, il est nommé administrateur, chargé de la direction des études scientifiques à l’École normale supérieure et réfute la théorie de la génération spontanée, face à Félix Pouchet. En 1862, il est élu à l’Académie des sciences. À l’École normale, taxé d’autoritarisme, il se heurte à de nombreuses contestations et son poste est finalement supprimé. Il peut alors s’investir entièrement dans ses recherches. À partir de juin 1865, Pasteur passe quatre ans à Alès (Gard), pour y étudier la maladie qui décime les vers à soie. Ses observations lui permettent d’identifier les papillons malades et, ainsi, de détruire leurs œufs avant que tout l’élevage ne soit infesté. La défaite de 1870 et la chute de Napoléon III sont pour lui des coups terribles, alors que sa santé est chancelante. En 1874, ses recherches continuent, notamment sur la fermentation, ce qui lui vaut la médaille Copley, décernée par la Royal Society de Londres. En 1876, il se présente aux élections sénatoriales, mais c’est un échec. Il gagne alors Clermont-Ferrand où il étudie les maladies de la bière. L’équipe de Pasteur règle des problèmes de contamination en mettant au point le filtre Chamberland, l’autoclave et le flambage des vases. Pendant six ans, Robert Koch et Louis Pasteur étudient les maladies et leurs microbes. Les découvertes du staphylocoque et du streptocoque par Pasteur suivront. En 1881, c’est la mise au point du vaccin contre le charbon des moutons. En 1882, il est reçu à l’Académie française, devient grand officier de la Légion d’honneur, reçoit le Mérite agricole. La découverte du vaccin antirabique en 1885 et les injections sur l’enfant Joseph Meister, couronnées de succès, valent à Louis Pasteur une consécration mondiale et de nombreuses distinctions. Ses multiples découvertes bactériologiques ont conduit à l’asepsie et à l’antisepsie. En 1888, c’est la création de l’Institut Pasteur, outil de recherche, de formation et de soins. L’établissement s’exporte rapidement en Australie et au Vietnam. Louis Pasteur s’éteint le 28 septembre 1895 et repose dans une crypte de l’Institut qui porte son nom.

Peltier (rue Thérèse)

Dans le quartier du Plateau de la Mayenne. Commence chemin du Bocage et se termine rue Yvonne Jourjon. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 20 septembre 2010.
Thérèse Peltier naît en 1873. Sculpteur de profession, elle s’intéresse à l’aviation grâce à l’amitié d’un autre sculpteur, Léon Delagrange, qui approche le milieu de l’aviation, alors balbutiante, devient un passionné et l’entraîne dans son aventure. En 1906, Delagrange construit un avion et réussit un premier vol à 4m de hauteur sur 80 m. Le 2 novembre 1907, il effectue un vol sur Voisin et l’année suivante, il bat les records de distance (3925 m) et de temps (6 minutes 30) sur Voisin également. Thérèse Peltier devient ainsi l’une des premières femmes, passagère dans un avion lors d’un vol le 8 juillet 1908 avec Léon Delagrange comme pilote. L’avion a volé 656 pieds. Plus tard, elle apprend à se battre et réalise un certain nombre de vols en solo sur un Voisin, mais elle n’a jamais obtenu son brevet de pilote. En 1908 également, elle est passagère avec Delagrange lors d’une tentative de record de durée de vol de 30 minutes et 28 secondes. Elle l’accompagne en Italie pour une série de vols exhibitions, notamment à Rome et à Turin. Là, elle effectue un vol en solo sur 200 m à 2,50 m de hauteur environ et elle rend compte de ses vols pour les journaux français. Delagrange crée sa propre compagnie d’aviation, bat de nombreux records de distance et de durée, passe son brevet de pilote   avec le n°3 (Le n°1 est Louis Blériot, le n°2 Glenn Curtis). Thérèse Peltier commence sa formation, mais le 4 janvier 1910, Léon Delagrange se tue à Bordeaux dans un accident d’avion. Elle quitte l’aviation à jamais et s’éteint en 1926.

Pends Loup (avenue de)

Dans le quartier de la Ternière – commence avenue François Mauriac et se termine en impasse.
Il ya bien longtemps que les loups ont disparu de nos forêts et de nos hameaux. Jadis, une coutume voulait que l’on pendit l’animal tué à une perche ou à une grosse branche. C’était parfois Loup Pendu ou, comme ici à Avrillé, Pends Loup.

Pépinière (avenue des)

Dans le quartier des Pépinières – commence avenue du Champ des Martyrs et se termine rond-point Jean Lurçat.
Cette voie tire son nom d’anciennes pépinières encore en activité à la fin du 20ème siècle à cet endroit.

Peron (allée François)

Dans le quartier Ardenne. Commence et se termine allée Aimé Bonpland. Elle a reçu ce nom par délibération municipale le 17 novembre 2005.
François Péron, naturaliste et explorateur français naît le 1er août 1775 à Cérilly (Puy-de-Dôme). Il s’engage dans les armées de la République en 1792 et est blessé à Kaiserslautern. Prisonnier à Magdebourg, il se met à étudier l’histoire naturelle. Il est réformé en 1794 en raison de la perte d’un œil. Il commence des études de médecine à Paris grâce au soutien financier du notaire de Cérilly, Pierre Petitjean de Ménarchet. Il y rencontre de prestigieux professeurs, Lacepède, Geoffroy Saint-Hilaire, Lamarck, Cuvier et Jussieu. Celui-ci lui obtient une place de zoologiste dans une expédition vers les terres australes, menée par le capitaine Nicolas Baudin, jusqu’en Nouvelle-Hollande (Australie), à bord des vaisseaux : Le Géographe et le Naturaliste. Durant ce voyage, il devient l’ami de Jean-Baptiste Bory qui le présente comme étant doté d’un cœur incomparable dans son Voyage dans les quatre principales iles des mers australes. Avec Charles Alexandre Lesueur, également membre de l’expédition, il constitue une immense collection de plus de 100 000 spécimens dont 2000 espèces nouvelles. Le 14 octobre 1805, il est élu membre correspondant de l’Académie des sciences qui porte alors le nom d’Institut national des sciences et des arts. La même année, il entreprend le récit de l’expédition. Un premier volume est publié en 1807, Voyage de découvertes aux terres australes, avec une préface de Cuvier. Péron meurt de la tuberculose trois ans plus tard le 1er décembre 1810 à Cérilly, sans avoir pu achever l’ouvrage qui sera continué par le navigateur Louis de Freycinet (1779–1842).

Perrière (route de la)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence dans le prolongement de la rue de la Gare et se termine à la route départementale n° 107 (route de Cantenay-Épinard).
Cette voie a pris le nom du lieu-dit La Perrière et mérite qu’on s’y arrête afin d’admirer château et parcours de golf. Elle dessert également plusieurs lieux-dits sur Avrillé chers à la mémoire de la cité.

Peupleraie (allée de la)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence rue François Villon et se termine en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 3 mai 1990.
Nom caractéristique d’un terrain planté de peupliers qui devait exister à proximité. Les peupleraies sont nombreuses en notre Anjou, car ce bois est recherché en menuiserie et en papeterie.

Philipe (rue Gérard)

Dans le quartier de l’Adézière – commence avenue Salvador Allende et se termine route de l’Adézière. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 21 septembre 1982.
Gérard Philipe naît à Cannes, dans une famille aisée, le 4 décembre 1922, de Marcel Philipe, avocat, et de Marie Villette. C’est le deuxième enfant du couple. Il suit sa scolarité au lycée de l’institut Stanislas où il obtient son baccalauréat. Son père le destine à une carrière de juriste, mais, rencontrant de nombreux artistes réfugiés sur la Côte d’Azur depuis 1939, il décide de devenir comédien. En 1941, il passe une audition avec le réalisateur Marc Allégret qui l’envoie prendre des cours d’art dramatique à Cannes. Claude Dauphin, en 1942, le fait jouer au théâtre dans Une grande fille toute simple d’André Roussin, mais la même année, la zone libre est occupée par l’armée allemande. En 1943, la famille s’installe à Paris et Gérard s’inscrit au Conservatoire national supérieur d’art dramatique où il obtient le second prix de comédie. La même année, il obtient son premier succès et la célébrité dans le rôle de l’ange dans Sodome et Gomorrhe, de Jean Giraudoux, et rencontre Nicole Navaux, une ethnologue, qu’il épousera en 1951 à la mairie de Neuilly-sur-Seine, en toute intimité et qu’il rebaptisera Anne, prénom, selon lui, plus poétique. Ils auront deux enfants : Anne-Marie et Olivier. En 1945, son succès au théâtre et en tournée explose avec Caligula, d’Albert Camus. Dorénavant, Gérard Philipe volera de succès en succès et deviendra une célébrité du monde du spectacle français. En 1947, c’est Le Diable au corps et La Chartreuse de Parme En 1949, c’est La Beauté du diable En 1950, c’est Juliette ou la Clé des songes et La Ronde En 1951, il est avec le TNP (Théâtre National Populaire) de Jean Vilar au festival d’Avignon ; c’est Le Prince de Hombourg, Le Cid, Richard II, Lorenzaccio, Ruy Blas… En 1952, c’est Les Belles de nuit et surtout Fanfan la Tulipe, personnage avec lequel il devient une idole pour la jeunesse. En 1957, Pot Bouille et, en 1959, Les Liaisons dangereuses. Il aura tourné avec les plus grands réalisateurs du moment : Claude Autant-Lara, Christian Jaques, René Clair, Marcel Carné, Max Ophuls, Julien Duvivier, Roger Vadim, Luis Buñuel. Acteur engagé, il signe la pétition de l’appel de Stockholm en 1950 contre l’armement nucléaire et devient le président du Syndicat français des artistes-interprètes. Entre 1952 et 1959, il a enregistré de nombreux disques dont le contenu est très éclectique. Parmi ceux-ci : Le Petit Prince, Pierre et le Loup, des tragédies classiques…. Le 25 novembre 1959, en pleine gloire et à l’apogée de sa popularité, alors qu’il vient de terminer le tournage du film La fièvre monte à El Paso, au Mexique, il est emporté par un cancer du foie à l’âge de 36 ans. Il est enterré dans le costume du Cid, au petit cimetière de Ramatuelle, près de Saint-Tropez.

Piardières (impasse des)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence avenue de l’Europe et se termine en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 3 mai 1990.
Dans le passé, ce nom désignait le meunier ou un groupe de moulins. Il pouvait aussi s’agir d’une roue que l’on faisait tourner. Une note sur le scolasticat de Notre-Dame du château de la Garde nous précise que le moulin de la Garde et les quelques maisons qui l’entourent sont appelées « village des Piardières ». Ce lieu-dit, qui est aussi le nom d’un ancien clos de vignes, est noté par Célestin Port en tant que ferme du Domaine de Saint-Nicolas d’Angers.

Pièce du moulin (avenue de la)

Dans le quartier de la Ternière – commence rue de la Ternière et se termine avenue du 11 novembre 1918.
Sans doute en rapport avec la présence d’un moulin dont aucune trace ne subsiste. Le Maine-et-Loire est, avec le Nord, le département français qui a compté le plus grand nombre de moulins. Un inventaire effectué en 1865 a recensé 296 moulins à vent dans le district d’Angers, 188 dans celui de Cholet, 170 dans celui de Saumur, 56 dans celui de Segré et 44 dans celui de Baugé. Il n’est donc pas étonnant qu’il soit question de moulin à cet endroit.

Pissarro Camille (allée)

Dans le quartier de l’Etang – commence   avenue Vincent Van Gogh et se termine   allée Edgar Degas. Elle a reçu ce nom par décision municipale du 2 septembre 1992.
Camille Pissarro naît le 10 juillet 1830 à Saint-Thomas (Antilles danoises), dans une famille bourgeoise. Il arrive très jeune à Paris et fait des études secondaires à Passy, où il est en pension. Doué pour le dessin, il décide de se consacrer à la peinture à partir de 1855 après une rencontre avec le peintre danois A. Melbye. Il fait rapidement la connaissance de Corot, puis de Monet, et se consacre dans un premier temps à des travaux d’études en parcourant les rues des villes ou la campagne. C’est en 1863 qu’il expose pour la première fois au Salon des refusés, et se lie d’amitié peu après avec Cézanne. Il s’inscrit comme copiste au Louvre, rencontre Julie Vellay, qu’il épousera en 1871, travaille à Louveciennes avec Claude Monet et Alfred Sisley, et rencontre Guillaumin et Paul Cézanne. En 1864, il expose au Salon, de même que Manet, Renoir et Berthe Morisot. Cette année-là, Cézanne sera refusé. Son fils Lucien naît en 1863 et est suivi de quatre autres enfants. A cette époque, il vend très peu et doit avoir recours au Mont de piété. En 1866, il s’installe à Pontoise, qu’il prend pour sujet presque exclusif. Ce sera sa période créatrice la plus intense. En 1869, il s’installe à Louveciennes, mais la guerre de 1870 le voit partir à Londres. A son retour, il a la surprise de voir sa maison saccagée par les Prussiens et la plupart de ses toiles, détruites ou disparues. En 1872, il revient à Pontoise où il rencontre Paul Gauguin. Il vivote de la vente de rares tableaux. Heureusement, il vit entouré d’amis qui stimulent son activité créatrice et l’aident à réaliser ses meilleurs chefs-d’œuvre. Guillaumin, Cézanne, Sisley, Monet sont de ceux-là. Ils préparent ainsi l’avènement d’une nouvelle esthétique, l’Impressionnisme, qui éclatera au grand jour en 1874. Son autoportrait de 1873 sera le seul de l’artiste (voir photo ci-dessus). Cette image de Pissarro justifie les innombrables surnoms affectueux que lui donnent ses intimes : Moïse, Père éternel, ou encore l’Apôtre, en allusion à son caractère aimable et à son rôle de diffuseur de l’esthétique impressionniste. N’est-il pas l’ancien, parmi ses amis, tous plus jeunes que lui ? En 1873, il consacre plusieurs tableaux à une distillerie construite en1860 à Pontoise. Il place sa toile sous le signe de la modernité et élève le quotidien au rang d’œuvre d’art. Début 1874, certaines de ses œuvres atteignent des enchères élevées. Malgré cela, refusant tout opportunisme, il n’hésitera pas à se ranger dans le camp de ses amis refusant une gloire immédiate et participera au premier salon impressionniste. En 1877 a lieu la troisième exposition avec ses amis ; Pissarro envoie vingt-deux toiles. L’accueil du public n’est guère plus favorable que lors des précédents salons et l’artiste mène donc, à Pontoise, une existence très simple, faute d’argent et surtout d’un revenu régulier. Ses dettes sont tellement importantes qu’il n’hésite pas à troquer ses tableaux contre des… plats cuisinés ! Malgré tout, il travaille énormément et emprunte la plupart des motifs de ses tableaux à Pontoise et ses environs. Comme son art ne nourrit pas sa famille, il décide de faire des pastels, des gravures, et même de peindre des éventails, ce qui lui vaut un certain succès d’estime. Les années 1880 seront ainsi moins difficiles pour lui. En 1882, il envoie trente toiles à l’exposition, il a délaissé pour un temps le paysage et représente des figures, notamment cette Jeune fille à la baguette qui se trouve maintenant au Musée d’Orsay. En 1883, il obtient sa première exposition personnelle chez le marchand d’art Paul Durand-Ruel, puis s’installe à Eragny-sur-Epte, près de Gisors. Il subit l’influence de Georges Seurat, part s’établir à Paris et s’intéresse de très près à tout ce qui touche la vie urbaine, car   il souffre d’une affection chronique de l’œil qui l’empêche de peindre en plein air. Il va même s’installer quelques semaines à Rouen en 1896, pour peindre le port, les quais, les ponts ou de simples rues, sans oublier la cathédrale. Il fera de même à Paris en peignant le spectacle des rues, qu’il trouve tellement lumineuses et vivantes. Autour de 1900, le nom de Pissarro est enfin reconnu dans les milieux artistiques et le peintre vit dans une certaine aisance. C’est à Paris que le vieux patriarche à la longue barbe s’éteint le 13 novembre 1903. Cézanne lui rend un très bel hommage posthume en se présentant comme élève de Pissarro lors d’une exposition à Aix-en-Provence. Il ajoutera : « Pissarro était humble et colossal, quelque chose comme Dieu le père ».

Poe (allée Edgar)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence allée Emile Zola et se termine chemin de la Grande Garde.
Edgar Allan Poe naît le 19 janvier 1809 à Boston, Massachusetts (États-Unis). Il perd ses parents très tôt et est recueilli par un riche négociant, John Allan, de Richmond, Virginie. Après des études en Angleterre, puis dans un collège prestigieux de Virginie, il se querelle avec son père adoptif qui lui reproche sa vie dissolue. Il s’enfuit, s’engage dans l’armée et publie à ses frais en 1827, son premier recueil de vers, Tamerlan et autres poèmes. En 1829, il trouve refuge chez une tante sans fortune, mère d’une petite fille, Virginia, qu’il épouse en 1836 alors qu’elle a 14 ans. Il publie un second recueil de poèmes, Al Aaraaf. Renonçant à la carrière militaire il commence à composer et à publier des contes à partir de 1831. Le Manuscrit trouvé dans une bouteille (1833) obtient un prix et le fait connaître dans la société littéraire de Baltimore. En 1835, il collabore activement à une revue de Richmond en rédigeant critiques, contes, éditoriaux, poèmes. En 1837, il s’installe à New-York avec sa famille dans l’espoir d’y réussir une carrière littéraire. Réduit à la pauvreté, il continue à écrire et à publier des contes, notamment Les Aventures d’Arthur Gordon Pym, Ligeia, La Chute de la maison Usher, William Wilson et le Scarabée d’or. Ces ouvrages lui apportent une certaine considération auprès d’un public choisi. En 1845, son poème le plus célèbre, Le Corbeau, lui vaut enfin le succès. Son épouse Virginia meurt en 1847. Très affecté par cette disparition et épuisé par un rythme de travail inhumain, il se met à boire. Malgré un amour impossible pour Annie Richmond, épouse d’un industriel, il poursuit pendant les dernières années de sa vie une existence instable et pauvre. Il compose durant cette période une série de poèmes et d’essais, parmi lesquels un poème resté célèbre Ulalume (1847) et l’essai intitulé Eurêka (1848). Il donne aussi quelques conférences sur la poésie. Il meurt le 7 octobre 1849 à l’hôpital de Baltimore, à l’âge de 40 ans.
Edgar Poe est un auteur prolifique qui laisse deux romans, de nombreux contes et poèmes, des essais, des critiques littéraires et une abondante correspondance. Une partie importante de ses contes et poèmes ont été traduits en français par Charles Baudelaire et Stéphane Mallarmé. Poète, romancier, nouvelliste, critique littéraire, dramaturge, éditeur, Edgar Poe est l’une des figures principales du romantisme américain. Il est considéré comme l’inventeur du roman policier qui déjà préfigure la science-fiction et le fantastique. Son influence a été, et demeure, importante dans le monde non seulement sur la littérature mais également sur le cinéma et la musique. Baudelaire disait de sa poésie qu’elle était « quelque chose de profond et de miroitant comme le rêve, de mystérieux et de parfait comme le cristal ».

Poincaré (avenue Raymond)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence rond-point du général de Gaulle et se termine rue des Champs.
Raymond Poincaré naît le 20 août 1860 à Bar-le-Duc (Meuse), fils d’un ingénieur des Ponts-et-Chaussées. Il assiste à l’âge de dix ans à l’entrée des Prussiens dans sa ville natale. Après des études à Nancy, puis à la faculté de droit de Paris, il entre comme stagiaire au barreau de Paris en 1879. Il ouvre son propre cabinet d’avocat en 1895, et acquiert rapidement une clientèle prestigieuse (Jules Verne notamment). Il entre en politique en 1887. Elu conseiller général, puis député de la Meuse, il est successivement, rapporteur de la Commission des finances, trois fois ministre de l’Instruction publique, puis ministre des Finances. Partisan de la laïcité, il reste éloigné de l’anticléricalisme radical, en prônant une école neutre. Il devient l’un des leaders des modérés, restant prudent envers les gauches. Il est élu sénateur de la Meuse en 1903, à l’Académie française en 1909, président du Conseil général de la Meuse en 1910. En janvier 1912, il est nommé président du Conseil et forme un gouvernement modéré avec Aristide Briand aux Affaires étrangères. Il se tient toujours en retrait des querelles telles que l’affaire Dreyfus, ou celles en rapport avec le député Combes, soucieux de ménager son image de consensus. Le 17 janvier 1913, il est élu Président de la République, succédant à Armand Fallières, et il le restera jusqu’en 1920. Durant la guerre 14-18, il incarne l’unité de la nation, en appelant dès août 1914, à l’Union sacrée de tous les Français et se rend très souvent sur le front. En 1917, il nomme son vieil ennemi, Georges Clémenceau, président du Conseil. Après la guerre, il sera perçu comme un recours, un homme providentiel. En 1920, Raymond Poincaré doit recevoir à l’Académie française, le maréchal Foch. Bien qu’étant alors Président de la République et partant, protecteur de l’Académie, il se comporte ce jour-là, situation unique, comme un simple académicien et revêt l’habit vert pour accueillir le héros de la Marne qui, lui, porte son uniforme militaire. La même année, son mandat à peine achevé, il se fait élire de nouveau sénateur de la Meuse et redevient président du Conseil en 1922, en remplacement d’Aristide Briand, démissionnaire. Il fera occuper la Ruhr, mais sa politique de rigueur budgétaire le rend impopulaire et il démissionne en 1924, après la victoire du cartel des gauches. En 1926, devant l’ampleur de la crise financière, Il est rappelé au gouvernement. Le franc Germinal est alors remplacé par le franc Poincaré (valeur cinq fois moindre). Malade et fatigué, il démissionne et se retire de la vie politique en 1929. Il décède à Paris le 15 octobre 1934 et est inhumé à Nubécourt (Meuse).

Poivre (avenue Pierre)

Dans le quartier Ardenne. Commence allée de Bougainville et se termine chemin des Assis. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 17 novembre 2005.
Pierre Poivre naît le 23 août 1719 à Lyon dans une famille bourgeoise de commerçants, fait des études au collège Saint-Joseph de cette même ville. Élève brillant, il est envoyé à Paris au séminaire des Missions étrangères. Il se destine à l’évangélisation de l’Extrême-Orient et s’embarque en 1741 pour la Chine, mais son goût de l’aventure éteint vite sa vocation religieuse. Canton, Macao, Batavia, il voyage, se documente, observe les mœurs des hommes, s’intéresse à tout ce qui touche au commerce et à l’agriculture. Il apprend un peu de chinois, connaît la prison, et en sort pour se faire l’ami du vice-roi à Canton. Sur la route du retour vers la France en 1745, un navire anglais capture le bateau sur lequel il a embarqué, un boulet lui emporte le bras droit, il échappe de peu à la mort. Il ne pourra plus être prêtre missionnaire. Débarqué comme prisonnier à Batavia, il comprend que la richesse de la Compagnie des Indes néerlandaises tient au monopole de la culture de la girofle et de la noix de muscade que les Hollandais défendent jalousement. Le grand projet est né, il faut donner à la France ces épices qui se vendent à prix d’or. Libéré, il gagne Pondichéry en 1746, fait la connaissance de Mahé de Labourdonnais et regagne avec lui l’Isle-de-France (île Maurice). Il trouve que les Mascareignes seraient un terrain idéal pour y développer la culture des épices. Il rentre en France pour exposer ses vues à la Compagnie des Indes. Les choses traînent en longueur à son goût, mais il repart avec un projet de commerce avec la Cochinchine et la mission secrète de voler les épices aux Hollandais. Après bien des péripéties, il rentre triomphant à l’Isle-de-France le 2 décembre 1753 avec cinq muscadiers et quelques girofliers qu’il essaie d’acclimater au jardin de Mont-Plaisir, à Maurice, les laissant aux soins de Jean Baptiste Fusée-Aublet, botaniste officiel. De retour à Lyon en 1756, il est célèbre et devient membre de plusieurs académies (Académie des sciences, Belles lettres et arts de Lyon). En 1766, le ministre de la Marine, le duc de Pralin, le propose comme Intendant des îles de France et de Bourbon (île de la Réunion) que le roi vient de racheter à la Compagnie des Indes en déconfiture. Sur le point de se marier, Poivre hésite, mais finalement accepte ; le voyage lui servira de voyage de noces… Il prend ses fonctions le 14 juillet 1767 à Port Louis (île Maurice) comme commissaire ordonnateur et intendant général. Il cumule ainsi les pouvoirs administratif, judiciaire et financier. En six ans, il fait des Mascareignes une colonie enviée et organisée. De caractère difficile, il ne s’entend pas toujours avec ses collaborateurs ou ses supérieurs, mais il est à l’origine du véritable développement de ces îles. Il y introduit l’imprimerie, acclimate les épices, girofle, muscade, poivre, cannelle, quatre-épices, et des dizaines d’espèces végétales dans ce qui sera le plus grand et l’un des plus beaux jardins botaniques du monde, le Jardin de Pamplemousses, son ancienne propriété de Mont-Plaisir. Il a favorisé la culture des arbres fruitiers qu’il a introduits ou réintroduits : fruit à pain, litchi, manguier, badamier, mangoustan, cacaoyer, longanier. Pierre Poivre est à l’origine du développement et du peuplement des Seychelles. Il est l’auteur des premières lois de protection de la nature et, pour cela, il est reconnu de nos jours comme un des fondateurs de l’écologie. Il a assaini le climat moral des Mascareignes et s’est soucié de l’amélioration du sort des esclaves, persuadé de l’ignominie morale et de l’inutilité économique de l’esclavage. De retour à Lyon en 1772 avec sa femme et ses deux filles, nées à l’Isle-de-France, il passe les dernières années de sa vie dans sa propriété, le château de la Fréta, à Saint-Romain-au-Mont-d’Or, près de Lyon, où il meurt le 6 janvier 1786. Le 8 janvier, il est inhumé à Lyon, dans la basilique Saint-Martin d’Ainay.

Pompidou Georges (avenue)

En lisière du Parc de la Haye et du Bois du Roy – commence rond-point du général de Gaulle et se termine avenue Jean Lurçat. Elle a reçu ce nom par délibération du 6 mai 1974.
Georges Pompidou naît le 5 juillet 1911 à Montboudif dans le Cantal, fils d’enseignants et petit-fils d’agriculteurs. Elève brillant, il étudie à Albi où son père est nommé. Il obtient le premier prix de version grecque au concours général en 1927. Après son baccalauréat, il fait ses classes préparatoires à Toulouse et à Paris aux côtés de Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire. Reçu à l’Ecole normale supérieure en 1931, il obtient son agrégation de lettres et commence une carrière de professeur à Marseille puis à Paris. Le 29 octobre 1935, il épouse Claude Cahour. N’ayant pas d’enfant, ils adoptent un fils, Alain, qui deviendra médecin-universitaire. Il effectue son service militaire à Saint-Maixent et est mobilisé en 1940 au 143ème régiment d’infanterie alpine. Il est démobilisé après la bataille de France. Après la guerre, il est chargé de mission à l’Education nationale, devient maître des requêtes au Conseil d’Etat. Au départ du général de Gaulle en janvier 1946, conseiller encore très proche, il s’occupe de la fondation Anne de Gaulle. La même année, il est directeur du Commissariat au tourisme. Il entre à la banque Rothschild où il reste jusqu’en 1958, au retour du général de Gaulle. Il devient alors son directeur de cabinet.   En mars 1959, il entre au Conseil Constitutionnel et prépare les accords d’Evian. Le 14 avril 1962, il est nommé Premier ministre pour succéder à Michel Debré. Il va exercer durant les Trente glorieuses, période de forte croissance économique. Après le succès du référendum sur l’élection au suffrage universel du Président de la République, il se positionne progressivement comme le dauphin du général, défend les institutions de la Vème République face à ses opposants, dont François Mitterrand. La politique de son gouvernement est marquée par le développement de l’aménagement du territoire, la construction d’un nouvel aéroport à Roissy, la création des préfets de région, l’essor du réseau autoroutier, le lancement du premier satellite français, le retour à la stabilité financière et monétaire, le lancement du premier sous-marin nucléaire français, la sortie de la France du commandement intégré de l’OTAN, la création de l’ANPE, la réforme de la Sécurité sociale. En 1967, il se présente aux élections législatives et est élu dans le Cantal alors que le scrutin marque un recul de la majorité. Il y aura ensuite la gestion de la crise de mai 1968, les accords de Grenelle et la démission de son poste de Premier ministre le 10 juillet 1968. Après la démission du général de Gaulle en 1969, une nouvelle élection est organisée et Georges Pompidou est élu Président de la République le 15 juin 1969. Il nomme Jacques Chaban-Delmas, Premier ministre. Il continue la politique gaullienne d’indépendance tout en désirant rompre l’isolement diplomatique de la France. Il entend moderniser l’économie du pays : Airbus, TGV, automobile, agriculture intensive, agro-industrie… Dans les derniers mois de sa vie, malade, il se consacre surtout à la politique étrangère et délègue de plus en plus au Secrétaire général du Gouvernement, Edouard Balladur. Il décède le 2 avril 1974, dans son appartement de l’île Saint-Louis à Paris, sans avoir achevé son mandat. Son nom, ainsi que celui de son épouse, resteront attachés au rayonnement de la culture, avec notamment la réalisation du Centre National d’Art et de Culture qui porte le nom de Georges Pompidou.

Poste (rue de la)

En centre-ville, commence et se termine rue Henri Dunant. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 4 juin 1964.
En 1906, il est question d’un établissement de facteur-receveur sur la commune ; un bureau est aménagé en bordure de la route nationale. En 1913, la commune achète une maison, toujours rue nationale, au-delà du carrefour Ternière et installe un bureau. La compagnie de chemins de fer ne consentira qu’à laisser « jeter » le courrier au passage du train, refusant que celui-ci s’arrête. Enfin, en 1964, l’administration des Postes dote la commune d’un bureau digne de l’urbanisation rapide qui commence. Le nom de la rue est ainsi aisé à décider, même s’il laisse penser à un manque d’imagination.

Pre-lude (chemin rural du)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence chemin de la Salette et se termine en limite de commune.
Serait-ce un manque d’imagination de nos édiles ou doit-on attacher à ce nom un trait d’humour ? Nous ne le savons pas, mais ce chemin mène en fait à trois lieux-dits : le Pré et le Lude, certes, mais aussi la Lavandière.

Prévert Jacques (allée)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence avenue du Commandant Mesnard et se termine en impasse.
Jacques Prévert naît le 4 février 1900, à Neuilly-sur-Seine, où il passe son enfance. Il quitte l’école après son certificat d’études et fait des petits travaux. Mobilisé en 1918, il fait son service militaire à Saint-Nicolas-de-Port. En 1925, il participe au mouvement surréaliste, mais supporte mal les exigences d’André Breton et la rupture est consommée en 1930. En 1932, il écrit pour le groupe Octobre et participe aux Olympiades du théâtre à Moscou. Il est le scénariste et le dialoguiste de grands films français des années 1935-1945 notamment : Drôle de drame, Quai des brumes, Le jour se lève, Les visiteurs du soir, Les enfants du paradis et Les portes de la nuit de Marcel Carné, Le crime de Monsieur Lange de Jean Renoir, Remorques et Lumière d’été de Jean Grémillon. Il adapte des contes de Hans Christian Andersen. Il a déposé dans la bouche d’Arletty, de Jean Gabin, de Michèle Morgan et de Jean-Louis Barrault des répliques éternelles. En Joseph Kosma, il trouve le compositeur idéal pour ses poèmes. Qui ne connait pas Les feuilles mortes interprétées pour la première fois en 1946 par Yves Montand ? Sa fille Michèle naît en 1946 et l’année suivante il épouse Janine Tricotet. Ils vivent à Paris dans le quartier Montmartre, au fond d’une petite impasse, sur le même palier que Boris Vian. Prévert a écrit un certain nombre de poèmes en hommage à des œuvres musicales qu’il appréciait et notamment sur Carmina Burana car il a entretenu des liens amicaux avec le compositeur Carl Off. Son recueil Paroles, novateur et atypique a obtenu un énorme succès. Son anticléricalisme, parfois violent, est souvent occulté par le public, au profit de ses thèmes sur l’enfance et la nature. Il était seulement hostile à toutes les formes d’oppression sociale et pas forcément poète libertaire. Il a écrit Le Cancre, et il réunit aujourd’hui la gageure d’avoir des milliers et des milliers d’enfants qui connaissent par cœur sa Page d’écriture et son Inventaire. C’est l’un des poètes du 20ème siècle les plus lus, lui qui avait coutume de dire : « J’écris pour faire plaisir à quelques-uns et pour en emmerder beaucoup ». Le poète nous a quittés le 11 avril 1977 à Omonville-la-petite (Manche) des suites d’un cancer du poumon. Il est enterré dans le petit cimetière à côté de sa femme et de sa fille.

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Raffoux (allée et chemin des)

Dans le quartier des Raffoux. Commence avenue de la Violette et se termine en impasse (pour l’allée). Le chemin commence au niveau de la voie SNCF et se termine au chemin rural d’Angers à Cantenay-Épinard en limite communale.
Ancien fief seigneurial occupé par Guillaume des Raffoux et Gauthier des Raffoux, son fils, au début du 12ème siècle. Au 16ème siècle, il devient la propriété de François de Gondi, seigneur d’Avrillé de 1520 à 1540, descendant d’une famille de banquiers florentins. François de Gondi épouse Renée de la Cynière et devient le protecteur de Clément Janequin, qui sera le parrain de ses enfants baptisés dans l’église d’Avrillé. Ses descendants s’unirent aux Brissac et aux Retz. En 1616, un angevin, Claude Saguyer, acquiert la propriété et y réside. Le manoir est détruit à la Révolution et les terres sont morcelées. Dans son dictionnaire, Célestin Port désigne ce fief sous les noms de : les Rafoux, les Raffours ou les Baffoux, selon les anciens registres de l’état-civil. Aujourd’hui, c’est un lotissement dans un cadre très agréable, en bordure du parc Terra Botanica.

Raffray (avenue Edmond)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence avenue du maréchal Lyautey et se termine avenue du président Kennedy.
Edmond Raffray a été maire d’Avrillé entre 1871 et 1904. Il a succédé à Henri Richou-Durand.

Ravel (Allée Maurice)

Dans le quartier de l’Adézière – elle commence rue Jean Bodin et se termine route de l’Etang. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 21 septembre 1982.
Maurice Ravel naît à Ciboure, près de Saint-Jean-de-Luz, le 7 mars 1875. Son père, ingénieur, travaille à la construction de lignes de chemin de fer et dans l’industrie automobile. Ses parents, familiers des milieux artistiques, veillent à développer très tôt chez leur fils ses dons pour la musique. Dès l’âge de six ans, il prend des cours de piano et il entre au Conservatoire de Paris à 14 ans. Parmi ses professeurs, il rencontre Gabriel Fauré qui lui enseigne l’art de la composition. Malgré trois tentatives au concours de Rome, il n’obtient que le deuxième prix en 1901 et en est éliminé en 1905 alors qu’il est déjà très connu par plusieurs œuvres dont Jeux d’eau et Pavane pour une infante défunte… Ravel est avec Claude Debussy l’une des plus influentes figures du courant impressionniste de la musique française du début du 20ème siècle. La production de Ravel se caractérise par une grande diversité de genres, mais ses œuvres pour piano demeurent essentielles. Elles sont le fruit d’une recherche obstinée de perfection. En particulier, le célèbre Boléro. D’abord considéré par lui comme un simple exercice, il est devenu le morceau le plus joué dans le monde de la musique. Cette œuvre singulière tient le pari de durer plus d’un quart d’heure avec seulement deux thèmes et une ritournelle inlassablement répétés : 169 fois. A propos d’une dame criant : « Au fou, au fou » après avoir entendu l’œuvre, le compositeur aurait confié à son frère : « Celle-là, elle a compris ! » La danseuse et mécène russe, Ida Rubinstein, proche amie de Ravel, est l’inspiratrice et la dédicataire du Boléro. La production de Ravel s’étale sur une période de plus de quarante années, ce qui la rend contemporaine de celles de Fauré, Debussy, Stravinski, Bartók, Gershwin. Parmi ses œuvres, l’Enfant et les sortilèges, fantaisie lyrique d’après un livret le Colette. Lors d’un accident de taxi en 1932, Maurice Ravel subit un traumatisme crânien. Après de longues souffrances, il meurt le 28 décembre 1937 à Paris. Il est enterré au cimetière de Levallois-Perret, près de ses parents et de son frère. A Montfort-l’Amaury, dans les Yvelines, la maison qu’il avait achetée en 1921 et où vint le visiter le who’s who de l’époque, le Belvédère, est transformée en musée depuis 1971.

Reinière (rue des)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence rue des Coteaux et se termine chemin de la Salette.
Non loin, avant l’urbanisation, se situait le clos des Reinières, lieu de culture de la vigne. Une dizaine de clos existait sur Avrillé. En dehors peut-être du Rayon d’or, un blanc doux gouleyant obtenu dans le clos Panloup, le vin d’Avrillé n’a jamais été exceptionnel. Le phylloxera qui a frappé l’Anjou entre 1883 et 1890 a sonné le glas de la vigne dans les banlieues d’Angers, alors qu’à la fin du Moyen-Âge, la vigne occupait tous les coteaux, d’Avrillé à la Possonnière.

Renaissance (avenue de la)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence avenue Raymond Poincaré et se termine en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 4 février 1974
Ce nom résonne comme un hommage aux ardoisiers avrillais, ces pigrolliers, ceux d’en haut, comme ceux d’en bas, comme on les appelait à cette époque, car opposés aux us et coutumes des perreyeux   trélazéens. En 1894, par la volonté d’un groupe financier, l’activité extractive reprend dans la zone des carrières sous le nom Renaissance, très précisément dans le secteur de la Grande Planche (stade Delaune aujourd’hui). L’exploitation se fera en souterrain, et comprendra jusqu’à cinq chambres, dont certaines à plus de 200 mètres de profondeur. Les accidents sont nombreux, et le pire intervient le 25 janvier 1905. Au puits n° 4, les ouvriers, dans le soir, remontent à la surface, mais un câble de la benne se rompt, le système parachute fonctionne trop tard, et quinze ardoisiers trouvent la mort au terme d’une chute de 140 mètres. Après bien des péripéties, la société La Renaissance continuera l’exploitation jusqu’en 1914. La guerre sonnera le glas de la production. En 1919, on tentera sans succès de relancer le puits n° 4. La dissolution de la société La Renaissance interviendra en 1927.

Renoir (Avenue Auguste)

Dans le quartier du Domaine de l’Etang – commence dans le prolongement de l’avenue Vincent Van Gogh et se termine au rond-point Ardenne. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 2 septembre 1992.
Pierre-Auguste Renoir, dit Auguste Renoir, naît à Limoges le 25 février 1841. Léonard Renoir, son père, est tailleur et Marguerite Merlet, sa mère, est couturière. En 1845, la famille Renoir s’installe à Paris   dans l’espoir d’y trouver plus facilement du travail. A l’âge de 13 ans, le jeune Renoir travaille dans un atelier de peinture sur porcelaine, ce qui lui permet de participer aux charges familiales. Copiste au musée du Louvre, puis élève de l’Ecole des Beaux-Arts, il entre dans l’atelier du peintre Charles Gleyre. Il y rencontre d’autres artistes comme Monet, Bazille et Sisley avec lesquels il se lie d’amitié. Il trouve son style en admirant Ingres, Delacroix et Manet. La peinture de Renoir, d’abord influencée par Courbet, trouve son premier accomplissement dès 1867, et sa Lise est une œuvre où, déjà, se trouvent fixés les grands thèmes chers à Renoir : la lumière et le corps de la femme. Il reste aussi fidèle à son admiration pour Delacroix : ainsi ses Parisiennes, habillées en Algériennes, toile refusée au Salon de 1872, sont directement inspirées des Femmes d’Alger. Les séjours qu’il fait auprès de Monet à Argenteuil (1873-1874) lui permettent de nuancer le ton, d’éclaircir sa palette, d’étudier toutes les transformations de la lumière. Chez Monet, il retrouve Manet, alors que celui-ci, sur les instances de Berthe Morisot, se convertissait à la peinture claire. Ces rencontres dans le jardin de Monet à Argenteuil, ces séances de travail au bord de la Seine sont mémorables. Ce sont des moments d’intense activité. Au milieu d’une vie bruyante et animée, dans l’esprit lucide de tous ces peintres, les découvertes techniques se succèdent. La nouvelle peinture se précise. Plus intéressé par le portrait et le nu féminin que par les paysages, il élabore une façon de peindre originale, qui transcende ses premières influences (Fragonard, Courbet, Alfred Dehodencq, Monet, puis la fresque italienne). Auguste Renoir décède le 3 décembre 1919 à Cagnes-sur-Mer d’une congestion pulmonaire. Il est inhumé trois jours plus tard au cimetière d’Essoyes (Aube), village d’origine de son épouse Aline Charigot, où ils passaient leurs étés depuis 1885 avec leurs trois enfants Pierre (acteur, 1885-1952), Jean (cinéaste, 1894-1979) et Claude (céramiste, 1901-1969). Pendant environ soixante ans, Auguste Renoir aura peint à peu près six mille tableaux, ce qui était un record avant Picasso !

Richou-Durand (avenue Henri)

Dans le quartier de la Ternière – commence avenue de la Pièce du Moulin et se termine en impasse.
Monsieur Henri Richou-Durand a été maire d’Avrillé de 1860 à 1871, sous le Second Empire et pendant la guerre de 1870 avec la Prusse.

Ripollet (avenue de)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence chemin de la Salette et se termine avenue Pablo Neruda. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 16 septembre 2004.
Elle doit son nom à la ville de Ripollet, jumelée avec Avrillé depuis 1993. Elle a été inaugurée en 2008 par Juan Maria Parralejo Aragones, maire de Ripollet, et Marc Laffineur, maire d’Avrillé, à l’occasion du 15ème anniversaire du jumelage.

Roc Epines (rue de)

En limite du quartier du Parc de la Haye et de la ville d’Angers – commence avenue Jean Lurçat et se termine à l’orée du parc sur le parking des Carrières.
Cette rue est commune à Avrillé et Angers au sud-est de notre cité. Elle doit son nom à son relief accidenté sur ce roc schisteux exploité dans les temps anciens afin de fournir les longues épines de pierre pour soutenir les vignes et également les pierres pour la construction du château d’Angers et des monastères, nombreux en notre région. Il se peut également qu’elle tire son nom d’une ancienne closerie située à cet endroit. Célestin-Port dans son dictionnaire nous apprend qu’au moment de la Révolution une fabrique d’allumettes y fut implanté, elle devait disparaître vers 1860 lors d’un incendie et transférée sur la commune de Trélazé. Également qu’un seigneur ou un chevalier portant le nom de Roc-Epine était inhumé à la Haye aux Bonshommes et que la dalle de son tombeau fut utilisée pour paver un trottoir de la rue Bourgeoise à Angers.

Rochers (allée des)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence rue de Roc Epine et se termine en impasse au cœur des habitations du val d’Or.
Peut-être ce nom par rapport aux roches escarpées qui dominent l’étang Saint Nicolas, tout proche, qui constitue par ses rives arborées un chemin de promenade très apprécié des Avrillais.

Roncevaux Roland de (boulevard)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence avenue du Commandant Mesnard et se termine en impasse.
Neveu (selon la légende) de Charlemagne, Roland est devenu célèbre par l’épisode du franchissement desPyrénées à Roncevaux, par les troupes revenant d’Espagne. La destruction de l’arrière-garde de l’armée de Charlemagne en ce milieu d’été 778, est l’un des plus sévères revers subis par le futur empereur. Charlemagne règne depuis dix ans. Il a commencé à réorganiser le royaume franc, mais il a aussi entrepris ses premières conquêtes, au nom de la foi. A coups d’épée et de hache, on inculque aux Saxons les vertus de la religion chrétienne et on annexe les Lombards qui ont osé menacer les territoires du Pape. Au sud des Pyrénées, les Sarrasins jadis stoppés par son grand père Charles Martel et expulsés par son père Pépin le Bref sont solidement implantés dans l’Espagne musulmane dirigée par l’Emirat de Cordoue. Le Roi très chrétien décide d’une expédition contre les infidèles d’Espagne. Il franchit les Pyrénées, assiège Saragosse, mais l’invasion est un échec. Il doit repasser la montagne et laisse l’arrière-garde sous les ordres de son neveu, Roland, duc de Bretagne, secondé par son conseiller et ami Olivier. Malheureusement, ils sont trahis par le comte Ganelon, ce qui permet aux Vascons (basques) et non aux Sarrasins de tendre une embuscade aux troupes franques lors du passage au col de Roncevaux, où ils vont succomber sous le nombre. Toujours selon la légende, Roland fait merveille avec son épée Durandal, appelle au son du cor Charlemagne à son aide. Quand la situation devient désespérée, il se résout à briser Durandal, mais elle est trop solide et fait voler en éclats les rochers sur lesquels Roland tente de la fracasser. Quand Charlemagne arrive, tout est consommé et la légende peut s’installer. Dans la Geste du Roy, La chanson de Roland, une épopée de 4000 vers (en l’an 1000 ?) fera le bonheur des troubadours, jongleurs et ménestrels du Haut Moyen Age qui chanteront La Brèche de Roland, La légende de Rocamadour, La belle Aude, etc… Quoi qu’il en soit, cette défaite est devenue, par la magie de la poésie, une épopée qui va rivaliser de notoriété avec le roman de la Table ronde. Roland, l’un des douze pairs légendaires de Charlemagne, est devenu le chevalier chrétien idéal. Rappelons également que le col de Roncevaux est, depuis toujours, l’un des passages des pèlerins sur la route de Saint Jacques de Compostelle.

Ronde (avenue de la)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence et se termine avenue de la Boissière.
Est-ce en fonction de sa forme en demi-lune, ou en pensant au jeu des enfants que nos édiles ont attribué ce nom ? Cela reste un mystère à ce jour. Elle donne accès à la piscine municipale, au gymnase, au de Skate, tout un choix pour sportifs de tous âges et, de plus, se situe auprès du parc Brassens.

Ronsard (allée Pierre de)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence avenue Pablo Neruda et se termine allée Émile Zola. Elle a reçu ce nom par délibération municipale le 5 mars 1981.
Pierre de Ronsard naît le 1er septembre 1524 dans le château familial de la Possonnière, près de Vendôme. Il est le fils de Louis de Ronsard et de Jeanne Chaudrier. Son père a combattu sous Louis XII et François 1er, notamment aux côtés de Bayard à Marignan. Ronsard entre au service de la cour royale en 1536 et devient le page du troisième fils de François 1er, Charles d’Orléans. Il reçoit les ordres mineurs de l’évêque du Mans en 1543, mais n’est pas ordonné prêtre. Il est, par la suite, élève au collège de Coqueret, à Paris où il a pour maître Jean Dorat, un grand helléniste. A 20 ans, en avril 1545, Ronsard rencontre, dans une fête à la cour de Blois, Cassandre Salviati, âgée de 13 ans, fille d’un banquier italien. Deux jours après, la cour quitte Blois : Il « n’eut moyen que de la voir, de l’aimer et de la laisser au même instant ». Ronsard ne cessera dans ses œuvres de proclamer son amour platonique (Mignonne, allons voir si la rose… dans l’Ode à Cassandre). En 1547, Ronsard s’inscrit à l’université et fait la connaissance de Joachim du Bellay. Il décide de former, avec cinq autres jeunes poètes, un groupe qui prendra le nom de Brigade, avant d’adopter quelques années après celui de la Pléiade. Ce groupe souhaite définir de nouvelles règles poétiques. En 1549, Ronsard compose un recueil de sonnets les Amours de Cassandre, l’Epithalame* d’Antoine de Bourbon, Jeanne de Navarre et l’Hymne de France. En avril, paraît sous la plume de du Bellay, la célèbre Défense et illustration de la langue française qui constitue le manifeste du groupe de la Brigade. Ronsard publie ensuite Quatre premiers livres d’Odes (1550), Ode à la Paix (1550), Les Amours (1552), Bocage (1554). En 1554, il sera le poète d’Henri II, puis conseiller et aumônier du Roi. En 1555, Ronsard s’éprend d’une « fleur angevine de quinze ans », Marie Dupin. Cette jeune paysanne le fera renoncer aux tourments que lui inspirait Cassandre. Pour elle, il composera « des poèmes simples et clairs ». Il publie Des Hymnes, Des Meslanges, et De la Continuation des Amours. Après la mort du roi Henri II, il devient archidiacre et chanoine (1560). Il travaille à réunir ses écrits et publie ses œuvres en quatre volumes. Son rôle politique s’affirme encore. En 1562, devenu poète officiel de la cour de Charles IX, Ronsard écrit un certain nombre de discours sur les affaires du pays : Discours sur les misères de ce temps, Remontrance au peuple de France, puis Réponses aux injures et calomnies des ministres de Genève (1563), discours rédigé contre les protestants genevois. Ronsard prend nettement parti pour le catholicisme. En 1572, Ronsard écrit une grande épopée à la gloire des vertus françaises, la Franciade, sur le modèle de l’Énéide de Virgile. Cette œuvre fut perçue comme un échec par Ronsard lui-même, qui n’en publia que les quatre premiers livres. A la mort de Charles IX en 1574, Ronsard connaît la disgrâce. À cinquante-quatre ans, il est invité par la reine Catherine de Médicis à consoler Hélène de Surgères, qui vient de perdre, dans la guerre civile, Jacques de La Rivière dont elle était éprise. Ronsard publie : Sonnets pour Hélène, dédiés à « cette beauté aussi remarquable par son esprit que par sa vertu ». Sur la fin de sa vie, Ronsard cesse de publier de nouveaux textes. Soucieux de sa gloire posthume, il se consacre à la préparation des éditions de ses œuvres complètes. Il meurt le 27 décembre 1585 dans son prieuré de Saint-Cosme, près de Tours et est enseveli dans la crypte de l’église aujourd’hui en ruine. Deux mois plus tard, un hommage officiel lui est rendu au collège de Boncourt, sur la Montagne Sainte-Geneviève à Paris, où ses funérailles solennelles sont célébrées le 25 février 1586. Pierre de Ronsard fut l’instigateur du renouveau poétique avec ses compagnons de la Pléiade. Oublié un certain temps, il fut redécouvert au début du 19ème siècle par Sainte-Beuve et les Romantiques. Une médaille à son effigie a été réalisée en 1924. En 1986, le célèbre rosiériste Francis Meilland créa une variété de rose qui porte son nom, la Pierre de Ronsard.

Roses (rue des)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence rue Henri Dunant et se termine avenue du maréchal Lyautey. Cette voie est attestée depuis 1955.
Très ancienne voie, dénommée sans doute, lors d’une première urbanisation du Bois du Roy. Cette rue conserve encore quelques vestiges des premières maisons construites à cette époque. Pourquoi ce nom ? Peut-être pour perpétuer le souvenir de ces petits jardins que les premiers occupants ont certainement aménagés avec bonheur. A côté des planches de légumes, il y avait quelques fleurs et pourquoi pas des roses. A l’origine, les voies du lotissement étaient des chemins de terre. Un terrain important était réservé à la société d’assainissement d’Angers.

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Saint-Saëns (Allée Camille)

Dans le quartier de l’Adezière – commence rue Jean Bodin et finit avenue Salvador Allende. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 26 octobre 1981.
Compositeur français, pianiste et organiste, Camille Saint-Saëns naît à Paris en 1835. Sa précocité est comparée, à juste titre, à celle de Mozart : à cinq ans, il maîtrise parfaitement la technique du piano ; à onze ans, il donne son premier concert et il fait sensation. Entré au conservatoire pour étudier l’orgue et la composition, il écrit sa première symphonie à 18 ans. Il poursuit parallèlement une carrière de compositeur, de virtuose et de chef d’orchestre qui suscite l’admiration et qui est ponctuée d’honneurs. Très attaché à la perfection de la forme et à la rigueur classique, il crée en 1871 la Société nationale de musique dont le but est de favoriser les œuvres des jeunes compositeurs français contemporains tenus à l’écart des grands concerts. Après en avoir assuré la présidence, il quittera cette société en 1886, à la suite d’une querelle l’opposant à certains membres désireux d’inscrire au répertoire des œuvres de compositeurs étrangers. Il a joué un rôle primordial dans le renouveau de la musique française. En 1913, il accède au rang de Grand-Croix de la Légion d’honneur, et un musée Saint-Saëns est inauguré en sa présence, en 1890, à Dieppe. Liszt, son ami, le saluera comme le premier organiste du monde. Sa tournée aux Etats-Unis en 1915 remporte un franc succès. Grand voyageur à travers le monde, sa curiosité s’étend à de nombreux domaines comme la poésie, la peinture, le théâtre, la philosophie, l’astronomie ; mais son caractère difficile et la virulence de ses partis pris ont quelquefois nui à sa carrière. Il décède à Alger en 1921 et son corps, rapatrié à Paris, repose au cimetière du Montparnasse.

Sand (allée George)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence avenue Pablo Neruda et se termine allée Ronsard.
Amantine, Aurore, Lucile Dupin, naît le 1er juillet 1804 à Paris, de Maurice, François Dupin de Francueil et de Sophie, Victoire Delaborde. Descendante d’un oiseleur du Châtelet, par sa mère, elle est, par son père, l’arrière-petite-fille de Maurice de Saxe, maréchal de France. Son père, aide de camp du maréchal Murat, meurt accidentellement en 1808, et elle est placée sous la tutelle de sa grand-mère paternelle à Nohant, dans l’Indre, où elle court la campagne avec les petits paysans. Un précepteur, Deschartres, est engagé pour assurer son éducation. De 1818 à 1820, elle est interne au couvent des Augustines anglaises à Paris. Au printemps 1822, elle a 18 ans et fait la connaissance du baron François Casimir Dudevant, saint-cyrien et licencié en droit, fils de notable et bon parti, qu’elle épouse dès le 17 septembre. Deux enfants naîtront de cette union : Maurice à Paris en 1823, Solange à Nohant en 1828. Dès 1827, elle a une première liaison avec Ajasson de Grandsagne, mais son vagabondage amoureux est assez compliqué et sa vie sentimentale ne donne jamais l’impression d’avoir sombré dans l’atonie. En 1829, elle entreprend la rédaction du Voyage chez M. Blaise, sa première œuvre. En 1830, elle a une liaison avec Jules Sandeau, et en 1831, elle quitte son mari pour suivre à Paris son jeune amant, de huit ans son cadet. Ils commencent ensemble une carrière de journaliste dans Le Figaro en signant Jules Sand. En 1832, elle publie son premier roman, Indiana, sous le pseudonyme de G. Sand. C’est le début de sa grande amitié avec Marie Dorval. Elle emménage au 29 quai Malaquais à Paris, dans sa fameuse mansarde bleue qu’elle quittera en 1836. Elle écrit Lélia, en 1833, qui obtient un grand succès et lui permet d’entrer dans le cercle des grands écrivains de son temps, tout en lui permettant de vivre de sa plume. Elle rompt avec Jules Sandeau, rencontre Alfred de Musset. Ils séjournent à Fontainebleau puis partent à Venise. George Sand ne cesse pas d’écrire, collabore dans la Revue des deux Mondes. C’est le début d’une longue et prolifique carrière. Après un voyage en Suisse avec ses enfants en 1836, elle revient, un an après, à Nohant avec Liszt et Marie d’Agoult et apprend le décès de sa mère. En 1838, Balzac est à Nohant. C’est le début de la liaison de George Sand avec Chopin. Ils partent en voyage à Majorque, Marseille, Gênes et reviennent à Paris. Malgré un emploi du temps bien complet, George Sand publie des essais, des nouvelles, des romans dont La Mare au diable, Consuelo, Le Compagnon du tour de France. Le peintre Eugène Delacroix fera plusieurs séjours à Nohant où il a son atelier sur le domaine.
En 1848, elle participe activement à la Révolution, collabore au Bulletin de la République et crée La Cause du peuple et L’Éclaireur. La même année, au Théâtre français est jouée l’une de ses pièces Le roi attend. En 1849, c’est l’année de La Petite Fadette et la représentation à l’Odéon de François le Champi. C’est également la disparition de Chopin qui précède de peu celle de Balzac. Bien vite, elle affronte seule les tumultes de la vie. Les amis et les amitiés comptent beaucoup pour elle. Avec ses amis, elle a à ses côtés ses deux enfants, surtout Maurice, et ses petits-enfants. A Nohant, on peint, on fait de la musique, on parle de littérature et de politique, ce qui n’empêche pas George Sand de travailler beaucoup à son œuvre. Elle n’hésite pas à se lancer sur les routes, pour s’évader, pour rejoindre des amis, pour se changer les idées. Son féminisme très critiqué de son vivant est aujourd’hui reconnu. Elle est devenue la bonne dame de Nohant. Elle meurt à Nohant le 8 juin 1876 et est inhumée dans le cimetière familial.
George Sand aura fait scandale, par sa vie amoureuse agitée, par sa tenue vestimentaire masculine dont elle a lancé la mode, par son pseudonyme masculin. Malgré de nombreux détracteurs, dont Baudelaire et Barbey d’Aurevilly, elle était au centre de la vie intellectuelle de son époque, accueillant à Nohant ou à Palaiseau des personnalités très différentes, conseillant les uns, encourageant les autres. Elle fut par l’importance et la diversité de son œuvre, l’originalité et l’indépendance de sa vie, la modernité et le courage de ses engagements, la première femme à égaler par son succès et sa renommée ses contemporains masculins. C’est l’une des grandes figures du roman du 19ème siècle, à l’égal de Balzac, Hugo ou Dumas.

Savigner Emile (avenue)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence boulevard Geoffroy Martel et se termine avenue du Commandant Mesnard.
Cette rue avait été dénommée : avenue Foulque Nerra à l’origine et avait été prolongée en 1969 pour permettre l’accès vers le Val d’Or, alors en projet. Elle a été débaptisée après le décès d’Emile Savigner.
Emile Savigner est né le 29 avril 1896 à Angers. Successeur de Joseph Boguais de la Boissière, il est maire d’Avrillé de 1942 à 1945, puis de 1947 à 1959 et réside alors au château de la Garde. Il est issu d’une riche famille ayant fait fortune dans la récupération en gros de ferraille, provenant en particulier du désarmement de paquebots et de navires de fort tonnage ; activité qu’il poursuit mais qui périclite par suite de la seconde guerre mondiale. Il épouse la fille du célèbre peintre angevin Alexis Axilette, originaire de Durtal, dont les œuvres sont exposées au Musée d’Orsay et au Musée des Beaux-Arts d’Angers . Son épouse (dite Frouzette) est décédée prématurément sans lui avoir donné d’enfant. Président de la Société hippique du Maine-et-Loire, il décède le 25 novembre 1970 à Angers, dans son dernier domicile du Square de Contades. Son successeur à la mairie d’Avrillé avait été Yves Besnier, en 1959.

Schuman (rue Robert)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence avenue de l’Europe et se termine chemin de la Grande Garde. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 3 mai 1990.
« La paix mondiale ne saurait être conservée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent. » (déclaration du 9 mai 1950)
Jean-Baptiste, Nicolas, Robert Schuman naît le 29 juin 1886 à Clausen, un faubourg de Luxembourg, de parents allemands. Son père, Jean-Pierre, était né français en 1837, dans un village lorrain mais était devenu allemand suite aux annexions de 1871. Le jeune Robert fréquente l’école primaire et secondaire (l’Athénée) à Luxembourg. Il apprend le français, la 1ère langue étant le luxembourgeois, la 2ème l’allemand. Le diplôme luxembourgeois n’étant pas reconnu en Allemagne, il passe son Abitur (baccalauréat) au lycée impérial de Metz, alors ville allemande. Après des études supérieures de droit en Allemagne, à Bonn, Berlin, Munich et à Strasbourg, il ouvre un cabinet d’avocat à Metz en juin 1912. Il s’investit à la Conférence Olivaint, association étudiante et centre de réflexion politique indépendante des partis, dont il restera un fidèle compagnon de route. En 1913, il préside le grand rassemblement laïc catholique à Metz. La guerre éclate et, bien que réformé depuis 1908 pour raisons médicales, il est incorporé comme simple soldat et affecté à l’administration territoriale à Boulay (Moselle). Devenu citoyen français en 1918 à la suite de la réintégration de l’Alsace-Lorraine à l’Etat français, il est candidat de l’Union républicaine lorraine et il entre au Parlement en 1919 comme député de la Moselle, siège qu’il conserve jusqu’en 1940. Il se rattache au groupe des démocrates chrétiens. A la Chambre, il a un rôle effacé se consacrant surtout aux travaux de la commission des finances. En 1923, il milite pour le maintien du Concordat et, en 1936, siège au conseil général de Moselle. En 1940, il est nommé sous- secrétaire d’Etat pour les réfugiés dans le gouvernement Reynaud, poste qu’il conserve dans le premier gouvernement Pétain. En juillet 1940, il se réfugie sur ses terres de Lorraine. Il est arrêté par la Gestapo, mis au secret dans la prison de Metz, puis transféré en 1941 à Neustadt. Il s’évade en 1942 et rejoint la zone libre.
Après la Libération, il s’inscrit au MRP. Il est ministre des finances dans le gouvernement Bidault en 1946 et succède à Ramadier en 1947 à la présidence du Conseil. A l’intérieur, il est l’un des négociateurs des traités majeurs de la fin de la guerre, il surmonte l’épreuve des grèves qui paralysent le pays, prend des mesures pour assainir les finances, fait adopter le plan Marshall. À l’extérieur, il reconnaît l’indépendance du Viêt-Nam et amorce une politique de rapprochement avec l’Allemagne occidentale. Ministre des Affaires étrangères durant cinq ans, il est avec Jean Monnet le principal artisan d’une Europe unie. Le 9 mai 1950, il lance le plan qui porte son nom. Ce plan, refusé par l’Angleterre, reçoit l’acceptation de six pays et aboutit le 18 avril 1951 à la signature du traité de Paris et à la création de la CECA. Le 27 mai 1952, il signe à Paris un 2ème traité prévoyant la formation d’une armée européenne intégrée (CED), projet qui se heurte à l’hostilité d’une partie de l’Assemblée nationale. Robert Schuman quitte le gouvernement au début de 1953, mais y revient comme ministre de la justice en 1955 dans le cabinet Edgar Faure. Il se consacre surtout à l’unité européenne, comme président du Mouvement européen (1955) et comme président de l’Assemblée parlementaire européenne de Strasbourg (1958-1960), laquelle lui décerne, à la fin de son mandat, le titre de Père de l’Europe. Réélu député en 1958, il abandonne la vie politique en 1962.
Il décède le 4 septembre 1963, à son domicile de Sey-Chazelles (Moselle). Après des obsèques solennelles en la cathédrale Saint-Etienne de Metz, son corps est inhumé au cimetière communal. En 1966, sa dépouille est transférée dans la petite église fortifiée Saint-Quentin, en face de sa maison devenue la « maison de Robert Schuman », qui appartient aujourd’hui au conseil général de la Moselle.

Schwalbach (place)

Cette petite place où l’on trouve plusieurs commerces et services de proximité se situe à l’entrée du quartier de l’Adézière, sur l’avenue Salvador Allende. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 21 septembre 1982.
Cette place porte le nom de la première ville jumelée avec Avrillé. Le choix de cette ville allemande a été arrêté par la municipalité de M. Yves Besnier, mais il a été officialisé en 1978 par la signature d’une charte commune entre les maires des deux villes : M. Guy Pasquier pour Avrillé et M. Roland Piétri pour Schwalbach. Schwalbach, ville d’Allemagne, dans le Land de Hesse, est située à une dizaine de kilomètres de Francfort-sur-le-Main, sur la pente sud-est des monts Taunus. Environ 900 kilomètres nous en séparent. En 1988, le Comité de Jumelage d’Avrillé invite ses amis allemands à venir fêter le 10ème anniversaire du jumelage. A cette occasion, un cadeau est offert à la ville : c’est la pierre que l’on voit au milieu de la place. Il s’agit de la réplique, à l’identique, d’une pierre sculptée romaine, retrouvée en 1839, à l’orée de la forêt de Schwalbach, près du cimetière. Les personnages de chacune des faces représentent Hercule, Mercure, Minerve et Junon. Cette sculpture dont l’original se trouve au musée municipal de Wiesbaden, chef-lieu du Land, témoigne de l’implantation de villae rusticae et de fortifications marquant les limites les plus septentrionales de l’Empire romain, le Limes. Le Limes a donné son nom au nouveau quartier de Schwalbach, construit à partir des années 1960. A côté se trouve le « Vieux Schwalbach », ancien village connu depuis le 8ème siècle.

Schweitzer (rue Albert)

En centre-ville – commence avenue Henri Dunant et se termine avenue du général de Gaulle.
Albert Schweitzer naît le 14 janvier 1875, à Kaysersberg (Haut-Rhin), dans une Alsace alors annexée par l’Allemagne. Il passe son enfance à Gunsbach, près de Munster, et est élevé au presbytère où son père est pasteur et instituteur. Ses études secondaires se déroulent à Munster, puis Mulhouse où il loge chez son oncle Louis. Après baccalauréat et service militaire, il mène de front théologie et philosophie à l’université de Strasbourg, à Berlin et, plus régulièrement, à Paris à partir de 1898. Docteur en philosophie en 1899, docteur en théologie et vicaire à l’église Saint-Nicolas de Strasbourg en1900, il est professeur de théologie protestante à l’université de Strasbourg. Il écrit de nombreux ouvrages sur la musique car, depuis son plus jeune âge, il joue de l’orgue, prend des cours à Berlin et, à 16 ans, donne son premier concert. En 1905, il se replace sur les bancs de l’université de Strasbourg pour étudier la médecine, afin de répondre à un appel de la société des Missions évangéliques de Paris qui recherche des médecins volontaires. En 1913, il est docteur en médecine et tout de suite, à 38 ans part pour la région du Haut Ogoué au Gabon. Il monte un dispensaire dans un bâtiment à Lambaréné, qu’il équipe avec le produit de ses concerts d’orgue et la publication de ses livres.
La médecine est sa raison de vivre, mais il ne s’intéresse pas aux progrès de la technique, préférant la spéculation philosophique. Il se heurte à chaque instant, à un manque d’outillage, et cela est une véritable épreuve. Il apprend la langue, subit le climat, le manque de nourriture. Le dispensaire devient peu à peu, un centre hospitalier de traitement de la lèpre et des maladies tropicales. Il effectue 14 voyages pour l’Afrique. Pendant la guerre 14-18, étant allemand, il est en position inconfortable, consigné dans sa case, puis arrêté, rapatrié en France, enfermé au camp de Saint-Rémy de Provence avec son épouse. Libéré après 1918, il est ruiné, couvert de dettes et malade. Il obtient un poste d’assistant en dermatologie à Strasbourg et reprend une série de conférences et de récitals pour régler ses dettes. En 1924, après avoir suivi des cours d’obstétrique,   de chirurgie dentaire et des conférences d’hygiène tropicale, il repart seul au Gabon. Il ne retrouve que ruines et désolation. Tout est à refaire, médecin le matin, architecte l’après-midi ; il doit faire face à un nombre grandissant de malades indisciplinés. Un nouvel hôpital est construit, des docteurs et des infirmières le rejoignent. Quatre années vont s’écouler avant qu’il ne revienne en Europe rejoindre son épouse et sa fille, et se faire construire une petite maison à Gunsbach. Il reprend ses tournées de concerts et de conférences. À son retour à Lambaréné, l’hôpital est organisé, même si son aspect de propreté n’est pas édifiant, ce qui lui sera vivement reproché, mais l’excellence et l’urgence des soins donnés font passer sur les circonstances où l’on doit plonger pour y atteindre.
Il reçoit de nombreuses distinctions du monde entier. Albert Einstein le considère comme une des rares personnalités de ce temps. En 1951, il est élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques (Institut de France). En 1953, il est lauréat du prix Nobel de la paix qui lui est remis le 4 novembre 1954 à Oslo, où il est cité à l’ordre de la Nation. Il décède à Lambaréné le 4 septembre 1965 où, à sa demande, il est enterré.

Sellerie (chemin de la)

En centre-ville, commence chemin de la Salette et se termine en impasse.
Nous n’avons aucun indice sur l’origine de ce nom, sauf à penser qu’un sellier y était installé à proximité au temps des diligences. Célestin Port ne mentionne pas ce nom. Le cadastre napoléonien, en revanche, cite le Clos de la Sellerie, avec mention « vigne ». Il s’agit sans doute d’un vignoble planté, mais non d’une exploitation sur ce terrain.

Seurat (allée Georges)

Dans le quartier du Domaine de l’Etang – prend allée William Turner et débouche avenue Gustave Caillebotte. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 16 septembre 2004.
Peintre français, pionnier du pointillisme, Georges-Pierre Seurat naît le 2 décembre 1859 à Paris, dans un milieu bourgeois. Il est initié à la peinture dès son plus jeune âge par son oncle maternel, peintre amateur. Admis à l’Ecole des Beaux-Arts en février 1878, il entre dans la classe d’Henri Lehmann, élève d’Ingres, et étudie les vieux maîtres au Louvre. L’impressionnisme évolue sous le pinceau de Seurat qui, après avoir étudié la théorie scientifique de la vision des couleurs, juxtapose des points pour recréer une couleur principale. Par ses formes nouvelles destinées à compenser la complexité de sa technique, il donne ainsi une sorte d’illusion d’optique : le pointillisme est né. En 1886, son œuvre Un dimanche après-midi à la Grande Jatte est une des premières manifestations, en peinture, du néo-impressionnisme selon le critique d’art Félix Fénéon. Quelques amis adoptent ses recherches ; ses dessins en noir et blanc sont de véritables prouesses techniques. En février 1889, il rencontre à Bruxelles un modèle, Madeleine Knobloch. Il commence alors à délaisser ses amis peintres, irrité par leurs querelles incessantes. A partir d’octobre, il s’installe à Paris avec Madeleine. Leur fils, Pierre Georges, naît le 16 février 1890. Le 16 mars 1891, il expose un tableau inachevé Le Cirque au Salon des Indépendants. Le 29 mars, il meurt des suites d’une angine infectieuse contractée en préparant son exposition. Son fils succombera 15 jours plus tard des suites de la même maladie.

Signac (allée Paul)

Dans le quartier du Domaine de l’Etang – cette allée prolonge l’allée Georges Seurat et débouche allée Gustave Caillebotte. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 16 septembre 2004.
Fidèle disciple de Seurat, Paul Signac naît le 11 novembre 1863 à Paris, dans une famille aisée de commerçants. C’est un peintre autodidacte. Il commence à peindre en 1882 à Montmartre et se perfectionne seul sous l’influence des impressionnistes. Il devient ami de Seurat en 1883-1884. Son Quai de Clichy est très inspiré de son maître. Il aime la mer et s’installe à Saint-Tropez, à la villa la Hune, où il reçoit de nombreux amis peintres, comme Matisse et Maurice Denis. Il sera ainsi l’un des promoteurs de la réputation du petit port et, en 1915, il sera nommé peintre officiel de la Marine. Non seulement il peint, mais il écrit sur la peinture et notamment, en 1899, un véritable traité sur la couleur : D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme, une sorte de manifeste de ce qu’il considère comme la nouvelle peinture. Signac est un homme du monde ; en 1908, il est président de la Société des artistes indépendants qu’il a fondée avec Georges Seurat. Il contribue, par son soutien, à l’arrivée de nouveaux courants comme le fauvisme ou le cubisme. Il meurt à Paris le 15 août 1935 et repose au cimetière du Père-Lachaise.

Sisley (allée Alfred)

Dans le quartier du Domaine de l’Etang – cette allée prend allée Paul Cézanne de chaque côté de la boucle formée par celle-ci. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 2 septembre 1992.
Avec Monet et Pissarro, Alfred Sisley peut être considéré comme un véritable impressionniste. D’origine anglaise par ses parents, il naît à Paris le 30 octobre 1839, puis fait des études à Londres, où il consacre plus de temps à la visite des musées qu’à sa formation commerciale. A partir de 1861, habitant surtout la France, Sisley s’initie à la pratique du dessin. Il se lie d’amitié avec Renoir, Monet et Bazille. Il se retrouve avec ses compères dans la forêt de Fontainebleau pour y peindre des paysages où le ciel et l’eau ont une grande importance. Il fait ainsi le pont entre les peintres de paysage anglais et les impressionnistes. Après son mariage en 1866, il s’installe à Paris. De cette union naîtront un garçon et une fille. La fortune de son père lui permet de se consacrer pleinement à son art. Mais cela est de courte durée car en 1871, son père fait de mauvaises affaires et Sisley doit désormais vivre de ses toiles. Mais jusqu’en 1885, la reconnaissance ne sera pas au rendez-vous malgré plusieurs expositions de peintres impressionnistes. C’est l’exposition de New-York, en1886, qui va véritablement leur donner un début de reconnaissance. En 1890, Sisley entre comme associé à la Société des Beaux-Arts, ce qui lui assure une notoriété suffisante pour exposer ses œuvres chaque année sans toutefois rencontrer toujours un franc succès. Le 8 octobre 1898, alors qu’il est lui-même affaibli par une santé fragile, il perd sa femme. Quelques mois plus tard, après avoir confié ses enfants à Monet, il décède dans sa maison de Moret-sur-Loing (Seine-et-Marne) le 29 janvier 1899. Il repose au cimetière de Moret.

Soboul (rue Albert)

Dans le quartier de l’Adézière – commence dans le haut de la rue Ludovic Ménard et finit en impasse. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 21 septembre 1982.
Historien français, grand spécialiste de la période révolutionnaire et de Napoléon, Albert Soboul naît à Ammi Moussa (Algérie) le 27 avril 1914 et meurt à Nîmes (Gard) le 11 septembre 1982. Homme de science, Albert Soboul est avant tout un homme d’action qui a su retenir les enseignements anticolonialistes d’une jeunesse passée en Algérie. Après avoir perdu son père à l’âge de six mois, il devient pupille de la nation, obtenant des bourses qui lui permettront d’effectuer une brillante scolarité. Lycéen à Nîmes et Montpellier, c’est au lycée Louis-le-Grand à Paris qu’il prépare Normale sup’ où il est reçu à l’agrégation d’histoire en 1938. Après sa démobilisation en 1940, il est affecté au lycée de Montpellier où il prépare, avec des communistes et des intellectuels, tels Georges Politzer et Jacques Decour, le 150ème anniversaire de la Révolution française et la manifestation anti-vichyste et anti-allemande du 14 juillet 1942. Surveillé par la police de Vichy, il est révoqué de l’enseignement puis réintégré dès 1943 au lycée de Valence qu’il ne rejoint pas, préférant à ce poste des fonctions d’enquêteur-ethnographe au Musée des Arts et traditions populaires de Paris. Ces fonctions lui valent d’enquêter dans toute la France sur l’habitat rural. Les facilités de déplacement offertes par son statut de chercheur lui permettent de se rapprocher de la Résistance. Nommé après la guerre à Paris au lycée Henri IV, il se lie d’amitié avec l’éminent historien Georges Lefebvre et prépare, sous sa direction en 1958, sa thèse de doctorat d’Etat sur Les Sans-culottes parisiens en l’An II. Nommé d’abord à l’université de Clermont-Ferrand, il accède, en 1967, à la chaire d’histoire de la Révolution française à la Sorbonne. Pendant les quinze années suivantes, il publie de nombreux ouvrages historiques, dont La Civilisation et la Révolution française (1970). Dans les années 1970-80, il doit faire face à l’opposition croissante de l’Ecole révisionniste de François Furet et Denis Richet. Dès lors, si sa grande thèse sur les sans-culottes n’est pas, ou peu, contestée, son interprétation générale de la période révolutionnaire est davantage sujette à discussions.

Spaak (rue Paul-Henri)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence rue Robert Schuman et se termine rue Alcide de Gasperi. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 3 mai 1990.
Paul-Henri Charles Spaak naît le 25 janvier 1899 à Schaerbeek (Bruxelles) dans un milieu d’artistes et d’hommes politiques. La famille Spaak est issue d’une lignée de notables remontant au XVI° siècle. Son père, Paul, est académicien et auteur d’une œuvre littéraire importante. Sa mère, Marie Janson, sera la première femme parlementaire belge dans le parti ouvrier, puis dans le parti socialiste. Son enfance s’écoule dans un milieu aisé, agnostique, où la politique a une place centrale. En 1916, à 17 ans, il s’engage, est arrêté par les Allemands et finit la guerre dans un camp de prisonniers. Après 1918, il accomplit des études de droit à l’université de Bruxelles et devient avocat. Il défend notamment Léo Campion, objecteur de conscience, plus tard chansonnier et acteur à Paris. Élu député socialiste (1932), il est ministre des Transports et des postes (1935-1936), ministre des Affaires étrangères (1936-1939), Premier ministre en 1938-1939. Il reprend le portefeuille des Affaires étrangères dans le cabinet d’Hubert Pierlot au début de la Seconde Guerre Mondiale, et le conserve dans le gouvernement émigré à Londres, alors que le roi Léopold III est resté en Belgique. Malgré de nombreuses oppositions, il plaide pour la reconnaissance par la Belgique du général de Gaulle et des Français libres, ce qui est officiel le 3 octobre 1941. De Gaulle parlera du gouvernement belge en exil en ces termes : l’équipe de la sagesse, de l’ardeur et de l’habileté.
Après la guerre, il est Premier ministre (en 1946, puis 1947-1949), ministre des Affaires étrangères (1946-1949), et contre le retour du roi Léopold III. Président de la première session de l’ONU (1946), il joue un grand rôle international dans le monde d’après-guerre, comme promoteur d’une coopération internationale et de l’Union européenne. Il apporte l’adhésion de la Belgique à l’OTAN et devient secrétaire général de cette organisation (1957-1961). Président de l’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe (1949-1951), puis de celle de la CECA (1952-1954), il dirige la diplomatie belge de 1954 à 1957 et joue un rôle essentiel dans la négociation du traité de Rome. En effet, il est une figure prédominante de la rédaction de ce traité et de la fondation de la Communauté économique européenne (CEE). Lors de la conférence de Messine en 1955, il est nommé président du comité des experts chargé de la mise au point du traité par les six états qui y participent. Il combat avec persévérance les conceptions gaullistes. Il se fait l’avocat de la supranationalité en opposition à une union politique à caractère confédéral (1962) et soutient l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun. En 1965, il s’attache à dénouer la crise ouverte par la décision française de ne plus siéger au conseil de la CEE (crise de la chaise vide provoquée par de Gaulle).
De 1961 à 1965, il forme avec Théo Lefèvre un gouvernement d’union rassemblant les socialistes et les sociaux-chrétiens. Il décide d’abandonner la politique en 1966, et ce vieux socialiste achève sa carrière comme conseiller de la grande firme ITT. Le 5 novembre 1971, lors d’une conférence, il rompt avec le parti socialiste, et adhère au Front démocratique des francophones, nouvellement créé, ceci en raison des reculades de la gauche en face de l’intolérance de l’extrême droite « flamingante ».
Il décède le 31 juillet 1972 à Bruxelles, et repose dans le cimetière de Foriest à Braine-l’Alleud, commune du Brabant wallon où il a passé la fin de sa vie. Il a laissé des mémoires, Combats inachevés (1969). Une fondation à son nom a été créée en 1973, afin de perpétuer son œuvre.

Suisse angevine (allée de la)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence rue de Roc Epine et se termine en impasse au cœur des habitations du Val d’Or.
Comme pour la rue de Roc Epine et la rue des Rochers, il semble que là aussi nos édiles se soient laissés attendrir par la beauté de l’environnement. Pourquoi pas ? Ce val, cette nature presque sauvage, cet étang magnifique, méritent bien que l’on s’y attarde et la comparaison avec la Suisse, si elle apparaît peut-être un peu hasardeuse, n’est pas forcément usurpée.

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T

Ternière (rue de la)

Dans le quartier de la Ternière – commence route de La Meignanne (R.D.122) et se termine avenue Mendès France.
Célestin Port dans son dictionnaire historique écrit à propos de la Ternière : Le Prieuré de la Haie-aux-Bons-Hommes y possédait un domaine vendu bien national le 16 février 1791. Ce quartier de la Ternière, fin 19ème siècle, est un grand pôle d’habitation où résident principalement les ouvriers des carrières d’ardoises situées à proximité.

Toulouse-Lautrec (allée Henri de)

Dans le Domaine de l’Etang – Commence allée William Turner et se termine allée Paul Signac. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 2 septembre 1992.
Peintre, illustrateur et lithographe, Henri, Marie, Raymond de Toulouse-Lautrec-Monfa naît le 24 novembre 1864 au château d’Albi. Il est le fils du comte Alphonse de Toulouse-Lautrec et de sa cousine germaine, Adèle Tapié de Céleyran. Dans cette grande famille du sud-ouest de la France prévalent le sens de la gloire, du courage et le goût passionné du cheval et de la chasse. Henri est élevé au château du Bosc (Aveyron) et au château de Céleyran (Aude). Dom Peyre lui enseigne le latin et le grec, Armandine d’Alichoux de Sénègue lui donne des leçons de culture générale. En 1872, la famille s’installe à Paris, puis à Neuilly et Henri entre au lycée Fontanes (aujourd’hui Condorcet). Il y rencontre des condisciples qui resteront ses amis et dessine sur ses cahiers d’écolier tout ce qu’il voit. En 1874, il retourne à Albi avec sa mère (ses parents se sont séparés par consentement mutuel) et poursuit ses études avec un précepteur. Sa santé est délicate, peut-être en raison de la consanguinité de ses parents et il doit faire une cure à Amélie-les-Bains. Il continue cependant ses études tout en passant sa convalescence à Nice, Albi et Céleyran.
En 1881, il retourne à Paris, passe l’été à Nice et note ses impressions de voyage dans Le Cahier de zigzag manuscrit très illustré. Il illustre également un roman, Cocotte, de son ami Etienne Devisme qu’il a connu à Barèges. Tout cela ne l’empêche pas d’obtenir son baccalauréat cette même année. Il surmonte son infirmité en s’acharnant au travail et rentre dans l’atelier du peintre animalier Princeteau, un ami de son père, rue du Faubourg Saint Honoré à Paris. Il y fait la connaissance du dessinateur satirique Forain et du peintre irlandais John Lewis Brown. Entré à l’Ecole des Beaux-Arts en 1882, il étudie successivement dans les ateliers de Bonnat et de Cormon, surnommé Le Père la Rotule. En 1884, il s’installe au 19 bis de la rue Fontaine, dans la maison où habite Degas. L’admiration qu’il lui porte est son véritable révélateur. Comme lui, il accorde la priorité à la force expressive du dessin et de la mise en page. Il lui doit son sens aigu de l’observation des mœurs parisiennes et le choix de ses sujets modernes. Il peint, comme lui, le monde factice des cabarets et des lupanars, tout en étant moins cruel que l’était son ami. En 1885, Aristide Bruant ouvre son cabaret Le Mirliton   où Lautrec expose ses œuvres. Il découvre le talent de Suzanne Valadon avec qui il a une liaison brève et tumultueuse. En 1886, il passe l’été au château de Malromé, dans le Bordelais, exécute des dessins humoristiques pour des journaux et fait la connaissance de Van Gogh qu’il fréquente régulièrement jusqu’en 1888. Il s’intéresse comme lui à la technique pointilliste. Il expose au Salon des arts incohérents sous le pseudonyme de Tolau-Segroeg. Vers 1890, il se détache de l’impressionnisme et se lie plutôt avec des indépendants tels que Renoir ou les Nabis. Après avoir vécu de longues années à Montmartre, il s’installe aux Champs Elysées, mais revient chaque soir, noceur mélancolique, boire et dessiner dans les bars, les beuglants et les maisons closes, où sa place est toujours réservée. Il admire les danseuses du Cancan. Il dessine Valentin le Désossé, le nègre Chocolat, Jane Avril (dite Mélinite), Yvette Guilbert, les gens du cirque Fernando, les acteurs en vogue dont Coquelin aîné, Sarah Bernhardt, Tristan Bernard… Couleurs somptueuses, mises en page savantes, découpage arbitraire de la toile, dessins remarquables, tout cela en fait le maître de l’affiche. Il créé un style révolutionnaire d’affiche publicitaire, montre une hardiesse décorative dans les nombreuses lithographies qu’il exécute, car il ressent l’influence des estampes japonaises. A partir de 1899, sa santé décline. Il met de l’ordre dans son atelier et se réfugie, avec sa mère, au château de Malromé, où il décède le 9 septembre 1901, à l’âge de trente-six ans. Il est enterré près du château, à Saint André du Bois. Plus tard, ses restes seront transférés au cimetière de Verdelais (Gironde). Sa mère et son ami Maurice Joyant donnèrent au musée d’Albi tout ce qu’ils avaient recueilli, c’est à dire un ensemble d’œuvres exceptionnelles. Une rétrospective lui a été consacrée en 1991-1992 à Londres et à Paris. Le catalogue raisonné de ses œuvres renferme : 737 peintures, 275 aquarelles, 369 lithographies et plus de 5000 dessins.

Trois cormiers (avenue des)

Dans le quartier de la Ternière – commence rond-point François Mauriac et se termine avenue de la Basse Lande.
Le cormier ou sorbier domestique est un arbre dont le bois très dur est utilisé pour fabriquer des manches d’outils et des dents d’engrenages de moulin. Son fruit est la corme, comestible, dont on peut faire du cidre ou de l’eau de vie. De nombreux lieux-dits de ce nom existent, mais à notre connaissance, aucun sur Avrillé. Ce nom a sans doute été choisi car trois cormiers existaient à cet endroit. Sans aller jusqu’à parler d’ancêtres du GPS, cette façon de nommer certains lieux pouvait aider et servir de repères dans le paysage tels que les Trois Chemins ou les Trois Chênes…. Dans cette avenue, beaucoup d’animation, grâce à la présence de l’école primaire Jean Piaget, de la halte-garderie Pouce Poucette, et du Centre de loisirs sans hébergement Louise Michel.

Turner (allée William)

Dans le Domaine de l’Etang – commence et finit sur l’avenue Auguste Renoir. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 2 septembre 1992.
Peintre paysagiste anglais, Joseph Mallord William Turner naît à Londres le 23 avril 1775. Il étudie à l’Académie royale des Beaux-Arts où, dès l’âge de quinze ans, il expose dessins, aquarelles et, plus tard, des peintures à l’huile, avec une prédilection pour les paysages et les marines d’Angleterre. En 1802, à 26 ans, William Turner est le plus jeune artiste jamais élu à la Royal Academy. Peintre et aquarelliste prolifique, son succès lui assure une indépendance et une liberté dont il va user tout au long de sa vie. L’ensemble de son œuvre est marquée par trois périodes distinctes. De 1800 à 1820, il peint des scènes mythologiques avec des peintures aux couleurs tamisées. De 1820 à 1835, ses tableaux éclatent de couleurs brillantes et l’utilisation de la lumière adoucit les ombres et les formes architecturales. Entre 1835 et 1845, son génie artistique trouve son apogée en représentant les objets comme des masses indistinctes à l’intérieur d’un halo de couleurs chaudes. Parmi ses œuvres les plus célèbres présentées à la National Gallery de Londres, on retiendra : La Fondation de Carthage par Didon (1815), la Baie de Baïa (1823), Ulysse raillant Polyphème (1829), Le Boulevard des Italiens (1832), Le Combat du Téméraire (1839), Tempête de neige en mer (1842), Pluie, vapeur et vitesse et Arrivée à Venise (1844). Il meurt à Chelsea le 19 décembre 1851 et est inhumé dans la cathédrale Saint Paul de Londres. Par son traitement dynamique des effets lumineux naturels dans les paysages et les marines, son œuvre eut une influence directe sur le développement de l’impressionnisme.

 

V

Val d’Or (esplanade du)

Dans le quartier du Parc de la Haye, au coeur même du Val d’Or, à l’entrée du parc.
Ce nom a été donné à l’ensemble des bâtiments (plus de 300 logements) dont la construction a commencé en 1968. Il s’agit d’ensembles résidentiels répartis en collectifs et en individuels. Cette esplanade, l’Agora du val, présente également quelques commerces et quelques cabinets libéraux qui constituent le centre commercial du Val d’Or.

Van Gogh (avenue   Vincent)

Dans le Domaine de l’Etang – commence allée Camille Pissarro et se termine avenue Auguste Renoir. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 2 septembre 1992.
Vincent Van Gogh naît le 30 mars 1853 à Groot-Zundert, près de Breda (Pays-Bas), dans une famille bourgeoise, d’un père pasteur de l’Eglise réformée. Il montre dès l’âge de neuf ans, des dispositions pour le dessin, mais sa vocation artistique ne lui est apparue que vers 1880, soit à 27 ans. Il tente d’abord d’être marchand d’art, puis pasteur, et c’est à la suite de son renvoi du Borinage, où il se trouvait comme prédicateur, que cette vocation s’impose à lui. Autodidacte, Van Gogh prend des cours de peinture et, passionné, ne cesse d’enrichir sa culture picturale ; il visite musées et galeries d’art, étudie les gravures anglaises et les estampes. Il a deux grandes périodes : l’une, hollandaise, où il discipline son dessin et reçoit sa seule et unique commande d’un de ses oncles, marchand d’art à Amsterdam. L’autre, française, pendant laquelle il s’établit à Paris, où il est hébergé par son frère Théo au 54 de la rue Lepic. C’est là que la transformation de sa vision s’opère. Il rencontre Lautrec, Pissarro, Gauguin, Signac avec qui il travaille.
En 1888, il part pour Arles où il espère trouver plus de lumière et de couleur. A sa demande, Gauguin le rejoint à Arles, mais cet essai de vie communautaire ne rencontre pas la réussite escomptée et se solde par la mutilation de l’oreille gauche de Van Gogh lors d’une dispute entre les deux hommes. Toutefois, les deux artistes ont exercé l’un sur l’autre une grande influence et leurs emprunts mutuels ont été positifs. Malade, Van Gogh subit de terribles crises d’instabilité mentale et se rend de son plein gré à l’asile Saint Paul de Mausole à Saint-Rémy-de-Provence, mais dans un état de prostration totale. Malgré cela, les deux dernières périodes de sa vie abondent en œuvres très abouties. Il a aimé et copié Delacroix, Rembrandt, Doré, mais celui qui a obsédé Van Gogh, c’est Millet, avec L’Angélus et Les Glaneuses. Il a réalisé, d’après Millet, plus d’une vingtaine de toiles. Il aura entretenu une correspondance importante, notamment avec son frère Théo (plus de 600 lettres). Au cours de son ultime étape, qui va le conduire à Auvers-sur-Oise, il est accueilli et soigné par le docteur Gachet. De nouveaux tableaux témoignent d’une angoisse constante, dont il se libère en se tirant une balle de révolver. Il s’éteint le 29 juillet 1890 et repose dans le cimetière d’Auvers-sur-Oise. Son frère Théo le rejoint quelques mois plus tard. Son œuvre est composée de plus de 2000 toiles et dessins ; il n’en aura vendu qu’une seule. L’épouse de son frère Théo sera l’héritière de cette œuvre qui, au 19ème siècle, n’a pas une grande valeur marchande, alors qu’aujourd’hui la vente d’une œuvre de Van Gogh atteint des sommets qui font rêver.

Vaugoyeau (avenue Jean)

Dans le quartier de la Ternière – commence avenue de la Futaie et se termine avenue de la Pièce du Moulin.
Jean Vaugoyeau, métayer de la Grande Planche, naît vers 1752. C’est le fils de Vaugoyeau Etienne et de Crannier Françoise, de Villevêque. A la fin du XVIIIème siècle, la communauté villageoise constitue un corps, reconnu par le droit coutumier et le pouvoir monarchique, doté de la personnalité juridique avec ses droits et ses privilèges. L’organe représentatif de cette communauté est l’assemblée des chefs de famille, que préside un syndic, ailleurs appelé consul ou capitoul. Jean Vaugoyeau en est le syndic assisté de Pierre Thibault, métayer à La Plesse, Léonard Desvallois, closier au Clos de la Haye, Pierre Trottier, closier de la Gigoulière, Mathurin Goupil, charron et closier de Touchebonneau, André Crochet, métayer de La Dézière, le plus imposé au rôle de taille. Nous ne disposons d’aucune archive concernant l’activité de cette assemblée, qui se tenait généralement après la messe du dimanche, souvent dans une galerie à bancs de pierre qu’on peut encore voir dans les églises anciennes. Jean Vaugoyeau est décédé le 5 octobre 1808. Il avait 56 ans.

Verdun (square de)

En centre-ville, entre la rue Albert Schweitzer et l’avenue du général de Gaulle.
Ce square est en réalité l’un des parcs arborés de la ville, agrémenté d’un plan d’eau et d’un espace de jeux pour les enfants. Verdun, ville française sur la Meuse, ancien oppidum gaulois, quand elle s’appelait Virodunum, évêché dès le 4ème siècle, est l’un des symboles de l’identité nationale. En 843, le traité de Verdun entre les fils de Louis le Pieux scelle la naissance de l’Europe et de la France. Annexée par la France en 1552, elle sera l’objet de plusieurs sièges, en 984 par Lothaire, en 1554 par Charles Quint, en 1792 par les armées coalisées contre la France, en 1870 par les Prussiens, et en 1916 par les Allemands. La bataille de Verdun, durant la guerre 14-18 a marqué les mémoires. Cette place forte, fortifié par Vauban, au 17ème siècle, se situe sur la ligne de front lors de l’avancée allemande au début 1916. Elle est tenue par la III° Armée du général Sarrail qui va subir les coups terribles des gros obusiers allemands, 1250 pièces d’artillerie sur 25 kms, 10000 obus par heure, les corps à corps entre les Poilus et les troupes d’assaut allemandes. Les soldats français, malgré une défense héroïque, perdent la cote 344, le Fort de Douaumont, Cumières, le Mort Homme, la cote 304, le Fort de Vaux… Malgré ces pertes, l’avance allemande est contenue et surtout, la route entre Bar-le-Duc et Verdun, celle que l’on baptisera la Voie Sacrée est préservée, permettant à une noria de camions d’amener sur le front, hommes et matériels. Un an plus tard, en 1917, par une offensive méthodique, les Poilus reprennent le terrain perdu. Verdun est sauvé et servira de point d’appui à la manœuvre qui conduira à la victoire de la Marne. Dans cet enfer de Verdun, les Français laissent 360.000 morts, les Allemands, autant. C’est le tournant de cette guerre, un revers pour l’armée allemande, mais surtout une catastrophe humaine sans précédent. La ville de Verdun est citée à l’ordre national de la Légion d’Honneur, le 12 septembre 1916.

Verne (allée Jules)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence allée Edgar Poe et se termine chemin des Vignes. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 5 mars 1981.
Jules Verne naît le 8 février 1828 à Nantes, entre deux bras de Loire, dans l’île Feydeau. Il est le fils de Pierre Verne, avoué, et de Sophie Allote de la Fuÿe. La famille Verne est vouée à la magistrature, « haute bourgeoisie de robe », selon l’expression de l’époque. En 1829, naît son frère Paul, avec lequel il restera très lié toute sa vie. Trois autres enfants suivront, Anne, Mathilde et Marie. La famille déménage rapidement (1829) au n° 2 du quai Jean Bart, sur le port, où les deux frères vont faire de nombreuses promenades, admirant les cap-horniers dont Jules Verne s’inspirera. Les deux enfants sont d’ailleurs attirés et fascinés par ce monde d’aventures et Paul sera officier de marine. Jules Verne, à 5 ans, est chez Mme Sabin qui tient un cours pour enfants. Il poursuit ses études au collège Saint Stanislas, puis au petit séminaire Saint Donatien, enfin au Lycée royal (aujourd’hui Clémenceau). Il est reçu au baccalauréat le 29 juillet 1846, avec mention assez bien. Destiné à prendre la succession de son père, il fait des études de droit, d’abord à Nantes, puis à Paris. Mais Jules Verne a des ambitions plus littéraires. Il lit et écrit beaucoup, notamment des pièces de théâtre pour le boulevard et la comédie lyrique. A Nantes, il s’est abreuvé de livres d’aventures, notamment Robinson Crusoé et le Dernier des Mohicans. A Paris, il passe de longues journées à la Bibliothèque nationale où il rencontre les frères Arago. Son oncle, Francisque de la Celle de Châteaubourg, artiste peintre, l’introduit dans les salons parisiens où il fait la connaissance de personnalités, tels Alexandre Dumas fils, Nadar, Pitre-Chevallier, directeur de la revue le Musée des familles, un magazine encyclopédique dans lequel Jules Verne publie une dizaine de textes entre 1851 et 1853. Il rencontre des géographes, des explorateurs, des artistes, des étrangers.
Quand Jules Verne atteint 25 ans, son père renonce à le voir prendre sa suite et vend son étude. Dans les salons, il rencontre Honorine Morel-Hébée de Fraysse de Viane, jeune veuve avec deux filles, Valentine, quatre ans et Suzanne, deux ans. Il se marie le 10 janvier 1857 et achète une charge d’agent de change, aidé par son père qui lui avance les fonds. A partir de 1861, Jules Verne entreprend ses premiers voyages, l’Ecosse, puis la Norvège, d’où il revient à temps pour la naissance de son fils Michel, le 3 août 1864, qui sera leur seul enfant. Il est proche du succès, mais il l’ignore encore. Il découvre les œuvres d’Edgar Poe dans la traduction de Baudelaire et, surtout, il rencontre Hetzel qui a pris connaissance du Voyage en l’air et accepte de le publier. Hetzel, éditeur génial, s’associe avec Jean Macé, militant de l’instruction publique, pour fonder son Magasin d’éducation et de récréation, un périodique qui paraîtra de 1864 à 1906. Il persuade Jules Verne de se consacrer à une forme de roman, le roman de la science. Ainsi, pendant 40 ans, vont paraître 62 romans et 18 voyages extraordinaires. Le chemin est tracé. Voyage au centre de la terre, Les Enfants du colonel Grant, Vingt mille lieues sous les mers, Le Tour du monde en 80 jours, Michel Strogoff, De la Terre à la Lune, et tant d’autres, font la fortune de Jules Verne et le bonheur des lecteurs. En 1865, il emménage au Crotoy (Somme) et, plus tard, à Amiens où se trouve la famille de son épouse. Il achète un bateau de pêche, le Saint-Michel avec lequel il va en Angleterre et remonte la Seine jusqu’à Paris. Plus tard, il réalise un rêve, aller à New-York et au Canada, voir les chutes du Niagara. En 1870, il retourne à Nantes pour fêter sa Légion d’honneur. En 1872, les Voyages extraordinaires sont couronnés par l’Académie française, mais Jules Verne ne sera jamais élu à l’Académie, sinon à celle des Sciences, lettres et arts d’Amiens. Il voyage beaucoup, maintenant sur le Saint-Michel III, dont il se sépare en 1886 après avoir parcouru la mer du Nord, l’Atlantique et la Méditerranée. Les dernières années de sa vie sont marquées par des disparitions qui le marquent profondément, son père, sa mère, son frère Paul. Sa santé décline et il est atteint de cataracte. Il meurt le 25 mars 1905 à 77 ans, à Amiens, 44, boulevard de Longueville (aujourd’hui boulevard Jules Verne). Il est inhumé au cimetière de la Madeleine à Amiens, en présence de plus de 5000 personnes.

Verronière (chemin rural de la)

Dans le quartier Ardenne – commence route nationale n°162 et se termine au lieu-dit la Verronnière en impasse.
Ce chemin conduisait à l’origine à trois fermes et se terminait dans la cour de la Verronnière, la seule aujourd’hui qui continue ses activités agricoles. Les autres fermes, le Petit Plateau et la Sermonerie ne sont plus exploitées, mais sont toujours habitées.

Vian (allée Boris)

En centre-ville, commence chemin des Landes et se termine en impasse.
Boris Vian naît le 10 mars 1920 à Ville-d’Avray (Seine-et-Oise à l’époque, Hauts-de-Seine maintenant). Dans une famille aisée, il vit une enfance heureuse avec ses frères, Lélio et Alain et sa sœur, Ninon. Des revers de fortune (krach de 1929) contraignent les Vian à vendre leur maison et à habiter dans des logements de plus en plus modestes, ce qui permettra aux enfants Vian de jouer avec Yehudi Menuhin,   fils des nouveaux occupants de leur villa. A douze ans, Boris, suite à une angine infectieuse, souffre de rhumatismes articulaires qui lui provoquent une insuffisance aortique, et sa mère va l’élever dans du coton. Il suit ses études au collège de Sèvres, au lycée Hoche de Versailles, et sa classe de terminale en 1936, au lycée Condorcet à Paris, tout en travaillant la trompette et en se passionnant pour le jazz. Dès 1937, il s’inscrit au Hot-club de France et, avec ses frères, monte une petite formation. Il entre à l’École centrale d’Angoulême en 1939, devient ingénieur en 1942 et travaille à l’Association française de normalisation (AFNOR) en 1943, avant de perdre son père dans un accident, un an plus tard.
Le 5 juillet 1941, il épouse Michelle Léglise qui lui donne deux enfants et qui l’aide dans son travail d’écriture. En janvier 1944, il rencontre Claude Luter et jouent ensemble, en 1947, au Caveau des Lorientais, rue des Carmes et au Tabou, 33 rue Dauphine, à Saint Germain des Prés. Là, il rencontre Jacques Prévert, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir… et des artistes, Juliette Gréco, Marcel Mouloudji, Louis Armstrong… Le 18 juillet 1945, il signe son premier contrat d’auteur avec Raymond Queneau, secrétaire général des Editions Gallimard. Ils deviennent des amis très proches. Dès 1946, il collabore aux Temps modernes, à Combat, avec Alexandre Astruc et Jean Cau, et publie son premier roman J’irai cracher sur vos tombes, sous le pseudonyme de Vernon Sullivan. Ce livre fait scandale et est interdit. Boris Vian est poursuivi, mais en 1947, le tribunal suspend ses poursuites. Il a souvent utilisé d’autres pseudonymes pour signer ses écrits. Après ce scandale, il publie la même année l’Écume des jours, qui est présenté sans succès au prix de la Pléiade. Un an plus tard, il publie l’Automne à Pékin, influencé par Queneau et Eugène Ionesco qu’il a rencontré au collège de Pataphysique. Il se réfugie dans le jazz, la peinture et les amis. Au Club Saint-Germain, il approche Duke Ellington. Il est directeur artistique chez Philips, donne régulièrement des chroniques dans le journal Jazz Hot, anime une série d’émissions de jazz pour une station de radio américaine.
Coté littérature, les choses ne vont pas fort, peu de ventes, interdiction de parution, ennuis judiciaires, endettement ; son couple est à la dérive. En 1952, il divorce et se remarie en 1954 avec Ursula Kubler, danseuse suisse des ballets de Roland Petit, qu’il a rencontrée lors d’un cocktail. Le roman de Boris, L’Arrache cœur, est refusé par Gallimard. Dans une chambre de bonne où il s’est installé avec Ursula, il vit difficilement de traductions, de piges à Combat où Albert Camus l’a installé en 1949. Il travaille également pour Samedi soir, France Dimanche, Constellation. Il est « au fond du trou », mais possède une étonnante faculté à rebondir. Sa pièce Cinémassacre, jouée par Yves Robert et Rosy Varte, remporte cependant un grand succès à La Rose Rouge. Le 8 juin 1952, il est nommé Equarisseur de première classe au Collège de Pataphysique où il retrouve Raymond Queneau avant d’être nommé satrape. Dans ce collège, il rencontre Jean Dubuffet, Joan Miro, Max Ernst, Marcel Duchamp, René Clair, et à nouveau Eugène Ionesco. Dès février 1954, Boris a déposé ses textes et ses musiques à la Sacem. Henri Salvador, Marcel Mouloudji, Renée Lebas, Philippe Clay, Suzy Delair, Michel de Ré, Magali Noël, Serge Reggiani, Jacques Higelin, Joan Baez chanteront ses chansons, dont la plus célèbre est le Déserteur. Il chante lui-même sur la   scène des Trois Baudets où Georges Brassens, Serge Gainsbourg et Léo Ferré viennent l’écouter. Il travaille avec Michel Legrand et Henri Salvador pour créer Rock and Rol Mops qui rencontre un grand succès. En 1956, moral en berne, surmené, il est frappé d’un œdème au poumon dont il se remettra lentement. Il écrit deux opéras, dont la musique est de Georges Delerue et de Darius Milhaud. Le 23 juin 1959, alors qu’il assiste à la projection du film tiré de son livre, J’irai cracher sur vos tombes, il s’effondre dans son fauteuil, terrassé par une crise cardiaque. Il a été écrivain, poète, parolier, chanteur, critique, musicien de jazz, scénariste, traducteur, conférencier, acteur et peintre, sans oublier son titre d’ingénieur centralien. Son écriture, aux références culturelles, est parfois difficile à comprendre, tenant à la fois de l’humour et de l’absurde. Au Panthéon littéraire, il occupe une place insolite, méconnu de son vivant en tant qu’écrivain. C’est à titre posthume qu’il sera considéré comme le chantre de la jeunesse de Saint-Germain-des-Prés authentique. Désormais édité et réédité en éditions de poche, et dans la Pléiade en 2010, il est lu et admiré par un public de plus en plus large, et entre timidement dans les programmes scolaires. Un colloque lui a été consacré en 1976 à Cerisy. Ces œuvres complètes ont été publiées en 2003, en 15 tomes, aux éditions Fayard.

Vieille Prée (avenue de la)

Dans le quartier de la Ternière – commence avenue de la grande Planche et se termine rue de la Nouette.
Ce toponyme très répandu dans notre région signifie pré, prairie. Dans le glossaire d’Henri Cormeau, la prée est égale en surface à plusieurs prés. Bien que ce mot soit tombé en désuétude, de nombreux lieux-dits conservent son souvenir. Curieusement, nous ne retrouvons aucune trace sur Avrillé dans le dictionnaire de Célestin Port.

Vignes (chemin des)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence avenue Pablo Neruda et se termine route de la Perrière.
Ce chemin est le bien nommé. Il se situe où, il n’y a pas si longtemps, une dizaine de clos étaient présents. Ces lieux de culture de la vigne existaient dès le Moyen-Âge et, en 1966, 7000 litres de vin étaient encore produits sur Avrillé. Ce vin n’a sans doute jamais été exceptionnel, sauf peut-être le rayon d’or du clos Panloup. Un historien médiéviste, Michel le Mené, écrit que la vigne née de la ville, occupait tous les coteaux d’Avrillé à la Possonnière à la fin du Moyen-Âge. En 1668, le curé d’Avrillé, Symphorien Jouanneaux, indique dans le registre paroissial que les marchands d’Orléans sont venus dans notre paroisse pour acheter le vin du pays. Quand on sait que l’une des spécialités orléanaises est le vinaigre, on est en droit de s’interroger sur la qualité du vin produit par les vignes avrillaises ! Voilà donc une voie que l’on ne peut accuser d’avoir usurpé son identité.

Villon (avenue François)

Dans le quartier du Bois du Roy – commence et se termine avenue de la Boissière.
François de Montcorbier ou François des Loges dit François Villon naît vers 1431 à Paris. Issu d’une famille pauvre, orphelin de père très jeune, il est élevé par un chanoine, Maître Guillaume de Villon dont il prendra le nom pour lui rendre hommage. En 1449, il est reçu bachelier, puis licencié maître es-arts en 1452, tout en menant au quartier latin une vie d’étudiant indiscipliné. Sa vie est remplie de zones d’ombres, sauf sur les indices d’origine judiciaire du poète malfaiteur, au même titre que le poète Rutebeuf. Au cours d’une rixe, le 5 juin 1455, il tue un prêtre, Philippe Sermoise qui l’aurait provoqué. Il doit quitter Paris et ne revient qu’un an plus tard. Un vol au collège de Navarre l’oblige de nouveau à s’enfuir. Il part à Angers où il tente de rejoindre la cour du roi René. Il écrit Le Lais dans lequel il fait une série de legs parodiques. Ensuite, c’est une vie d’errance misérable, qui le mène de la cour de Jean II de Bourbon à Moulins, à celle de Charles d’Orléans à Blois. Ce dernier séjour sera un moment de paix pour François Villon, bien qu’il entretienne des rapports avec la bande des Coquillards, société criminelle plus ou moins secrète. Au cours de l’été 1461, Villon est incarcéré à Meung-sur-Loire, pour des raisons inconnues, à l’initiative de l’évêque d’Orléans. Libéré grâce à l’avènement de Louis XI, de passage dans la ville, il rentre à Paris où il compose vers 1461, Le Testament, son œuvre principale qui contient la célèbre Ballade des Dames du temps jadis. De nouveau impliqué dans une rixe, au cours de laquelle, le notaire pontifical est blessé, Villon est arrêté, torturé et condamné à être pendu. Il fait appel et c’est sans doute pendant ces jours pénibles qu’il écrit La Ballade des pendus. Heureusement, le parlement de Paris va commuer sa peine en dix ans de bannissement. François Villon part et nous perdons totalement sa trace. Il décède vers 1463, à l’âge de 32 ans. François Villon ridiculise parfois l’amour courtois, mais surtout manifeste une hantise profonde de la mort. Il est l’un des pères de la poésie moderne, le plus emblématique des poètes du Moyen Age. Sa postérité est immense et il exerça une fascination sur les poètes du 19ème siècle comme Théophile Gautier. Comme Du Guesclin ou Jeanne d’Arc, Villon est passé très vite dans la légende.

Violette (avenue de la)

Dans le quartier des Raffoux. Commence chemin du Bocage et se termine chemin des Raffoux. Selon le cadastre napoléonien, ce secteur a dépendu de la ville d’Angers jusqu’en 1813 et Célestin Port, dans son dictionnaire, précise qu’il s’agissait d’une ancienne closerie déjà connue au 18ème siècle. L’époque de gloire de la violette de Toulouse est peut être révolue, sinon sortie des mémoires, ou tout au moins un peu perdue dans les brumes de l’oubli. Malgré cela, en février 1999, s’est tenu dans la Ville rose, également connue cité de la Violette, le 5ème Congrès international de la Violette. Y a-t-il beaucoup de chances de trouver un joli bouquet de violettes le long de cette voie ? Sans doute que non, mais alors, pourquoi lui avoir donné ce nom ? Peut-être en raison de la symbolique de cette fleur : timidité, humilité, pudeur. Dans le langage des fleurs, elle est l’amour secret. C’est aussi un prénom de femme et une fleur qui ont inspiré nos poètes et nos musiciens. Appelée aussi fleur de mars, elle fut chez les Grecs et les Celtes l’emblème de l’innocence et de la virginité. Elle est également l’emblème de la ville de Parme en Italie. A la fin du 15ème siècle, les dames de Naples offrirent à Charles VIII, à son entrée dans leur ville, une couronne de violettes. Napoléon voua une passion à cette petite fleur mauve qu’arborait la robe de Joséphine de Beauharnais lors de leur première rencontre.

Voillot (allée Marie-Anne)

Dans le quartier du Parc de la Haye – commence rond-point du Commandant Mesnard et se termine allée des Châtaigniers.
De son vrai nom Vaillot, elle est née le 13 mai 1734 à Fontainebleau. Elle entre, en 1761, au postulat des Filles de la Charité à Paris et est affectée un an plus tard à l’hôpital de Fontenay le Comte, puis aux hôpitaux de Longué, de Saint-Pierre-Montlimart et enfin à l’Hôtel-Dieu Saint Jean d’Angers où elle est chargée de la pharmacie. Lors de la Révolution, refusant de prêter serment à la Constitution civile du clergé, elle est arrêtée. Reconnue fanatique et rebelle aux lois du Pays, elle est fusillée à Avrillé le 1er février 1794. Elle a été béatifiée par le Pape Jean Paul II le 19 février 1984.

 

Z

Zola (allée Émile)

Dans le quartier des Coteaux de la Mayenne. Commence avenue Pablo Neruda et se termine avenue de la Petite Garde. Elle a reçu ce nom par délibération municipale du 5 mars 1981.
Émile, Edouard, Charles, Antoine Zola naît le 2 avril 1840 à Paris, d’un père italien né à Venise, François, et d’une mère française, Emilie Aubert. Son père, docteur en mathématiques et ingénieur des travaux publics, passe en 1843 un traité avec la ville d’Aix-en-Provence pour la construction d’un barrage et d’un canal d’adduction d’eau potable. Malheureusement, il meurt prématurément en 1847, laissant sa famille en situation précaire. Au collège Bourbon d’Aix-en-Provence où il est élève, Émile se lie avec Paul Cézanne.
En 1858, Zola s’établit à Paris et entre comme boursier au lycée Saint-Louis ; après deux échecs au baccalauréat à cause du français, il mène une vie incertaine, il n’a pas d’argent, il est démuni. Il entre finalement aux Éditions Hachette où il travaille, de mars 1862 à janvier 1866, comme commis puis, rapidement, comme chef de la publicité. Outre des centaines de vers, et quelques tentatives théâtrales, il compose à cette époque plusieurs textes en prose très variés, allant du conte de fées à la satire politique en passant par la chose vue, le récit à finalité morale. Il réussit à publier en novembre 1864 un petit recueil de contes, les Contes à Ninon, qui reçoit un accueil favorable. En 1865, il rencontre celle qui deviendra sa femme en 1871, Alexandrine Meley. Décidé à vivre de sa plume, il quitte la librairie Hachette en 1866. En 1867, son premier succès vient avec Thérèse Raquin qui annonce, sans en faire partie, le cycle des Rougon-Macquart. L’œuvre, qui raconte un meurtre sordide et la déchéance des personnages rongés par la mauvaise conscience, fait un scandale dans la presse. Zola y est traité d’égoutier et on lui reproche de faire de la pornographie. Mais cela ne l’arrête pas, d’autant plus qu’il rallie à lui quelques auteurs parmi les plus fins, comme Gustave Flaubert et Alphonse Daudet. En 1868, il imagine le cycle des Rougon-Macquart, qui prévoit une vingtaine de volumes. Par souci de méthode, il en établit un plan général qu’il soumet à son éditeur, avant même d’écrire la première ligne. En 1871, il publie la Fortune des Rougon, premier volume du cycle des Rougon-Macquart, suite romanesque composée de vingt volumes rédigés en vingt-cinq ans. Véritable monument de la littérature française, les Rougon-Macquart retrace une épopée familiale sous le Second Empire. Dans son œuvre, Zola n’hésite pas à proposer des descriptions crues qui provoquent le mécontentement des conservateurs et des gardiens du beau et de la morale, et s’attache à des personnages de tous les étages sociaux. C’est ainsi qu’il crée le naturalisme, mouvement qui va entraîner de nombreuses jeunes plumes dans son sillage.
Malgré les scandales qu’elles suscitent, les publications d’Émile Zola deviennent de véritables succès commerciaux et littéraires, notamment à partir de L’Assommoir, le septième opus de sa « saga ». Il a, dès 1878, les moyens de s’acheter une villa à Médan, à l’ouest de Paris. Cette acquisition devient un point de ralliement. Ainsi, Guy de Maupassant, Joris-Karl Huysmans ou encore Henri Céard passent de longues soirées auprès du « maître » Zola. En 1880, ils publient un ouvrage collectif intitulé Les soirées de Médan. On y trouve notamment Boule de suif, la nouvelle qui lance Maupassant sur la voie du succès.
À partir de 1894, Zola donne un engagement plus socialiste et prophétique à ses œuvres. Mais cette période est avant tout marquée par son engagement dreyfusard. Le 13 janvier 1898, il publie une lettre ouverte au président de la République, Félix Faure, dans le journal l’Aurore de Georges Clemenceau. Intitulé J’accuse…!, cet article fait suite à l’acquittement d’Esterhazy, prend parti pour Dreyfus et dénonce un procès inique et mensonger. C’est le véritable point de départ d’un scandale qui divise l’opinion française. Condamné à un an de prison, Zola doit s’exiler en Angleterre durant cette période. À son retour, il continue son combat pour Dreyfus en publiant ses articles dans un ouvrage intitulé La Vérité en marche. Le 29 septembre 1902, Émile Zola et son épouse Alexandrine sont intoxiqués dans la nuit par le mauvais fonctionnement d’un poêle situé dans la chambre de leur appartement parisien de la rue de Bruxelles. Accident ou origine criminelle ? Une enquête est diligentée sans résultat. Une foule immense lui rend hommage lors de ses obsèques. Le retentissement de la mort de Zola est entendu dans le monde entier. Anatole France prononce l’oraison funèbre et déclare : « Il fut un moment de la conscience humaine ».
Les cendres de Zola ont été transférées au Panthéon le 4 juin 1908.

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